Cormoran africain

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Le Cormoran africain (Phalacrocorax africanus) est une espèce d'oiseau aquatique dont la répartition est entièrement comprise dans le continent africain. Il est aussi parfois appelé Cormoran à longue queue, Cormoran d'Afrique ou Cormoran pygmée africain

Description[modifier | modifier le code]

Cormoran africain juvénile

Mensurations[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce. C'est un petit cormoran de 50 à 55 cm de long et d'une envergure de 85 cm.

Plumage nuptial[modifier | modifier le code]

De plumage noir, cet oiseau présente des plumes de couverture des ailes et des épaules de couleur argentée, ponctuées de noir. Il possède une longue queue et une crête courte. La zone située entre le bec et l'œil est déplumée, montrant une peau faciale jaunâtre ; l'œil est rouge. Le bec, assez long et présentant un petit crochet à son extrémité, est jaune à jaune orangé. Les pattes sont noires.

Plumage internuptial et juvénile[modifier | modifier le code]

Les juvéniles et les adultes non-reproducteurs sont plus bruns, avec un ventre blanc moucheté de brun.

Comportement[modifier | modifier le code]

Vol et nage[modifier | modifier le code]

Comme tous les cormorans, le Cormoran africain est un bon nageur et un bon plongeur, mais ses plumes non imperméabilisées ont tendance à s'imbiber d'eau. De fait, alourdi par le poids de l'eau, cet oiseau nage avec le corps immergé (bien souvent, seuls le cou et la tête dépassent à la surface). Pour améliorer sa flottaison (et aussi pour se réchauffer), il sort régulièrement de l'eau afin de faire sécher ses plumes au soleil dans une position caractéristique des cormorans (voir les vidéos correspondantes dans les liens externes). Ceci lui permet aussi de se réchauffer.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Son régime alimentaire est essentiellement piscivore, mais il peut de façon opportuniste consommer aussi des grenouilles, des insectes aquatiques, des crustacés voire des oisillons.

Le Cormoran africain pêche généralement durant 5 à 6 heures par jour, surtout à l'aube et au crépuscule. Il est capable de plonger à grande profondeur, mais il se nourrit généralement en eau peu profonde. Les proies sont le plus souvent avalées en surface, tête la première[1].

Comportement social[modifier | modifier le code]

Le Cormoran africain, moins sociable que les autres espèces de cormoran, est généralement seul ou en petit groupe en dehors de la saison de reproduction, mais il peut y avoir des rassemblements comptant jusqu'à une trentaine d'individus sur certains lieux de pêche riches en poissons. Pour passer la nuit, il se perche sur un arbre qu'il partage volontiers avec d'autres cormorans, voire d'autres espèces d'oiseaux (Cigognes, hérons, ibis, aigrettes...)[1],[2].

Vocalisations[modifier | modifier le code]

Généralement silencieux, cet oiseau peut émettre des cris caquetants lorsqu'il est en colonies[1].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Ce cormoran atteint l'âge de se reproduire vers 3 ou 4 ans. Les couples réalisent une parade nuptiale au cours de laquelle ils agitent la tête énergiquement, se toilettent et se caressent le bec et le cou mutuellement.

La période de reproduction est variable selon les zones. Elle se fait au sein de colonies. Le nid, constitué d'un amoncellement de brindilles et mesurant une vingtaine de centimètres de diamètre, est bâti sur un arbre ou au sol. La ponte comprend entre 2 et 4 œufs blancs légèrement teintés de vert ou de bleu.

L'incubation dure 24 jours ; elle est réalisée par les deux parents. Les oisillons sont nidicoles. Ils naissent nus et aveugles puis un duvet noir les recouvre[1].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Long-tailed Cormorant
Cormoran Africain (Botswana).

Habitat[modifier | modifier le code]

Le Cormoran africain niche près des marécages et plans d'eau douce, ou près des zones côtières abritées (estuaires, baies côtières, mangroves...).

Sous-espèces et répartition[modifier | modifier le code]

Cette espèce se répartit dans l'Afrique sub-saharienne, mais est rare sur la côte orientale du continent au nord de Madagascar, et absente au niveau du désert de Namibie.

Il existe deux sous-espèces de Cormoran africain[3],[4] :

  • Microcarbo africanus africanus (Gmelin 1789) : Afrique de l'Ouest, de l'Est et du Sud ;
  • Microcarbo africanus pictilis (Bangs 1918) : Madagascar.

Migration[modifier | modifier le code]

Bien qu'essentiellement sédentaire, cette espèce peut occasionnellement réaliser des déplacements de masse importants en cas de modifications du niveau des eaux où elle se nourrit. Ceci peut amener à la désertion d'une zone et à la colonisation d'une autre par un nombre important d'oiseaux[5],[3].

Systématique[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme « cormoran » vient du vieux français « corp », le corbeau, et « marenc », de mer. L'évolution de ces termes a donné « cormareng » au XIIe siècle, puis « cormaran » au XIIIe siècle.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

L'ancienne espèce Microcarbo africanus (au sens large) a été divisée en deux espèces distinctes[6] :

mais certains auteurs considèrent ce dernier taxon comme une sous-espèce du Cormoran africain (Phalacrocorax africanus coronatus).

Le Cormoran africain et l'Homme[modifier | modifier le code]

Relation Homme/animal[modifier | modifier le code]

Comme tous les cormorans, le Cormoran africain est considéré comme un concurrent par les pêcheurs.

Statut et préservation[modifier | modifier le code]

Du fait de sa grande aire de répartition et de sa population assez importante (de 210 000 à 1 100 000 individus[7], l'UICN a classé cet oiseau dans la catégorie LC (préoccupation mineure)[7].

Philatélie[modifier | modifier le code]

Plusieurs pays ont émis des timbres à l'effigie de cet oiseau : la Mauritanie en 1964 et 1994, et le Rwanda en 1965.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Oiseaux.net.
  2. P. Christy et illustré par W.Clarke, « Cormoran Africain dans Le Guide des oiseaux de São Tomé et Príncipe », sur Ecofac,‎ 1998 (consulté le 15 février 2009).
  3. a et b Global Register of Migratory Species (GROMS) 2007
  4. Zoonomen 2007
  5. del Hoyo J Elliott A, Sargatal J 1992
  6. Avibase 2007
  7. a et b UICN, 2004.

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Nelson, J.B., 2005. Pelicans, cormorants, and their relatives - The Pelecaniformes. Oxford University Press, 661 p. ISBN 0 19 857727 3
  • Pierre Cabard et Bernard Chauvet, Étymologie des noms d'oiseaux : Origine et sens des noms des oiseaux du Paléarctique occidental (noms scientifiques, noms français et étrangers), Paris, Belin, coll. « Éveil nature »,‎ 2003 (ISBN 2-7011-3783-7)