Conseiller principal d'éducation

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En France, le conseiller principal d’éducation (CPE) est un fonctionnaire d'État de catégorie A qui exerce des responsabilités éducatives dans un collège, un lycée ou un lycée professionnel. Il dépend généralement du ministère de l'Éducation nationale, ou plus rarement du ministère de l'Agriculture lorsqu'il exerce en lycée agricole.

Les missions[modifier | modifier le code]

Les textes officiels[modifier | modifier le code]

La circulaire du 28 octobre 1982, toujours en vigueur, situe ainsi les missions du CPE :

« L'ensemble des responsabilités exercées par les conseillers d'éducation et les conseillers principaux d'éducation se situe dans le cadre général de la « vie scolaire » qui peut se définir ainsi : placer les adolescents dans les meilleures conditions de vie individuelle et collective et d'épanouissement personnel. »

Puis elle les définit selon trois axes :

  • Le fonctionnement de l’établissement : contrôle des effectifs, de l’exactitude et de l’assiduité des élèves, organisation du service des personnels de surveillance, mouvements des élèves. Il participe pour ce qui le concerne, à l’application des mesures propres à assumer la sécurité notamment des élèves.
  • La collaboration avec le personnel enseignant : échanges d’information les professeurs sur le comportement et sur l’activité de l’élève : ses résultats, les conditions de son travail, recherche en commun de l’origine de ses difficultés et des interventions nécessaires pour lui permettre de les surmonter ; suivi de la classe, notamment, par la participation au conseil des professeurs et au conseil de classe, collaboration dans la mise en œuvre de projets.
  • L’animation éducative : relation et contacts directs avec les élèves sur le plan collectif (classes ou groupes) et sur le plan individuel (comportement, travail, problèmes personnels) ; foyer socio-éducatif et organisation des temps de loisir ; organisation de la concertation et de la participation (formation, élection des délégués, ...).

Le décret n° 89-730 du 11 octobre 1989 modifiant le décret du 12 août 1970 relatif au statut des CPE est venu marquer ce que Claude Caré, Inspecteur général de l'Education nationale, a désigné comme "l'entrée en pédagogie des CPE" dans son rapport de 1992.

Dans sa nouvelle rédaction, l'article 4 de ce décret définit désormais ainsi le rôle et la mission des CPE :

  • Sous l’autorité du chef d’établissement et éventuellement de son adjoint, les conseillers principaux d’éducation exercent leurs responsabilités éducatives dans l’organisation et l’animation de la vie scolaire, organisent le service et contrôlent les activités des personnels chargés des tâches de surveillance.
  • Ils sont associés aux personnels enseignants pour assurer le suivi individuel des élèves et procéder à leur évaluation. En collaboration avec les personnels enseignants et d’orientation, ils contribuent à conseiller les élèves dans le choix de leur projet d’orientation.

Leur temps de travail hebdomadaire est fixé à quarante heures quarante minutes[1] réparties sur 39 semaines dont :

  • 35 heures hebdomadaires inscrites dans leur emploi du temps ;
  • 4 heures par semaine laissées sous leur responsabilité pour l’organisation de leurs missions (ces heures correspondent au résultat des négociations liées à l'application des 35 heures dans la fonction publique) ;
  • un temps de pause quotidien de 20 minutes, non fractionnable, pour 6 heures travaillées.

Les 39 semaines de travail correspondent aux 36 semaines scolaires auxquelles s'ajoutent trois semaines de travail pendant les vacances scolaires : il s'agit de la première et la dernière semaine des vacances d'été, et d'une semaine de permanence administrative prise sur les autres périodes de vacances.

Le temps de travail des CPE responsables d'internat est calculé selon des modalités particulières. En outre, s'il est logé par nécessité absolue de service, le CPE peut être tenu d'effectuer un service d'astreinte.

