Constantin II d'Écosse

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Constantin II d'Écosse (gaélique: Constantín mac Áeda) († 952). est roi d'Écosse de 900 à 942 ou 943. Il est le fils du roi Aed, cousin germain de son prédécesseur le roi Donald et cousin de son successeur Malcom Ier, à qui il laissa son royaume en abdiquant pour devenir moine. Le règne de Constantin II est le second plus long règne de l'histoire d'Écosse.

Origine[modifier | modifier le code]

Constantin II ou Causantín mac Aeda est le fils du roi Aed Ier († 878). La thèse que le roi Domnall de Strathclyde soit son frère a été avancée[1], mais selon les travaux récents des historiens Dauvit Broun et Alex Woolf[2], il s'agit d'une simple mauvaise lecture d'une source irlandaise concernant en fait l'obit de Domnall mac Áeda, roi des Uí Néill du nord. Constantin II succède comme roi à son cousin Donald II[3].

Règne[modifier | modifier le code]

Portrait fictif de Constantin II

Lutte contre les Vikings[modifier | modifier le code]

Le règne de Constantin II représente également un tournant important dans la lutte du royaume pour sa survie, contre les agressions des Vikings[3]. En 903, dans la troisième année de son règne, les Uí Ímair c'est-à-dire les petits-fils d' Ímar, pillent encore Dunkeld et « toute Alba »[4] mais en 904 Constantin II les rencontre dans une bataille à la localisation inconnue en Strathearn, dans l'actuel Perthshire[3], il les défait pendant que Ímar Uí Ímair, l'ex roi de Dublin est tué par les « Hommes Fortriú »[5]. Cette victoire est si totale que l'on n'enregistre plus dans les chroniques d'invasions scandinaves pendant un demi siècle[3].

Dans la décennie 910 Constantin prend l'offensive et appuie les Berniciens contre Ragnall Uí Ímair, roi du royaume viking d'York[3] le conflit culmine lors de la grande mais indécise bataille, connue dans l'historiographie moderne sous le nom de bataille de Corbridge[6] livrée en 918 sans doute probablement sur la rivière Tyne dans le Lothian[7].

Lutte contre le Wessex[modifier | modifier le code]

Cependant l'émergence de la puissance des rois de Wessex, modifie l'équilibre des forces en Grande-Bretagne[3]. En 920 aux côtés d'autres « rois du nord » Constantin II fait la paix avec Édouard l'Ancien, mais il s'allie ensuite avec le roi de Dublin, en mariant sa fille à Olaf Gothfrithson, le fils d'Gothfrith Uí Ímair[3]. Après la mort d'Édouard de Wessex, Constantin confirme les accords de paix avec son successeur, Æthelstan, en 927; lors d'une nouvelle rencontre avec les souverains du nord à cette occasion Æthelstan devient peut-être le parrain de son fils Indulf[8]

En 934, Constantin II renouvelle son alliance avec le royaume de Dublin contre Æthelstan, Siméon de Durham relève que cette année-là que Constantin II roi d'Écosse est vaincu avec Owen de Strathclyde, lors de la grande expédition menée en Écosse le roi Athelstan d'Angleterre jusqu'à Dunnottar et aux collines du Fortriú par ses forces terrestres et jusqu'au Caithness par sa flotte[9].

La montée en puissance du royaume de Wessex conduit les royaumes du nord de la Grande-Bretagne à s'allier malgré leurs différends. Quand Olaf, le gendre de Constantin devient roi de Dublin, il joint ses forces avec celles de son beau-père et du roi de Dumbarton et envahit l'Angleterre. La coalition est écrasée en 937 lors de la sanglante Bataille de Brunanburh qui voit la victoire du roi Athelstan et de son demi-frère Edmond sur les armées combinées d'Olaf Gothfrithson, le roi viking de Dublin, de Constantin II d'Écosse et d'Owen Ier de Strathclyde[10].

