Corps du Christ (Théologie)

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Le Corps du Christ est un concept chrétien qui se veut porteur de rédemption, symbole de la transmission de la vie éternelle, de partage, de fraternité, ainsi que de la transmission de la parole divine[1].

L'Institution de l'Eucharistie par Nicolas Poussin, 1640

Sources bibliques[modifier | modifier le code]

Cet écrit est rattaché en commentaire du 20ème dimanche du Temps ordinaire, année B, l'Évangile selon saint Jean, chapitre 6, versets 51 à 58 :

« Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour le salut du monde." Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant: "Comment cet homme peut-il donner sa chair à manger?" Jésus leur dit: "En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi. C'est là le pain qui est descendu du ciel: il n'en est point comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts; celui qui mange de ce pain vivra éternellement." »[2]

La Manne tombée du ciel grâce à Yahwé et par l'intermédiaire de Moïse, (Ex 16. 2-15), était la préfiguration du Pain de Vie donné par Jésus.

Procession du Saint-Sacrement. Huile sur toile par Carl Emil Doepler.

Liturgie[modifier | modifier le code]

Lors de la messe catholique, le prêtre dit lors de la prière eucharistique :

« au moment d'être livré et d'entrer librement dans sa passion, il prit le pain, il rendit grâce, il le rompit et le donna à ses disciples en disant: « Prenez et mangez en tous: ceci est mon corps livré pour vous » »

Ce rappel de la Cène, le repas avant la crucifixion de Jésus-Christ est le symbole de la chair donné par le Messie pour sauver l'humanité de ses péchés [3]. Juste un peu plus tard dans l'office, le prêtre dit « faisant ici mémoire de la mort et de la résurrection de ton Fils nous t'offrons Seigneur le pain de vie. »

Plus que le pardon, le pain comme le stipule l'officiant, est pain de vie, symbole de la résurrection apportée aux humains par Jésus [4]. Le Corps du Christ c'est le don par le Messie du pardon des fautes, c'est la nouvelle parole donnée qui sous entend la résurrection et surtout le pain de vie par cette parole christique qui se veut porteuse de charité, de fraternité, et qui aura créée près de 2 000 ans plus tard les droits de l'homme, et une société démocratique. Moïse a sorti le peuple de l'esclavage, Jésus par le don de son corps, par le sacrifice, cherche à faire régner les vertus cardinales et théologales.

Corpus Christi, ou, Saint-Sacrement du trésor de la Cathédrale Sainte-Marie de Tolède, Espagne

Interprétations[modifier | modifier le code]

Pour Théophylacte, :« Ainsi ne comprend-il pas ce qu'est la nourriture spirituelle procurée par la chair du Seigneur. Ceux qui ne la reçoivent pas en communion n'auront aucune part à la vie éternelle, parce qu'ils n'auront pas reçu Jésus, qui est la vraie vie. Car la chair que nous mangeons n'est pas celle d'un être simplement humain, mais celle d'un Dieu. Unie à la divinité, elle est assez puissante pour nous déifier. Elle est aussi une vraie nourriture: son efficacité ne dure pas seulement quelques instants, et elle ne se décompose pas à la manière d'une nourriture passagère, mais elle est un secours pour la vie éternelle »[5]. Le Corps du Christ c'est la parole novatrice qu'il amène, empreinte de charité, la nouvelle loi qui nourrit pour la vie.

