Cornelius van Til

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Cornelius Van Til

Apologète et théologien calviniste, Cornelius Van Til est né à Grootegast, aux Pays-Bas le 3 mai 1895. Il est mort le 17 avril 1987. Théologien Réformé, il est considéré comme apologiste de la foi protestante. (Paul Wells, Professeur à la Faculté Libre de Théologie Réformée d'Aix-en-Provence).

Biographie[modifier | modifier le code]

Cornelius Van Til a d'abord enseigné au Séminaire de théologie de Princeton - où il a subi l'influence de Benjamin B. Warfield et de Geerhardus Vos - avant de devenir, en 1929, professeur au Séminaire de théologie de Westminster où il est resté jusqu'à sa mort. Auteur prolifique, il s'est fait connaître par ses critiques à l'encontre de l'épistémologie de la théologie dialectique, du catholicisme romain et de "l'évangélicalisme arminien" répandu dans le monde anglo-saxon.

Sa pensée[1][modifier | modifier le code]

Van Til a gardé bon nombre des principes théologiques d'Abraham Kuyper, tels que la position centrale de la souveraineté absolue de Dieu sur toute la création, sur le cœur de l'homme (volonté, intelligence, sentiments) considéré comme le centre de son existence, de sa vie et de sa relation à Dieu, ce qui conduit à la conviction que toute la vie est religieuse: dirigée soit vers Dieu, soit contre Dieu.

Le nom de Cornélius Van Til est inséparable de l'apologétique réformée confessante. Pour rendre justice à l'importante pensée de Van Til et à son œuvre en général, nous proposons un bref sommaire de la vie de ce défenseur de la foi et de sa méthodologie apologétique.

Cornélius (Kees) Van Til est né il y a plus de cent ans (le 3 mai 1895) à Grootgast, dans la province de Groningen, aux Pays-Bas. Il est le sixième fils d'une famille pieuse, très attachée à la Bible; famille chaleureuse et calviniste, adhérant aux trois formes d'unité (la Confessio Belgica, le catéchisme de Heidelberg, les Canons de Dordrecht), qui ont une influence formatrice sur le jeune Kees, en particulier sur sa compréhension de l'Ecriture sainte.

En 1905, la famille Van Til émigre à Highland dans l'Indiana (États-Unis), pour exploiter une ferme, dans une région plus prospère que le nord des Pays-Bas. Elle s'intègre de façon active dans une Église chrétienne réformée.

Dès l'adolescence, le jeune Van Til éprouve fortement l'appel de Dieu à son service. Peu après son arrivée en Amérique, il entre au Calvin College à Grand Rapids, où il se plonge dans l'étude des traités de philosophie de Socrate, Platon, Aristote, Kant, Hegel et Schopenhauer. Après son bac, il s'inscrit à l'Université de Princeton pour cinq ans d'études et, en 1922, il va au Séminaire théologique de Princeton, qui était encore un haut lieu du calvinisme, où il obtient sa maîtrise en théologie. En 1927, il y reçoit le grade de Docteur. Sa thèse de doctorat est intitulée Dieu et l'Absolu. Pendant ses années à Princeton, Van Til étudie sous la direction d'un nombre impressionnant de penseurs réformés orthodoxes.


Les années 1920 ont été un temps de crise pour le Séminaire théologique de Princeton. La foi réformée régulière enseignée par Archibald Alexender, Charles Hodge, A.A. Hodge et Benjamin B. Warfield est contestée et dénigrée de façon croissante par le modernisme, introduit par de nouveaux professeurs de plus en plus libéraux. Après un bref ministère pastoral dans l'Église Spring Lake, à Muskejon, Michigan (1927-1928), Van Til enseigne l'apologétique pendant une année à Princeton; il y est, ensuite, élu professeur d'apologétique, mais l'assemblée générale ne le confirme pas à ce poste, sous prétexte de réorganisation.


Van Til est retourné à Spring Lake, bien déterminé à refuser tout enseignement à Princeton et même au Séminaire théologique de Westminster récemment fondé, dont le but est de poursuivre l'œuvre magnifique de l'ancien Princeton, sous la conduite du très compétent John Gresham Machen. Néanmoins, la visite de Machen et du professeur O.T. Allis détermine Van Til, ainsi que R.B. Kuyper, à entrer au service de ce séminaire. Depuis l'ouverture du Séminaire théologique de Westminster, en 1929, jusqu'à ce qu'il en devienne professeur émérite en 1975, à l'âge de 80 ans, Van Til enseigne l'apologétique réformée et les cours connexes, selon une perspective biblique, en conformité avec les textes symboliques de la théologie réformée.

