Constance Markievicz

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Constance Georgine Markievicz
Image illustrative de l'article Constance Markievicz
Fonctions
Membre du Parlement
pour Dublin Saint-Patrick
19181922
Teachta Dála
pour Dublin Saint-Patrick
Décembre 1918Mai 1921
Teachta Dála
pour Dublin sud
Mai 1921Juin 1922
Août 1923Juillet 1927
Ministre irlandaise du Travail
Avril 1919Janvier 1922
Biographie
Nom de naissance Constance Georgine Gore-Booth
Date de naissance
Lieu de naissance Londres, Angleterre
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni
Date de décès (à 59 ans)
Lieu de décès Dublin, Leinster
Drapeau de l’Irlande Irlande
Nationalité Irlandaise
Parti politique Sinn Féin
Fianna Fáil
Religion Église d'Irlande
Église catholique romaine
Portrait de la comtesse Constance Markievicz par John Butler Yeats.

La comtesse Constance Markievicz ( - ), parfois surnommée la comtesse rouge en raison de ses convictions socialistes, est une nationaliste et révolutionnaire irlandaise. D'origine aristocratique, rien ne la prédestinait à prendre la défense des plus pauvres, et les armes pour la cause irlandaise. Avec Maud Gonne, elle est une des femmes les plus admirées d'Irlande.

Les jeunes années[modifier | modifier le code]

Constance Markievicz est née le , à Lissadel dans le comté de Sligo (Connaught – nord-ouest de l'Irlande). Elle est la troisième enfant de Sir Henry Gore-Booth, et sa vie semble devoir se dérouler dans l'aisance. Durant la grande famine des années 1879 et 1880, son père pourvoit au ravitaillement de ses employés. Il semble que cette attitude soit à l'origine de sa préoccupation pour les plus défavorisés et de ses engagements ultérieurs.

En 1893, elle déménage à Londres pour étudier le dessin et la peinture à la Slade School of Art. C'est à cette époque qu'elle milite auprès de la National Union of Women's Suffrage Societies (NUWSS), un mouvement qui milite pour le droit de vote des femmes. Quelques années plus tard, elle s'installe à Paris pour poursuivre ses études artistiques à la très réputée Académie Julian qui accueillait aussi bien des peintres professionnels que des amateurs venus du monde entier. Pendant ce séjour en France, elle rencontre et épouse un comte polonais, Casimir Markievicz.

La lutte à Dublin[modifier | modifier le code]

De retour en Irlande, elle s'installe à Dublin, où elle devient réputée pour ses peintures de paysages. En 1903, elle joue dans plusieurs pièces à l’Abbey Theatre, où elle fait la connaissance d'une autre comédienne, Maud Gonne ; les deux femmes vont se retrouver sur de nombreux points dont le féminisme, le socialisme et la lutte pour l'indépendance de l'île. Elle adhère au « Inghinidhe na hEireann » (les Femmes d'Erin), mouvement créé en 1900 par Gonne, et fréquente la Ligue gaélique.

En 1908 elle rejoint le Sinn Féin, fondé le par Arthur Griffith. Ce parti politique, dont le nom en gaélique signifie « nous-mêmes », prône l'abstention de toute collaboration politique avec l'administration britannique et une résistance non-violente. L'année suivante, elle crée la section jeunesse de l'Irish Republican Brotherhood (IRB) : NaFianna Eireann [1]. En 1911, elle est arrêtée en compagnie d'Helena Moloney, une autre comédienne de l'Abbey Theatre, pour avoir manifesté contre la venue du roi George V en Irlande. Puis elle se joint a Maud Gonne, James Connolly et James Larkin dans la lutte pour contraindre les autorités à étendre la loi de 1906 sur les repas scolaires à l'Irlande. En 1913, elle participe au programme d'alimentation pour les enfants pauvres de Dublin et à l'organisation d’une cantine dans le « Liberty Hall » pendant le lock-out des ouvriers syndiqués. Cette même année, elle devient trésorière de l'Irish Citizen Army (ICA).

Pendant l'insurrection de Pâques 1916 à Dublin, elle est commandant en second de l'Irish Citizen Army (ICA) et dirige la brigade féminine. Au début, elle parcourt les rues de la ville pour distribuer des médicaments aux postes de combattants. Puis, avec quatorze autres femmes, elle décide de prendre les armes. Elle est la seule femme officier en uniforme et participe aux combats comme sniper au jardin public de St Stephen's Green.

Arrêtée, elle est internée à la prison d'Aylesbury en Angleterre, puis à Kilmainham, où elle peut entendre les exécutions des seize dirigeants de l'insurrection. Elle-même est accusée de haute trahison et condamnée à mort par la cour martiale britannique, peine commuée en détention à perpétuité, la peine de mort n'étant pas appliquée aux femmes.

Parlementaire et ministre[modifier | modifier le code]

Après l’amnistie générale de 1917, Constance Markievicz est libérée au mois de juin. Son retour en Irlande prend l’allure d'un véritable triomphe. Rare survivante combattante de l’insurrection, les Irlandais la considèrent comme l’héroïne de leur pays ; elle intègre la direction du Sinn Féin. Son incarcération va lui donner un autre motif de combat : l’amélioration des conditions de détention des prisonniers politiques.

En 1918, elle est de nouveau arrêtée et emprisonnée pour six mois à Holloway Prison, à Londres, de même que Maud Gonne. Cet emprisonnement est motivé par son combat contre la conscription des Irlandais et leur incorporation dans l’armée britannique. C’est pendant cette incarcération qu’elle est élue députée du Sinn Féin à la Chambre des communes, profitant de la ratification du Qualification of Women Act (accession des femmes aux élections). Elle s’était présentée aux élections générales pour le Sinn Féin dans le quartier Saint-Patrick, à Dublin.

Constance Markievicz devient ainsi la première femme élue au Parlement britannique, bien qu'elle n'y siège jamais[2]. En effet, les élus irlandais refusent de siéger à Westminster et rejoignent le Dáil Éirann (parlement) à Dublin. Le , elle est ministre du Travail, dans le gouvernement révolutionnaire de Éamon de Valera. En 1922, hostile au Traité de paix du entre l’Irlande et la Grande-Bretagne, qui consacre la partition de l’île, elle démissionne de son poste et part aux États-Unis pour promouvoir la cause de l’indépendance et récolter des fonds. Pendant la guerre civile (mai 1922 - juin 1923), elle reprend les armes, puis, réélue au Parlement, elle adhère au Fianna Fáil au moment de sa création.

Elle décède le à l’hôpital Patrick Dunn à Dublin, des suites d'un cancer ou de la tuberculose. Les Irlandais vont s’incliner devant sa dépouille pendant quarante-huit heures ; elle est inhumée au cimetière de Glasnevin, à Dublin, non loin de Maud Gonne, Daniel O'Connell, Charles Stewart Parnell, James Larkin, Michael Collins et d’autres.

Note[modifier | modifier le code]

  1. Un mouvement de jeunes, portant le même nom, avait déjà été créé le , par Bulmer Hobson, mais n'avait pas de connotation paramilitaire. C'était un mouvement scout, intéressé par l'Histoire de l'Irlande et sa langue ; il disparut en 1908. Constance Markievicz créa initialement la section jeunesse de l'IRB, sous le nom de Red Branch Knights puis, après une rencontre avec Hobson, reprit le nom de NaFianna Eireann.
  2. (en) « Archives – The First Women MPs », sur parliament.uk (consulté le 5 avril 2014).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]