Corps (Isère)

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Corps
Rue des Fossés
Rue des Fossés
Blason de Corps
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement Grenoble
Canton Corps (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes de la Matheysine, du Pays de Corps et des Vallées du Valbonnais
Maire
Mandat
Fabien Mulyk
2014-2020
Code postal 38970
Code commune 38128
Démographie
Population
municipale
512 hab. (2011)
Densité 46 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 49′ 10″ N 5° 56′ 51″ E / 44.8194444444, 5.9475 ()44° 49′ 10″ Nord 5° 56′ 51″ Est / 44.8194444444, 5.9475 ()  
Altitude Min. 639 m – Max. 1 840 m
Superficie 11,2 km2
Localisation

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Corps

Corps est une commune française située dans le département de l'Isère en région Rhône-Alpes. Ses habitants s'appellent les Corpatus.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article général Pour des articles plus généraux, voir Géographie de l'Isère et Géographie des Alpes.
Le lac du Sautet et l'Obiou depuis Corps

Corps est une petite commune du sud de la France. Située dans la région du Beaumont dans les Alpes du Sud, à la frontière entre le département de l'Isère et celui des Hautes-Alpes, elle se situe à 40 km au nord de Gap, 65 km au sud de Grenoble et 220 km au nord de Marseille.

Le village de Corps est encerclé par de hautes montagnes, dont l'Obiou dans le massif du Dévoluy qui surplombe le magnifique lac du Sautet.

Le village est au départ de la route qui mène à Notre-Dame de la Salette, lieu de pèlerinage où la Vierge est apparue à deux petits bergers corpatus, Mélanie Calvat et Maximin Giraud.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Corps
Les Côtes-de-Corps Les Côtes-de-Corps
La Salette-Fallavaux
La Salette-Fallavaux
Quet-en-Beaumont Corps La Salette-Fallavaux
Aspres-lès-Corps
(Hautes-Alpes)
Pellafol Ambel Aspres-lès-Corps
(Hautes-Alpes)

Histoire[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Histoire de l'Isère.

Les plus anciennes traces d'occupation humaine du pays de Corps remontent à quelque 1200 ans avant notre ère. Il s'agissait probablement de groupes altaïques venus d'Asie centrale, qui auraient apporté dans leur vocabulaire des racines comme 'alp' (alpage), 'ar' (rivière, d'où dérive le nom du Drac), et 'bal' (montagne, d'où dérive le nom du Beaumont). Vers -800, un habitat ligure important existait à quelques kilomètres en aval de Corps, sur l'actuelle commune de Quet-en-Beaumont. Aux environs de -300, quelques Celtes arrivés des Alpes suisses se mêlèrent aux Ligures locaux, et formèrent le « peuple des trois enseignes », ou Tricorii, dont le nom a donné celui de Trièves[1].

Après la défaite d'Hannibal par les Romains, ceux-ci entreprirent de contrôler l'au-delà des Alpes. En -151, le Beaumont, comme toute la région, était soumis. Mais aucune civitas n'était établie en Beaumont. Une voie romaine, d'importance secondaire, reliait la vallée de la Durance à Cularo (Grenoble) en passant par le Champsaur et le Beaumont. Il semblerait que ce soit à l'emplacement de l'ancien hameau de Saint-Brême, aujourd'hui noyé sous les eaux du lac du Sautet, que se situait le lieu dénommé Geminae sur la carte de Peutinger, embranchement d'une voie se dirigeant vers Mens. Là serait né le premier village du pays de Corps, les vestiges trouvés ailleurs n'étant liés qu'à de petites villae agricoles[2].

À partir de l'an 1202, une famille Alleman possédait en alleu, c'est-à-dire sans suzerain autre que l'empereur du Saint-Empire, une maison forte à Corps. En 1247, l'empereur cède au Dauphin de Viennois le « haut-domaine », c'est-à-dire la juridiction majeure, sur ses alleus en Beaumont. Celui-ci ne se privera pas d'en profiter pour s'approprier les biens de ses sujets.

En 1250 est créé le mandement de Corps, comprenant, sur la rive droite du Drac : Corps, Saint-Bénigne (Saint-Brême), Saint-Jean des Vertus (les Côtes-de-Corps), la Salette (sans les Fallavaux) et Saint-Julien (lieudit aujourd'hui disparu), et sur la rive gauche : Pellafol, Beaufin, Ambel et le Monestier d'Ambel, qui formeront bientôt deux mandements distincts[3]. Cependant aucun châtelain n'est connu avant 1309.

