Conteville (Eure)

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Conteville
L'église des Saints-Innocents.
L'église des Saints-Innocents.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Eure
Arrondissement Arrondissement de Bernay
Canton Canton de Beuzeville
Intercommunalité Communauté de communes du canton de Beuzeville
Maire
Mandat
Martine Lecerf
2014-2020
Code postal 27210
Code commune 27169
Démographie
Population
municipale
932 hab. (2011)
Densité 87 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 25′ 10″ N 0° 23′ 44″ E / 49.4194, 0.395649° 25′ 10″ Nord 0° 23′ 44″ Est / 49.4194, 0.3956  
Altitude Min. 0 m – Max. 103 m
Superficie 10,68 km2
Localisation

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Conteville est une commune française située dans le département de l'Eure en région Haute-Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Conta Villa en 1059-1066.

La "ville du comte" ; on ne sait de quel comte il s'agit, cette appellation peut se rapporter au titre de comte, porté par les premiers ducs de Normandie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Faisait partie de l'exemption de Saint-Samson relevant de l'évêché de Dol.

La Chronique de Normandie dit encore que le duc Robert le Magnifique, en 1035, avant de quitter ses états pour aller en Palestine, fit rassembler tous ces barons à Rouen et leur proposa de reconnaître son fils Guillaume pour son successeur. « J’ai un petit bastard, leur disait-il, qui croistra si Dieu plaist, de la preudomie duquel j’espère beaucoup. Je ne suis en doute qu’il ne soit mon fils; pour ce, vous prie de le recevoir à seigneur, et, dès à présent, je le saisis devant vous de la duché comme mon héritier. »

M. Charpillon dit qu’Herluin, déjà veuf, épousa la maîtresse du duc Robert, Arlette de Falaise, et qu’elle lui apporta en mariage le domaine de Conteville; ceci me semble peu probable, à moins de supposer qu’Arlette avait tenu ces biens de la libéralité de son amant, ce qui est encore un secret enfoui avec les générations éteintes. Je préfère croire que la terre de Conteville appartenait à Herlouin, puisqu’il habitait ce pays longtemps avant son second mariage; il est même certain qu’il avait de nombreuses possessions dans la contrée.

Mais quoi qu’il en soit, de son union avec Arlette, le comte de Conteville eut deux fils et une fille : Odon ou Eudes, qui devint évêque de Bayeux, et Robert qui prit plus tard le titre de comte de Mortain ; tous deux célèbres dans la suite par le rôle qu’ils jouèrent en Normandie et en Angleterre. La fille, nommée Adélaïde ou Adélis (Alice), comtesse d’Aumale, épousa Eudes de Champagne.

Herluin, sans cesse tourmenté par une espèce de lèpre ou maladie dartreuse qui le défigurait, s’était enfermé dans son manoir de Conteville, alors entouré de fossés très-profonds et de retranchements de 25 pieds de hauteur, existant encore en 1778, époque où ils furent nivelés et réunis au presbytère actuel ; le comte Herluin, dis-je, affligé de cette douloureuse maladie, à laquelle il ne pouvait résister que par un repos continuel, s’était déjà, depuis longtemps, retire dans ce château, où il ne s’occupait plus que de dévotions et des superstitions de l’époque.

Un jour, il crut voir, en dormant, la Sainte Vierge lui apparaître et lui dire : « Tu iras, à ton réveil, sur cette partie de la rive où sont épars de nombreux rochers. Non loin de là, près d’une fontaine, existent des ruines d’une chapelle qui me fut consacrée et que l’impiété des habitants a laissé s’écrouler ; tu la relèveras, et un ecclésiastique que tu y enverras viendra y servir mon autel. «  A ce prix, je te promets guérison. »

Aussitôt Herlouin s’empressa d’obéir à cet ordre céleste, et fit construire près de la mer une chapelle où, quelque temps après, fut élevée l’abbaye de Grestain ; mais on ignore si le comte de Conteville recouvra la santé (1040).

Vers l’année 1066, Guillaume, fils d’Arlette, alors duc de Normandie, forma l’audacieux projet d’opérer une descente en Angleterre, sous prétexte que l’ancien roi Edouard le Confesseur, lors de son voyage en Normandie, l’avait institué son héritier à la couronne d’Outre-Manche.

