Convention de Kanagawa

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Exercice des troupes américaines à Shimoda devant l'envoyé de l'empereur, le 8 juin 1854, lithographie de 1856

La convention de Kanagawa (日米和親条約, Nichibei Washin Jōyaku?) ou traité de Kanagawa (神奈川条約, Kanagawa Jōyaku?) fut un traité signé le 31 mars 1854, entre les représentants du shogunat des Tokugawa et le Commodore Matthew Perry représentant le président américain Millard Fillmore. C'est parmi les traités inégaux, traités imposés par les puissances coloniales occidentales aux pays d'Extrême-Orient qu'ils colonisèrent dans la seconde moitié du XIXe siècle, le premier de ceux imposés au Japon. Il s'en suivra le passage de l'ère Edo à l'ère Meiji, qui amorcera une volonté colonialiste du Japon puis, son imposition de traités inégaux à d'autres pays de la région sur le modèle occidental.

Contexte[modifier | modifier le code]

Cette convention donna aux Occidentaux l'autorisation d'entrer dans les ports japonais de Shimoda et de Hakodate. Ce traité leur permit de s'arrêter dans ces ports afin de s'y ravitailler en charbon et en vivres. Mais il était aussi question de l'éventuel envoi d'un consul des États-Unis au Japon. En effet, la traduction américaine du traité stipulait qu'un consul américain serait envoyé si ces derniers le jugeaient nécessaire[1]. Tandis que la traduction japonaise précisait que le consul pourrait venir à la demande conjointe des deux pays.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette convention, obtenue dans la crainte de représailles américaines[2],[3], via la menace constituée par la flotte de Navires noirs, a ouvert la voie à la signature du traité d'amitié et de commerce États-Unis-Japon de 1858[4], qui a défini les termes de l'ouverture du Japon au commerce. De plus, elle a permis aux Britanniques, aux Néerlandais, aux Français et aux Russes d'obtenir peu après des conventions similaires[5].

Cette première capitulation du pouvoir shogunal face aux étrangers marque le début du déclin du « généralissime » par rapport à l'Empereur. Déclin qui a abouti en 1867 à l'avènement de Mutsuhito et à la restauration Meiji.

Nakahama Manjirō, un ancien pêcheur naufragé secouru par les Américains, premier Japonais à avoir vécu aux États-Unis, supervisa dans les coulisses la traduction des interprètes officiels (tsûji), lors de la signature de cette convention[6].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir le texte du traité de Kanagawa en anglais
  2. Voir pages 946-47 in Histoire du Japon, George Sansom, Fayard, 1988
  3. Voir pages 137-38 in Japan: A Modern History, James L. McClain, W.W. Norton & Company, 2002
  4. Voir le texte du Harris Treaty
  5. Voir le texte du traité de Yedo passé avec la France le 9 octobre 1858
  6. Voir page 626 in Routledge encyclopedia of translation studies, Mona Baker & Kirsten Malmkjær, Routledge, 2001