Corée du Nord

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République populaire démocratique de Corée

조선민주주의인민공화국 (ko)

Chosŏn Minjujuŭi Inmin Konghwaguk (ko)

Drapeau
Drapeau de la Corée du Nord
Blason
Armoiries de la Corée du Nord
Description de l'image  North Korea (orthographic projection).svg.
Devise nationale 강성대국
(Un pays puissant et prospère)
Hymne national Chant patriotique
Administration
Forme de l'État De jure République, État communiste (Juche) à coalition unique ; de facto dictature militaire totalitaire et héréditaire à parti unique
Revendiqué par République de Corée
Président du Comité de défense Kim Jong-un
Président du Présidium de l'Assemblée Kim Yong-nam
Premier ministre Pak Pong-ju
Langues officielles Coréen
Capitale Pyongyang

39° 02′ N 125° 45′ E / 39.033, 125.75 ()

Géographie
Plus grande ville Pyongyang
Superficie totale 120 540 km2
(classé 97e)
Superficie en eau 0,1 %
Fuseau horaire UTC +9
Histoire
Indépendance du Japon
Date 15 août 1945
Démographie
Gentilé Nord-Coréen
Population totale (2011) 24 457 492 hab.
(classé 48e)
Densité 203 hab./km2
Économie
Monnaie Won (₩n) (KPW​)
Divers
Code ISO 3166-1 PRK, KP​
Domaine Internet .kp
Indicatif téléphonique +850

La Corée du Nord — en coréen Puk Chosŏn, 북조선 (hangul), 北朝鮮 (hanja) — en forme longue la République populaire démocratique de Corée (RPDC) (en coréen Chosŏn Minjujuŭi Inmin Konghwaguk, 조선민주주의인민공화국 (hangul), 朝鮮民主主義人民共和國 (hanja)), est un État qui couvre la partie nord de la péninsule coréenne située en Asie orientale. La capitale du pays est Pyongyang.

Elle est limitrophe de la Chine (1 416 km de frontières communes) au nord et de la Russie au nord-est (19 km de frontières), ainsi que de la République de Corée au sud (238 km de frontières). Cette dernière frontière méridionale est bordée de part et d'autre sur 2 km de largeur par la zone démilitarisée (DMZ), qui est en réalité très fortement militarisée, car surveillée au total par plus d'un million de soldats[1]. Le Japon, proche voisin maritime, est séparé de la Corée du Nord par la mer du Japon.

La Corée du Nord est un État à parti unique avec un « Front uni » mené par le Parti du travail de Corée (KWP). Le gouvernement du pays suit l'idéologie officielle d'autonomie du Juche développée par le président Kim Il-sung. Après sa mort en 1994, Kim Jong-Il, son fils, lui a succédé à la tête de l’État mais non en tant que Président de la République, cette fonction étant restée « éternellement » rattachée à la personne de Kim Il-sung[2],[3]. Après la dislocation de l'URSS et une série de catastrophes naturelles, la Corée du Nord a subi une famine faisant de 900 000 à deux millions de morts[4],[5]. Kim Jong-Il adopte alors la politique du Songun ou « l'armée d'abord » afin de renforcer le pays et le gouvernement.

Ce régime communiste, de type stalinien, fonctionne selon une logique totalitaire[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12] ; il mobilise un culte de la personnalité autour de Kim Il Sung et ses descendants, et a l'un des plus bas niveau des droits de l'homme au monde[13]. Le régime est également dynastique : après la mort de Kim Jong-il en 2011, son fils cadet Kim Jong-un lui succède[14].

La Corée du Nord est le pays le plus militarisé au monde en ce qui concerne la proportion de la population engagée dans les forces armées[15],[16] avec un total de 9 495 000 hommes d'active, de réserve et paramilitaires. Le pays développe un programme nucléaire, ainsi qu'un programme spatial[17].

Une commission d'enquête de l'ONU en 2014 estime que des centaines de milliers d'opposants politiques ont péri dans des camps pendant ces 50 dernières années ce qu'elle qualifie de crime contre l'humanité et que de 80 000 à 120 000 prisonniers politiques sont détenus dans les camps à cette date[18].

Nom[modifier | modifier le code]

Article connexe : Noms de la Corée.

La forme courte est Corée du Nord, Puk Chosŏn (en Hangul 북조선 ; en Hanja 北朝鮮) ; on trouve aussi dans les médias sud-coréens Pukhan (en Hangul : 북한 ; en Hanja : 北韓). La forme longue officielle est République populaire démocratique de Corée (RPDC, Chosŏn Minjujuŭi Inmin Konghwaguk ; en Hangul : 조선민주주의인민공화국 ; en Hanja : 朝鮮民主主義人民共和國). Le nom officiel de Chosŏn (Corée, ou Pays du matin frais traduit improprement en Pays du Matin calme) en Corée du Nord correspond à celui de la dernière dynastie indépendante coréenne avant l'invasion japonaise, la dynastie des Yi ou Chosŏn (1392-1910). En Corée du Sud, le nom coréen du pays est Hanguk, lequel fait référence au « pays (guk) des Han », nom de populations préhistoriques d'agriculteurs du sud de la péninsule. Quant au nom occidental de Corée, il provient du nom du royaume de Koryŏ qui a administré la plus grande partie de la péninsule coréenne de 918 à 1392.

N.B. : la typographie française prescrit, pour la graphie des noms d’unités administratives ou politiques, des traits d'union entre les différents éléments d’un nom composé et une capitale à tous les éléments (sauf articles…) (voir l'article trait d'union#Noms des entités politiques et administratives). Il serait donc légitime d’écrire « Corée-du-Nord » (Le Petit Robert des noms propres 2006).

Géographie[modifier | modifier le code]

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de la Corée du Nord.
Corée du Nord : carte physique.

Le pays se situe en Asie orientale, au nord de la péninsule de Corée, dont il occupe environ 55 % des terres[19]. D'une superficie de 120 538 km2, il est bordé au nord par la Chine (frontière de 1 416 km), au nord-est par la Russie (frontières de 19 km) et au sud par la Corée du Sud (frontières de 238 km). Ses frontières maritimes sont marquées à l'est par la mer du Japon, appelée « mer de l'Est » par les Coréens[20] et à l'ouest par la mer Jaune, mer bordière de la mer de Chine orientale. La ville la plus importante est Pyongyang, la capitale ; les autres villes principales du pays sont Chongjin, Wonsan, Nampo, Kaesong et Hamhung. Les principaux fleuves sont le Amnok (nommé Yalou en chinois), long de 790 km et le Tumen, dont le cours atteint 521 km, qui est le seul fleuve important à se jeter dans la mer du Japon. Tous deux servent de frontière avec la Chine sur la plus grande partie de leur parcours. En raison de la topographie, les fleuves sont assez courts et peu adaptés à la navigation fluviale[21]. Plus au centre du pays, le Taedong (439 km) arrose Pyongyang et l'Imjin partage son estuaire avec le fleuve Han aux portes de la Corée du Sud. Sur le grand plateau de Kaema, au nord-est du pays, s'élève le mont Paektu (2 750 m), point culminant du pays. Dans le paysage désolé et grandiose du cratère volcanique de cet ancien volcan s'étend le lac Chon. Cinquante montagnes dépassent par ailleurs 2 000 m (pour la plupart situées dans le Hamgyong). Les trois quarts du pays sont montagneux ou constitués de plateaux en majeure partie recouverts de forêts (conifères, chênes, châtaigniers, etc.).

Image satellite de la Corée en hiver.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est de type tempéré continental, caractérisé par une amplitude annuelle de 35 °C à Pyongyang (la température moyenne au mois de janvier est de - 8 °C et celle du mois de juillet est de 27 °C) et des étés chauds et humides. Les précipitations annuelles atteignent 916 mm à Pyongyang et 1 400 mm à Wonsan, sur la côte est. En 1967, 1995, 2006 et 2007 le pays a été soumis à de très fortes inondations qui ont entraîné de lourdes pertes humaines et matérielles. Le climat est caractérisé par un hiver long, froid et un été humide. Les deux tiers des précipitations annuelles interviennent durant l'été, de juin à septembre. À l'automne, les typhons ne sont pas rares.