En 1321, le régent Henri octroie au bourg de Corps des chartes de franchise municipales et individuelles, confirmées en 1324 par Béatrix de Hongrie, mère du Dauphin[4]. À partir de 1349, Corps est l'une des châtellenies sur lesquelles repose la rente octroyée à Humbert II de Viennois, qui a vendu ses possessions au roi de France[5]. En 1374, Reynaud II Raymond, coseigneur de Sigottier, Furmeyer et autres lieux, achète la maison-forte de Corps et ses terres à Guigues III Alleman. Son fils Henri II Raymond en devient seigneur en 1406[6].

Dans la première moitié du XVe siècle, le dauphin Louis II, futur roi de France sous le nom de Louis XI, fait régulièrement étape à Corps en se rendant à Montorcier en Champsaur.

Durant les Guerres de religion, Corps, fidèle à la foi catholique, est pris et repris plusieurs fois par les armées adverses, et finalement ruiné en 1577. Par la suite, et à deux reprises, la seigneurie tombe en main-morte et est reprise par le Roi. En 1781, les habitans de Corps purent se plaindre d'un préjudice dû à l'absence de seigneur[7].

Napoléon Ier fit étape à Corps le 6 mars 1815, au retour de l'Ile d'Elbe. Tous les ans à la Pentecôte Corps fête cet événement sous l'intitulé « Aventurier à Corps, Prince à Grenoble ». Le 19 septembre 1846, la Vierge Marie serait apparue à deux enfants de Corps, Maximin Giraud et Mélanie Calvat, dans la montagne au-dessus du village de La Salette. Les apparitions ayant été reconnues par l'Église catholique, un pèlerinage s'est développé vers le sanctuaire Notre-Dame de la Salette.

Entre 1930 et 1935, la construction du barrage du Sautet provoque un afflux de travailleurs étrangers, d'où un développement économique important pour le bourg jusqu'ici resté exclusivement agricole. En 1932, la ligne de chemin de fer de la Mure est prolongée jusqu'à Corps, établissant une liaison depuis Grenoble. Elle eut un relatif succès, notamment pour les pèlerins de la Salette, mais, les autocars donnant bientôt un accès direct au sanctuaire, et faute d'achèvement de la liaison vers Gap, la ligne périclita, le service fut interrompu en 1949, et la ligne définitivement abandonnée en 1952.

La prise de Corps par les Réformés[modifier | modifier le code]

Vue générale de la commune.

On raconte[8] que, les troupes protestantes étant inférieures en nombre aux défenseurs de la ville, un des lieutenants de Lesdiguières alla dans la nuit attacher des lanternes aux cous des bêtes d'un troupeau qu'il dirigea ensuite vers la ville. Les habitants, impressionnés par cette attaque hardie, se rendirent sans combattre.

Les débuts de l'école de Corps[modifier | modifier le code]

Le 14 décembre 1806, Monsieur Jean-Claude Neyret de Mens est nommé Instituteur à Corps. Les classes s’ouvrent en été à 5h00 du matin jusqu’à 11h00 et de 13h00 à 20h00, soit 13 heures de classe par jour. En janvier 1812, Mr François Gourdon est nommé instituteur à Corps. La classe se fait en été de 6h00 à 10h00 et de 13h00 à 17h00, soit 5h00 de moins qu’en 1806. Le 1er novembre 1819, Mr Charles Sibylle remplace Mr Gourdon, puis en 1835 il est lui même remplacé par Mr Chevalier. Le 20 avril 1841 on songe à construire une école de garçons, c’est en 1844 qu’est créée une école de filles. Le 14 janvier 1853 il est voté une indemnité de 500 frs pour l’instituteur à charge pour lui d’enseigner à tous les enfants de la commune. En mai 1854, le traitement de l’instituteur est fixé à 1000 frs. Le 8 novembre 1857, c’est au tour de Mr Fayollat de devenir instituteur. C’est en 1881 que l’école maternelle voit le jour aux logis neufs, puis en 1893 on réunit école primaire et maternelle dans les locaux actuels.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Armorial des communes de l'Isère.
Blason Corps.svg

Blasonnement :
D'azur, au chevron d'argent, accompagné en chef de deux étoiles d'or, et en pointe, d'un ours passant du même.[Note 1].

Culture[modifier | modifier le code]

Langue[modifier | modifier le code]

Historiquement, le Beaumont appartient à la zone de parlers occitans[9] de type vivaro-alpins[9]. Le nom de Corps, anciennement prononcé « Corpe », est probablement dérivé du mot occitan corp signifiant corbeau.

La médiathèque Saint-Eldrade[modifier | modifier le code]

La médiathèque de Corps propose d'une part des prêts de romans, bandes dessinées, de documentaires (parfois avec DVD inclus) et de contes pour petits, et d'autre part des accès internet[10].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2005 2014 Magali Francou-Carron UMP  
Les données manquantes sont à compléter.

