Conservatoire royal de Mons

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Le Conservatoire royal de Mons (Belgique) est une des dix-sept écoles supérieures des arts de la Communauté française Wallonie-Bruxelles, située en plein cœur de Mons. Depuis le 1er janvier 2012, le Conservatoire royal de Mons fait partie de la nouvelle École Supérieure des Arts : Arts² [1]

Le Conservatoire forme des artistes interprètes et créateurs dans deux domaines : le domaine de la musique et le domaine du théâtre et des arts de la parole.

Historique[modifier | modifier le code]

Projet pédagogique[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

Le Conservatoire royal de Mons est dirigé par Michel Stockhem.

Domaine du théâtre/Option théâtre[modifier | modifier le code]

Le programme pédagogique de l'option vise la formation de l'acteur. Il coordonne pour ce faire un ensemble de cours dits de base et de cours dits généraux autour du cours d'art dramatique, qui constitue le centre de la formation. Conformément au programme pédagogique de l'école, les cours s'organisent selon une double logique de processus (cours réguliers tout au long de l'année) et d'événements (périodes resserrées de travail intensif sur des exercices d'application).

Le cours d'art dramatique[modifier | modifier le code]

L’option propose deux modes d'approche différents de la formation de base (Programme du Baccalauréat) L'un est organisé et coordonné par Bernard Cogniaux, l'autre par Frédéric Dussenne. À partir de Bac 3, des projets réunissent des étudiants des deux classes en mélangeant les années. Afin, toutefois, de préserver la cohérence de l'ensemble du cycle de formation, et de boucler la boucle, les étudiants retrouvent leur équipe pédagogique de base en fin de Bac 3 et leur classe en fin de master 1. Le projet de sortie est toujours pris en charge par un intervenant extérieur à l’équipe de base.

Classe de Frédéric Dussenne[modifier | modifier le code]

Thierry Lefèvre, Yasmine Lassaal, Frédéric Dussenne, Manuela Sanchez, Bernard Clair, Michael Delaunoy.

La proposition pédagogique de la classe n'a pas pour point de départ la construction psychologique du personnage. L'apparition du rôle est envisagée comme la résultante de la confrontation de trois paramètres : la langue, le corps et l'espace. Ils sont abordés dans cet ordre chronologique. La mise en jeu de la langue exerce une action sur le corps qui développe alors une proposition dans l'espace. Le rôle est d'abord "dit", respiré, mis en jeu et ensuite seulement, par un processus de "compassion imaginaire", éprouvé, "vécu" dans le corps par l'acteur et le spectateur. Il est né de l'action poétique (sonore et vibratoire) du texte sur le corps et d'une culture systématique de la rupture (tension-décontraction, corps-voix, épique-dramatique). Ces trois paramètres (la langue, le corps et l'espace) correspondent aux trois composantes de la représentation : le texte, l'acteur et la mise en scène. Ils renvoient également aux trois pôles fondamentaux de la formation dispensée dans les cours dits "de base", à savoir : la voix (et tout ce qui concerne la profération du son), le corps, et le mouvement. Le travail débute par un laboratoire d'improvisation pure et aboutit à la prise en charge de formes de plus en plus élaborées, et donc mises en scène.

Le travail de Bac 1 est pris en charge par Thierry Lefèvre, assisté de Ysamine Laassal. Il débute par un travail sur la langue avec, pour matériau de base, le vers classique français. Il se poursuit au deuxième trimestre par un projet qui permet de développer l'action physique dans l'espace. La priorité est donnée à l'écoute et à la sensation. Aucune forme n'est figée. Le travail repose essentiellement sur l'improvisation. Parallèlement, un travail sur le texte non dramatique (déclamation) est pris en charge par Yasmine Laassal.

