Convention des patriotes pour la justice et la paix

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Convention des patriotes pour la justice et la paix
Idéologie non exclusivement musulmane
Objectifs Inverser le sous-développement chronique du nord de la Centrafrique et le manque de considération du Gouvernement.
Statut actif
Fondation
Date de formation 2008
Pays d'origine Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine
Actions
Nombres d'attaques imputées Plusieurs dizaines
Zone d'opération Nord et nord est de la République centrafricaine
Période d'activité 2008-aujourd'hui
Organisation
Chefs principaux Abdoulaye Issene, Issaa Israel, Bevarrah Lala
Membres 300 - 1000


La Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) est un groupe rebelle de la Centrafrique, créé le 26 octobre 2008.

Son objectif est de "Rendre à la République centrafricaine ses Valeurs de "Zo Kwe Zo" et son "Unité-Dignité-Travail". Il faut ajouter à cela la volonté d'éclaircir la disparition du plus emblématique leader du groupe Charles Massi.

Ce mouvement est originaire du nord de la Centrafrique, plus précisément de la préfecture de la Vakaga. Elle est presque uniquement présente dans cette région et dans la Bamingui-Bangoran, cependant ses troupes ont déjà mené des exactions dans la Haute Kotto et la Ouaka.

Le principal représentant de ce groupe est Abdoulaye Issene. Originaire de Sikkikede, c'est là que siège le conseil politique et c'est aussi le village de l'actuel leader du groupe. On note l'entrée de la CPJP à Akoursoulbak, village au Nord de Ndélé le 28 décembre 2008. C'est aussi ici que se sont recueillies les familles des deux hauts membres Runga tués par les Gulas (membres majoritaires de l' Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) en 2008.


Historique[modifier | modifier le code]

La date de création la plus vraisemblable de ce mouvement est celle du 26 octobre 2008. Cette création fait suite à une longue série d'interactions avec un autre groupe rebelle non encore désigné ainsi à l'époque : l'UFDR. L'origine de ces interactions remonte à 2002.

En cette année, le Maire de Birao, Yaya Ramadan, a vendu pour 6 millions de CFA, une partie de son territoire communal à des bergers transhumants soudanais afin qu'ils puissent y mener leur troupeau paître : ce sont les Tacha. Mais malgré l'aspect légal de leur accord, ces derniers subissaient la répression des gardes forestiers à chacun de leur passage vers leur nouvelle terre de pâture. Ils se sont donc sentis escroqués par Yaya Ramadan puisqu'ils ne pouvaient jouir de leur territoire en toute sécurité. Ils ont alors décidé de se venger et ont ainsi tué Yaya Ramadan le 8 mai 2002 lors d'un de ses déplacements.

Yaya Ramadan étant Gula et un haut représentant de cette ethnie, les Gula ont alors chercher à se venger à leur tour contre les Tacha. Mais se faisant, les Gula s'en sont pris par erreur à une autre ethnie : Les Imat. Toujours en 2002, les Tacha, conscients qu'ils étaient à la base la cible des Gula ont décidé de les attaquer mais, encore une fois il y a eu erreur sur l'ethnie attaquée puisque les Tacha ne s'en sont pas pris aux Gula mais aux Runga. Les Runga et Gula tous deux finalement la cible des Tacha se sont alliés contre eux. Une alliance Runga- Gula est donc née en 2002. Toutefois une division entre les deux allaient finalement se faire 3 ans plus tard.

Les Gula ont demandé au Gouvernement de Bozizé en 2005 de faire pression sur le Soudan (dont sont originaires les nomades Tacha) pour obtenir réparation sur la mort de leur haut représentant : Yaya Ramadan. De cela résulte l'implantation d'un consulat du Soudan à Birao afin de mener les négociations pour leur donner réparations. Mais à ces négociations (Birao 2005) les Gula n'ont pas convié les Runga malgré leur alliance et leur combats mutuels contre les Tasha.

En 2006, le pacte de Birao devait rentrer en application mais les Gula n'ont jamais vu la couleur de l'argent pour la compensation de la mort de Yaya et ont soupçonné le gouvernement de Bozizé de détourner les fonds versés par le Soudan via le Consulat de Birao. Les Gula commencent alors à s'allier pour créer l'UFDR et demander le versement des compensations. Pour cela ils ont également convié les Runga à se joindre à leur mouvement, mais se sentant lésés depuis les accords de Birao avec le Soudan ils n'ont pas voulu se joindre aux Gula. Cela eut pour conséquence de déclencher la colère des Gula qui ont alors commis des exactions contre les Rungas et ont tué deux membres importants de leur communauté : El Hadj Ahmat, mort à Ouadda et Amoun El Hadj Assan mort à Banga.

Les Rungas ont a leur tour informé le gouvernement des attaques dont ils étaient victimes de la part des Gulas, en demandant de traduire en justice les quelques chefs Gula de l'UFDR. Cependant, le gouvernement étant en pleine signature d'accord de Paix avec l'UFDR depuis avril 2007, il a préféré ne pas envenimer la situation avec les Gula et en a oublié le procès réclamé par les Runga. Enfin, en juin 2008, le gouvernement accepte de se réunir avec les Runga de Bria, Ndélé et Birao et l'UFDR pour trouver un consensus sur le jugement des exactions menées par l'UFDR. L'issue semble positive car promesse est faite de traduire en justice les responsables de l'UFDR. Cependant cette parole ne sera suivie d'aucun fait puisque le procès restera sans aboutissement donnant ainsi naissance en décembre 2008 à la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix. Toute ethnie souhaitant voir la paix et la justice dans leur pays y est la bienvenue, mis à part les Gula bien sûr, ethnie principale de l'UFDR.