Faune[modifier | modifier le code]

La faune nord-coréenne fait partie d'un ensemble plus vaste qui regroupe le nord-est de la Chine et l'est de la Sibérie. Elle compte notamment des daims, des antilopes, des léopards, des panthères, des ours bruns et noirs, des tigres (dont le tigre en Corée appartenant à la sous-espèce du tigre de Sibérie), des zibelines, des cerfs et des sarcelles du lac Baïkal. Parmi les espèces avicoles, le pic-vert noir à ventre blanc est propre au nord de la Corée[22]. Pour la flore, la Corée du Nord abrite plusieurs parcs naturels, en particulier dans les régions des monts Chilbo, Paektu, Kuwol, Myohyang et Kumgang[23].

Géographie administrative[modifier | modifier le code]

Carte administrative de la Corée du Nord.

La Corée du Nord compte neuf provinces, deux villes sous statut administratif propre et trois régions administratives spéciales.

Les neuf provinces
Les deux villes
  • Pyongyang, la capitale, et sa province
  • la ville de Rasŏn, à la frontière avec la Russie
Les trois régions administratives spéciales

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Les premiers peuplements de la Corée datent de l'époque paléolithique, il y a plus d'un million d'années. Les premières populations d'hommes modernes, de type Homo sapiens, sont présentes il y a 30 000 à 40 000 ans dans les provinces du Nord Hamgyong et du Pyongan du Sud, situées aujourd'hui dans le nord de la péninsule coréenne. Comme en Europe, en Inde et au Proche-Orient, les hommes y ont édifié des dolmens. Ceux de Corée du Nord datent du Ier millénaire av. J.-C.[24]. L'unité territoriale de la Corée et l'identité morphologique des Coréens sont attestées il y a 7 000 ans[24]. Sur le plan linguistique, le coréen n'a toujours pas pu être relié avec certitude à une autre famille de langues, elle est donc encore considérée comme un isolat. Au niveau de la génétique, les haplogroupes O2 (en) et O3 (en) prédominent[25],[26].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au lendemain de la capitulation japonaise le 15 août 1945, Kim Il-sung, qui avait dirigé l'armée révolutionnaire populaire coréenne (ARPC) dans la résistance coréenne à l'occupation japonaise, s'impose comme le principal dirigeant du pays en tant que secrétaire général du Parti du travail de Corée, issu de la fusion du Parti communiste et du Parti néo-démocratique de Corée. La Corée est déjà séparée en deux : soviétiques et américains se font face sur le 38e parallèle. Au Sud, l'administration militaire américaine organise des élections le 10 mai 1948, qui conduisent à la proclamation de la République de Corée le 15 août 1948. Après la tenue à Pyongyang d'une conférence réunissant des organisations du Nord et du Sud en avril 1948, des élections législatives (organisées clandestinement au Sud) sont tenues le 25 août 1948. Le 9 septembre 1948, l'Assemblée populaire suprême proclame la République populaire démocratique de Corée à Pyongyang. La guerre de Corée (1950-1953) est provoquée, d'après le Sud par l'agression soudaine du sud du pays par le nord communiste et d'après le Nord par de nombreuses violations frontalières. Cette guerre entraîne plus d'un million de morts au Nord. Après l'armistice de 1953, la Corée du Nord s'industrialise et cherche à atteindre l'autosuffisance politique, économique et militaire conformément aux principes de la théorie du juche. En l'absence de traité de paix depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, des tensions internationales émaillent la politique extérieure de l'État nord-coréen. Entre autres, le 21 janvier 1968, des agents du Nord attaquent le palais présidentiel sud-coréen à Séoul et un navire-espion américain, le Pueblo, est arraisonné dans les eaux territoriales nord-coréennes la même année. Dans le domaine intérieur, Kim Jong-il, fils du président Kim Il-sung, est préparé officiellement à prendre sa succession dès 1980. Après le décès de ce dernier en 1994, et à la suite d'un deuil national de trois ans conforme à la tradition coréenne après la mort du père, il accède officiellement aux plus hautes fonctions de l'État en 1997. Le 31 août 1998, la Corée du Nord a procédé au lancement d'un satellite artificiel, le Kwangmyŏngsŏng-1 depuis un missile balistique Taepodong-1. Malgré l'annonce officielle du succès de ce vol[27], des spécialistes américains affirment n'avoir trouvé aucune trace du satellite et estiment que l'étage supérieur serait tombé en panne avant la mise en orbite[28].

Kim Jong-il encourage des mesures de libéralisation de l'économie depuis 2002, tout en renforçant la capacité militaire du pays, dans un contexte international tendu, en application de la politique de songun. Le 9 octobre 2006, la Corée du Nord annonce avoir effectué son premier essai nucléaire, augmentant ainsi les tensions envers la communauté internationale. Le 17 décembre 2011, Kim Jong-il décède. Sa succession à la tête du pays sera assurée par son fils Kim Jong-un alors âgé de 27 ans[29]. Le 12 décembre 2012, Pyongyang a annoncé avoir lancé une fusée à longue portée depuis son centre spatial de Sohae (dans le nord de la province de Pyongan) et placé en orbite un satellite qui est la deuxième version du Kwangmyongson-3. Ce lancement fait suite à l'échec d'avril 2012 qui avait vu la fusée Unha-3 se désintégrer peu après le décollage et tomber dans la mer[30],[31]. Selon l'astronome Jonathan McDowell, qui suit les lancements de fusées dans le monde, le satellite était sur une orbite un peu plus élevée que celle de la Station spatiale internationale[32].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Données démographiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Corée du Nord.
Évolution démographique entre 1961 et 2003 en milliers d'habitants (chiffre de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 2005).

Selon des données publiées par la CIA, la population nord-coréenne est estimée à environ 24 457 492 habitants en 2011[33], soit une densité d'un peu moins de 203 habitants/km2. Environ 61 % de la population est citadine[33]. L'âge médian est de 32,9 ans et 22,4 % de la population a moins de 14 ans, 68,6 % entre 15 et 64 ans et 9,1 % plus de 65 ans[33]. L'indice synthétique de fécondité est estimé en 2011 à 2,02 enfants par femme, pour un taux d'accroissement naturel estimé à 0,538 %. Le taux de natalité est estimé à 14,51 pour mille et celui de mortalité à 9,08 pour mille en 2011. Le taux de mortalité infantile est estimé à 27,1 pour mille en 2011[33], une valeur comparable à celles observées dans les pays du Maghreb[34].

L'espérance de vie en 2011 est estimée à 68,9 ans, ce qui la place après le Bangladesh et juste avant l'Ukraine, soit à la 149e position sur 222 États (pour comparaison l’espérance de vie en Corée du Sud est de 79,05 ans qui la place en 41e position)[35]. De 1990 à 2002, l’état alimentaire et sanitaire du pays s’était considérablement dégradé, du fait de l'aggravation de la situation économique, faisant régulièrement apparaître des risques de famine (voir la section Situation alimentaire).

Allégations d'eugénisme[modifier | modifier le code]

Selon le rapport publié en avril 2009 par l'Institut coréen pour l'unification nationale, organisme étatique sud-coréen, le gouvernement de la Corée du Nord pratique l'eugénisme : les nains devaient subir une vasectomie et être mis en quarantaine et dans les années 1980, des opérations contraceptives se pratiquaient aussi sur des femmes de moins de 1,50 mètre[36].

Migrations humaines[modifier | modifier le code]

Les Nord-Coréens n'ont pas le droit de quitter leur territoire sans autorisation, mais il est possible pour le voyageur étranger de visiter, dans un certain cadre, le pays[37]. Des étudiants nord-coréens sont autorisés à faire leur cursus universitaire en France, en Grande-Bretagne, en Suisse et dans d'autres pays d'Europe. 93 000 Coréens du Japon favorables à Pyongyang, et appartenant à l'association Chongryon sont venus s'installer en Corée du Nord, principalement entre 1959 et 1962, parfois accompagnés d'un conjoint japonais[38] dans des conditions alors critiquées par l'association Mindan des Sud-Coréens du Japon[39]. La Corée du Nord compte ainsi une petite communauté japonaise estimée à 1 800 personnes. En outre, une minorité chinoise de 50 000 personnes est présente en Corée du Nord, ainsi qu'une communauté d'origine vietnamienne[40]. Mais depuis plusieurs années le taux d'immigration est extrêmement faible et l'estimation de 2009 est négative. Cela fait de la Corée du Nord un pays très homogène sur le plan ethnique[33]. Au sein de l'importante diaspora coréenne (présente notamment en Chine, aux États-Unis, au Canada, au Kazakhstan), plus d'un tiers des quelque 600 000 Coréens du Japon sont citoyens de la République populaire démocratique de Corée. Ils sont regroupés au sein de l'association générale des Coréens résidant au Japon, généralement désignée par son acronyme Chongryon (nom japonais : Chôsen Soren), lequel peut également être orthographié Chongryun.