Dans cette expédition se trouvèrent un grand nombre de seigneurs normands, entr’autres les deux frères maternels du duc de Guillaume ; Robert fournissait soixante-dix vaisseaux de guerre à l’expédition projetée, et Odon, évêque de Bayeux, en donnait cinquante.

La traversée de la Manche s’effectua avec beaucoup de difficultés ; aussitôt que cette armée eut été débarquée sur les côtes anglaises, l’évêque Odon se revêtit d’un surplis par-dessus ses armes pour célébrer la messe et bénir les troupes réunies ; puis, saisissant une lance et un bouclier, il monta son fameux coursier blanc et s’élança, accompagné des siens, sur les phalanges ennemies où il se fit remarquer par des prodiges de valeur, tandis que, d’un autre côté, Robert, son frère, toujours auprès du duc Guillaume, combattait en intrépide chevalier.

L’armée normande remporta, à Hastings, un succès complet sur Harold, qui venait de se faire proclamer roi d’Angleterre. Cette glorieuse journée assura à Guillaume la couronne de ce pays. Aussi récompensa-t-il largement tous ceux des principaux seigneurs qui avaient le plus contribué à remporter cette mémorable victoire. Odon reçut en récompense le comté de Kent et la ville de Douvres, et Herlouin de Conteville lui-même, sans avoir pris aucune part à l’expédition (soit à cause de son grand âge, ou qu’il n’eût pu obtenir guérison de sa maladie), reçut aussi de nombreuses donations.

Le duc Guillaume n’oublia pas son frère Robert, qui avait si bravement combattu à ses côtés ; il lui donna neuf cent soixante-treize manoirs dans dix-huit comtés. Ce fut après l’attribution de ces récompenses que Robert pris le titre de comte de Mortain et qu’il épousa Mathilde, fille de Roger de Montgommery. Raoul de Conteville, né du premier mariage d’Herluin, ne fut pas sans avoir aussi une large part dans les dépouilles ennemies.

Après avoir séjourné quelque temps en Angleterre, Guillaume revint en Normandie et laissa l’administration du pays conquis à l’évêque Odon et à Guillaume Fitz Osbern, qui, par leur cruauté et leurs exactions, provoquèrent, sur différents points du royaume conquis, des révoltes qui furent très difficiles à réprimer.

Le duc Guillaume, ayant appris qu’Odon, fier de tant de gloire et de richesses, ambitionnait même jusqu’à la papauté, résolut de mettre un terme à son orgueil ; il le fit arrêter en mer, au moment où il se dirigeait sur l’Italie. Traduit devant les chefs normands, Odon, homme léger, méchant et surtout attaché aux passions charnelles, fut accusé d’avoir abusé de son pouvoir de juge et de comte, d’avoir spolié les églises, enfin d’avoir tenté de séduire et d’emmener hors de l’Angleterre les guerriers sur la foi desquels reposait le salut des conquérants (1083). Il fut condamné aux fers et enfermé dans une forteresse de Normandie.

L’évêque de Bayeux resta ainsi pendant quelques années sous les verrous, et le duc Guillaume, sur les instances réitérées de Robert de Mortain, son frère, ne lui rendit la liberté qu’à regret. Mais, aussitôt libre, l’ambitieux évêque recommença sa vie scandaleuse et ne mit plus de bornes à ses mauvais penchants. Après avoir pris part à la querelle de Robert Courteheuse contre Guillaume le Roux, où il fut obligé de fuir lâchement ; après avoir sanctionné devant les autels le mariage illégitime de Philippe Ier, roi de France, avec Bertrade de Montfort, Odon partit pour la première croisade et mourut à Palerme en 1098 ; la sépulture lui fut donnée dans la cathédrale de cette ville par son ami Gislebert (Gilbert), évêque d’Évreux.

À la nouvelle du décès du duc Guillaume, arrivé au prieuré de Saint-Gervais de Rouen en 1087, le noble comte de Conteville quitta aussitôt sa résidence et se transporta immédiatement, quoiqu’étant très-âgé, auprès des restes mortels du glorieux fils d’Arlette, que tous les autres seigneurs et barons avaient lâchement abandonné après sa mort. Arrivé à Rouen, Herluin seul prit le soin de la pompe funèbre et régla tout pour faire accompagner le corps par l’archevêque de Rouen, jusqu’à la ville de Caen, dans l’abbaye de Saint-Étienne, où le Conquérant avait désigné d’avance le lieu de sa sépulture. Ce pieux devoir rempli, Herlouin revint mourir en son manoir de Conteville et fut inhumé dans l’abbaye de Grestain, à côté d’Arlette.

