Coriolan Ardouin

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Coriolan Ardouin (né le 11 décembre 1812 et mort le 12 juillet 1835[1]) est un poète haïtien, représentatif d'un courant littéraire que l'on a appelé « pseudo-classique ». L'alexandrin, la rime parfaite et l'évocation de l'Antiquité gréco-latine en sont les signes littéraires extérieurs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gustave-Léonard-Coriolan Ardouin était le fils d'Alexis Ardouin (1770-1824) et de Suzanne Léger (1773-1828). Il était né le 11 décembre 1812 à Petit-Trou-de-Nippes, un petit port de la côte nord de la presqu'île du sud, et décédé le 12 juillet 1835 à Port-au-Prince. Il avait deux frères, Beaubrun et Céligny, qui furent historiens et hommes politiques[2].

La vie même d'Ardouin est une tragédie grecque : le jour de sa naissance un papillon noir se posa sur son berceau et son grand frère âgé de 2 ans agonisa dans une chambre voisine. Lui-même, né avec une santé fragile, était sujet à des troubles nerveux. Les décès successifs de son père, de sa mère et de sa sœur aînée au cours de son adolescence perturbèrent ses études. A l'âge de 15 ans, il était totalement orphelin. Par la suite, il se tourna vers Emma, une amie de sa sœur qui lui procura les délices de l'amour. Elle est fauchée par les griffes de la mort. Il fit la rencontre d'Emedia Sterling, brune aux lèvres violettes, aux grands yeux noirs, à la taille élancée, à la voix tendre et caressante et à la chevelure et abondante ; elle tombe malade elle aussi. Malgré cela Coriolan Ardouin se maria avec elle. Leur enfant mourut au berceau et sa femme Amedia le suivit cinq mois plus tard. Très tôt, le jeune Coriolan fut un être secret et solitaire, plus porté à lire sous un arbre qu'à jouer avec les négrillons du voisinage. Coriolan Ardouin, contaminé par la tuberculose, incurable à cette époque, mourut le 12 juillet 1835, à l'âge de 23 ans. Sa poésie est marquée par l'influence de Casimir Delavigne et de Lamartine.

Un être aussi sensible ne pouvait que vénérer la passion amoureuse dans ce qu'elle a de plus noble. Le Douloureux n'a laissé qu'une seule œuvre, publiée de manière posthume en 1837, Reliques d'un poète haïtien. Dans l'intervalle, entre la disparition de sa bien-aimée et la sienne annoncée, c'est dans la nature qu'il trouva un ultime refuge :

« La mer que nul vent ne soulève
Mourir tranquille et sans voix ».

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Ses œuvres[modifier | modifier le code]

C'est par les soins d'Émile Nau que fut publié à titre posthume l'unique recueil de poèmes de Coriolan Ardouin en 1837, sous le titre « Reliques d'un poète haïtien »[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'autres sources mentionnent 1836 et 1838
  2. Association généalogique d'Haïti
  3. « Ardouin, Poète de la douleur », sur le Nouvelliste en Haïti,‎ 2 juin 2006 (consulté le 1er août 2011)