Conservatisme one-nation

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Benjamin Disraeli, considéré comme le fondateur du conservatisme one-nation.

Le conservatisme de type one-nation (One-nation conservatism, également appelé démocratie Tory), est une forme de conservatisme politique ayant une vision organique (en) de la société et prônant le paternalisme et le pragmatisme. L'expression "One-nation Tory" a été popularisée par Benjamin Disraeli, porte-parole en chef du parti conservateur du Royaume-Uni et premier ministre à partir de 1868.

En tant que philosophie politique, le conservatisme one-nation se base sur l'idée que les sociétés existent et se développent organiquement et que chacun possède des obligations envers les autres. Cette approche met une emphase sur l'obligation paternaliste des hautes classes envers les classes qui leurs sont inférieures.

Cette orientation philosophico-politique est la base de la mise en place de réformes sociales considérables lors de la présence de Disraeli au gouvernement. Vers la fin du XIXe siècle, le parti s'est détaché du paternalisme en faveur du capitalisme de libre marché, mais la peur de l'extrémisme lors de l'entre-deux guerres ramène le conservatisme one-nation. Le parti maintien cette philosophie lors du consensus d'après-guerre jusqu'à la montée de la Nouvelle Droite, qui accuse le conservatisme one-nation d'être la cause de troubles économiques et sociaux.

Le courant aurait beaucoup influencé David Cameron. En 2012, le chef du parti travailliste Ed Miliband s'approprie l'expression de Disraeli et cette dernière est utilisée par son parti depuis[1],[2].

Philosophie politique[modifier | modifier le code]

Le conservatisme one-nation a été conçu et présenté par Benjamin Disraeli[3] dans ses romans Sybil (1845) et Coningsby (en) (1844)[4],[5]. Disraeli y propose un conservatisme basé sur une société paternaliste avec des classes sociales distinctes avec des prolétaires qui sont soutenus par l'État. Il insiste sur les obligations sociales plutôt que l'individualisme omniprésent à son époque[3]. Disraeli prétend que sous l'influence de l'augmentation de l'industrialisation et des inégalités, la Grande-Bretagne se divisera en deux « nations », les riches et les pauvres[4]. Soucieux de cela, il milite pour l'amélioration des conditions de vie des prolétaires par le soutien de l'État[3]. Disraeli croit que la société est organique et que les différentes classes ont des obligations l'une envers l'autre[3]. Il affirme également que si la classe dirigeante devient insensible aux souffrances du peuple, la société deviendra instable et mener à une éventuelle révolution[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « One-nation conservatism » (voir la liste des auteurs)

  1. (en) « Ed Miliband moves to claim Disraeli's 'one nation' mantle »
  2. (en) « One Nation Labour »
  3. a, b, c, d et e Dorey 1995, p. 16–17
  4. a et b Heywood 2007, p. 82–83
  5. (en) Dana Arnold, Cultural Identities and the Aesthetics of Britishness, Manchester University Press,‎ 2004 (lire en ligne), p. 96

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Peter Dorey, The Conservative Party and the Trade Unions, Psychology Press,‎ 1995 (ISBN 9780415064873) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Andrew Heywood, Political Ideologies, Palgrave Macmillan,‎ 2007 (ISBN 9780230521803) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]