Robert, comte de Mortain, succéda à son père à la seigneurie de Conteville. Excité à la révolte, par son frère Odon, contre son neveu Guillaume Le Roux, qui venait de monter sur le trône d’Angleterre à la mort du Conquérant, le comte de Conteville fut bientôt forcé de se soumettre au roi qui lui pardonna.

Après avoir fait de nombreuses donations à l’abbaye de Grestain, dont il est regardé comme le second bienfaiteur, Robert fonda, en 1082, la collégiale de Mortain ; il mourut à Conteville en 1090, et fut enterré aussi à Grestain, près des restes de sa femme Mathilde, laissant trois filles, unies à André de Vitré, à Guy de Laval et au comte de Toulouse, et un fils nommé Guillaume, qui devint comte de Mortain et de Conteville.

Ce dernier s’étant aussi laissé entraîner à abandonner le parti du roi Henri pour s’attacher au duc Robert, par son oncle Robert de Bellême, qui était à cette époque le type des chevaliers félons du Moyen Âge : - cruel, perfide et surtout plein d’audace et de courage, Robert de Bellême n’avait rien de sacré ; depuis longtemps déjà son armée de brigands qu’il soudoyait jetait la terreur dans la campagne, pillait les monastères, massacrait les habitants jusque sur les marches de l’autel ; chassé par le roi d’Angleterre, il était venu exercer son génie malfaisant en Normandie, et les pays qu’il ravagea ne goûtèrent le repos que longtemps après, - le comte de Conteville, dis-je, étant ainsi poussé à la révolte, se mit à la tête d’une troupe de chevaliers et fit introduire dans Tinchebray, assiégé par l’armée royale, un convoi considérable de vivres, après avoir fait couper dans les champs les moissons encore vertes pour en fourrager ses chevaux. « Ce jeune seigneur, dit Orderic Vital, était si brave et si habile que les troupes du roi n’osaient, devant lui, sortir de leurs retranchements pour lui interdire l’entrée de la place. »

Peu de temps après, Robert, voulant forcer le roi son frère à lever le siège de Tinchebray, toujours bloqué, confia le commandement de l’aile droite de son armée au comte de Conteville, et, après un combat sanglant de part et d’autre, Robert et Guillaume, vaincus, furent faits prisonniers. Le comte de Conteville fut dépouillé de tous ses biens par le roi d’Angleterre, qui poussa même la barbarie jusqu’à lui faire crever les yeux dans un cachot (1104).

À partir de cette époque, Conteville fit partie du domaine ducal, jusqu’au moment où Richard Cœur de Lion l’échangea, le 18 janvier 1195, avec les moines de Jumièges, contre le Pont-de-l'Arche.

Cette paroisse était alors une vicomté, ainsi que l’apprennent les rôles de l’échiquier de Normandie.

En 1180, on y trouve Guillaume de la Mare, comme fermier de cette vicomté et de la seigneurie de Boulleville, rendant compte au trésor de 170 livres (Rôl. m. 9, r°) ;

Guillaume de la Mare était encore le fermier de ces deux domaines réunis en 1195 (Rôl. m. 5, r°) ;

Plus tard, en 1198, Raoul d’Ardenne rend aussi compte de 27 livres 3 sols pour la ferme de la vicomté de Conteville et la seigneurie de Boulleville. Le comte de Mortain reçoit 22 livres sur les domaines de Boulleville (Rôl. m. 12, r°).

La même année, Richard Ier de la Mare, abbé de Jumièges, rend compte de 20 livres qu’il s’était obligé de payer annuellement pour le manoir de Conteville, lors de l’échange du 18 janvier 1195 dont j’ai parlé plus haut.

L’année suivante (1199), le roi Jean rendit le Pont-de-l’Arche à l’abbaye de Jumièges et repris possession de Conteville, qu’il donna, quelque temps après, à Gérard de Fornival, pour le service d’un fief de chevalier.