Réorganisation du royaume[modifier | modifier le code]

En 905906 il conclut un accord sur la « Colline de la croyance » près de la « cité royale » de Scone avec l'évêque Cellach « Epscop Alban »[11] , probablement le premier « chef des évêques d'Écosse »[12], dans lequel Constantin II s'appuie sur l'église dans sa tentative de restaurer l'ordre social selon les « coutumes des gaëls » notamment par la création de « comtés » afin de réorganiser le territoire après plus de soixante ans d'invasions scandinaves répétées qui avaient aggravé l'instabilité politique depuis l’avènement de Donald II d'Écosse [13]

Il est possible que Constantin II soit ainsi le véritable initiateur de l'établissement de Saint Andrews comme principal évêché d'Écosse. Il en est de même pour la création du titre de « Mormaer » qui est constaté pour la première fois sous son règne et qui en quelque sorte semble lié à son initiative, Dans ce contexte on peut considérer que Constantin II est le premier véritable « roi d’Écosse » et qu'il lègue au royaume les fondements de ses structures politiques et ecclésiastiques pour les cinq siècles suivants[3].

Fin de règne[modifier | modifier le code]

La défaite de Brunanburh affaiblit Constantin II et le royaume lui-même. Peu de temps après entre 940 et 945 en 943 selon Alex Woolf il abandonne le royaume à son cousin, Malcolm, le fils de Donald II, et « dans son grand âge étant décrépi », il se retire à Saint Andrews, où il serait devenu abbé de la Céli Dé avant d'y mourir en 952[14] et d'y être inhumé[15]

Postérité[modifier | modifier le code]

Constantin s'est marié à un moment dans sa vie mais on ne sait rien de ce mariage excepté qu'en sont issus trois enfants[16]:

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Alfred P. Smyth, Warlords and Holy Men: Scotland AD 80–1000. Edinburgh UP, Edinburgh, 1984. (ISBN 0-7486-0100-7) p. 221.
  2. (en) Alex Woolf From Pictland to Alba 789~1070 The New Edinburgh History of Scotland. Edinburgh University Press, Edinburgh (2007) (ISBN 9780748612345)
  3. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Dauvit Broun « Constantine II [Causantín mac Aeda] (d. 952),  », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  4. Chronique des Rois d'Alba
  5. Annales d'Ulster: AU 904.4
  6. Alfred P. Smyth op.cit p. 259 estime même qu'il y a eu en fait deux batailles de Corbridge. Une première en 914 ou Ragnall est victorieux des Scots et des Berniciens et une seconde en 918
  7. Annales d'Ulster: AU 918.4
  8. (en) Alex Woolf op.cit p. 151 & 192-193.
  9. (en) Alex Woolf op.cit p. 161.
  10. Siméon de Durham, Historia Regnum & Historia Dunelmensis Ecclesiae, Seeleys 1875 dans The Historical Works of Simeon de Durham , Vol. IIII, Part II , p. 503 & 669
  11. (en) William Forbes Skene Celtic Scotland Volume II: « Church and Culture ». David Douglas (Edinburgh 1877) Reprint par Forgotten Book Classic Reprint Series (ISBN 978-144008274-0) p. 323
  12. Cellach est l'un des quatre évêques nommés par la Chronique des Rois et le premier de la liste des évêques de Scone préservée dans la Chronique d'Andrew Wyntoun du XIVe siècle
  13. (en) Alex Woolf op.citp. 134-138.
  14. Annales d'Ulster AU 952.1
  15. (en) Alex Woolf p. 175
  16. (en) Alfred P. Smyth op.cit p. 221
  17. Annales de Clonmacnoise AD 931 (recte 937) Éditées par Rev. Denis Murphy. University Press (Dublin 1896) p. 151-152
  18. Chronique anglo-saxonne: AD 937

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Dauvit Broun « Constantine II [Causantín mac Aeda] (d. 952),  », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  • (en) Alfred P. Smyth, Warlords and Holy Men: Scotland AD 80–1000. Edinburgh UP, Edinburgh, 1984. (ISBN 0-7486-0100-7)
  • (en) Alex Woolf From Pictland to Alba 789~1070 The New Edinburgh History of Scotland. Edinburgh University Press, Edinburgh (2007) (ISBN 9780748612345)
  • (en) Marjorie Ogilvie Anderson Kings and Kingship in Early Scotland 3e réédition par John Donald Birlinn Ltd, Edinburgh (2011) (ISBN 9781906566302)

Liens externes[modifier | modifier le code]