Coup d'État de Skhirat

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Ce qu'on entend par « coup d'État de Skhirat » est en fait la première tentative de coup d'État contre le régime de Hassan II[1]. Ce putsch avorté a eu lieu le 10 juillet 1971 dans le palais royal situé dans la petite localité de Skhirat au Maroc, Hassan II fêtant son 42e anniversaire dans cette résidence d'été qui accueille pour l'occasion un millier d'hôtes du roi venus du monde entier, qui se répartissent entre les différents pavillons et les tentes ­caïdales[2] ; il fut suivi par un autre en 1972.

Cette tentative de coup d'État fut menée par le général Mohamed Medbouh, instigateur du putsch et chargé de dégarnir la garde du palais, le colonel Mohammed Ababou et le lieutenant-colonel M'hamed Ababou chargés d'investir avec leurs troupes le palais et de s’emparer des points stratégiques de Rabat, et le colonel Chelouati (intime du général Oufkir) chargé avec ses compagnons de l’état-major de rallier l’ensemble de l’armée, contrôler le pays, et coordonner toute l’opération et les communiqués de la radio. L'opération mobilise 1 400 cadets de l'École militaire des sous-officiers d'Ahermoumou[3].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Deux colonnes de cadets commandées par quelques dizaines d'officiers firent irruption à 14 h 08 en plein déjeûner et tirèrent sur la foule des invités. Cette véritable tuerie fit une centaine de tués et environ 200 blessés parmi les invités du roi[4]. Hassan II sauva sa vie en se cachant plusieurs heures dans un « dressing-room » jouxtant la salle du trône et protégées par sa garde personnelle. Medbouh voulut négocier, en vain et le coup d'État avorta quand des unités fidèles furent alertées[3].

Victimes décédées[modifier | modifier le code]

Procès[modifier | modifier le code]

Parmi les cadets, près de 200 furent pris dans les tirs croisés de leurs camarades et une centaine furent abattus lors de la tentative de putsch ; 74 officiers et sous-officiers furent condamnés à des peines allant de un an de prison à la perpétuité en février 1972 ; 10 officiers supérieurs (dont quatre généraux) furent exécutés[6].

L'ensemble des cadets fut radié du corps militaire marocain[réf. souhaitée].

Bagne de Tazmamart[modifier | modifier le code]

32° 16′ 36.28″ N 4° 20′ 12.69″ O / 32.2767444, -4.3368583

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Paris, Perrin,‎ 2009 [détail des éditions], p. 572
  2. Article de Telquel (consulté le 20 mai 2012)
  3. a et b « Le rôle d'Oufkir II », sur le Nouvel Observateur,‎ 19 juillet 2001
  4. Michel Abitbol, p. 573
  5. « Skhirat : Les oubliés de l’histoire » (consulté le 20 mai 2012)
  6. Stephen Smith, Oufkir un destin marocain, Calmann-Lévy,‎ 1999, p. 207

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Bernard Lugan, Histoire du Maroc : Des origines à nos jours, Ellipses,‎ 2011, 403 p. (ISBN 978-2_7298-6352-4[à vérifier : ISBN invalide]), « Les menaces sur le trône », p. 327-333
  • Youssef Ziraoui, Mehdi Sekkouri Alaoui et Ayla Mrabet, « Histoire : Les minutes d'un anniversaire sanglant », TelQuel, no 359,‎ du 1er au 13 février 2009 (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Aziz Daki, « Skhirat : Les oubliés de l’histoire », Libération,‎ 19 avril 2004 (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Association des familles des victimes des événements de Skhirat, Le Massacre de Skhirat, 10 juillet 1971. Crime contre l'humanité, 2002

Lien externe[modifier | modifier le code]