Depuis la famine des années 1990, un grand nombre de Nord-Coréens ont fui en Chine en traversant le fleuve Tumen. Beaucoup se cachent dans la zone frontalière. Selon le bulletin La Lettre de Corée de l'association d'amitié Corée-France (favorable à la Corée du Sud et hostile à la Corée du Nord) jusqu'à 300 000 Coréens du Nord « se cacheraient » en Chine et 1 285 réfugiés nord-coréens sont parvenus en Corée du Sud en 2003[41]. Les spécialistes estiment plus vraisemblable le chiffre de 100 000 Nord-Coréens présents en Chine, voire moins, en observant que « l'immigration illégale n'est, par nature, pas enregistrée officiellement » et qu'« une grande partie des mouvements de population le long de la frontière sont légaux, avec des personnes allant travailler ou étudier à l'étranger[42]. » La fuite de plus de 450 Nord-Coréens arrivés à Séoul le 27 juillet 2004 a été qualifiée de « kidnapping planifié et un crime de terrorisme flagrant » par les autorités nord-coréennes[43]. Des Nord-Coréennes, réfugiées en Chine, sont forcées de se prostituer ou sont mariées de force à des paysans chinois. Une Nord-Coréenne est vendue entre 700 et 1 400€, 2 000 € pour les plus jolies[44].

Depuis les années 1990, plus de 10 000 Nord-Coréens partent chaque année pour l'Extrême-Orient russe dans les camps de déboisement et des chantiers de construction afin de payer la dette nord-coréenne à la Russie[45].

Religions[modifier | modifier le code]

Article principal : Religion en Corée du Nord.

Les religions pratiquées étaient traditionnellement le bouddhisme et le chamanisme dans une société basée sur le néoconfucianisme. Le christianisme a commencé à se répandre plus ou moins clandestinement à partir de la fin du XVIIIe siècle depuis la Chine suivi par le cheondoïsme, la religion de la voie céleste initiée en 1860 par Choe Je-u.

Cependant, depuis l'installation d'un régime communiste et la fondation de la république populaire démocratique de Corée dans les années 1940, l'influence des religions a été fortement réduite, éclipsée par le culte de la personnalité voué à Kim Il-sung et à sa famille et par l'idéologie du juche qui ne tolèrent pas de concurrence et qui sont considérés par certains comme une religion[46],[47]. Bien que la liberté religieuse soit garantie par la constitution, la Corée du Nord est considérée par l'association Portes Ouvertes comme le pays du monde où les chrétiens sont les plus persécutés[48]. Officiellement, en l'an 2000, seul 0,2 % de la population pratiquait une religion[réf. nécessaire].

Langues[modifier | modifier le code]

Langue officielle et parlers[modifier | modifier le code]

La seule langue officielle de la Corée du Nord est le coréen, également langue officielle de la Corée du Sud et de Yanbian (Chine). La plupart des linguistes la considère comme un isolat[49], bien que quelques-uns la regroupent dans la famille controversée des langues altaïques[50]. Le coréen a cependant plus de locuteurs que tous les autres isolats linguistiques additionnés[51].

Carte des différents dialectes du coréen.

L’aire géographique du coréen se partage en 9 zones correspondant chacune à un parler, du Sud de la province du Kilim, en Mandchourie (République populaire de Chine) à l’île de Jeju. Dans chacune des deux Corées, un parler a été choisi comme langue officielle. La péninsule est extrêmement montagneuse, et le « territoire » de chaque parler correspond étroitement aux frontières naturelles entre les différentes régions géographiques. La plupart des noms des parlers correspondent par conséquent aux régions qu’ils représentent.

Il y a intercompréhension plus ou moins grande entre tous ces parlers, en fonction de la distance, à l’exception de celui de l’île de Jeju. Les parlers de la péninsule ne sont donc pas tous des dialectes.

Le parler de Pyongan - Pyongyang est le parler officiel en Corée du Nord et est parlé à Pyongyang, la région de Pyongyang, et la province de Chagang. Il existe trois autres parlers dans le pays :

  • Le parler de Gangwon, qui est employé dans la province de Gangwon à cheval sur la Corée du Nord et la Corée du Sud,
  • Le parler de Hamgyong, qui est employé dans la région de Hamgyeong et la province de Yanggang,
  • Le parler de Hwanghae, qui est pratiqué dans la région de Hwanghae.

Différences avec le sud[modifier | modifier le code]

Depuis la séparation de la Corée en deux, des différences sont apparues entre le coréen parlé en Corée du Sud et celui parlé en Corée du Nord. Ces différences sont notables au niveau de la prononciation, de l’écriture, de la grammaire, du vocabulaire.

Sexualité et famille[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique en Corée du Nord.
Tour de l'idée Juche, Pyongyang.

Selon l'article premier de la Constitution[52], « la République populaire démocratique de Corée est un État socialiste souverain qui représente les intérêts de tout le peuple coréen ». L'article trois précise que « la République populaire démocratique de Corée prend pour guide de ses activités les idées du Juche, conception du monde axée sur l'homme et idéologie révolutionnaire en faveur de l'émancipation des masses populaires ». Cette idéologie, instituée par Kim Il-sung qui selon lui s'inscrit dans le prolongement des principes marxistes-léninistes a pour conséquence l'application d'une politique d'indépendance, tant sur le plan politique qu’économique : les liens de coopération doivent se fonder sur le principe de complémentarité[53].

Propagande en Corée du Nord.

Le préambule de la Constitution rend longuement hommage au président Kim Il-sung, fondateur du régime en 1948 (lors de la division de la Corée). Le titre de président de la République, associé « éternellement » à Kim Il-sung, a disparu après sa mort en 1994. La constitution révisée, depuis sa révision en 1998, donne le rang de « dirigeant suprême » au président du Comité de la défense nationale, poste occupé par Kim Jong-il, fils de Kim Il-sung, de 1993 jusqu'à son propre décès en 2011. Durant sa période au pouvoir, Kim Jong-il a cumulé les postes de président du Comité de la défense nationale, chargé des affaires militaires et donc commandant en chef de l'Armée populaire de Corée et de secrétaire général du Parti du travail de Corée, lequel est placé par la constitution aux commandes du pays. Cette concentration du pouvoir et la succession lors du décès de Kim Il-sung fait que la Corée du Nord est considérée comme une dictature. La CIA qualifie ainsi le régime nord-coréen de « dictature personnelle[54] » en raison de l'important culte de la personnalité vis-à-vis des deux dirigeants. Les membres du parlement et de toutes les autres institutions de l'État ne sont pas élus au suffrage universel[55]. Si d'autres partis existent (le Parti social-démocrate de Corée et le Parti Chondogyo-Chong-u), ils sont sous le contrôle du Parti du travail de Corée[34]. Les trois partis sont réunis au sein d'une coalition, le Front démocratique pour la réunification de la patrie. La Corée du Nord présente ainsi les caractéristiques essentielles d'un régime dictatorial à parti unique. La Corée du Nord est — avec un score de 1,08/10 – considérée par l'indice de démocratie mis en place par The Economist comme le pays le moins démocratique au monde[56].

Droits de l'homme[modifier | modifier le code]

La Corée du Nord a signé plusieurs traités l'engageant à respecter les droits de l'homme et plusieurs articles de sa Constitution défendent plusieurs libertés fondamentales. Mais en raison du manque d'informations disponibles, il est très difficile de vérifier leur respect. Les gouvernements tout comme des ONG étrangères, telles par exemple Amnesty International, accusent la Corée du Nord de ne pas respecter certaines libertés fondamentales comme celles d'expression, d'association, de religion ou encore de circulation et « exhorte le gouvernement de Corée du Nord à prendre sans plus attendre des mesures en vue d'améliorer le respect des droits humains dans le pays »[57]. Il est strictement interdit de fonder une association ou encore de songer à manifester. Kim Jong-Il poursuivait quiconque œuvrant dans cette voie. Des témoignages recueillis par Médecins sans frontières font état de conditions sociales et politiques désastreuses entrainant des troubles psychiques chez les réfugiés ayant fui ce pays[58].

