Constantin Kanaris

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Konstantínos Kanáris
Κωνσταντίνος Κανάρης
Constantin Kanaris
Constantin Kanaris
Fonctions
10e Premier ministre grec
15 septembre 184311 mars 1844
(&&&&&&&&&&&&01785 mois et 26 jours)
Monarque Othon Ier
Prédécesseur Andréas Metaxás
Successeur Aléxandros Mavrokordátos
Biographie
Nom de naissance Konstantínos Kanáris
Date de naissance 1793 ou 1795
Lieu de naissance Psara (Empire ottoman)
Date de décès 2 septembre 1877
Lieu de décès Drapeau de la Grèce Athènes (Grèce)
Nationalité Grecque
Parti politique parti russe
Conjoint Déspoina Maniátis
Enfant(s) Nikólaos Kanáris
Themistoklís Kanáris
Miltiádis Kanáris
Lykoúrgos Kanáris
María Kanári
Aristídis Kanáris
Thrasývoulos Kanáris
Profession Amiral
Homme politique
Religion Christianisme orthodoxe (Église de Grèce)

Constantin Kanaris
Premiers ministres grecs

Konstantínos Kanáris (ou Constantin Canaris, en grec : Κωνσταντίνος Κανάρης) (1793 ou 1795 à Psara2 septembre 1877) était un marin grec qui s'illustra comme brûlotier au cours de la guerre d'indépendance. Il devint par la suite homme politique et amiral, et fut plusieurs fois premier ministre.

Il est décrit par le capitaine Clotz comme de petite taille, l'œil vif et perçant, l'air mélancolique[1].

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Buste de Constantin Kanaris par le sculpteur David d'Angers (1852). Exposé dans la Galerie David d'Angers.

Il naquit sur l'île de Psara en mer Égée. Son année de naissance exacte est inconnue. Les actes officiels de la Marine grecque donnent 1795 mais les historiens contemporains considèrent 1793 comme plus vraisemblable.

Konstantínos devint orphelin très jeune. Il choisit de faire carrière dans la marine, comme la plupart des membres de sa famille depuis le XVIIIe siècle. Il commença sous les ordres de son oncle Dimitris Bourekas. Avec le temps, il gagna en influence dans la bonne société de l'île.

En 1817, il épousa Déspoina Maniátis, elle-même membre d'une des plus riches familles de l'île. Ils eurent sept enfants en tout :

  • Nikólaos Kanaris (1818-1848)
  • Themistoklís Kanáris (1819-1851)
  • Miltiádis Kanáris (1822-1899), amiral, député au Parlement grec, et ministre
  • Lykoúrgos Kanáris (1826-1865), avocat
  • María Kanári (1828-1847)
  • Aristídis Kanáris (1831-1863), officier de marine
  • Thrasývoulos Kanáris (1834-1898), amiral

En 1825, il envoya son fils Themistoklís à Paris, pour qu'il étudie sous l'égide du Comité philhellène : « Ces personnes recommandables te donneront une éducation qui rend véritablement homme », écrivait-il à son fils, dans une lettre que cite Chateaubriand dans ses Mémoires d'Outre-tombe[2].

Guerre d'indépendance[modifier | modifier le code]

Il participa à la Guerre d'indépendance grecque dès son début en 1821. Il y gagna sa renommée, en tant que capitaine de brûlot, parvenant à plusieurs reprises à détruire d'importants vaisseaux ennemis et ainsi à assurer plusieurs victoires et à intimider la flotte ottomane. Il fut à plusieurs reprises le seul capitaine à accepter d'attaquer l'ennemi[3].

Le 18 juin 1822, à Chios, il détruisit avec son brûlot le navire-amiral ottoman, tuant le capitan pacha Kara Ali.

Le 9 novembre 1822, il participa à une nouvelle attaque de la flotte ottomane, relâchée à Ténédos après une tempête. A sept heures du soir, deux brûlots portant les couleurs turques, dont l'un monté par Kanáris, prirent la mer depuis Psara, par un temps orageux, accompagnés de deux bricks de guerre faisant semblant de les pourchasser. Trompés, les Turcs laissèrent les brûlots s'approcher, les ayant pris pour des navires alliés ; les navires grecs se dirigèrent alors vers le navire amiral et un autre vaisseau de ligne. Kanaris, ayant remarqué depuis le canot sur lequel il s'était échappé que son brûlot n'était pas correctement embrasé, retourna sur celui-ci pour y remédier. Le navire-amiral ottoman échappa de justesse à la destruction, mais le second navire explosa avec son équipage d'environ 1600 hommes. La flotte ottomane se réfugia ensuite dans les Dardanelles. Selon le philhellène Gordon, Kanáris aurait été à lui seul responsable de la mort de 3000 ennemis au cours de la campagne de 1822[4].

Il échappa à la destruction de son île en juillet 1824, et s'illustra à nouveau dans les combats qui s'ensuivirent durant l'été. Le 10 août 1825, il tenta sans succès de détruire la flotte égyptienne en s'introduisant dans le port d'Alexandrie.

Après l'indépendance[modifier | modifier le code]

Constantin Kanaris

Membre du « Parti russe », il fut l'un des soutiens de Ioánnis Kapodístrias, gouverneur de la Grèce à partir de 1828, et occupa alors des fonctions importantes dans la nouvelle flotte grecque ; au cours de l'été 1831, il affronta ainsi ses anciens collègues d'Hydra révoltés contre le gouvernement. À la mort de Kapodístrias en octobre, il dut s'exiler à Syros, mais fut rappelé par le roi Othon et obtint le grade d’amiral. Il fut Premier ministre de Grèce à six reprises.

Après sa mort, il fut enterré à Athènes. On lui fit des funérailles de héros national.

Place dans l'historiographie[modifier | modifier le code]

Urne contenant le cœur de Kanáris, au Musée historique national d'Athènes

Il fait partie des figures les plus populaires de la guerre d'indépendance, à la fois auprès des Grecs et des Occidentaux ; il est ainsi évoqué dans au moins deux poèmes[5] des Orientales de Victor Hugo. Ainsi que dans Les Chants du crépuscule .

On le considère comme un lointain ancêtre de Wilhelm Canaris, chef de l'Abwehr allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, mais les liens généalogiques exacts sont incertains.

Source partielle[modifier | modifier le code]

« Constantin Kanaris », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition], d'après François Pouqueville, Histoire de la régénération de la Grèce.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Constantin Kanaris », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]
  2. Mémoires d'Outre-tombe, livre XXVIII, chap. 9.
  3. Il aurait répondu à un capitaine anglais qui voulait savoir de lui comment les Grecs préparaient leurs brûlots pour en obtenir de pareils résultats : « Comme vous le faites, commandant ; mais nous avons un secret que nous tenons caché ici, dit Kanaris en montrant son cœur, l'amour de la patrie nous l'a fait trouver. » (Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850)
  4. Gordon, History of the Greek Revolution, T1, p 469-470
  5. Canaris (lire en ligne) et Les têtes du sérail (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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