Pierre d’Estoker, en 1203, se trouvait fermier des domaines de Conteville et de Boulleville. Le compte qu’il en rend est suivi de ce mémorandum : Girardus de Fornival habet manerium de Contevilla per regem in quo duo presbyteri Lexovienses habent 60 lib. Per annum de elemosyna statuta. Le même compta aussi 10 sols pour l’étang de Risleclif qui avait été remis en état (Rôl. m. 5, r°).

Ce Gérard de Fornival, dont je viens de parler, était un des seigneurs normands qui, en 1197, jugèrent le traité d’alliance arrêté entre Richard-Cœur-de-Lion et Baudouin, comte de Flandre et du Hainaut.

Il figure aussi comme témoin dans plusieurs chartes du roi Jean, notamment en 1203, et, la même année, on le retrouve encore au nombre des débiteurs de la couronne pour une somme de 14 livres 4 sols qu’il avait reçue de Jean de Préaux pour le fouage (M° 5, R°).

Philippe-Auguste échangea Conteville, en 1210, avec l’abbaye de Jumièges, contre le Pont-de-l’Arche ; il fut stipulé dans cet échange que les moines paieraient au trésor royal : 40 livres à Pâques (ad scaccarium Paschoe), et 40 autres livres à Saint-Michel (ad scaccarium sancti Michaelis). Saint Louis confirma cet échange en juillet 1246.

Les titres concernant l’échange ci-dessus se trouvaient encore dans les coffres du trésor de Conteville en 1784. Lors de l’inventaire de tous les papiers composant les archives du trésor de Conteville (1783-1784), ces pièces furent cotées sous la lettre E et ainsi décrites : «  Deux pièces en papier et parchemin ….. la première est un échange en 1210 (mil deux cent dix), par Philippe, roy de France, de la terre de Conteville qui lui appartenait, contre la ville de Pont-de-l’Arche et ses dépendances, pour et autant qu’il en appartenait à l’abbaye de Jumièges, ainsi qu’il est expliqué audit acte d’échange étant en latin, et la seconde et dernière pièce de ladite liasse est la traduction en françois du même acte. »

En 1238, Thomas du Buisson vendit à l’abbaye de Jumièges, pour 65 livres tournois, un manoir qu’il possédait à Conteville, situé entre le chemin de Grestain et le chemin qui conduit à la Vigne : « Apud Contevillan inter kaminum de Gresteno, ex una parte, et kaminum quod ducit ad Vineam, ex altera ..... »

Un voleur fut pris en 1275, ayant les deniers d’un homme de Quillebeuf, nommé Guillaume Havot. Les preneurs, se rendant à Pont-Audemer, s’arrêtent à Conteville et le lient à un poteau, la bourse au cou. Faux en fut fait par 15 livres tournois que le vicomte en eut. Guillaume Havot perdit son argent …..

Il y avait à Conteville, en 1286, un moulin nommé le moulin de la Croix et trois fiefs qui étaient ; les fiefs de la Garenne, de la Vigne et des Bois. La vavassorerie des Monts n’est connue qu’en 1475.

Au XVe siècle, les habitants de Conteville étaient affranchis des droits de reliefs et de treizièmes pour toutes les ventes faites dans l’étendue de leur paroisse.

Lors de l’inventaire des titres du trésor de Conteville, dont j’aurai encore plus loin l’occasion de parler, on trouva la pièce suivante, analysée sous la cote B : « Une pièce en parchemin qui est le pleds de la baronnie de Conteville, tenue devant M. le sénéchal dudit lieu, en may 1514 ; au pied duquel (sic) est la copie d’une attestation d’exemption des reliefs et treizièmes pour toutes les ventes de fonds situés dans l’étendue de ladite paroisse de Conteville, ladite attestation donnée par nombre d’habitants des paroisses circonvoisines de Conteville, et reçue par Guillaume Yon l’aisné et Guillaume Yon le jeune, tabellions jurés pour le siège de Beuzeville, le 29 décembre 1438. »

Les prieur et religieux de Grestain, à cette époque, reconnurent, eux aussi, « que les héritages situés en la paroisse de Conteville, relevants de leurs fiefs et seigneuries, étaient exempts de reliefs et de treizièmes, sauf ceux dont les possesseurs se seraient obligés par titres ou reconnaissances, qui ne sont pas compris dans ladite franchise et exemption ….. »

Ce privilège, qui fut si souvent, dans la suite, contesté aux habitants, devait sans doute remonter au temps où Conteville faisait partie du domaine royal, s’il n’avait pas son origine dans les donations faites par Childebert à saint Samson, évêque de Dol.