Le travail forcé serait très fréquent au sein « d'un grand nombre de camps de détention »[59], comme ceux de Yodok[60], Kaechon[61] et Haengyong[62]. Les premières photos satellites de ces camps ont été rendues publiques en 2002[63]. En 2003, le nombre de travailleurs forcés est estimé entre 150 000 et 200 000[19]. En 2009, des associations, qualifiant ces camps de camp de concentration, estiment le nombre de ces travailleurs à 300 000[64]. En 2011 Amnesty International estime à 200 000 le nombre de personnes enfermées dans ces camps dans des conditions « atroces », camps en augmentation en taille et en nombre depuis dix ans[65].

Amnesty International a exprimé ses préoccupations concernant la persécution religieuse en Corée du Nord. Selon un classement publié par Portes Ouvertes, une organisation internationale qui soutient les chrétiens persécutés, la Corée du Nord est actuellement le pays où les chrétiens sont le plus persécutés dans le monde[66].

En mars 2014, l'ONU compare les crimes de la Corée du Nord à ceux du Troisième Reich et de l'Afrique du Sud du temps de l'apartheid[67].

Diplomatie[modifier | modifier le code]

Après la partition de la péninsule coréenne, les États occidentaux reconnaissaient la Corée du Sud comme représentant seule la Corée, tandis que les États socialistes n'établissaient de relations diplomatiques qu'avec la Corée du Nord. Pendant la Guerre froide, tout en appartenant au bloc de l'Est, la Corée du Nord cherchait à préserver son indépendance vis-à-vis de l'Union soviétique en maintenant un équilibre dans ses relations avec la République populaire de Chine et l'URSS. Elle n'avait ainsi pas adhéré au Conseil d'assistance économique mutuelle et aucune troupe étrangère ne stationnait sur son territoire. Après la disparition de l'URSS, la Corée du Nord et la Corée du Sud ont adhéré simultanément à l'ONU le 17 septembre 1991 et ont diversifié leurs relations internationales. L'une et l'autre sont aujourd'hui reconnues par la quasi-totalité des États du monde, à l'exception toutefois – pour la Corée du Nord – de plusieurs grands États occidentaux, dont les États-Unis[68], le Japon et la France[69], qui est l'un des deux pays de l'Union européenne, avec l'Estonie, à ne pas reconnaître la Corée du Nord.

Tentatives de rapprochement intercoréen[modifier | modifier le code]

À l'invitation du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, le président sud-coréen Kim Dae-jung s'est rendu en Corée du Nord en juin 2000. Cette rencontre s'est scellée par une déclaration conjointe le 15 juin signée à Pyongyang : elle marque le début du rapprochement entre les deux États en vue d'une réunification de la Corée. Quelques entreprises sud-coréennes se sont implantées au Nord[70], notamment à Kaesong, et la Corée du Sud est devenue le second partenaire commercial de la Corée du Nord. Les monts Kumgang ont été visités par plus d'un million de Sud-Coréens depuis 1997. Des rencontres régulières ont lieu au niveau ministériel. La politique d'ouverture au Nord du président Kim Dae-jung a été poursuivie par son successeur Roh Moo-hyun. Le principal parti d'opposition sud-coréen, le Grand parti national, après avoir fortement critiqué la « politique du rayon de soleil », s'est rallié, début juillet 2007, au principe d'un rapprochement progressif entre les deux Corées fondé sur le développement des relations inter-coréennes[71]. Toutefois, la loi de sécurité nationale (destinée à lutter contre la « subversion communiste ») est toujours en vigueur en Corée du Sud.

Un second sommet intercoréen, entre le dirigeant du Nord Kim Jong-il et le président sud-coréen Roh Moo-hyun, initialement prévu à Pyongyang du 28 au 30 août 2007[72],[73], a été reporté du 2 au 4 octobre[74] après que les plus graves inondations en Corée du Nord depuis quarante ans eurent entraîné 600 morts et disparus et touché un million de personnes[75]. L'accord intercoréen signé le 4 octobre 2007 a souligné l'engagement commun des deux États pour promouvoir la paix et la prospérité économique dans la péninsule[76]. Depuis 2008 les relations entre les deux Corées se détériorent, à la suite du durcissement des exigences du Sud, portées par son président Lee Myung-bak, avec des menaces multiples nord-coréennes envers son voisin et la suspension de tous les accords avec celle-ci. En novembre 2008, la Corée du Nord annonce qu'elle ferme ses sites industriels et touristiques ainsi que les liaisons ferroviaires avec le Sud[77]. Le 27 mai 2009, la Corée du Nord estime ne plus être liée par l'armistice qui a fait cesser la guerre de Corée, et ce après un nouvel essai nucléaire et plusieurs tirs de missiles courte portée, ce qui a eu pour effet de motiver son voisin du Sud à adhérer à l'Initiative de sécurité en matière de prolifération (PSI)[78].

Début septembre 2009, les relations avec la Corée du Sud se sont à nouveau tendues à la suite du déversement par le Nord de quelque 40 millions de tonnes d’eau dans le lit de la rivière Imjin, causant au Sud des inondations et des victimes[79]. Le 26 mars 2010, la corvette sud-coréenne Chenoan aurait été coulée par un sous-marin nord-coréen. Depuis, les échanges commerciaux sont interrompus. Le président sud-coréen promet des mesures fortes. Les États-Unis et le Japon condamnent fermement l'attaque. Les États-Unis promettent de coordonner leur effectif militaire pour dissuader toute agression. La Chine tente de ramener le calme pour éviter toute escalade menant à une guerre[80]. Le 21 novembre 2010, la Corée du Nord tire des obus sur une île sud-coréenne, entraînant immédiatement une réplique de la part de la Corée du Sud[81].

Le 1er janvier 2013, Kim Jong-un a formulé le vœu de la fin de la confrontation avec la Corée du Sud et un « virage radical » permettant l'émergence d'un « géant économique », tout en réaffirmant les ambitions militaires du régime communiste. « Pour mettre fin à la division du pays et parvenir à sa réunification, il est important de cesser la confrontation entre le Nord et le Sud », a annoncé Kim Jong-un dans un communiqué diffusé par la télévision d'État[82]. Le 30 mars 2013, la Corée du Nord annonce être officiellement en état de guerre avec la Corée du Sud. Le 1er avril 2013, la présidente sud-coréenne Park Geun-hye promet une « violente riposte » en cas de « provocation » de la part de la Corée du Nord. Le 3 avril 2013, la Corée du Nord bloque l'accès au complexe intercoréen de Kaesong.

Alliance avec la Chine[modifier | modifier le code]

Ayant soutenu la Corée du Nord lors de la guerre de Corée, la Chine est devenue la principale alliée de la Corée du Nord depuis la disparition de l'URSS, ainsi que son premier partenaire commercial[83] et le premier investisseur étranger en RPDC. Les relations bilatérales se fondent sur le traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle entre la République populaire démocratique de Corée et la République populaire de Chine, signé en 1961[83].

Voulant s'affirmer comme une grande puissance consciente de ses responsabilités internationales, notamment pour la stabilité politique de l'Asie du Nord-Est, la Chine a toutefois initié des pourparlers multilatéraux en vue d'une dénucléarisation de la péninsule coréenne : la Corée du Nord renoncerait à ses armes nucléaires en contrepartie d'un accès au nucléaire civil et de garanties de non-agression par les États-Unis[83].

Ces négociations à six entamées en novembre 2006 sont interrompues dès 2008. En 2014, la Chine réitère cette position commune avec la Corée du Nord : renoncement au nucléaire militaire en échange de garanties américaines à long terme, c'est-à-dire un traité de paix et une reconnaissance complète[84].

Contentieux latents avec le Japon[modifier | modifier le code]

Les relations avec le Japon, qui a occupé la Corée de 1905 à 1945, restent tendues. Mais alors que la Corée du Nord demande des réparations[85] au titre des dommages subis pendant l'occupation japonaise (marquées notamment par la prostitution forcée des femmes de réconfort coréennes pendant la Seconde Guerre mondiale), le Japon considère comme prioritaire la question de l'enlèvement de plusieurs de ses ressortissants par les services secrets nord-coréens dans les années 1970 et 1980[86]. Par ailleurs, les tirs de missile nord-coréens, puis l'essai nucléaire nord-coréen du 9 octobre 2006, ont été perçus au Japon comme des menaces pour l'archipel nippon : le gouvernement japonais a adopté des sanctions contre la Corée du Nord[87].