Commandement[modifier | modifier le code]

La CPJP est un organe assez clairement hiérarchisé, il dispose d'un conseil politique, d'une cour suprême, et d'un état-major. Il est difficile de nommer avec certitude qui en est le président, ou chef des opérations ou encore chef de l'état-major, cependant les principaux noms liés à ce groupe sont : N°1 : Abdoulaye Issene (Président), N°2 : Issaa Israel (Chef de l’État-Major), N°3 : Bevarrah Lala (Porte-Parole de la Marche de la CPJP). Charles Massi fut aussi un haut représentant du bureau politique de la CPJP, c'est lui qui apporta une structuration au mouvement rebelle. Il a disparu le 18 décembre 2009.

Comme dans beaucoup de groupes rebelles, des dissensions sont nées en son sein, ainsi les noms de Assan Bringa Togba, Joachim Kokaté ou encore Askabiol (rédacteur du site: cpjp.centrafrique.over-blog.org ) semble ne plus être lié qu'à une branche obsolète de la CPJP. Ainsi le site internet évoqué ci-dessus n'est pas tenu par le Docteur Bevarrah Lala mais par Askabiol et ne serait donc pas représentatif de la mouvance sur le terrain.

Composition[modifier | modifier le code]

La CPJP est majoritairement composée de Runga et de confession musulmane mais elle n'exclut pas d'autres ethnies (mise à part les Gulas). Comme d'autres groupes rebelles (FPR notamment) en Centrafrique, la CPJP compte dans ses rangs des rebelles tchadiens et soudanais. Sans parler des membres de l'ethnie Runga qui vivent au delà des frontières du pays au Tchad et au Soudan et constituent très certainement un soutien non négligeable. On estime qu'elle se compose de 300 à 1000 hommes. Un important nombre d'enfants soldats seraient aussi inclus dans ce chiffre.

Une alliance a eu lieu entre l'UFDR et la CPJP pour lutter contre la présence de la LRA qui mène des vagues d'exactions dans l'Est du pays.

Financement[modifier | modifier le code]

Située dans une zone très largement diamantifère et voulant accroître son contrôle dans des zones bordées de mines d'exploitation, on peut largement penser que ces revenus financiers proviennent de ce précieux minerai.

Objectifs[modifier | modifier le code]

La CPJP n'est pas originairement opposé au gouvernement mais plutôt aux Gula. La situation d'aujourd'hui semble s'être inversée en tout cas en ce qui concerne la position vis-à-vis du gouvernement et éventuellement aussi celle envers les Gula. De nos jours, la CPJP affirme lutter pour éclaircir la disparition de Charles Massi (ancien ministre du régime de Patassé puis de Bozizé), obtenir justice sur les exactions menées par les Gula, et enfin, et peut-être surtout, pour s'asseoir à la table des négociations d'accord de paix avec le gouvernement centrafricain.

Exactions[modifier | modifier le code]

La CPJP a mené plusieurs attaques contre d'importantes villes et leur population comme Ndélé, Birao, Yalinga, Ippy, Bossembélé... Voici un bref aperçu des principales attaques de la CPJP:

- Décembre 2008 Attaque de la gendarmerie de Ngarba

- Avril 2009 Attaque à Ndélé et Bossembélé

- Avril 2010 Attaque à Ndélé

- Mai 2010 Attaque Kassimanga

- Mai 2010 Attaque à Tiri et Dimi-faya

- Juin 2010 Attaque à Birao

- Septembre 2010 Attaque à Lemena et Yalinga

- Octobre 2010 Attaque à Ippy

- Novembre 2010 Attaque à Birao (Une des plus médiatisées)

- Septembre 2011 près de Bria

La CPJP a également mené plusieurs attaques contre des ONG travaillant dans le Nord engendrant la fermeture des programmes définitive ou pendant plusieurs semaines selon les ONG.

Processus de paix[modifier | modifier le code]

À l'inverse de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement, la CPJP n'a pas signé les accords de paix de Birao le 13 Avril 2007.

La CPJP n'a pas non plus signé les accords de paix globale de Libreville en date du 21 Juin 2007.

Seulement Mahamat Zakaria a signé au nom du groupe des accords de cessez-le-feu avec le Gouvernement le 11 juin 2011 pour enclencher le processus de Désarmement Démobilisation Réarmement (DDR) dans une volonté de réconciliation nationale et ainsi " cesser les hostilités en vue de créer un cadre de paix pour favoriser le rétablissement de la sécurité, la reconstruction nationale et parvenir à l’amélioration des conditions de vie de populations" selon l'accord signé.

Enfin, la Caravane de sensibilisation à la paix organisée par le gouvernement s'est rendue à Ndélé samedi 19 novembre 2011. Abdoulaye Hissene a déclaré à cette occasion avoir « tourné la page de l’ennemi, et enterré la hache de guerre » avec l'UFDR.

Pour la population, la sécurité ne sera vraiment établie qu'après le désarmement des troupes.

Notes et références[modifier | modifier le code]