Corderie royale

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Corderie royale - Centre international de la mer
Le site de la Corderie royale abrite le Centre international de la mer au cœur du Grand Arsenal de Rochefort.
Le site de la Corderie royale abrite le Centre international de la mer au cœur du Grand Arsenal de Rochefort.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Rochefort
Adresse rue Audebert, BP 50108 - Rochefort
Coordonnées 45° 56′ 21″ N 0° 57′ 21″ O / 45.939033, -0.95583345° 56′ 21″ Nord 0° 57′ 21″ Ouest / 45.939033, -0.955833  
Informations générales
Collections Maritime
Superficie 14 000 m2 dont près de 2 000 m2 pour le Centre international de la mer (sur lesquels 1 000 m2 sont accessibles au public)
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 150 000
Site web www.corderie-royale.com

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Corderie royale - Centre international de la mer

Géolocalisation sur la carte : Charente-Maritime

(Voir situation sur carte : Charente-Maritime)
Corderie royale - Centre international de la mer

La Corderie royale - Centre international de la mer est un vaste ensemble muséal situé au cœur de l'arsenal maritime de Rochefort, ville bénéficiant du prestigieux label de « villes et pays d'art et d'histoire »[1], au patrimoine urbain d'une exceptionnelle richesse historique, architecturale et culturelle.

Rochefort, qui est également une station thermale, est une cité touristique riche de près d'une dizaine de musées, située à 30 kilomètres au sud de La Rochelle, ville avec laquelle elle partage de plus en plus ses atouts historiques et culturels.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le site de la Corderie royale qui abrite le Centre international de la mer[2] est un vaste espace muséographique qui fait partie du Grand Arsenal de Rochefort, haut lieu historique, culturel et touristique de la ville qui comprend également le Musée national de la Marine, le chantier de reconstruction de L'Hermione, et le projet de rénovation du Commissariat de la marine sur le quai aux vivres[3] de Rochefort.

C'est par excellence le site muséographique le plus fréquenté de la ville recevant plus de 50 000 visiteurs chaque année dont un grand nombre sont des touristes lors de la saison estivale.

Cet ensemble muséographique exceptionnel est mentionné dans nombre de guides touristiques aussi bien que sur le site de l'office de tourisme Rochefort Ocean [4], de la Charente-Maritime[5] et de Poitou-Charentes[6].

La Corderie royale est également inscrite dans la Route historique des trésors de Saintonge, circuit de découverte des monuments de la Saintonge.

Historique[modifier | modifier le code]

Une création grandiose[modifier | modifier le code]

La Corderie royale est l'un des bâtiments les plus importants de l'arsenal et ce fut l'un des premiers construits lors de la création de la ville en 1666. L'architecte de la corderie fut François Blondel qui lança les travaux en mars 1666. Envoyé aux Antilles, il ne put constater le résultat de ses plans.

La réalisation ne fut pas simple en raison du terrain. Situé à la bordure de la Charente, le sol est constitué d'une couche de vase épaisse de près d'une trentaine de mètres, parfois inondé d'une soixantaine de centimètres d'eau aux grandes marées. Avant la construction du bâtiment lui-même, il fallut donc surélever de quelques pieds[7] et établir un radier constitué d'un quadrillage de pièces de chêne de 30 centimètres de section enfoncé à 5 pieds sous la nappe phréatique[8].

Ce n'est qu'une fois le radier terminé que commença réellement la construction, à l'aide de pierres calcaires des carrières proches de Crazannes. Afin de ne pas déstabiliser ce radeau flottant, la construction par les 700 ouvriers se fit de manière symétrique, le passage au niveau supérieur n'ayant lieu que lorsque les deux pans de mur avaient atteint le niveau.

Finalement, après plus de trois ans de travail, la construction s'acheva en juin 1669.

Pendant près de deux cents ans, le bâtiment long de plus de 374 mètres fut utilisé pour réaliser les cordages de la marine royale. La longueur du bâtiment central correspondait à la fabrication d'un cordage d'une encablure d'un seul tenant. L'aile principale est bornée par deux pavillons. Au nord, celui destiné au stockage du chanvre et au sud, celui destiné au goudronnage du cordage. On utilisait à la Corderie du chanvre qui arrivait des provinces de France et de Rīga en mer Baltique afin de réaliser des cordages, dont les plus grands, une fois terminés mesuraient une encablure, soit 200 mètres de long. Toutes les étapes étaient prises en charge à l'arsenal, jusqu'au goudronnage pour éviter que les cordages ne pourrissent en mer.