Le docteur de l'Église Jean Chrysostome, dans son homélie 47 sur l'Évangile de saint Jean, dit: « Ecoutez ce que dit Jésus-Christ : « En vérité, je vous le dis, quiconque ne mange pas ma chair et ne boit pas mon sang « n'aura point la vie en soi ». Auparavant les Juifs avaient dit que cela était impossible, le divin Sauveur leur montre que non-seulement cela n'est point impossible, mais que c'est encore très-nécessaire. C'est pourquoi il ajoute : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour ». Comme il disait : « Si quelqu'un mange de ce pain, il ne mourra jamais », et qu'il y avait toute apparence qu'ils s'en scandaliseraient de même qu'auparavant, lorsqu'ils avaient fait paraître leur scandale par ces paroles: « Abraham est mort, et les prophètes aussi, comment donc pouvez-vous dire : il ne mourra jamais? » (Jean, VIII, 52.) Il leur présente la résurrection, par laquelle il résout la difficulté, et leur fait voir que celui qui mange de ce pain ne mourra pas pour toujours. »[6]. Le saint rajoute que celui qui mange son corps demeure en lui; il veut dire que par le symbole de partager le pain divin, se crée envers le Christ un lien de fraternité.

Voici quelques pensés du Père Joseph Marie écrites pour son homélie de la messe dédiée au Saint-Sacrement de juin 2011: « La célèbre analogie trinitaire de Saint Augustin situait l’image du Verbe dans l’intelligence, celle de l’Esprit dans la volonté, mais l’image du Père réside selon Augustin dans la mémoire. C’est la mémoire vivante de cette présence amoureuse de Dieu le Père à nos côtés qui transfigure notre regard, éclaire notre intelligence, et embrase notre cœur. Saint Isaac le Syrien décrit le péché en termes d’oubli de Dieu ; plus radicalement encore : de sortie de l’homme de la conscience de Dieu... Nourris du Pain du ciel, nous sommes appelés à devenir à notre tour pain livré pour la vie du monde en nous dépensant sans compter au service de nos frères. »[7].


L'écrit de saint Jean sur le Corps du Christ suit la multiplication des pains. Benoît XVI dit sur ce passage de l'Évangile : « En effet, en expliquant l’image du pain, il affirme avoir été envoyé pour offrir sa vie, et celui qui veut le suivre doit s’unir à Lui de manière personnelle et profonde, en participant à son sacrifice d’amour. C’est pour cela que Jésus instituera le sacrement de l’Eucharistie lors de la dernière Cène: pour que ses disciples puissent avoir en eux sa charité — cela est décisif — et, comme un seul corps uni à Lui, prolonger dans le monde son mystère de salut. »[8]

Dans le Didachè, livre lu dans les débuts de l'Église au même titre que la Bible lors de la messe, il y a ceci sur le Corps du Christ:

« Au sujet de l'eucharistie, rendez grâce ainsi :

D'abord pour le calice :

Nous te rendons grâce, notre Père, pour la sainte vigne de David ton serviteur que tu nous as révélée par Jésus, ton Enfant. Gloire à toi dans les siècles !

Puis pour le pain rompu :

Nous te rendons grâce, notre Père, pour la vie et la connaissance que tu nous as révélées par Jésus, ton Enfant. Gloire à toi dans les siècles ! De même que ce pain que nous rompons, autrefois disséminé sur les collines, a été recueilli pour n'en faire plus qu'un, que ton Église soit rassemblée ainsi des extrémités de la terre dans ton Royaume. Car à toi sont la gloire et la puissance dans les siècles [9]


Références[modifier | modifier le code]

  1. [1] Deuxième paragraphe sur l'eucharistie
  2. Traduction de la Bible réalisée par Augustin Crampon.
  3. [2] Premier paragraphe sur la nature sacramentelle
  4. [3] Deuxième paragraphe (B) sur l'eucharistie
  5. .Commentaire sur l'évangile de Jean, page 123 par Théophylacte [4]
  6. Homélie 47 de Jean Chrysostome sur saint Jean [5]
  7. Homélie du dimanche 26 juin 2011 par le Père Joseph Marie [6]
  8. Angélus de Benoit XVI du 19 août 2012 [7]
  9. Paragraphes 9 et 10, page 16 des éditions Fleurus du Didaché, reproduit avec l'aimable autorisation du site http://levangileauquotidien.org (© EVANGELIZO )[8]

Source[modifier | modifier le code]

  • Missel des dimanches

Voir aussi[modifier | modifier le code]