Conservatoire botanique national de Bailleul

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A disposition des chercheurs, le CBNBl abrite l'une des bibliothèques francophones les plus complètes en matière de botanique et phytosociologie, et de nombreux herbiers, cartes, archives, etc.
La conservation de semences de plantes menacées est une des missions des Conservatoires botaniques nationaux

Le conservatoire botanique national de Bailleul (CBNBl) est l’un des 11 conservatoires botaniques nationaux de France. C’est un centre de ressources dans le domaine de la botanique, créé en 1975 au Hameau de Haendries à Bailleul, en région Nord-Pas-de-Calais, à l'initiative du professeur Jean-Marie Géhu et de son équipe, avec le soutien de collectivités locales et régionales, sous la forme d’une association loi 1901, à partir du « Centre régional de Phytosociologie » (ou CRP), structure qui l'a précédé. Sa base de données nommée Digitale va de 1850 à nos jours, mais la bibliothèque contient des ouvrages plus anciens.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Centre régional de Phytosociologie était un établissement consacré à l’étude et au sauvetage des espèces régionales menacées et au développement et rayonnement de la Phytosociologie fondamentale et appliquée, créé en 1987 par les Professeurs Jeanne Géhu-Franck et Jean-Marie Géhu dans une ancienne ferme flamande où ils s’étaient installés dans les années 1970.
Le CRP, association loi 1901 soutenue par le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, les Conseils Généraux du Nord et du Pas-de-Calais et la ville de Bailleul, est rapidement devenu une référence dans le monde francophone, en raison notamment de sa bibliothèque spécialisée.
Au sein du CRP, le "Centre de recherche phytosociologique et d'investigation systématique appliqué à la nature et à l'environnement" a été chargé de réaliser ou coordonner les inventaires ZNIEFF et fiches ZNIEFF pour le compte de la DRAE (devenue DIREN puis DREAL) ;
Le CRP a été agréé comme conservatoire national en 1991 par le ministère chargé de l'environnement, devenant ainsi l’un des grands établissements français chargés de la protection de la biodiversité végétale.
Il a fêté ses 20 ans en 2007
Il dispose d’un Conseil scientifique et peut s’appuyer sur un large réseau de correspondants (botanistes amateurs ou professionnels) et de 2 antennes ;

  • en Haute-Normandie ; au Jardin des plantes de Rouen (Service des espaces verts)
  • en Picardie, au Centre Oasis Dury (à Amiens)

"Centre de recherche phytosociologique et d'investigation systématique appliqué à la nature et à l'environnement", chargé des inventaires ZNIEFF pour le compte de la DRAE (devenue DIREN puis DREAL)

Aire de compétence[modifier | modifier le code]

Le CBNBl est compétent pour le quart nord-ouest du territoire français métropolitain, c’est-à-dire : (Nord-Pas-de-Calais, Picardie et Haute-Normandie)

Missions[modifier | modifier le code]

Comme les autres conservatoires botaniques nationaux, celui de Bailleul assure une quadruple mission

Connaissance[modifier | modifier le code]

Elle se fait par la conservation d’archives (Bibliothèque, herbiers, plantes et semences conservées in situ et ex-situ…) et par le recensement mis à jour de la flore sauvage des milieux naturels ou sub-naturels. Le conservatoire dresse des cartes de répartition géographique, et contribue à la cartographie des corridors biologiques. Le conservatoire met à jour les atlas floristiques et pour cela évalue la rareté et les menaces pour environ 1500 espèces de plantes supérieures (sur son territoire de compétence, en 2007).
Il produit aussi, avec les universités et chercheurs des études phytosociologiques et sur la génétique des plantes et de leurs populations, leur mode ou conditions de germination et pollinisation, la biologie des populations, les réseaux écologiques, la Trame verte régionale, les études d'impacts et l'évaluation des mesures compensatoires, etc..).