La fin de la corderie en 1867 et la reconversion du site[modifier | modifier le code]

En 1867, les cordiers cessent leur activité sur le site de Rochefort. Le bâtiment aura alors vocation à accueillir plusieurs institutions :

  • L'école de maistrance et des apprentis armuriers
  • L'annexe de l'artillerie navale
  • Les travaux maritimes
  • Les archives secrètes de la marine
  • Le musée des « petits-modèles »

L'abandon progressif du site[modifier | modifier le code]

Le 10 septembre 1926 est décidée la fermeture de l'arsenal de Rochefort qui, en plus d'un grand émoi au sein de la population locale, entraîne l'abandon progressif de la Corderie.

Le déclin de la Corderie sera complet lorsque les forces d'occupation quittant la ville en août 1944 incendieront la Corderie. Le feu qui dura plusieurs jours rendit le bâtiment inutilisable. Laissé à l'abandon total pendant plus d'une vingtaine d'années, la Corderie et ses alentours furent complètement envahis de broussailles et de ronces. Cette végétation abondante mettait en péril ce remarquable édifice chargé de l'histoire de la ville.

En 1964, l'amiral Maurice Dupont entreprit le nettoyage du site avec l'aide d'appelés et en 1967, le bâtiment fut déclaré monument historique.

La municipalité, dorénavant propriétaire des lieux, décida alors en 1974 dans le cadre du contrat « Ville moyenne » de lancer des travaux de réhabilitation du site monumental.

La Corderie royale aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La Corderie Royale côté Charente, partie centrale.

Le bâtiment dont les travaux de restauration ont été commencés en 1976 et achevés en 1988 ont permis de faire bénéficier à la ville du "Grand prix national du patrimoine". Aujourd'hui, cet imposant édifice abrite des services administratifs et tertiaires importants :

Le site de la Corderie royale est agrémenté d'un vaste parc en bordure du fleuve Charente.

Le Jardin des Retours et l'aire des gréements[modifier | modifier le code]

La Corderie Royale côté Charente, partie sud.

Cet agréable parc de création contemporaine, inauguré en 1991 et dénommé le "Jardin des Retours"[9], a été créé pour mettre en valeur le site de la Corderie royale.

Il est de plus composé de l'aire des gréements qui s'égrène en bordure du fleuve Charente dont le but est d'illustrer le thème des cordages et le temps de la marine à voile. Le labyrinthe des Batailles navales composé d'ifs lui fait suite.

Ce vaste jardin aux plantes rares qui s'étend sur une surface arborée de 18 hectares a été aménagé comme un théâtre de verdure, imaginé comme une introduction à l'art botanique, et forme un espace de promenade tout autour de la Corderie royale[9]. Il est divisé en trois grands espaces de verdure représentés par le jardin de la Marine, le jardin de la Galissonière et le jardin des Amériques.

Muséographie[modifier | modifier le code]

Le Centre international de la mer, dénommé parfois Centre international de la mer de Rochefort, est le musée proprement dit de la Corderie royale : il s'étend sur une surface d'exposition de 300 m² occupant l'aile nord du plus long arsenal de France. Il a été ouvert au public en 1986.

Machine à câbler

Il comprend une bibliothèque spécialisée abritant un large éventail d'ouvrages, documents et revues sur le thème de la mer, ouverte au public en annexe de la Médiathèque municipale, et une photothèque et cinémathèque de la mer avec salle polyvalente de projection. Une salle d'exposition permanente est consacrée à l'histoire de la corderie et à la fabrication des cordages, tandis qu'à l'atelier de matelotage, la démonstration des nœuds marins met en lumière la complexité de cette technique. La salle aux dimensions impressionnantes est adaptée aux différentes tailles des cordages à confectionner : dans ce vaste hall d'exposition, les outils et les machines (dont une machine à câbler du XIXe siècle), les matières premières utilisées (dont le chanvre), les procédés et méthodes de fabrication sont présentés dans un souci pédagogique. Des scènes animées sur la vie à bord des vaisseaux complètent la visite. Des expositions temporaires sur le monde maritime sont renouvelées en moyenne tous les deux ans. La librairie maritime propose 8 000 références de livres en rapport avec la monde de la mer. Lors des périodes estivales, des visites guidées sont proposées sur les deux sites muséographiques de la Corderie royale et du chantier-exposition de L'Hermione[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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