Coquille d'œuf

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Coquille d'œuf

Composante
RVB (r, v, b) (253, 233, 224)
Triplet hexa. FDE9E0
CMJN (c, m, j, n) (0 %, 8 %, 11 %, 1 %)
TSL (t, s, l) (19°, 88 %, 94 %)

Une coquille d'œuf est une enveloppe minéralisée externe plus ou moins résistante recouvrant les œufs amniotiques. Secrétée par la glande coquillière de l'oviducte, elle est composée de carbonates et de phosphates de calcium et de magnésium. Elle permet les échanges gazeux respiratoires à travers ses pores, mais limite la pénétration des microbes tout en augmentant la résistance aux chocs et à l'écrasement. Elle est également une source de minéraux pour le futur squelette de l'embryon.

Différentes coquilles d'œufs[modifier | modifier le code]

Dans le cas de l'œuf de poule, elle est constituée à 95,1 % d'éléments minéraux, notamment de carbonate de calcium sous forme de calcite cristallisée ou amorphe, mais aussi 3,3 % de protéines qui constituent la trame initiale de la coquille et de 1,6 % d'eau[1]. Sa coquille a de 7 000 à 15 000 pores (soit une densité de 70 à 200 par cm2, formant des entonnoirs de 10 µm de large dans leur partie la plus étroite[2]) et est divisée en six couches (Wilhelm von Nathusius (de) est le premier au XIXe siècle à décrire cette structure) : au plus près du blanc, deux membranes coquillières constituées de fibres de structure proche du collagène, la membrane interne faisant d'épaisseur et la biominéralisation étant initiée au niveau de la membrane externe de 50 µm d'épaisseur[3] ; par-dessus la couche mamillaire de 70 µm d’épaisseur, est constituée à la base de noyaux mamillaires qui initient la minéralisation de cristaux de carbonate de calcium en forme de cônes (cette structure de croissance radiaire étant appelée mamilla) ; une couche palissadique de 200 µm d’épaisseur très compacte résultant de la fusion des cônes adjacents ; une monocouche de cristaux de calcite verticaux de 10 µm d'épaisseur ; la cuticule de 10 µm d'épaisseur, composée principalement de matière organique et de pigments responsables de la teinte de l'œuf[4].

Coupe d'un œuf de poule domestique
Anatomie de l'œuf

1.  Coquille calcaire
2.  Membrane coquillière externe
3.  Membrane coquillière interne
4.  Chalaze
5.  Blanc d'œuf (ou albumen) externe (fluide)
6.  Blanc d'œuf (ou albumen) intermédiaire (visqueux)
7.  Peau du jaune d'œuf
8.  Jaune d'œuf (ou vitellus) formé

9.  Point blanc puis embryon
10. Jaune d'œuf (ou vitellus) jaune
11. Jaune d'œuf (ou vitellus) blanc
12. Blanc d'œuf (ou albumen) interne (fluide)
13. Chalaze
14. Chambre à air
15. Cuticule

Les coquilles d'œufs de reptiles contiennent généralement moins d'éléments minéraux, au point que certaines restent souples.

Ce terme désigne aussi le chorion de l'œuf de l'insecte, ainsi qu'une couleur, généralement un beige rosé pâle.

Utilisations[modifier | modifier le code]

La coquille d'œuf de poule est le principal déchet des casseries d'œufs. Elle peut être broyée et utilisée comme amendement calcique dans les champs, grâce à sa richesse en calcium[5].

La coquille d'œuf est parfois utilisé en décoration, soit brisée et utilisée comme tesselle de mosaïque, soit entière et peinte ou gravée, voire brodée.

Le poussin de dessin animé Calimero porte comme couvre-chef une demi coquille d'œuf à bords brisés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Sauveur, INRA, Reproduction des volailles et production d'oeufs, Editions Quae,‎ 1988, 449 p. (ISBN 2853409619, lire en ligne), p. 351
  2. Bernard Sauveur, Michel de Reviers, Reproduction des volailles et production d'œufs, Editions Quae,‎ 1988, p. 351
  3. (en) Carrino, D. A., J. E. Dennis, T. M. Wu, J. L. Arias, M. S. Fernandez, J. P. Rodriguez, D. J. Fink, A. H. Heuer et A. I. Caplan, « The avian eggshell extracellular matrix as a model for biomineralization », Connective Tissue Research, vol. 35, no 1-4,‎ 1996 ([325-9 lire en ligne])
  4. Françoise Nau, Catherine Guérin-Dubiard, Florence Baron, Jean-Louis Thapon, Science et technologie de l'œuf : Volume 2, De l'œuf aux ovoproduits, Lavoisier,‎ 2010 (lire en ligne), p. 4
  5. Gabriel Omnès, « L'amendement calcique sort de sa coquille », La France Agricole, no 2968,‎ 17 janvier 2003 (ISSN 0046-4899, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]