Constantin Rozanoff

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Kostia Rozanoff
Rozanoff devant le Mystère IV A
Rozanoff devant le Mystère IV A

Naissance 23 août 1905
Varsovie
Décès 3 avril 1954 (à 48 ans)
Melun
Origine Polonais puis Français
Arme Armée de l'air
Grade Colonel
Années de service 19271946
Commandement GC II/5 Lafayette
GC II/3
Centre d'essais de Mont-de-Marsan
Faits d'armes Bataille de France
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur
Autres fonctions Directeur des essais de Dassault

Constantin Rozanoff, dit « Kostia » Rozanoff, né le 23 août 1905 à Varsovie (Empire russe) et mort le 3 avril 1954 à Melun en Seine-et-Marne, est un aviateur français, colonel puis pilote d'essais.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Kostia Rozanoff commande en second le groupe de chasse II/4 et remporte deux victoires lors de la bataille de France. Après le débarquement américain en Afrique du Nord, il prend le commandement du Groupe de Chasse II/5 La Fayette, puis le GC II/3. Il est un des premiers français à piloter un avion à réaction. En 1945, devenu colonel, il commande la Base aérienne 118 Mont-de-Marsan.

Rozanoff quitte l'armée de l'air en 1946 et devient directeur d'essais chez Dassault. Il met au point les premiers chasseurs à réaction français, des séries Ouragan et Mystère. En février 1954, il est le premier pilote français à franchir le mur du son en vol horizontal sur un avion français, le Mystère IV B 01, mais se tue quelques semaines après aux commandes du même appareil.

Biographie[modifier | modifier le code]

Immigré jeune en France avec ses parents, Rozanoff est naturalisé français en 1927 et est appelé sous les drapeaux la même année. Il obtient son brevet de pilote en 1930 et réussit de brillantes études d'ingénieur à l'École centrale Paris puis à Sup Aéro dont il est diplômé en 1933. Rozanoff décide de rester dans l'armée et s'oriente vers des postes à caractère technique, ce qui le conduit à être affecté en 1935 au Centre d'Essais du Matériel Aéronautique (CEMA) de Villacoublay où il restera jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Désireux de rejoindre le front, Rozanoff obtient en février 1940 son affectation comme commandant en second du groupe de chasse (GC) II/4. Il y participe à la bataille de France lors de laquelle il obtient ses deux seules victoires. Après la défaite française et l'armistice, Rozanoff reste dans l'Armée de l'air. Après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord en novembre 1942, il prend le commandement du Groupe de Chasse II/5 La Fayette, équipé de Curtiss P-40, et combat en Tunisie. Il devient ensuite adjoint au directeur des écoles de pilotage d'Afrique du Nord, puis commandant du GC II/3 en juillet 1943. En décembre de cette même année, il retourne à sa vocation de technicien via une série de cours et de stages en Grande-Bretagne et aux États-Unis, où il se trouve à l'arrêt des hostilités. Il devient par là l'un des premiers Français à piloter un avion à réaction. Fin 1945, Rozanoff est muté comme directeur du centre d'essais de la Base aérienne 118 Mont-de-Marsan, avec le grade de colonel, puis quitte l'armée en octobre 1946.

Rozanoff entre alors immédiatement chez le constructeur privé Dassault comme directeur des essais en vol. À ce titre, il assurera la mise au point des premiers chasseurs à réaction français de grande série, l'Ouragan puis la série des Dassault Mystère. En 1953, aux commandes d'un Mystère IV B, il est le premier pilote français à franchir le mur du son en vol horizontal sur un avion de conception nationale, en avance sur l'industrie britannique et avec quelques mois de retard seulement sur le F-100 Super Sabre américain.

La tombe de Rozanoff à Passy, avec une croix en forme de chasseur à réaction.

Kostia Rozanoff trouve la mort aux commandes de ce même Mystère IV B 01 le 3 avril 1954 au cours d'une démonstration devant un parterre d'officiels français et britanniques au centre d'essais en vol de Melun-Villaroche. Lors d'une tentative de passage du mur du son à 30 mètres d'altitude, une défaillance électrique sur la connexion de la profondeur provoque le piqué brutal de l'avion qui s'écrase en moins de deux secondes, sans laisser la moindre chance à son pilote.

Postérité[modifier | modifier le code]

Rozanoff a publié ses mémoires, avec l'aide de Marcel Jullian qui a rédigé une postface au manuscrit inachevé de l'auteur, sous le titre Double Bang aux éditions Amiot Dumont. Ce livre est également paru sous le titre Pilote d'essai dans la collection Bibliothèque verte pour adolescents.

La Base aérienne 118 de Mont-de-Marsan porte son nom et s'appelle « Base aérienne 118 Colonel Rozanoff ».

La rue du Colonel-Rozanoff porte son nom depuis 1972 dans le 12e arrondissement de Paris.

Il a été élu en 2011 parrain de la Promotion 2014 de l'École centrale Paris, qui porte désormais son nom.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]