Sa forte pensée apologétique, avec la philosophie et la théologie réformée, a exercé une influence croissante, non seulement sur de nombreux diplômés du Séminaire de Westminster, mais aussi sur des évangéliques conservateurs dans le monde entier. Aujourd'hui, son point de vue continue de se développer dans la réflexion et l'action de ses nombreux élèves; il constitue un élément central pour les théologiens et apologètes réformés. Van Til a écrit plus de 30 livres au cours de sa carrière professorale, auxquels il faut ajouter ses polycopiés, qui ont largement circulé (même en France). Passé 80 ans, Van Til demeure sur le même front, suivant les développements de l'apologétique réformée et contribuant à sa diffusion. Sa mort, en 1987, au bel âge de 92 ans, marque la fin d'une époque au Séminaire théologique de Westminster.

La théologie de Van Til a toujours été, sans aucune équivoque, réformée confessante, dans ses principes et dans sa pratique. Sa première source est Jean Calvin, dont les écrits ont été la manne spirituelle qui a nourri sa pensée et modelé sa vie: pour Van Til, Calvin est toujours resté le premier théologien.

Sa deuxième source formatrice est le Catéchisme de Heidelberg, commenté par ses prédécesseurs réformés des Pays-Bas, ainsi que les Textes de Westminster étudiés à Princeton. Tels sont les fondements de la théologie de Van Til. En 1936, il quitte l'Église chrétienne réformée pour rejoindre la nouvelle Union d'Églises presbytériennes (Orthodox Presbyterian Church) en cours de formation, dont il est membre le reste de sa vie.

La troisième source à laquelle Van Til est redevable est celle des théologiens néerlandais : Abraham Kuyper (1837-1920) et Herman Bavinck (1854-1921). Si Van Til rejette la présomption de régénération par le baptême, il garde un bon nombre des principes théologiques de Kuyper, tels que la position centrale de la souveraineté absolue de Dieu sur toute la création, sur le cœur de l'homme (volonté, intelligence, sentiments), considéré comme le centre de son existence, de sa vie, et de sa relation à Dieu, ce qui conduit à la conviction que toute la vie est religieuse: dirigée soit vers Dieu, soit contre Dieu. Il reconnaît aussi la nécessité d'une philosophie chrétienne soucieuse du point de vue biblique sur tous les sujets, selon l'ordre de la création. Le fonctionnement de cet ordre créationnel a été affecté de façon incommensurable par la Chute, mais l'ordre originel sera restauré par le Christ.

Van Til a revu et corrigé Kuyper et Bavinck et, ce faisant, il a précieusement gardé la thèse de la Réforme: le christianisme exposé et enseigné dans la Bible est la révélation du seul vrai Dieu; c'est la seule vraie religion. Le calvinisme en est l'expression la plus claire et la plus substantielle, aussi bien dans son contenu que dans le mode de vie et la représentation du monde qu'il propose; Van Til a soutenu cela tout au long de sa vie.

Son rôle[modifier | modifier le code]

Van Til a joué un rôle majeur en faisant ressortir les dérives des méthodes, ou des façons de penser, existant chez des non-réformés, comme aussi chez des réformés - en particulier dans l'apologétique de l'ancien Princeton, telle que l'avait soutenue Warfield. Il a aussi détecté des points faibles chez Kuyper et chez Bavinck. Van Til a construit avec talent une apologétique réformée entièrement cohérente et en accord avec la Bible. Son œuvre a contribué à purger la théologie réformée des infiltrations de l'apologétique néo-évangélique. Il a aussi donné un fondement réformé à l'ontologie, à l'épistémologie et à l'éthique chrétienne. Voir l'article de J. Frame, "Van Til, le théologien", La Revue réformée 42 (1991:1), 7-42.

Ses écrits[modifier | modifier le code]

- Cornelius Van Til, Pourquoi je crois en Dieu, Kerygma,2004,30p.

Références[modifier | modifier le code]

  1. le gardien d'une nouvelle apologétique, Joël R. Beeke)

Liens externes[modifier | modifier le code]