Après la signature d'un accord sur les armes nucléaires en Corée du Nord à Pékin le 13 février 2007, le Japon et la Corée du Nord ont engagé des négociations bilatérales pour normaliser leurs relations diplomatiques[88] mais le blocage des négociations et les annonces de nouveaux tirs de fusée font remonter la tension entre ces deux pays début 2009[89]. En l'absence de relations diplomatiques officielles au niveau gouvernemental, la Ligue d'amitié parlementaire Japon-Corée du Nord traite de questions d'intérêt commun pour les deux pays, telles que la délimitation des zones de pêche.

Tensions avec les États-Unis[modifier | modifier le code]

En 1994, les États-Unis, suspectant la Corée du Nord de chercher à fabriquer des armes nucléaires, se préparent à une guerre. Le secrétaire de la Défense, William J. Perry, annonce l'envoi de troupes en Corée du Sud, et se dit prêt à accepter les risques de guerre qui en découlent, préférant celui-ci à un risque nucléaire « the policies and strategies we invoke today will have a certain risk of provoking North Korea. But he added, I'd rather face that risk than face the risk of even greater catastrophe two or three years from now  »[90]. Des plans sont dressés pour envoyer des avions F117 et des missiles de croisière sur un réacteur nucléaire à Yongbyon, afin d'empêcher les Coréens de pouvoir en extraire de quoi fabriquer des armes[91]. Finalement la guerre est évitée à la suite de négociations où le gouvernement nord-coréen s'engage à ne pas fabriquer de telles armes, en échange d'un programme d'aide de un milliards de dollars des États-Unis[92].

Vis-à-vis des États-Unis, dont 28 500 soldats sont stationnés en Corée du Sud en 2009[93], le processus de normalisation en cours sous la présidence de Bill Clinton a pris fin avec l'élection de George W. Bush, qui a inclus la Corée du Nord dans les pays de l'Axe du Mal en janvier 2002, tandis que le renforcement des sanctions financières américaines contre la Corée du Nord a accru les effets de l'embargo américain. Les tensions américano–nord-coréennes sont montées d'un cran après que les États-Unis eurent accusé la Corée du Nord de conduire un programme clandestin d'enrichissement de l'uranium à des fins militaires, ce que la Corée du Nord a toujours nié alors que ce pays a développé secrètement des armes nucléaires. En février 2007, l'audition par le Congrès américain du responsable des renseignements américains en Corée du Nord, M. Joseph de Trani, a mis en doute l'existence de ce programme clandestin d'enrichissement de l'uranium. David Albright, président de l'Institut pour la science et la sécurité internationale (ISSI) et ancien inspecteur de l'ONU, a fait une comparaison avec les informations des services de renseignements américains sur l'Irak, à la veille du conflit, selon lesquelles l'Irak détenait des armes de destruction massives[94].

Les relations bilatérales étaient en voie de normalisation après l'accord signé à Pékin le 13 février 2007 sur la fermeture de la centrale nucléaire nord-coréenne de Yongbyon[95]. En juin 2007, la visite du secrétaire d'État adjoint américain chargé du dossier nord-coréen, Christopher Hill, a été la première à ce niveau depuis 2002[96] mais l'annonce de la réactivation des installations de cette centrale le 19 septembre 2008 et le tir du Kwangmyŏngsŏng-2 le 5 avril 2009 – alors que les États-Unis avaient retiré la Corée du Nord de la liste des États soutenant le terrorisme le 11 octobre 2008 – ont fait remonter les tensions[97].

Programme nucléaire[modifier | modifier le code]

Dans un contexte de tensions avec les États-Unis qui l'accusaient de mener un programme clandestin d'enrichissement de l'uranium à des fins militaires, la Corée du Nord a présenté le développement de son programme nucléaire (à base de plutonium) comme une mesure de défense face à l'attitude qu'elle jugeait « agressive » des États-Unis : elle a procédé à son premier essai le 9 octobre 2006 après s'être retirée du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en 2003 devenant le neuvième État à devenir une puissance nucléaire militaire dans le monde.

Cet essai a été fortement critiqué par la communauté internationale, y compris par la Chine, proche de Pyongyang. Cette dernière a en représailles stoppé la fourniture de pétrole durant trois mois[98]. Après l'accord conclu à Pékin le 13 février 2007 sur les armes nucléaires en Corée du Nord, Mohamed ElBaradei, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a été invité à Pyongyang. À l'issue de sa visite, il déclare, le 14 mars 2007, que les discussions ont été « tout à fait utiles » et que les autorités nord-coréennes ont « réitéré leur engagement à la dénucléarisation de la péninsule coréenne »[99]. Selon Mohamed ElBaradei, sa visite ouvre la voie à une normalisation des relations entre l'AIEA et la Corée du Nord[100]. Après le déblocage par les États-Unis de fonds nord-coréens détenus par la Banco Delta Asia, basée à Macao, principal obstacle à la mise en œuvre de l'accord du 13 février 2007, le directeur général de l'AIEA déclare que les inspecteurs de l'Agence ont constaté la fermeture de la totalité des cinq installations du site de Yongbyon[101] mais depuis septembre 2008, l'annonce d'un processus de réactivation de la centrale de Yongbyon[102] et les essais balistiques créent de nouvelles tensions diplomatiques.

Deux ans et demi après son premier essai, la Corée du Nord annonce le 25 mai 2009 qu'elle a réalisé un second essai nucléaire souterrain[103],[104].

Le 7 mars 2013, à la suite de la non-annulation des manœuvres militaires unissant Séoul et Washington et à la réunion du Conseil de sécurité visant à geler les transactions servant à financer le programme nucléaire et balistique de Pyongyang, la Corée du Nord a confirmé le caractère irréversible des discussions en annonçant des frappes nucléaires préventives sur les bastions américains. Le régime nord-coréen ajoute également que « la guerre ne serait pas confinée à la péninsule coréenne », en menaçant notamment les îles du Pacifique et même le territoire américain[105],[106].

Relations avec les ONG[modifier | modifier le code]

Les relations de la Corée du Nord avec les organisations internationales et les ONG sont également tendues, car elle limite sévèrement l'accès à son territoire, officiellement « pour des raisons de sécurité », comme c'est le cas à l'égard du Programme alimentaire mondial (PAM)[107]. En 2007, seulement six ONG internationales dont deux françaises (Première Urgence et Triangle) sont effectivement présentes en Corée du Nord sous couvert de l'Union européenne.

Trafic de drogues[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, la Corée du Nord est soupçonnée entre autres par la Russie et le Japon d’exporter des drogues produites sur son territoire. Seize affaires impliquent des diplomates nord-coréens durant cette décennie. Des diplomates nord-coréens sont aussi impliqués dans des trafics d’espèces protégées, de fausses antiquités, de CD piratés, de cigarettes de contrebande et de fausse monnaie. Pour le gouvernement nord-coréen, il s’agit de corruption et non d'une politique délibérée du gouvernement. La CIA estime que la production d'opium dans le pays variait alors entre 30 et 44 tonnes. Le gouvernement nord-coréen ne nie pas cultiver de l'opium mais affirme l'utiliser pour un usage pharmaceutique. Depuis 2000, le gouvernement nord-coréen aurait pris des mesures afin de mieux surveiller ses diplomates[108].

Forces armées et force nucléaire[modifier | modifier le code]

Créée le 8 février 1948, l'Armée populaire de Corée est en 2006 la quatrième plus importante armée du monde en effectifs (1 106 000 d'active et 4 700 000 de réserve) et la première en nombre de militaires pour 1 000 habitants (49,03)[109]. Depuis la guerre de Corée, elle est toujours mobilisée sur la frontière intercoréenne où des accrochages meurtriers ont lieu de temps en temps (voir les articles Frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud et Guerre du Crabe). Des pilotes nord-coréens ont participé à la guerre du Kippour dans les rangs des forces arabes[110].