La réalité actuelle du travail quotidien[modifier | modifier le code]

Selon le type d'établissement, le travail peut se nuancer selon le public accueilli. La réalité du travail quotidien dépend beaucoup du contexte local, de la composition sociologique des publics accueillis, de la typologie de l'établissement et des moyens dont il dispose, ainsi que de la politique et des priorités impulsées par le chef d'établissement. Néanmoins, il est possible de décrire quelques grandes constantes :

Vie scolaire[modifier | modifier le code]

Il est responsable, sous l'autorité du chef d'établissement, de l'organisation du service des personnels de vie scolaire, donc de la gestion et la formation des personnels de surveillance (assistants d'éducation) :

    • le CPE est parfois chargé du pré-recrutement des personnels de surveillance, la décision finale relevant du chef d'établissement.
    • il doit former les Assistants d'Éducation : une tâche qui prend du temps et requiert une expertise particulière ;
    • il définit les besoins en matière de gestion de flux d'élèves durant le temps hors classe, élabore la grille des postes permettant une surveillance optimale et conseille le chef d'établissement sur les questions relatives à la sécurité.

Éducateur[modifier | modifier le code]

  • Entretiens et échanges :
    • Entretiens éducatifs individuels avec les élèves : l'action du CPE participe à une individualisation du rapport à l'École pour chacun des élèves. Il propose un accueil individuel en marge du groupe-classe. Il facilite un processus de clarification et d'explicitation des enjeux et essaie de faire coïncider l'action de l'École avec la trajectoire individuelle de chaque élève.
    • Échanges et entretiens avec les parents d'élèves : le CPE est un interlocuteur privilégié pour les parents d'élèves (signalement des absences et des problèmes liés au comportement, élaboration du projet personnel de l'élève, suivi de la scolarité au sens large...).
    • Collaboration étroite avec les autres membres de l'équipe pédagogique : avec le professeur principal, un professeur en particulier, le conseiller d'orientation-psychologue (COP) et le service médico-social de l'établissement (infirmier, médecin scolaire, assistant de service social). Il recherche et met en œuvre des solutions adaptées aux problématiques des élèves.
    • Rôle d'interface, sous l'autorité du chef d'établissement, avec les partenaires de l'établissement : relations avec les autres établissements scolaires du secteur, avec les services éducatifs de la ville, avec la Police et les services sociaux de proximité.
  • Participation aux instances de l'établissement :
    • Organisation et coordination du processus d'élection et de formation des délégués-élèves dans les différentes instances de l'établissement,
    • Membre de droit au Conseil d'Administration des collèges et des lycées généraux et technologiques (et des lycées professionnels si l'établissement n'est pas doté de proviseur adjoint), au Conseil pédagogique, au Comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté et au Conseil de discipline,
    • Participation à de nombreuses autres instances, conseils et commissions instituées dans les établissements : Conseil de Vie lycéenne (ou collégienne), Commision permanente, Comité Hygiène et Sécurité, Commission d'appel d'offres pour les marchés publics...
  • Mise en œuvre et coordination de projets et d'actions éducatives diverses.
  • Préparation et suivi des projets d'orientation des élèves.
  • Préparation de rentrée : accueil des nouveaux élèves
  • Prise en charge de la gestion quotidienne des problèmes médicaux courants en l'absence d'infirmière scolaire. Cette tâche n'est bien sûr inscrite dans aucun texte régissant la fonction de CPE, qui ne peut d'ailleurs prodiguer aucun soin et est juste habilité à renvoyer l'élève souffrant à son domicile, mais la pratique quotidienne veut que les élèves souffrants soient généralement adressés au CPE si aucun personnel médical ne se trouve dans l'établissement.

Recrutement et déroulement de carrière[modifier | modifier le code]

Recrutement[modifier | modifier le code]

Les CPE sont des fonctionnaires d'État de catégorie A (cadres supérieurs)[2], désormais recrutés par un concours national externe au niveau Master (Bac+5) ou par un concours national interne de même niveau ouvert aux personnels ayant effectué au moins trois années de service public.

Le nombre d'inscrits au concours externe a diminué de moitié entre 2010 et 2011, lorsque le niveau requis pour se présenter au concours est passé de bac+3 à bac+5, mais il est reparti à la hausse depuis. Il reste très élevé relativement au nombre de postes ouverts chaque année, qui oscille entre 200 et 300 depuis 2008. Cela fait du concours de recrutement des CPE le deuxième concours le plus sélectif de l'Education nationale après le concours de recrutement des COP, avec un rapport admis/présents de seulement 13,14% en 2012, contre 31,4% pour le CAPES, par exemple.

Il est également possible d'exercer le métier de CPE en tant que personnel non titulaire, avec le statut de contractuel.