Le 22 mars 1526, l’abbé et les religieux de Jumièges rendirent aveu au roi à cause de leur baronnie de Conteville.

Au commencement du XVIIe siècle, Pierre Gallet était curé de Conteville.

En 1646, on voit Georges Gallet à la cure de cette paroisse.

Benoist Tallon, prêtre, curé de Conteville en 1658, était prieur de Saint-Gervais et promoteur général de Monseigneur l’illustrissime évêque de Dol, en l’exemption de Saint-Samson.

En 1672, Nicolas Leroux était chirurgien à Conteville.

Le 3 juin 1676, Guillaume et Élie Lejugeur, père et fils, donnèrent et aumosnèrent une vergée de terre à la confrérie du Rosaire à Conteville.

Le curé Benoist Tallon obtint une sentence, en 1693, contre le trésorier en charge de cette paroisse, pour l’obliger à fournir les linges et ornements nécessaires pour la célébration de l’office divin.

En 1701, c’était Robert Piedelièvre qui était curé de Conteville.

Pierre de Godefroy, de Conteville, figure comme témoin dans un acte du 20 octobre 1701.

En 1704, la communauté de la paroisse était tenue, pour obéir aux lois, de fournir et armer quarante soldats destinés à la garde des côtes.

Les habitants de Conteville se réunirent, au commencement de 1712, pour prendre une délibération tendant à empêcher les moutons de pâturer sur leur territoire communal, et, le 9 mai suivant, une sentence, intervenue au bailliage de Pont-Audemer, accorda les fins de leur délibération, l’homologua et régla la quantité de bestiaux que chacun d’eux pouvait y mettre.

Vers la même époque, le trésor de cette paroisse se vit forcé de contribuer à la réédification du nouveau manoir presbytéral de Saint-Pierre-du-Val.

Le 30 mai 1748, Jean Besnard, fils de Jean, constitua, envers l’église de Saint-Maclou de Conteville, une rente de 5 livres de Saint-Maclou de Conteville, une rente de 5 livres, hypothéquée sur un labour sis au Petit-Bênet.

L’ancien presbytère de Conteville, bâti en forme d’équerre, dans un endroit aussi humide que malsain et menaçant ruine, fut démoli, en 1773, par le curé de la paroisse, Nicolas Leclerc, qui se chargea de faire reconstruire à ses frais celui que nous voyons aujourd’hui. Il demanda et obtint, le 3 octobre de la même année, l’autorisation des habitants pour prendre sur les biens communaux tous les matériaux nécessaires pour élever cet édifice.

Le trésor de l’église de Conteville, en 1787, possédait trente-trois pièces de terre, situées dans la paroisse, et la confrérie du Rosaire en avait trois ; le tout contenait environ 15 acres.

En 1789, Jean-Stanislas Baucher de Bellemare, conseiller du roi, vendit pour 15,000 livres d’immeubles qu’il possédait à Conteville à diverses personnes, notamment à Robert Thierry et aux enfants Harang.

L’église de Conteville, qui est sous le vocable de saint Maclou, paraît dater du XIIIe ou XIVe siècle, mais elle porte des marques de réparations postérieures ; les fonts baptismaux sont romans.

Suivant une tradition populaire, une chapelle antique, dédiée à saint Gervais, aurait existé jadis sur les Pestis, non loin d’une petite fontaine appelée fontaine Saint-Gervais. Des témoins oculaires rapportent qu’un sieur Prévost, en creusant un réservoir dans sa cour, a rencontré des restes d’anciennes fondations et des débris de toutes sortes. Un jour, en allant, mais trop tard, me rendre compte de cette découverte, je fus appelé par une bonne femme qui voulait, disait-elle, me montrer un pied de saint Gervais. Étant entré chez elle, je fus très surpris de voir ce pied se balancer au bout d’une corde : il servait de poids à une horloge.