Une part importante du budget de l'État (à hauteur de 5,217 milliards de dollars en 2002 selon la CIA[111]) est consacrée à l'entretien et au développement de l'armée. Or, bien qu'ils aient signé en 1985 le Traité de non-prolifération nucléaire, d'après l'Institut de Brooking en 1986, les États-Unis ont installé un millier d'armes nucléaires en Corée du Sud en direction du Nord[112]. En 1993, la CIA et le Pentagone ont accusé la Corée du Nord d'engager un programme nucléaire clandestin. Or, entre mai 1992 et janvier 1993, la Corée du Nord avait autorisé six inspections sur le terrain de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Dans un interview à CNN le 14 avril 1994, Kim Il-Sung déclarait : « Ce que le monde nous demande aujourd'hui de montrer des armements nucléaires que nous n'avons pas. […] Nous avons beaucoup construit dans notre pays et nous ne voulons pas détruire cela. Ceux qui veulent la guerre sont insensés ». Dans une autre interview accordée à la Fondation Carnegie pour la paix internationale, Kim ajoutait : « Quel serait pour nous l'intérêt de produire une ou deux armes nucléaires lorsque vous avez plus de dix mille systèmes de frappes que nous n'avons pas ? »[112].

Après l'essai nucléaire nord-coréen du 9 octobre 2006, la République populaire démocratique de Corée est devenue le neuvième État à détenir l'arme nucléaire. La Corée du Nord reste encore aujourd'hui une société très militarisée. Le 30 mars 2013 la Corée du Nord se déclare en état de guerre avec la Corée du Sud, ceci fait suite à des manœuvres américaines en Corée du Sud.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de la Corée du Nord.
Confrontée à des pénuries d'énergie depuis les années 1990, la Corée du Nord consacre 85 % de l'électricité produite à l'industrie[113], comme le montre cette photo satellite de la péninsule coréenne prise de nuit.

La Corée du Nord a une économie planifiée. Suivant l'idéologie de Juche, la Corée du Nord a cherché pendant longtemps l'autosuffisance et a de ce fait eu une politique économique d'autarcie. Bien que les échanges avec l'extérieur aient été réduits, elle a reçu une importante aide chinoise et soviétique après la guerre de Corée (1950-1953), achetant à des tarifs préférentiels des matières premières non présentes sur son sol (comme le pétrole). Depuis 2002, certaines réformes économiques ont été mises en place, comparables aux mesures de libéralisation mises en place en Chine dans les années 1990[114]. Les réformes sont toutefois présentées comme temporaires et certaines n'ont pas été maintenues. Depuis octobre 2005, le riz n'est plus vendu sur les marchés privés et relève à nouveau du seul système public de distribution. Cette mesure a été justifiée par l'augmentation de la production de céréales, alors que le développement des marchés privés avait augmenté les inégalités dans l'accès au riz, base de l'alimentation coréenne[115].

Données globales[modifier | modifier le code]

En l'absence de statistiques officielles, les données chiffrées sur l'économie nord-coréenne proviennent des institutions internationales et sud-coréennes, ainsi que des chercheurs occidentaux et sud-coréens. Elles sont établies notamment à partir des observations recueillies par les étrangers et les Sud-Coréens présents en Corée du Nord. De ce fait, les estimations sont incomplètes.

Après la guerre de Corée, la croissance économique a été aussi rapide, voire plus, qu'en Corée du Sud : elle atteint 10 % par an en moyenne entre 1960 et 1970 et dépasse 17 % entre 1971 et 1975. Le ralentissement économique à partir de 1976 coïncide toutefois avec un dépassement, pour la première fois, de la Corée du Nord par la Corée du Sud en termes de produit national brut (PNB) par habitant[116]. Après la disparition de l'URSS et des démocraties populaires d'Europe de l'Est, la croissance économique a été nettement négative jusqu'en 1998 selon le ministère sud-coréen de la réunification. D'après la même source, le taux de croissance annuel moyen dépasse 3 % depuis 1999, mais la Corée du Nord n'a pas encore retrouvé le niveau d'autosuffisance alimentaire[117]. Selon le ministère de la réunification sud-coréen, le PNB de la Corée du Nord est passé de 15,7 milliards de dollars en 2001 à 20,8 milliards de dollars en 2004, soit un PNB moyen par an et par habitant de 914 $ en 2004[118]. Selon d'autres sources, il s'élèverait en parité de pouvoir d'achat à environ 40 milliards de dollars en 2005[119], soit 1 800 $ dollars par an et par habitant.

En 2005, les principaux destinataires des exportations nord-coréennes étaient la Chine (35 %), la Corée du Sud (24 %), la Thaïlande (9 %) et le Japon (9 %). À la même date, les principaux fournisseurs de la Corée du Nord étaient la Chine (42 %), la Corée du Sud (28 %), la Russie (9 %) et la Thaïlande (8 %). La dette extérieure est estimée en 2000 à 12,5 milliards de dollars[120]. En 2007, plusieurs associations estiment à 15 000 le nombre d'ouvriers (en majorité féminins) travaillant à l'étranger et reversant une partie de leur salaire à l'État[121].

Niveau de développement[modifier | modifier le code]

Le niveau de production d'électricité est un indicateur de l'industrialisation du pays. Il est en 2004 évalué à 21,71 milliards de kWh (939 kWh par habitant)[122].

Voici quelques indicateurs de développement pour situer les conditions de vie des Nord-Coréens :

  • le nombre de lignes téléphoniques est de 930 000 en 2003 (0,04 par habitant), légèrement supérieur à celui du Yémen (0,03 par habitant),
  • le taux de mortalité infantile est estimé à 27,11 pour mille en 2011, 76e le plus élevé (sur un total de 222 pays)[34].
  • le taux d'alphabétisation est selon diverses sources de 99 %[123],[124],[125],[126],[127].

Santé[modifier | modifier le code]

Selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé et de l'ONUSIDA, aucun des 2 900 cas recensés de Sida n'a reçu de traitement en 2007[128]. Le 9 décembre 2009, la Corée du Nord présente pour la première fois un foyer du virus A (H1N1)[129]. Le ministère de la Santé nord-coréen fait état de 9 cas à Pyongyang et à Sinuiju[130].

Malgré les affirmations du gouvernement nord-coréen d'un système gratuit et performant, d'autres rapports comme celui d'Amnesty International de 2010 affirment que le système de santé nord-coréen serait en ruines et aurait un besoin d'aide urgent[131].

Situation alimentaire[modifier | modifier le code]

La Corée du Nord avait atteint et dépassé le niveau d'autosuffisance alimentaire au début des années 1990, alors même que la majeure partie des terres arables étaient situées au sud lors de la division de la Corée[132].

Toutefois, la situation s'est gravement détériorée à partir des années 1990, sous l'effet conjugué de différents facteurs[132] :

  • la diminution des échanges avec la Russie et la Chine, et en particulier la fin des livraisons de pétrole soviétique à des conditions préférentielles ;
  • une série de catastrophes climatiques (sécheresses, inondations) : la sécheresse du printemps 2001, la plus forte des 80 dernières années, a été suivie de l'hiver le plus froid depuis 50 ans et les inondations de 2007 ont détruit plus de 11 % des récoltes du pays ;
  • une sur-utilisation des engrais et des pesticides ayant épuisé les sols ;
  • la déforestation, ayant entraîné le lessivage des sols lors des inondations[133] ;
  • les méthodes de culture sont archaïques[134].

Selon certaines ONG, comme Médecins sans frontières[135], le fonctionnement même du système économique (centralisé et qui inciterait les responsables de provinces à truquer à la hausse les résultats) aurait été un des facteurs de la famine entre 1995 et 1999, ayant causé des centaines de milliers de victimes[4], et ayant conduit le pays à faire pour la première fois appel à l'aide internationale. Cette explication sur l'incidence du mode d'organisation économique n'est pas retenue par une autre analyse[132] qui relève que le système économique centralisé a, au contraire, permis de mobiliser les ressources du pays sur l'objectif prioritaire de retour à l'autosuffisance alimentaire, en l'orientant de l'industrie vers l'agriculture. Toutefois, des cas des cannibalisme sont régulièrement rapportés[136].

