Coopérative d'utilisation de matériel agricole

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

En France, une coopérative d'utilisation de matériel agricole (CUMA) est une société coopérative agricole, régie par les dispositions du livre V[1] du Code rural, ayant pour objet de mettre à la disposition de ses adhérents du matériel agricole et des salariés.

Type particulier de sociétés de service, elles doivent réunir un minimum de quatre associés coopérateurs pour pouvoir se constituer.

Les cuma ont largement favorisé l'accès à la mécanisation dans les régions de petites exploitations dans lesquelles le coût de la mécanisation individuelle la rendait inaccessible. Instruments communautaires, elles permettent souvent d'enclencher des dynamiques de développement territorial. Elles permettent aussi aux agriculteurs d'utiliser un matériel performant dont l'investissement ne se justifierait pas sur une seule exploitation.

Il existe en France 12 500 cuma regroupant 240 000 adhérents.

Historique[modifier | modifier le code]

Création des CUMA[modifier | modifier le code]

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’agriculture française s’organise pour se redéployer. Une foule d’organisations se met en place (syndicats, mutuelles...). Le 12 octobre 1945, la loi sur les coopératives d’utilisation de matériel agricole est promulguée. Le mois suivant, la fédération nationale des Cuma est créée. Les Cuma, avec l’appui des pouvoirs publics (accès facilité aux matériels du Plan Marshall), sont un outil de réorganisation de l’économie agricole de l’après-guerre. Avec l’essor des nouvelles techniques (le tracteur se banalise), elles affirment la dimension pédagogique de leur démarche collective. Cependant, bon nombre de Cuma se traduisent par des échecs  : leur création avait en effet plus été motivée par l’occasion d’acquérir un matériel que par la volonté de coopérer entre agriculteurs. Une perte de crédit et de confiance est perceptible dès le début des années 1950. L'Union Nationale des Cuma – sorte de groupement d’achats de matériel, produits pétroliers et charbon – sera même dissoute.

Les CUMA et les lois d'orientation agricole[modifier | modifier le code]

À partir du milieu des années 1950, les Cuma vont se réorganiser lentement  : responsabilisation des adhérents, formation à la gestion et au suivi du matériel... Elles constituent, en outre, un terrain d’engagement pour les militants de la Jac, la Jeunesse Agricole Catholique. Des conseillers en machinisme, des animateurs et des comptables sont recrutés dans les départements pour accompagner les groupes. La loi d’orientation agricole de 1962 donne à l’agriculture les moyens de sa modernisation. La productivité agricole s’envole. Les Cuma contribuent, avec les autres groupes de développement agricole (Ceta, Gva), à l’essor des nouvelles pratiques agricoles (moisson, ensilage, manutention, travail du sol). La crise de 1973 renforcera les Cuma dans leur vocation à réduire les charges de mécanisation.

Modernisation du réseau[modifier | modifier le code]

Au début des années 1980, le réseau Cuma communique. Il lance son premier journal mensuel, Entraid’Ouest, qui sera suivi par trois autres éditions. Il organise également ses premiers salons agricoles (le Salon des Fourrages, en juin 1980 à Châteaubriant - Loire-Atlantique). La gestion des Cuma s’informatise et s’uniformise. L’agrégation des données sur la mécanisation recueillies auprès des agriculteurs présente des statistiques issues des utilisateurs et riches d’enseignements (édition de guides « prix de revient »). L’arrivée en 1981 d’un gouvernement de gauche relance la dynamique Cuma. En effet, Édith Cresson, alors ministre de l’agriculture, encourage les démarches de groupe par des prêts bonifiés aux Cuma pour l’acquisition de matériel. Elle instaure également la présence de représentants des Cuma dans les instances agricoles (commissions mixtes et chambres d’agriculture).

Les nouvelles fonctions des CUMA[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990 et 2000, la mécanisation raisonnée s’impose dans la démarche Cuma  : meilleur service aux adhérents, utilisation collective de tracteurs, organisation du travail, conception de logiciels de diagnostic des charges de mécanisation... La protection de l’environnement s’immisce dans les préoccupations. L’action pédagogique des Cuma en est relancée (épandage des lisiers et fumiers respectueux de l’environnement, réglage des pulvérisateurs pour réduire les excès de pesticides).

Les nouvelles problématiques conduisent les agriculteurs en Cuma à réaliser des actions avec leurs voisins ruraux et à s’investir dans des projets de développement local.

Malgré une baisse continue du nombre d’agriculteurs, l’activité des Cuma ne faiblit pas, même si des réorganisations s’imposent (fusion de Cuma, mutualisation…). Elles poursuivent, comme dans les années 1960, leur mission de développement au travers notamment de l’organisation de journées de démonstration sur les techniques actuelles (récolte de l’herbe, techniques sans labour…).

L’amélioration des conditions de vie et de travail devient une préoccupation importante des groupes amenant les questions d’organisation au centre des débats. Dans certaines régions, des agriculteurs vont même jusqu’à partager l’intégralité de leur parc de matériel (dans des Cuma dites « intégrales »). Le nombre d’emplois partagés en Cuma croît. La loi d’orientation agricole de 2006 introduit d’ailleurs dans le Code du travail (article L.127-1[2], devenu l'article L.1253-8 [3] dans le nouveau Code du travail) la possibilité pour les Cuma d’exercer une activité de groupement d’employeurs. La Cuma s’affirme comme un outil d’organisation collective du travail (matériel et main d’œuvre, salariée ou non) par la mutualisation, en proximité, des besoins des agriculteurs.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]