L'objectif du premier semestre de Bac 2 - pris en charge, dans la continuité de la première année, par Frédéric Dussenne - est la formulation, par l'étudiant, d'une proposition de jeu reproductible. Nous demandons aux étudiants de travailler à partir de ce qu’ils ont compris de la langue, du corps et de l'espace, et de le mettre au service d'une première proposition formelle. Le travail dans la classe consiste à analyser les improvisations (sur la langue, le corps et l'espace) avec les étudiants - qui se trouvent alternativement dans la position d'actant et dans celle d'observateur - afin d'en dégager des éléments de construction qui permettront une "deuxième fois". Cet exercice permet d’aborder la dualité du travail de l’acteur qui doit intégrer une dimension intime (avec le partenaire) et une dimension publique (avec le spectateur). Le travail se focalise prioritairement sur le « comment faire » de l’acteur. L’œuvre abordée compte ici moins en elle-même que les prises de conscience individuelles qu’elle va générer. Il s’agit en général d’une langue puissante et qui implique un engagement physique très grand. Ce travail prépare aux futures confrontations avec les exigences esthétiques de la mise en scène. Parallèlement, un travail sur le texte non dramatique(Déclamation) est pris en charge par Manuela Sanchez.

Au milieu de la seconde année, les étudiants abordent la marionnette. Ce travail essentiel, dirigé par Bernard Clair, permet d’affiner la prise de conscience de la mécanique du jeu. L’objet/marionnette est, par essence, inerte, mort. Le processus par lequel il se transforme en partenaire « vivant » qui dialogue avec son « manipulateur » met en lumière, bien mieux qu’un long discours, la dualité structurelle de l’acteur. Outre l’intérêt que représente pour l’étudiant la maîtrise de cette technique particulière, cet atelier est envisagé comme un prolongement de la formation de base en art dramatique. La manipulation de l’objet permet à l’acteur de prendre conscience du fait qu’il est à la fois ce qui « agit » et ce qui « est agi ».

Au même moment, les étudiants entreprennent avec un intervenant extérieur un projet qui va s’étaler sur deux ans et qui concerne ce que nous avons appelé l’écriture d’acteur. Il s’agit de proposer aux étudiants de dépasser le statut d’interprète et d’écrire ou de concevoir une pièce, un film ou un spectacle de création qui sera produite en B3.

Le dernier atelier de Bac 2 est centré sur la dramaturgie, dans l’acception germanique du terme : étude du contexte historique, socio-culturel, artistique dans lequel l’œuvre abordée a été écrite et relation – si l’œuvre n’est pas strictement contemporaine – avec le contexte actuel ; rapport de l’œuvre travaillée avec les autres œuvres de l’auteur abordé ; analyse formelle de l’œuvre et de ses enjeux esthétiques et idéologiques, rapport entre ces enjeux et les enjeux contemporains etc. Cette approche dramaturgique est bien entendu abordée parallèlement dans le cadre de cours théoriques comme l’histoire du théâtre et de la littérature, mais au sein de cet atelier, cette approche et cette réflexion s’inscrivent dans une perspective scénique. Il ne s’agit pas d’appliquer mécaniquement sur le plateau des réflexions abstraites, mais de façon plus complexe et plus dialectique de faire prendre conscience à l’élève que la pensée peut être génératrice de jeu et le jeu générateur de pensée, de sens, à condition de ne jamais renoncer à une approche concrète du jeu et à une intelligence sensible. L’espace est lui aussi travaillé en relation avec l’approche dramaturgique. Alors que l’élève a jusque-là travaillé pour l’essentiel dans un espace vide et sans costume, il introduit une réflexion sur l’importance des choix scénographiques. Le rapport aux objets, aux accessoires est également abordé dans le cadre de cet atelier. L’œuvre travaillée est sinon contemporaine, du moins moderne : Lars Norén, Jon Fosse, Werner Schwab, Arthur Adamov, ou, plus récemment Hanokh Levin comptent parmi les auteurs abordés dans le cadre de cet atelier. L’œuvre est en tous les cas choisie en fonction de l’objectif premier que se fixe cet atelier charnière : mettre à la disposition de l’élève une série d’ « outils » qui lui serviront à mieux rencontrer les exigences et les attentes des intervenants extérieurs. En Bac 3 et M 1, ce sont en effet pour l’essentiel des metteurs en scène choisis en raison de la singularité et de la modernité de leurs démarches que les élèves seront amenés à rencontrer. Cet atelier est dirigé par Michael Delaunoy.