Aménagement[modifier | modifier le code]

Sportif[modifier | modifier le code]

Le terrain de basket de Corps se situe en haut de la maison de retraite. Il y a un terrain de tennis à côté du terrain de basket et l’autre est à côté du jardin de ville. En 2004, la mairie a refait le jardin de ville. Les enfants y trouveront : une balançoire, un skate parc, un petit château avec son petit toboggan, le grand toboggan, un jeu à ressort, un terrain d’herbes et à côté un terrain de boules. Au jardin de ville il est interdit de faire rentrer des chiens.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Démographie de l'Isère.

En 2011, la commune comptait 512 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
935 1 038 1 238 1 128 1 441 1 414 1 386 1 451 1 350
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 315 1 335 1 329 1 306 1 239 1 356 1 325 1 226 1 201
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 104 998 942 737 762 899 983 1 128 687
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
608 556 465 505 512 453 456 451 511
2011 - - - - - - - -
512 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


Monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

  • Le barrage du Sautet, construit entre 1930 et 1935, haut de 126 mètres, barrant le Drac juste en aval de son confluent avec la Souloise.
  • Le pont du Sautet, jouxtant le barrage, pont d'une seule arche au-dessus du défilé du Drac en aval du barrage. Il a remplacé l'ancien pont suspendu du XIXe siècle, déjà remarquable par son audace. Un autre pont existaient antérieurement au barrage un peu en amont du confluent : le pont de Saint-Brème, sur le Drac, portant une route vers Ambel.
  • L'ancienne gare du chemin de fer, aujourd'hui siège des services de l'Équipement.
  • De nombreuses maisons anciennes dans le vieux bourg, dont celle où Napoléon a passé la nuit.
  • Les anciennes écuries, formant encore un curieux passage voûté.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

La statue de la Vierge en pleurs

L'église primitive de Corps faisait partie d'un prieuré construit en 1212 par des moines bénédictins de Marseille, et dont il ne reste que le porche d'entrée face à l'église actuelle. De style roman, l'église a été ravagée en 1821 par un incendie qui a aussi détruit le presbytère et la plus grande partie du village. Elle a été restaurée en accord avec son style d'origine. Le clocher est de style gothique. L'intérieur de l'église mérite la visite :

  • l'abside, circulaire, est très dépouillée, et éclairée par une rangée de hauts vitraux
  • l'autel est en marbre blanc, richement décoré
  • l'absidiole droite comporte un petit vitrail circulaire représentant la Sainte Famille
  • dans le transept, un vitrail représentant Saint Eldrade, patron de la paroisse
  • dans les allées latérales, deux statues de Notre-Dame de la Salette, dont une « Vierge en pleurs » ; sur le sol, quelques dalles portent des inscriptions funéraires
  • de part et d'autre de l'entrée, deux bénitiers en marbre (modernes) portent des inscriptions en latin et en grec.

En bordure du village, la petite chapelle Saint-Roch est installée sur un promontoire face au lac et aux montagnes (Dévoluy, Obiou).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean Galland, pasteur à Corps vers la fin du XVIIe siècle, est l’ancêtre d’Adolf Galland, as de la chasse allemande pendant la dernière guerre. La famille Galland était originaire de Veynes (Hautes-Alpes). À la mort du pasteur, sa veuve, Charlotte Gondre, son fils Jacques et sa femme, née Jordan, émigrèrent en Allemagne où le couple fit souche.
  • Emile Gueymard, né à Corps, major de Polytechnique, professeur à la faculté des Sciences de Grenoble. Collaborateur de Vicat et ingénieur en chef des mines sous la Restauration.
  • Victor Auguste Gueymard, frère du précédent. Juriste et doyen de la faculté de Droit de Grenoble.
  • Mélanie Calvat
  • Maximin Giraud
  • Emile Mathieu, né le 17 mai 1880 à Corps, père de Noël Mathieu, plus connu sous le nom de Pierre Emmanuel (1916-1984), poète et académicien.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Note sur l'histoire de Corps et de son mandement depuis les origines jusqu'à nos jours. Henri DURAND
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Gueydan, Les seigneurs du Beaumont, éd. du Cosmogone, Lyon, 2003, (ISBN 2-914238-40-1), pages 32 à 35.
  2. Jean Gueydan, Les seigneurs du Beaumont, pages 40 & 141.
  3. id., pages 141.
  4. id., page 143.
  5. id., pages 129 & 130.
  6. id., pages 384 & 385.
  7. id., pages 144 à 146.
  8. Gabrielle Sentis, La légende dorée du Dauphiné, éditions Didier-Richard, Grenoble, 1984 (ISBN 2-7038-0028-2)
  9. a et b Bert, Michael et James Costa. 2010. "Linguistic borders, language revitalisation and the imagining of new regional entities", Borders and Identities (Newcastle upon Tyne, 8-9 janvier 2010), 18.
  10. Horaires et contacts sur le site de la ville de Corps
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]