Controverses autour de l'hindouisme

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La satî (« vertueuse », fidèle jusque dans la mort), symbole du dévouement total de la femme à son mari, qui consiste pour la veuve à monter sur le bûcher du défunt et mourir brûlée vive. Pratique tardive en Inde (VIe siècle ap. J.-C.) limitée à la caste des kshatriyas, absente dans l'Atharva-Veda où sont exposés les rites de la cérémonie funéraire (il n'en est fait aucune prescription), elle a pour origine l'interprétation d'une des légendes où la déesse Satî, si dévouée à son dieu aimé, Shiva, que son corps partit en flammes sous la force de sa propre méditation et rétention de son seul souffle [1], afin de défendre l'honneur que celui-ci avait perdu en n'étant point invité par son beau-père, Daksha, qui refusait le mariage de sa fille, Satî, avec Shiva. Interdite en Inde britannique, la satî a engendré une méfiance à l'égard de l'hindouisme[2].

Il convient de distinguer les pratiques sociales et celles qui relèvent de l'hindouisme. Car, hormis les sacrifices rituels, toutes les pratiques comme le dot , le mariage entre mineurs ou l'interdiction de mariage des veuves ou le système de castes sont plus d'origine purement sociale ou due à une mauvaise interpréataion du texte religieux et qui sont moins en moins en vigueur en Inde. Ces pratiques sont presque éteintes.

C'est donc, à tort , que certains analystes qui ne vivent pas en INDE et dont les connaissances sont livresques, critiquent certaines traditions sociales jugées régressives et passéistes en pensant qu'elles sont dictées par la religon alors que ce n'est pas le cas. Voici les pratiques peu répandues en Inde mais qui sont critiquées par les missionaires qui veulent rendre l'hindouisme responsable de celles-ci afin de renforcer leur présence en Inde :

  • La dot que les parents doivent assurer à la mariée[3] (la constitution indienne l'a rendue illégale), pratiquée d'ailleurs par toutes les autres communautés religieuses indiennes non-hindoues [réf. nécessaire] (musulmanes, chrétiennes, sikhes, bouddhistes, jaïnes...).
  • Le rite funéraire de la satî — le suicide de la veuve sur le bûcher funéraire de son époux. Cette pratique a été abolie grâce à la campagne "anti-sati" de Raja Ram Mohan Roy qui a abouti par le vote d'une loi en 1829 interdisant et abolisant sa pratique.
  • Le mariage entre mineurs.
  • L'interdiction aux veuves de se remarier.
  • La pratique des sacrifices rituels[4].
  • Le système de castes, par ailleurs condamné par des réformateurs, philosophes et sages hindous tel que Basava dès le XIIe siècle.

Toutes ces pratique sont soit complètement disparues ou pratiquées de manière très insignificative.

La tradition[modifier | modifier le code]

En théorie, le Brahman absolu ou le Purusha suprême, selon les Vedas est au-dessus des distinctions de caste. Il est vrai aussi que les interdictions concernant la commensalité et les intermariages sont de moins en moins observées, du moins dans les villes (encore qu'il ne faille rien exagérer : les manquements aux règles s'offrent plus facilement aux regards d'un étranger que les comportements traditionnels)[5]. Mais la plupart des hindous disent que ceci n'est pas l'essentiel de leur religion. Quoi qu'il en soit, la vie moderne, urbaine, industrielle, a fait depuis quelques décennies son entrée en Inde : l'idéologie qui pourrait porter cette énorme mutation matérielle et sans cesse croissante — et dont la nécessité s'impose— est encore à naître[5].

Une religion polythéiste[modifier | modifier le code]

Du point de vue des trois religions abrahamiques, l'hindouisme est également critiqué comme étant polythéiste et faisant la promotion de l'idolâtrie.

Le contre-argument hindou est que l'hindouisme est à la fois polythéiste, monothéiste, panthéiste, hénothéiste et panenthéiste, bien qu'il puisse apparaître seulement polythéiste à des observateurs extérieurs peu familiers de sa philosophie.

Aussi, en ce qui concerne l'idolâtrie — définie du point de vue abrahamique comme l'adoration de fausses divinités —, les accusations seraient dues à une interprétation. Les Hindous vénèrent des divinités de pierre ou de métal, en tant que symboles . Pendant la cérémonie (puja), les dieux utilisent ces formes pour répandre leur puissance et leur bénédiction aux fidèles. La pūjā est une communion entre les dieux et le monde.

Des divinités obscènes[modifier | modifier le code]

L'hindouisme est également perçu en Occident comme une religion dans laquelle les « dieux et les déesses » ont un caractère fortement sexuel et empreint de violence.[réf. nécessaire] Les hindous condamnent ces interprétations : selon eux, il s'agit non seulement d'une totale incompréhension du Dharma hindou, mais de critiques émises dans un contexte d'évangélisation (voir le voyage de Jean-Paul II en Inde) et perçues comme une désinformation visant à éclipser la valeur et les apports de leur religion.

Le nationalisme hindou[modifier | modifier le code]

Une autre critique est celle appelée Hindutva (« le fait d'être Hindou », qui paradoxalement n'est pas un mot formé du sanscrit, puisque « hindou » est un mot persan). Au XXe siècle, le patriotisme indien émergeant a commencé à promouvoir l'hindouisme en opposition au Raj britannique mais aussi à l'islam à la suite de l'Indépendance à l'occasion des disputes territoriales avec le Pakistan. Mais les frontières sont fluides ; la Cour Suprême indienne a légiféré sur « le sens flou qui peut être attribué aux termes « hindou », « Hindutva » et « hindouisme » ; mais ne se limite pas à la sphère étroite de la religion, qui exclut les idées de culture et l'héritage indien ». Un des desseins à court terme des fanatiques de l'Hindutva serait d'obliger la construction d'un temple de Râma sur le site de la mosquée Babri controversée, symbole de répression pour certains (dont les dômes ont été détruits par quelques fanatiques de l'Hindutva) à Ayodhya. Car Râma est, selon la tradition et d'après certains historiens, né sur ce site. Le Moghol qui administrait le lieu, Mir Baki, avait construit la mosquée Babri après avoir détruit un temple vaishnavite commémorant ce lieu de naissance, pour la raison invoquée d'idolâtrie (shirk).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bhâgavata Pourâna, tr. E. Burnouf, Imprimerie royale, 1844, dans Trésor de la poésie universelle, Roger Caillois/Jean-Clarence Lambert, Gallimard (6e édition)
  2. Encyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger, éditions le livre de poche.
  3. Amnesty International : La dot met en danger les femmes indiennes
  4. Controverses liées à l'hindouisme
  5. a et b Madeleine Biardeau, L'hindouisme, anthropologie d'une civilisation, Flammarion

Articles connexes[modifier | modifier le code]