En 2005, le Programme alimentaire mondial (PAM) estimait que la moitié de la population était sous-alimentée et que plus du tiers des habitants souffraient de malnutrition chronique. Toujours selon le PAM, le taux de malnutrition aiguë, qui s'établit à 16 % à la fin des années 1990, est estimé en 2005 à 7 %. Près de 40 % des enfants présentaient des retards de croissance biologique. Environ 70 % de la population n'aurait accès qu'au système public de distribution. La quantité des rations avait diminué de « 319 grammes par jour et par personne en 2003 – ce qui était déjà insuffisant – à 250 grammes en mars 2005 »[107]. En 2007, l'ONU évalue à environ un cinquième de ses besoins le déficit alimentaire de la Corée du Nord et, parmi les aides étrangères, la Corée du Sud doit livrer 400 000 tonnes de riz en six mois[137]. La situation pourrait être aggravée par les inondations d'août 2007 qui ont entraîné d'« énormes dégâts humains et matériels » selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA : plusieurs centaines de personnes seraient mortes ou disparues et des dizaines de milliers de familles seraient sans abri, les dégâts étant également très importants pour les réseaux de communication et de transport[138]. En 2008, l'administration américaine fournit à la Corée du Nord 500 000 tonnes de denrées alimentaires. Le Programme alimentaire mondial de l'ONU en distribue près de 400 000 tonnes, et les ONG américaines près de 100 000 tonnes[139]. En 2010, un nouveau rapport d'Amnesty International affirme, sur la base de témoignages individuels, que des milliers de Nord-Coréens sont contraints de manger de l'herbe et des écorces d'arbre pour survivre[140]. Début 2011, la Corée du Nord lance un nouvel appel à l'aide alimentaire internationale[141].

Transports[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport en Corée du Nord.
Cargo nord-coréen au large des côtes somaliennes.

En raison de la pénurie de pétrole qui limite la circulation automobile et le transport routier, ceux-ci ne représentent que 12 % du transport de fret[19]. En 1999 on estime qu'il existe 31 200 kilomètres de routes, dont seulement 1 997 kilomètres sont pavés (6,4 %)[142]. Le nombre de véhicules est estimé à 264 000 en 1990, principalement utilisés par l'armée[19]. Des agents de circulation sont présents dans la capitale à certains carrefours, organisant une circulation automobile quasi-inexistante[143]. Le chemin de fer compte 5 214 km de voies en 2005, dont la majeure partie (3 500 km) est électrifiée. Il représente le principal mode de transport en acheminant 86 % du fret et 80 % des personnes circulant dans le pays[19]. Le réseau ferroviaire est relié à l'étranger avec la Chine et le transsibérien. D'après certains analystes, la connexion de ce réseau avec celui de la Corée du Sud pourrait entraîner de grands changements géopolitiques[144].

Il existe 77 aéroports en 2006, dont un seul aéroport international, celui de Pyongyang, ayant pour destination principale Pékin. En excluant l'utilisation militaire, ce mode de transport reste marginal[19]. Il existe une compagnie nationale, Air Koryo, interdite de vol dans l'Union européenne[145]. Le transport fluvial a un rôle limité dans la mesure où seuls deux fleuves sont praticables par des bateaux importants, le Yalu et le Taedong. Il représente 2 % du transport de marchandises[19].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme en Corée du Nord.

La Corée du Nord est membre de l'Organisation mondiale du tourisme depuis 1987. Très encadré par l'État, le tourisme en Corée du Nord ne se fait que via la Direction nationale du tourisme. Il est impossible de visiter le pays individuellement. Le tourisme s'y fait en groupes guidés par des membres du parti. En 1999, on compte 60 hôtels pour un total de 7 500 lits exclusivement réservés aux touristes. En 1998, dernière année où des chiffres sont disponibles, 130 000 personnes avaient visité le pays[19]. Au niveau national, les objets et les bâtiments possédant une valeur historique et artistique exceptionnelle ont été regroupés dans la liste des trésors nationaux. Le site touristique le plus mis en avant par le gouvernement est celui des monts Kumgang, au nord-est de la frontière sud-coréenne. La principale compagnie aérienne desservant Pyongyang est la compagnie nationale nord-coréenne Air Koryo. Des lignes régulières relient Pyongyang à Pékin, Shenyang et Macao en Chine, Vladivostok et Khabarovsk en Russie, ainsi que Bangkok en Thaïlande.

Culture[modifier | modifier le code]

Comme en Corée du Sud, la société est marquée par l'héritage du confucianisme (lequel implique le respect des parents, des aînés et des professeurs), mais aussi par une culture socialiste. Chaleureux et accueillants, les Coréens sont socialement conservateurs dans le domaine des mœurs[146]. À la différence des pays capitalistes, les différents statuts sociaux de la société nord-coréenne fortement hiérarchisée s'expriment moins dans les différences de salaires que dans l'attribution par l'État des biens de base (logement, nourriture, vêtements, biens de consommation). La libéralisation des prix et des salaires depuis 2002 tend toutefois à remettre en cause l'organisation sociale traditionnelle.

La mise en place d'un régime de démocratie populaire après 1945 a renversé les rapports sociaux, plaçant l'ancienne aristocratie yangban et les collaborateurs japonais en bas de l'échelle sociale, tandis que les ouvriers et les anciens résistants étaient promus. Dans un contexte où les liens familiaux et professionnels constituent des réseaux de sociabilité essentiels, la division de la Corée a été douloureusement ressentie comme une sanction imposée à un pays qui ne faisait pas partie des États vaincus, à la différence de l'Allemagne. La guerre de Corée a aussi affecté de nombreuses familles coréennes. La réunification de la Corée constitue un objectif majeur pour tous les Coréens qui forment un peuple très homogène.

Activités culturelles[modifier | modifier le code]

Toutes les activités culturelles sont sous le contrôle de l'État. Nombre de livres, poèmes, chansons ou encore films sont empreints d'un très fort nationalisme, d'une vision vantant la supériorité du « socialisme nord-coréen sur la "corruption bourgeoise et impérialiste" »[147] et d'un important culte de la personnalité de Kim Il-sung et de son fils Kim Jong-il. L'information est sous le contrôle de l'État via l'unique agence de presse du pays et la télévision nationale[19].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cinéma nord-coréen.

La place du secteur cinématographique est considérée comme très importante, puisque la production est placée directement sous l'autorité de Kim Jong-il à partir de 1966-1967. D'après sa biographie officielle, Kim Jong-il, qui intègre le Comité central du Parti du travail de Corée en 1964, s'intéresse « dès les premiers temps de son activité […] à la littérature et aux arts » et « fait d'abord concentrer les forces sur l'art cinématographique »[148]. En 1978, la Corée du Nord enlève un réalisateur sud-coréen, Shin Sang-ok, pour filmer des spots de propagande à la gloire du pays. Peu à peu, il gagnera la confiance des dirigeants qui le laisseront voyager en 1986 à Vienne, où il réussira finalement à gagner refuge après une captivité forcée de plusieurs années[149].

Selon Antoine Coppola[150], le cinéma nord-coréen est fondé sur le réalisme socialiste soviétique. Compte tenu des actuelles difficultés économiques de la République populaire démocratique de Corée, la production de films par la Corée du Nord a diminué d'une cinquantaine de longs métrages, à la fin des années 1980, à seulement deux films en 2006 : Pyongyang Nalpharam de Phyo Kwang et Maeng Cheol-min et Le Journal d'une écolière, de Jang In-hak. En 2007, le budget prévisionnel pour la production cinématographique s'élève à 3 millions de dollars, correspondant à la production de 5 à 7 longs métrages. Depuis 1987, le Festival international du film de Pyongyang est organisé dans la capitale nord-coréenne[151].

Littérature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Littérature coréenne.

Après 1945, la littérature nord-coréenne a d'abord été représentée par des écrivains de gauche qui avaient lutté contre l'occupation japonaise, notamment au sein de la KAPF. O Chang-hwan, Chong Chi-yong, Kim Ki-rim, Kim Tong-hwan et Hong Myong-hi font partie des écrivains de la génération de l'entre-deux-guerres qui ont rejoint la Corée du Nord. Parmi eux, Han So-rya a présidé la Fédération des arts et de la littérature de Corée du Nord[152]. L'arrivée au pouvoir de Kim Jong-il, en 1994, a conduit à mettre davantage l'accent sur les thèmes de la vie quotidienne[153].

Hong Myong-hi, grand-père de Hong Sok-jung, est devenu vice-premier ministre de la République populaire démocratique de Corée, après avoir embrassé la carrière d'écrivain pour protester contre l'interdiction de la langue coréenne par les Japonais pendant l'occupation de la Corée[154]. Choi Myung-ik, représentant du courant moderniste des années 1930, a également été publié en Corée du Sud[155].

Éducation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Système éducatif nord-coréen.