C’était véritablement le pied droit d’une statue en pierre, presque fruste et d’un travail assez grossier. Je crois pouvoir certifier que la statue n’avait pas plus de 60 centimètres de hauteur et devait être très ancienne. J’appris en même temps que ce fragment avait été recueilli dans les fouilles du sieur Prévost, dont je viens de parler.

La tradition rapporte encore qu’une foire, dite de Saint-Gervais, aurait eu lieu annuellement près de cet endroit.

La charte de création de l’ancienne foire Saint-Gervais, remontant sans doute à l’époque où ce pays faisait encore partie du domaine royal, fut retrouvée le 16 janvier 1784, lors de l’inventaire des titres et papiers du trésor de l’église de Conteville.

Aujourd’hui tout a disparu. Cependant je suis persuadé que cette vieille pièce latine, ainsi que d’autres aussi précieuses pour l’histoire locale, ne sont pas perdues pour toujours ; cachées, au moment de la Terreur, dans le clocher de l’église, elles ont dû passer depuis dans certaines mains profanes. Mais, quel que soit celui qui peut les détenir indûment aujourd’hui, il finira peut-être un jour par comprendre qu’elles sont tout-à-fait déplacées sous son toit. C’est alors qu’on pourra les recueillir pour les classer avec soin dans les archives communales de Conteville, dont elles devraient faire déjà depuis longtemps.

Depuis un temps immémorial, il se tient chaque semaine deux petits marchés dans le bourg de Conteville, l’un le jeudi et l’autre le dimanche. Il y avait jadis une halle pour les grains. Les titres concernant l’établissement de ces marchés existaient aussi dans les coffres du trésor, au moment de l’inventaire dont je viens de parler.

Les habitants de cette commune conserveront pendant de longues années le souvenir de M. Rever, leur ancien curé et leur bienfaiteur.

M. Marie-François-Gilles Rever de Beauvez est né à Dol-de-Bretagne, le 8 avril 1753 ; après avoir professé la philosophie à Anges et à Dol, il fut envoyé par l’évêque de cette dernière ville pour prendre possession de la cure de Saint-Samson, où il fut installé le 19 novembre 1783 ; puis, le 10 août 1784, il fut nommé curé de Conteville, qu’il desservait encore au moment de la Révolution.

Quand cet odieux régime éclata, il était entouré de l’affection de ses paroissiens, et, de son côté, il conserva toujours une tendresse particulière pour cette famille que l’église lui avait donnée. Ses testaments offrent des preuves touchantes de cette réciprocité de sentiments. Par celui du 15 décembre 1819, il donne à la commune de Conteville l’ancien presbytère qu’il avait acquis. « Je lui offre ce legs, dit-il, en reconnaissance de l’affection qu’un très-grand nombre d’habitants me témoignèrent tandis que j’étais en prison, des offres de services qu’ils me firent et du dévouement dont ils me donnèrent l’assurance, par le désir qu’ils avaient d’obtenir ma liberté. Quoique depuis ce temps j’aie souvent été pauvre, je n’ai pu prendre sur moi de tirer de ce local un autre parti que celui qui m’était inspiré par la gratitude. J’en ai consigné la garantie entre les mains de M. le maire. Je ratifie aujourd’hui ces dispositions avec grand plaisir. » Et par celui de 1826, contenant un legs universel au profil des habitants de Conteville, il revient encore sur le souvenir qu’il avait gardé du temps où il exerçait parmi eux les saintes fonctions de curé.

M. Rever fut successivement député à l’Assemblée provinciale (1791), puis député à l’Assemblée législative et l’un des administrateurs du département de l’Eure ; membre correspondant de plusieurs sociétés savantes et de l’Institut, dont il fut lauréat, il créa la bibliothèque publique d’Évreux et l’école centrale de l’Eure. Parmi les ouvrages précieux qu’il a laissés, je citerai ses Mémoires sur les ruines du Vieil-Évreux, ses Mémoires sur les ruines de Lillebonne, son Voyage des élèves de l’école centrale de l’Eure, et enfin ses Conjectures sur les objets d’antiquité trouvés à Lillebonne.