On ne peut envisager sérieusement, aujourd’hui, la formation de l’acteur sans un passage obligé par la danse. C’est pourquoi est organisé chaque année, pour les B3 et M1 des deux classes, un atelier de création chorégraphique.

Trois éléments doivent être pris en compte dans l’évaluation des étudiants : la prise en charge des éléments de la grammaire proposée, leurs capacités d'improvisation et leur intégration de ces différentes données dans l'exercice d'application.

Tronc commun[modifier | modifier le code]

L'objectif final de la formation est de donner « le dernier mot » au jeune artiste, en lui permettant de découvrir sa « manière d'être », sa singularité d'interprète et de créateur, en le préparant peu à peu à son entrée dans la vie professionnelle. Il est indispensable pour nous, au-delà du travail de base proposé dans la première partie de la formation, de provoquer, en B3 et M1, des rencontres « chocs », resserrées dans le temps, avec de grands professionnels de la scène qui bouleversent, avec leurs exigences esthétiques de mise en scène singulières et alternatives, les « certitudes » acquises. Ils portent des projets qui mélangent les étudiants des deux classes.

Le choix des intervenants tiendra compte de la singularité du parcours artistique personnel des étudiants, de la dimension interdisciplinaire – danse, musique, arts plastiques… - qui caractérise aujourd'hui les nouvelles pratiques scéniques et de l’actualité de la création dans les arts de la scène.

Nous avons pu accueillir, au cours des six dernières années, Lorent Wanson, Philippe Sireuil, Pascal Crochet, Pietro Pizzuti, Vincent Goethaels, Dirck Opstaele, Joachim Lafosse, Ingrid Von Wantoch Reyckoxski, Georges Lini, François Abou Salem, Marc Liebens, Peggy Thomas, Carmen Blanco Principal, José Besprosvany, Selma Alaoui, Antoine Laubin, Edith Depaule, Anne Thuot, Laurent Flament ... Cet éclectisme est le reflet de nos objectifs pédagogiques.

On l’aura compris, ces projets sont essentiellement portés par des intervenants ponctuels, extérieurs à l’équipe de base, sous le statut de conférencier. Afin cependant d'assurer une continuité avec les candidatures, Frédéric Dussenne prend en charge le dernier exercice de B3. Il s’agit de la création d’un spectacle à partir d’un matériau à priori non théâtral – Roman, poème, manifeste, thème … - et qui implique la mise en œuvre de différentes disciplines artistiques. Musique, mouvement, jeu, arts plastiques, vidéo… Il s’agit au fond de faire le bilan des disciplines abordées au cours du premier cycle dans un exercice exigeant des étudiants plus que leurs seules qualités d’interprètes.

Afin de faciliter le mélange des classes de Bernard Cogniaux et Frédéric Dussenne en B3 et M1, Julien Roy – qui participe à la formation de base dans la classe de Bernard Cogniaux – dirigent tous un exercice « mixte » dans la seconde partie du cycle de formation.

Outre l’évaluation interne du travail fourni par les étudiants, un jury extérieur est invité à évaluer les exercices de fin de B3 et M1.

Les modes d'évaluation visent l'évolution personnelle de l'étudiant. Il s'agit d'analyser une progression, pas une performance. Deux à trois classes ouvertes sont organisées au cours de l'année afin de faire le bilan du travail de chacun. Une évaluation plus "publique", intégrant des professionnels étrangers à l'équipe pédagogique, fin Bac 3 et fin M1.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]