Conservation[modifier | modifier le code]

Le conservatoire contribue en premier rang à la protection, gestion et restauration de la biodiversité végétale (y compris diversité génétique), sur son aire de compétence, en lien avec les experts belges voisins et européens. Le Conservatoire établit avec l’état et en lien avec l’Europe des stratégies de conservation pour le patrimoine végétal sauvage. Cette mission est importante, en raison de l’industrialisation, urbanisation et agriculture particulièrement intensives dans cette région, une espèce disparaît tous les 2 ans en moyenne dans le territoire de compétence du conservatoire[1]. Il travaille aussi avec les conservatoires des sites et du littoral, l’ONF, le CRPF, etc. La conservation du patrimoine végétal agricole ne relève pas des missions directes du Le CBNBl, hormis pour quelques espèces ayant de proches parents sauvages (Carotte de Tilque par exemple). Le CBNBl peut néanmoins y travailler avec des partenaires tels que le BRG (Bureau des ressources génétiques) en France, ou le CRRG (Centre régional des ressources génétiques).

Conseil[modifier | modifier le code]

En s'appuyant sur sa connaissance des milieux et de la flore, il a aussi une mission d'expertise, d’aide et conseil auprès des collectivités territoriales, qui se traduit notamment par l'établissement et la mise à jour des listes rouges menacées, d'espèces protégées et des guides (ex : guide des plantes protégées de la région Nord-Pas-de-Calais, et de la région Picardie).

Publications[modifier | modifier le code]

  • Jean-Christophe Hauguel (coord.) et Benoît Toussaint (coord.), Inventaire de la flore vasculaire de la Picardie (Ptéridophytes et Spermatophytes) : raretés, protections, menaces et statuts., Amiens, Centre régional de phytosociologie agréé Conservatoire botanique national de Bailleul, Société Linnéenne Nord-Picardie,‎ novembre 2012, 4d éd., 132 p. (lire en ligne)
  • Benoît Toussaint (coord.), Inventaire de la flore vasculaire du Nord-Pas-de-Calais (Ptéridophytes et Spermatophytes) : raretés, protections, menaces et statuts., Centre régional de phytosociologie agréé Conservatoire botanique national de Bailleul, avec la collaboration du Collectif botanique du Nord-Pas-de-Calais,‎ décembre 2011, 4b éd., I-XX ; 1-62 p. (lire en ligne)

Information pédagogie[modifier | modifier le code]

Le CBNBl joue un rôle pédagogique important avec la sensibilisation du grand public aux menaces qui pèsent sur la biodiversité.
Des visites individuelles ou groupées du conservatoires, de ses jardins conservatoires, ou de milieux naturels, ainsi que des conférences et formation sont organisées par le conservatoire lui-même ou à la demande de tiers intéressés.

Outils et moyens[modifier | modifier le code]

Le CBNBl contribue à ces missions par l’entretien

  • d’une base de donnée (nommée « Digitale »)
  • d’une banque de semences,
  • d’un jardin botanique,
  • de collections d’herbiers et d'ouvrages scientifiques

Le CBNBl l a notamment aidé à la construction de la Trame verte régionale. Il a participé à de nombreuses expertises pour le ministère de l’Environnement, notamment concernant les ZNIEFF et Natura 2000. Il produit des diagnostics de végétation, produit ou valide des plans de gestion de réserves naturelles, des Plan de conservation d’espèces patrimoniales ou menacées (par ex de la Germandrée des Marais (teucrium scordium L.) pour la Région Nord-Pas-de-Calais.
Le CBNBl a accueilli de nombreux étudiants et chercheurs étrangers, botanistes et phytosociologues.
Il a accueilli ou coorganisé de nombreuses formations, colloques, séminaires, notamment sur le thème de la phytosociologie

Partenariats[modifier | modifier le code]

Le conservatoire est depuis sa création partenaire de très nombreux projets scientifiques ou portant sur l'évaluation environnementale et l'aménagement du territoire, incluant notamment des plans de gestion restauratoire, de réintroduction ou des plans de restauration, etc.
Ces projets sont locaux, régionaux et souvent internationaux (via les programmes Interreg notamment avec le Kent, région située de l'autre côté du pas de Calais).

Les milieux et les espèces en culture au conservatoire[modifier | modifier le code]

Le jardin du conservatoire a une vocation pédagogique. Les plantes cultivées en extérieur sont regroupées par familles et milieux. Des espèces rares et en danger y sont présentées ainsi que les milieux qui les accueillent. On y trouve également des plantes particulièrement liées à l'homme comme les adventices des cultures[1]. Les espèces cultivées sont toutes des espèces qui sont présentent sur l'aire de compétence du conservatoire.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Site du Conservatoire

Liens externes[modifier | modifier le code]

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