Coup d'État au Niger en 2010

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Localisation du Niger

Le coup d'État au Niger du 18 février 2010 a été mené par le commandant Salou Djibo[1]. Selon Moussa Mounkaila, chauffeur de la présidence, des militaires seraient intervenus à la fin d'un conseil des ministres[2]. Le président Mamadou Tandja a été arrêté[3]. Au moins trois militaires auraient été tués au cours de fusillades[4]. La Constitution a été suspendue, et toutes les institutions qui en dépendent ont été dissoutes le soir même[3]. Le Niger est à présent gouverné par un Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD), qui s'est donné publiquement pour objectif de faire du Niger un modèle de démocratie et de bonne gouvernance[5].

Le coup d'État a été condamné par l'Union africaine, mais a reçu le soutien de certains membres de l'opposition - tels Mahamadou Karijo, qui qualifia les soldats d'« honnêtes patriotes »[5]. Il s'agit du quatrième coup d'État militaire depuis l'indépendance du pays en 1960[4].

Suite au coup d'État, le Niger est dirigé par le chef d'escadron Salou Djibo, en tant que président du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie[6],[7].

Contexte[modifier | modifier le code]

Ce coup d'État a eu lieu à l'issue d'une crise institutionnelle de 9 mois qui a vu la dissolution de l'Assemblée nationale, un référendum pour une modification de la Constitution, une annulation du référendum par la Cour constitutionnelle, et enfin une dissolution de la Cour constitutionnelle. Peu de temps avant le coup d'État, Mamadou Tandja menaçait de se rapprocher de l'Iran et de la Chine, et notamment de vendre aux Iraniens son uranium brut[8].

La campagne pour le référendum[modifier | modifier le code]

Fin 2008, une campagne des supporters de Tandja, les Tazarchistes (de l'haoussa "Tazarché", continuité[9]), commence pour demander une extension de son mandat. Selon la constitution de 1999, le président ne peut avoir plus de deux mandats de 5 ans[10],[11]. En mars 2009, il annonce qu'il ne se présenterait pas pour un troisième mandat[12]. Mais début mai, il déclare : « Le peuple demande que je reste, je ne peux pas rester insensible à son appel »[13]. Une série de manifestations commence initialement dirigé par le PNDS-Tarayya, parti d'opposition mais il est rejoint par le CDS, un parti soutenant la coalition gouvernementale et permettant au MNSD d'avoir une majorité[14]. Le 25 mai 2009, dans un avis, la cour constitutionnelle nigérienne déclarait que le référendum était anticonstitutionnel et qu'il allait contre le serment que Mamadou Tandja avait prêté sur le Coran[15]. Le 26 mai, le chef de l'État dissout l'assemblée nationale[16]. Le 5 juin, le Conseil des ministres et le président approuvent un référendum qui doit se tenir le 4 août, pour la modification de la constitution pour permettre au président de se présenter une troisième fois[17].

L'après référendum[modifier | modifier le code]

Voir Élection présidentielle nigérienne de 2011

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Putsch réussi au Niger, le président Mamadou Tandja arrêté par Reuters sur yahoo.fr
  2. (fr) Coup d'État au Niger par l'Associated Press cité sur yahoo.fr
  3. a et b (fr) Coup d'État au Niger, le président arrêté par Le Monde.fr avec Reuters et AFP
  4. a et b (fr) "Le président du Niger renversé par un coup d'État militaire", Le Monde, 19 février 2010
  5. a et b (en) "Military coup ousts Niger president Mamadou Tandja", British Broadcasting Corporation, 19 février 2010
  6. (fr) "Un Conseil militaire prend le pouvoir au Niger", Radio France international, 19 février 2010
  7. (fr) "Niger : le chef d'escadron Salou Djibo, "président" du CSRD", Agence France-Presse, 19 février 2010
  8. http://www.temoust.org/echec-du-dialogue-inter-nigerien,13421
  9. Des Nigériens manifestent pour la mise en place d’une transition politique de trois ans dans leur pays par APANEWS sur jeuneafrique.com
  10. Article 36 : Le président de la République est élu pour cinq (5) ans au suffrage universel libre, direct, égal et secret. Il est rééligible une seule fois. [...]
  11. Le Président Tandja reste muet sur les appels en faveur d’une prolongation de son mandat par APANEWS sur jeuneafrique.com
  12. (fr) Niger : « Je suis prêt à partir à la fin de mon mandat », affirme le Président nigérien par APA sur congoplus.info
  13. «Il faut un référendum, parce que le peuple demande que je reste» interview par Thomas Hofnug sur liberation.fr
  14. Declaration du Bureau Politique CDS Rahama sur le schéma « Tazartché » proposé au président de la république... sur tamtaminfo.com
  15. AVIS n° 02/CC du 25 mai 2009 de la Cour Constitutionnelle sur rfi.fr
  16. (en) Niger's Tandja dissolves parliament par reuters.
  17. Au conseil des ministres : le corps électoral convoqué pour le mardi 4 août 2009 - la campagne référendaire ouverte le lundi 13 juillet 2009 à 00 heure et close le dimanche 2 août 2009 à 24 heures sur le Sahel Dimanche

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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