Le système éducatif nord-coréen est fortement centralisé et sous le contrôle de l'État. L'enseignement est gratuit et obligatoire en Corée du Nord pendant onze années, de 6 à 17 ans, et est sanctionné par l'obtention d'un diplôme de fin d'études secondaires. Selon les données officielles et le World Factbook de la CIA, le taux d'alphabétisation est de 99 %[156]. Les matières de base de l'enseignement sont le coréen, les mathématiques, le sport, le dessin, la musique, les sciences, ainsi que l'étude des idées du juche, la pensée de Kim Il-sung, fortement valorisée.

Sport[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sport en Corée du Nord.

La Corée du Nord dispose de sa propre équipe olympique depuis 1957. En 2000 et 2004, les sportifs des deux Corées défilaient ensemble, ce qui ne fut pas le cas en 2008 à Pékin, malgré les efforts du CIO. La Corée du Nord a remporté de 1957 à 2006 8 médailles d'or, 12 d'argent et 30 en bronze aux différents Jeux olympiques. La victoire de la Corée du Nord sur l'Italie lors de la coupe du monde de football de 1966 a fait l'objet d'un film de Daniel Gordon intitulé The Game of Their Lives (Le Match de leurs vies). Pour la première fois, une nation asiatique se qualifiait pour les quarts de finale d'une coupe du monde de football. Dans un pays où ce sport est très populaire, le stade du Premier-Mai à Pyongyang compte 150 000 places, ce qui en fait à l'heure actuelle le plus grand stade au monde[157].

Le taekwondo, art martial coréen, est pratiqué tant en Corée du Sud qu'en Corée du Nord, où le maître Yoon Byung-in a assuré sa diffusion[158]. Le marathon est la passion nationale.[réf. nécessaire] Le 17 juin 2009, l'équipe de football de la Corée du Nord se qualifie pour la phase finale de la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, et crée la surprise en tenant hardiment tête à l'équipe de football du Brésil, trop confiante, en réduisant l'écart dans les dernières minutes du temps règlementaire, s'inclinant ainsi sur un score de 2-1. Le match suivant, contre le Portugal, est une écrasante défaite pour la Corée du Nord (7-0). Le dernier match contre la Côte d'Ivoire, qui ne pouvait de toute façon pas empêcher l'élimination de la Corée du Nord, se solde par une ultime défaite (3-0)[159].

Codes[modifier | modifier le code]

La Corée du Nord a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

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    « La doctrine officielle de la Corée socialiste s'est construite autour des idées du Djoutché (…) Sur le plan des relations internationales, aucun suivisme n'est tolérable. Sur le plan économique, le refus d'intégration dans le marché mondial, comme hier dans le Comecon, est une position de principe : (…) la coopération ne peut être que complémentaire […]. La théorie du Djoutché n'est pas une rupture avec le marxisme, elle s'inscrit au contraire dans sa continuité (…) Si cette volonté d'indépendance économique et politique a souvent été interprétée comme le signe d'une politique d'autarcie, la Corée du Nord a recherché en fait une politique d'indépendance nationale, en maintenant notamment des relations équidistantes avec la Chine et l'Union soviétique dont elle a reçu une aide significative pour sa reconstruction au lendemain de la guerre de Corée »

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  157. (en) Rungrado May Day Stadium sur worldstadiums.com.
  158. Voir notamment l'article « Pyongyang, berceau de l'art martial orthodoxe national » et la présentation du Palais du taekwondo sur le site officiel nord-coréen Naenara.
  159. Mustapha Sandid, Kim dans les mailles du filet, sur le site Orangesport, 4-8-2010.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les éditions en langues étrangères de Pyongyang éditent, notamment en français, des ouvrages officiels sur la Corée du Nord dont Panorama de la Corée, éditions en langues étrangères, Pyongyang, 1982.

Le lecteur peut également se reporter notamment au site du Ministère de la réunification de Corée du Sud (en anglais), ainsi qu'à un guide de voyage exclusivement consacré à la Corée du Nord, également en anglais : Willoughby R., North Korea. The Bradt Travel Guide, Bradt Travel Guides LTF, Royaume-Uni, 2003. En outre, un court métrage britannique, A State of Mind (Les Demoiselles de Pyongyang), décrit la vie quotidienne en Corée du Nord en suivant la préparation de deux fillettes gymnastes pour un spectacle de gymnastique qui s'est tenu à Pyongyang en 2003 (source : International Herald Tribune). Une étude d'un universitaire australien marxiste, professeur honoraire à la Research School of Pacific and Asian Studies de l'université nationale d'Australie, et par ailleurs coordinateur de Japan Focus : Gavan Mc Cormack, « Target North Korea : Pushing North Korea to the Brink of Nuclear Catastrophe », Nation Books, 2004. Voir par ailleurs l'article du même auteur publié par Japan Focus. La journaliste au Los Angeles Times Barbara Demick (en) a écrit un ouvrage s'intéressant à la vie quotidienne en Corée du Nord autour de témoignages de transfuges nord-coréen : Vies ordinaires en Corée du Nord, Albin Michel, 2010.

Une étude sud-coréenne : Sung Chul Yang, The North and South Korean Political Systems: A Comparative Analysis, 1999, Elizabeth, NJ : Hollym. (ISBN 978-1-56591-105-5). L'analyse d'un professeur de droit international à l'université de Nice Sophia-Antipolis : Robert Charvin, Comment peut-on être Coréen (du Nord)?, Éditions du Losange, 2006. (ISBN 978-2-84295-124-5). Voir une présentation de l'ouvrage à l'adresse suivante. Une étude d'un Français d'origine coréenne : Cheong Seong Chang, Idéologie et système en Corée du Nord, de Kim il-sông à Kim Chông-il, L'Harmattan, Paris, 1997.

Enfin, d'autres études ont été écrites par des auteurs militant ouvertement pour un changement de régime à Pyongyang :

  • Kang Chol-Hwan (avec P. Rigoulot), Les Aquariums de Pyongyang, 2000, Robert Laffont, (ISBN 978-2-221-09101-2)
  • A. Destexhe, Corée du Nord. Voyage en dynastie totalitaire, novembre 2003, L'Harmattan. (ISBN 978-2-7475-1323-4)
  • Ph. Grangereau, Au pays du grand mensonge, voyage en Corée du Nord, 2003, Payot. (ISBN 978-2-228-89742-6)
  • P. Rigoulot, La Corée du Nord : État voyou, 2003, Buchet Chastel. Pour une présentation de cet ouvrage, voir : un entretien avec Pierre Rigoulot, ainsi qu'un article paru dans La Lettre de Corée dont Pierre Rigoulot est rédacteur en chef.
  • Marine Buissonnière et Sophie Delaunay, Je regrette d'être né là-bas : Corée du Nord : l'enfer et l'exil, octobre 2004, Robert Laffont. (ISBN 978-2-2211-0373-9)
  • M. Breen, Kim Jong-il, Dictateur nord-coréen, 2004, St Honoré Média, (ISBN 978-2-9522228-0-8)
  • Blaine Harden, Rescapé du camp 14, avril 2012, Belfond. (ISBN 978-2-7144-4968-9)
  • Jean-Luc Coatalem, Nouilles froides à Pyongyang, janvier 2013, Grasset. (ISBN 978-2-2468-0128-3)
  • Kang Hyok et P. Grangereau, Ici, c'est le paradis ! : une enfance en Corée du Nord, 2004, M. Laffont, (ISBN 978-2-7499-0038-4)
  • P. Rigoulot, « Séoul-Pyongyang : Radioscopie d'un naufrage », dans Politique internationale, no 94, hiver 2001-2002.

Le récit d'un séjour en Corée du Nord, principalement à Pyongyang, a été fait sous forme de bande dessinée par un réalisateur de dessins animés québécois ayant travaillé quelques mois en Corée du Nord : G. Delisle, Pyongyang, éd. L'Association, 2002, (ISBN 978-2-84414-113-2) Autobiographie de son séjour en tant que superviseur d'animation en Corée du Nord (existe aussi en langue anglaise aux éditions Drawn and Quarterly) ; Ducruet, Cesar et Roussin, Stanislas (2007) L'archipel nord-coréen : transition économique et blocages territoriaux, Mappemonde, Vol. 87, http://mappemonde.mgm.fr/num15/articles/art07302.html Analyse de fond des changements spatiaux récents en Corée du Nord sous l'angle regional, nombreuses cartes thématiques et animations cartographiques.

Livres de photographies : Christian Kracht, Eva Munz, Lukas Nikol, The Ministry Of Truth. Kim Jong Il's North Korea, Feral House, 2007, (ISBN 978-1-932595-27-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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