Couleuvre d'Esculape

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Zamenis longissimus

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Couleuvre d'Esculape

Classification selon ReptileDB
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Reptilia
Sous-classe Lepidosauria
Ordre Squamata
Sous-ordre Serpentes
Infra-ordre Alethinophidia
Famille Colubridae
Sous-famille Colubrinae
Genre Zamenis

Nom binominal

Zamenis longissimus
(Laurenti, 1768)

Synonymes

  • Natrix longissima Laurenti, 1768
  • Coluber aesculapi Lacepede, 1789
  • Coluber longissimus (Laurenti, 1768)
  • Elaphe longissima (Laurenti, 1768)

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

La Couleuvre d'Esculape, Zamenis longissimus, anciennement Elaphe longissima, de serpents de la famille des Colubridae[1], appelée également Liron dans le Sud-Ouest de la France.

Description[modifier | modifier le code]

Couleuvre d'Esculape rampant devant un mur.

La couleuvre d'Esculape est un serpent d'environ 110 cm à 160 cm de long (rarement 200 cm) au corps long et mince. Sa tête est fine et longue et son museau arrondi. Son cou est plus ou moins marqué. La pupille est ronde et moyenne et non saillante. Les écailles sont lisses et plates sauf les ventrales qui montrent une arête de chaque côté (pour une description des écailles, voir l'annexe).

Les adultes sont en général assez uniformément beige-gris ou marron olivâtre, avec l'avant du corps souvent plus clair[2]. Des parties dorsales peuvent être brunes, grisâtres, jaunâtres, ocre, brun, verdâtres. Sur le côté du cou, un large croissant, plus ou moins flou, jaune clair, recourbé vers les temporales. Des bandes longitudinales claires et sombres apparaissent sur le dos de certains individus. Les flancs et le ventre sont jaune pâle, unis ou légèrement mouchetés de brun à la séparation dorso-ventrale. La queue suit la coloration du tronc : iris gris, brun doux. Mélanisme rare, mais albinisme fréquent.

Les jeunes ont un pseudo-collier jaune un peu semblable à celui de la couleuvre à collier.

Distribution[modifier | modifier le code]

vert : Zamenis longissimus
bleu : Zamenis lineatus

Elle se rencontre en Europe dans une bande qui va du centre de la France à la Tchéquie, la Slovaquie et au sud de la Pologne, du nord de l'Espagne à la Grèce, et en Turquie jusqu’au nord de l'Iran.

Elle est présente partout en France sauf au nord du parallèle passant par Paris.

Habitat[modifier | modifier le code]

La couleuvre d'Esculape fréquente les milieux clairs et ensoleillés mais fuit l'extrême chaleur. Elle se rencontre dans les forêts ensoleillées, les lieux arides ensoleillés, les broussailles, les bords des champs et les vieux murs. Elle vit au sol mais c'est un excellent grimpeur que l'on peut rencontrer posté dans les arbres et arbustes de 15 à 30 m.

Mœurs[modifier | modifier le code]

La couleuvre d'Esculape est diurne mais elle est parfois active le soir par temps chaud.

Elle se nourrit principalement de petits mammifères (campagnols) qu'elle étouffe par constriction ou de lézards. Elle grimpe dans les arbres et arbustes pour chasser les oisillons et manger les œufs. Les jeunes consomment surtout des lézards.

Elle n'est pas farouche et approche les habitations, grimpe jusqu'aux balcons sans problème. La couleuvre d'Esculape est non venimeuse. Pour se défendre, elle peut émettre une odeur nauséabonde en vidant ses glandes cloacales.

Les accouplements ont lieu à la sortie de l'hivernation, en avril-mai. Les combats entre mâles sont fréquents. Ils durent jusqu'à une demi-heure. La femelle pond 2 à 18 œufs oblongs ou en poire, de 35-60 x 17-25 mm. Les nids sont dans des trous d'arbre, ou dans le sol dans des matériaux en fermentation, souvent avec des œufs de couleuvre à collier.

Les mâles atteignent leur maturité vers la taille de 100 cm, les femelles vers 85 cm[2]. La longévité est de 25-30 ans.

C'est une espèce protégée en France. Il est totalement interdit de la capturer, de la blesser et a fortiori de la tuer.

Histoire[modifier | modifier le code]

La coupe d'Hygie, ou caducée pharmaceutique, emblème de la pharmacie française.

Asclépios, le Dieu-médecin des Grecs anciens, devenu Esculape à Rome, portait dans sa main droite un bâton entouré d'un serpent ; on pense de nos jours qu'il s'agissait de cette grande couleuvre à la brillante livrée. C'est aussi elle que l'on retrouverait autour du bâton d'Asclépios, de nos jours emblème des médecins (et de la coupe d'Hygie pour les pharmaciens).

Les Romains vénéraient Esculape sous la forme terrestre d'un Serpent long et "blanc" ; ils devaient poser à cette Couleuvre des questions sur la guérison de leurs maux, les réponses étant données par l'intermédiaire des prêtres. Elles étaient donc gardées en captivité dans les temples et même dans les maisons des Ophidiens vivants (que l'on suppose de l'espèce Elaphe longissima, les couleuvres de Montpellier s'apprivoisant moins bien), dans des fosses ou des vases de terre. Les Romains envahissant la Gaule emportèrent avec eux ces poteries et le problème est toujours posé de savoir si ce ne sont pas des individus échappés des temples qui peuplèrent différentes régions françaises. À noter que la forme existant en France est la nominative et non la romana. On retrouve la relation entre médecine et Elaphe longissima dans les traditions populaires germaniques et celtiques, où les connaissances médicales pouvaient être acquises par ingestion de la chair bouillie d'un serpent "blanc" (Morris).

Diagnose[modifier | modifier le code]

Ses écailles et ses plaques sont triangulaires sur son front, aussi large que longue, en contact direct avec les supraoculaires ; les pariétales sont plus longues mais à peu près aussi larges que les frontales. La rostrale légèrement saillante, très peu visible de dessus, plus large que haute, plus ou moins divisée. La grande loréale, aussi haute que longue ; 1 préoculaire de taille sensiblement identique à la 4e supralabiale ; 2 postoculaires et 2+1 temporales ; 8 ou 9 supralabiales (4 et 5 en contact avec l'œil) et 9 ou 10 infralabiales. Dorsales lisses et vernissées, parfois légèrement carénées dans la région postérieure, sur 21 ou 23 rangs à mi-corps. Ventrales larges et étroites au nombre de 212 à 248 (anomalies fréquentes) ; 60 à 91 urostèges divisés. Anales divisées elles aussi.

Labiales et rostrale jaune pâle, mouchetées supérieurement de brun ; 4e supralabiales séparées de la 5e par une mince ligne verticale sombre ; elle se retrouve plus bas, mais moins nette, entre les 5e et 6e infralabiales. Un petit point blanc bleuté marque postérieurement chaque dorsale

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Laurenti, 1768 : Specimen medicum, exhibens synopsin reptilium emendatam cum experimentis circa venena et antidota reptilium austriacorum, Vienna Joan Thomae, p. 1-217 (texte intégral).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Référence Reptarium Reptile Database : Zamenis longissimus  (en)
  2. a et b (fr) Nicholas Arnold et Denys Ovenden, Le guide herpéto : 228 amphibiens et reptiles d'Europe, Delachaux & Niestlé,‎ février 2010, 287 p. (ISBN 9782603016732)