À tous ses talents, M. Rever joignait, ce qui est peut-être plus rare, une modestie et une défiance de lui-même qui ont nui certainement à l’étendue et à l’éclat de sa réputation. Ce sentiment se traduit sous forme d’humilité vraiment chrétienne lorsque, dans ses dernières dispositions, en fondant un lit à l’hospice de Pont-Audemer pour les malades de la commune de Conteville, il disait : « Au pied de ce lit, il sera placé un carton avec l’inscription suivante : Priez Dieu pour le fondateur de votre lit ; mais je défends d’ajouter mon nom, ni rien qui puisse l’indiquer.

Il n’est pas besoin d’ajouter que, dans ce cœur généreux et aimant, les sentiments de famille avaient aussi une large part. À sa mort, un petit paquet fut trouvé soigneusement cacheté et ficelé, renfermant un peu de poussière ; l’enveloppe portait ces mots : Terre de la tombe de ma bonne sœur, à Dol.

Outre le legs du presbytère dont il a été déjà question, M. Rever a encore procuré à sa commune adoptive l’établissement d’une maison d’école, celui d’un puits public et l’acquisition d’une pompe à incendie.

M. Rever est décédé à Conteville le 12 novembre 1828 ; ses nombreux élèves ont fait élever à sa mémoire un mémoire un monument dans le cimetière de la commune.


FIEFS

Au commencement du XVIIIe siècle, toutes ces petites seigneuries se trouvèrent réunies, par acquisitions successives, à la baronnie de Conteville, dont elles firent partie jusqu’à la Révolution.

1° Les Bois. – Il est fait mention de ce fief dans un titre de 1286 ; Laurent Restant était seigneur des Bois à Conteville en 1641 ; il fut remplacé, en 1692, par Louis de Brinon, qui lui-même eut pour successeur une branche de la famille de Grosourdy. Restaut : d’argent, à trois trèfles d’azur, 2 et 1. De Brinon : d’azur, au chevron d’or, au chef envoûté du même. De Grosourdy : de gueules, à la fasce d’argent accompagnée d’un croissant du même au chef, et en pointe de deux rose aussi d’argent.

2° La Garenne. – Ce fief est cité dans une charte de 1286. Au XVIIe siècle et au commencement du XVIIIe, il se trouve dans les mains d’une famille Piedelièvre, bourgeois de Pont-Audemer, dont l’un des membres fut curé de Conteville, en 1711. En 1714, Benoît Piedelièvre, sieur de la Garenne, habitait aussi Pont-Audemer.

3° Mairie. – Appartenait, vers 1770, à Joseph-Barthélemy Morin, seigneur de Conteville.

4° Le Guéret et la Hérichère. – Ces deux fiefs devaient 36 livres 1 sol et 8 deniers de rentes seigneuriales ; en 1768, ils étaient dans les mains de Jean et Charles Bouchard. Une de leurs descendantes, Mme Agathe-Emélie Bouchard, veuve de M. Dominique Cardine, a vu vendre, le 28 août 1868, ses biens par expropriation.

5° La Londette. – Etait dans les mains de la famille Lejugeur, sur la fin du XVIIe siècle.

6° Les Julliens. – Ce fief s’étendait sur dix-sept pièces de terre, sises à Conteville et à Saint-Pierre ; au commencement du XVIIIe siècle, il appartenait à Jean Jullien.

7° La Vigne. – Les premiers seigneurs de ce fief que l’on connaît, ce sont les hoirs Richard de la Vigne, tenant un quart de fief de ce nom. Vers la deuxième moitié du XVIIe siècle, ce fief appartenait à la famille Lejugeur. IL fut ensuite réuni à la baronnie de Conteville par M. Cousin, qui en fit l’acquisition.


La "brigade Piron" a libéré Conteville en 1944.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Martine Lecerf    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 932 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
924 923 748 749 811 880 858 808 793
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
728 706 641 650 612 644 635 566 583
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
609 581 543 421 441 384 426 420 453
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
416 470 463 580 701 726 797 821 921
2011 - - - - - - - -
932 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Une pomme réputée porte le nom de cette commune.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • L'abbé Rever.
  • L'écrivain normand Jean Revel (1848-1925).
  • Le soldat belge, Francis Mouchet, tué pendant la guerre. La commune entretient sa tombe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]