Constitution des Athéniens

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La Constitution des Athéniens

La Constitution des Athéniens (en grec ancien : Ἀθηναίων πολιτεία / Athênaíôn politeía ; en latin : De Atheniensium republica) est une œuvre antique d'Aristote et ses élèves[Note 1], décrivant le régime politique dans l'Athènes antique. Œuvre des dernières années de la vie d'Aristote, elle aurait été rédigée entre les années 329 et 326-324 av. J.-C.[Note 2] ; en effet, il est fait mention au chapitre LIV, § 7 de cette œuvre, de l'archonte Céphisophon, qui fut en fonction en -329/8, le texte a donc été écrit au moins après cette date[1],[2].

Histoire du manuscrit[modifier | modifier le code]

Le texte est issu de l’un des Papyri d'Oxyrhynque, trouvé en 1879 en Égypte, dans la région d'Hermopolis. Publié l’année suivante, puis acheté par le Musée égyptien de Berlin, ensuite par le British Museum en 1889, le texte, de piètre allure mais bien conservé, fut immédiatement attribué à Aristote. En effet, Diogène Laërce[3] fournit la liste des œuvres du philosophe dans laquelle il mentionne 158 constitutions de cités grecques. Parmi elles, le premier livre de cette collection est une Constitution des Athéniens, écrite par Aristote lui-même pour servir de modèle aux autres constitutions de cette série[4].

L'aristotienne Constitution d'Athènes exposée à la British Library (Papyrus 131)

Le texte fut édité pour la première fois en 1891 par sir Frederic G. Kenyon, papyrologue. Peu de temps après naquit une inutile polémique sur la paternité de l'œuvre. Mais aujourd'hui, pour les savants et les hellénistes, l'œuvre est bien d'Aristote, même si elle relève d'un travail collectif, d'usage au sein de l'école péripatéticienne[5] ; l'examen du texte « ne révèle rien qui ne puisse avoir été écrit par Aristote »[1].

Présentation de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Le texte est composé de deux parties. La première (du chapitre I au chapitre XLI) constitue un récit des différentes évolutions de la constitution des Athéniens, du procès des Alcméonides jusqu'en 403 av. J.-C. La seconde décrit les institutions de la cité : d'abord les conditions d'accès à la citoyenneté, puis la Boulè, les magistratures et enfin les tribunaux[1].

Répartition des pouvoirs politiques dans l'Athènes démocratique au IVe siècle av. J.-C.

La première partie, historique, s'appuie en particulier sur les œuvres d'Hérodote, de Thucydide et d'Androtion, entre autres, sans qu'Aristote s'asservisse à aucun d'eux ; le philosophe puise aussi des renseignements dans des œuvres d'argumentation partisane pour la lutte politique, et dans des documents officiels, ou, quand ceux-ci lui font défaut, dans les institutions subsistantes qu'il tente d'interpréter. Les sources auxquelles il a recours étant parfois en désaccord du fait de leur partialité, soit en faveur des démocrates, soit des oligarques, Aristote cherche dans la plupart des cas à les concilier en retenant en chacune d'elles ce qu'il pense être leur part de vérité ; malgré les disparates ou les contradictions qui peuvent résulter d'une telle méthode[Note 3]

Aristote inaugure ainsi une recherche qu'il a voulu aussi scientifique que possible de l'évolution politique d'Athènes[6] : le savant fait passer ses préférences personnelles toujours derrière la recherche de la vérité, du moins dans l'histoire du VIe siècle av. J.-C., correspondant aux premiers chapitres qui firent l'objet d'une révision rigoureuse ; si Aristote apparaît injuste à l'égard de la démocratie du Ve siècle av. J.-C., c'est que les derniers chapitres n'ont pas été révisés aussi soigneusement, en raison sans doute de l'exil du philosophe à Chalcis et de sa mort en 322 av. J.-C.[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le travail en commun au sein de l'école péripatéticienne suppose que, pour les œuvres les plus importantes comme la Constitution d'Athènes, les disciples n'étaient chargés que du travail de recherches, Aristote surveillant et coordonnant ce travail, et rédigeant seul le texte. Voir l'introduction de Georges Mathieu et Bernard Haussoulier, Aristote 1972, p. II.
  2. « La question concernant la date de composition et l'authenticité de la Constitution d'Athènes a été inutilement débattue pendant longtemps après sa découverte. La solution exacte en avait été tout de suite trouvée par Cecil Torr dans « The date of the Constitution of Athens » in Athenaeum, n°3302, Classical Review, vol.3 p. 119. » écrit Werner Jaeger 1997.
  3. On trouvera des exemples de ces contradictions aux chapitres XVIII et XXV.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Introduction par Georges Mathieu, Aristote 1972, p. III.
  2. Werner Jaeger 1997, p. 487, note 5.
  3. Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres [détail des éditions] [lire en ligne], Livre V, chapitre I, 27.
  4. Werner Jaeger 1997, p. 271 et 338.
  5. Michel Sève, introduction à la Constitution d'Athènes, Le Livre de poche, n°4688, p. 14 et s.
  6. Introduction par Georges Mathieu, Aristote 1972, p. IV à X.
  7. Introduction par Georges Mathieu, Aristote 1972, p. XIII-XIV.

Lien externe[modifier | modifier le code]