Rémunération[modifier | modifier le code]

Le traitement et le déroulement de carrière des CPE titulaires sont calqués sur ceux des professeurs certifiés (tout comme les professeurs des écoles et les COP).

Le corps des CPE comporte deux classes : la classe normale, qui comprend 11 échelons, et la hors classe, qui comprend 7 échelons. La progression dans les échelons et l'accès à la hors-classe se fait selon un tableau d'avancement. Le rythme d'avancement dépend de la note administrative, attribuée chaque année par le chef d'établissement (les CPE n'ont que cette seule note administrative, contrairement aux professeurs, qui ont aussi une note pédagogique attribuée par l'inspecteur de leur discipline).

Leur rémunération comprend :

  • leur traitement indiciaire de base, produit de la valeur du point d'indice de la fonction publique multipliée par le nombre de points correspondant à l'échelon atteint,
  • une indemnité forfaitaire (99,93 € par mois à partir de septembre 2015, cette indemnité devient identique à la part fixe de l'indemnité de suivi et d'orientation, son équivalent pour les professeurs du secondaire),
  • une indemnité de résidence (calculée en fonction de la zone territoriale dans laquelle est classée la commune d'exercice : 3 % du traitement indiciaire brut en zone 1, 1% en zone 2, 0 % en zone 3),
  • l'ISS-ZEP (Indemnité de Sujétions Spéciales pour exercice en Zone d'Education Prioritaire) ou l'indemnité prévue pour les personnels des 339 établissements du programme "Eclair" (Écoles, Collèges et Lycées pour l'Ambition, l'Innovation et la Réussite) : ces deux indemnités non cumulables sont prévues pour valoriser l'affectation dans les établissements considérés comme les plus difficiles (96 € par mois en 2013 pour l'ISS-ZEP et pour la part fixe de l'indemnité ECLAIR, cette dernière comprenant en outre une part modulable pour les personnels qui, au-delà de leurs obligations de service, se voient confier des « activités, des missions ou des responsabilités particulières » au niveau de l’établissement).

Certains CPE sont en outre logés dans leur établissement par nécessité absolue de service (c'est presque toujours le cas lorsqu'il existe un internat).

Evolution de carrière[modifier | modifier le code]

Pour l'instant, les CPE ont peu de perspectives d'évolution de carrière. Il n'existe pas encore d'agrégation d'éducation ou d'équivalent et l'accès aux corps d'inspection est théoriquement possible statutairement mais il n'existe pas de corps d'inspection spécifique pour les CPE : l'IA-IPR "EVS" (inspecteur d'Académie - Inspecteur pédagogique régional "Etablissement et Vie scolaire") n'exerce dans les faits qu'une autorité indirecte sur les CPE (il faut rappeler que les CPE n'ont pas, comme les professeurs, de note pédagogique attribuée à la suite d'une visite d'inspection). L'intégration envisagée des CPE au sein des équipes de direction via la refondation des statuts pourrait élargir les perspectives de carrière.

De ce fait, beaucoup de CPE tentent (et réussissent plutôt mieux que la moyenne des candidats) le concours de Personnel de direction pour devenir Proviseur de lycée ou Principal de collège (ou adjoint, dans un premier temps).

Histoire[modifier | modifier le code]

1847 : le "surgé"[modifier | modifier le code]

Les CPE sont les descendants directs des surveillants généraux. Ce corps de fonctionnaire, créé en 1847, se voyait principalement attribuer des missions liées à la discipline des élèves : contrôler les absences et les retards, surveiller les élèves dans la cour ou à l’étude et sonner la cloche. Ces missions ont contribué à forger l’image caricaturale du "Surgé", "père Fouettard en blouse grise", dans un contexte où c'est essentiellement l'élite sociale qui entre au lycée (ce n'est qu'à la fin des années 1920 que les premiers enfants issus des classes populaires commencent à avoir accès à l'enseignement secondaire).

En 1932, le Ministère de l'Instruction publique change de nom pour devenir Ministère de l'Éducation nationale, affirmant ainsi l'ambition nouvelle d'éduquer gratuitement la Nation, et non plus seulement de lui dispenser une instruction élémentaire. Cinq ans plus tard, la création du corps dit des MI-SE (maîtres d’internat et surveillants d’externat) permet aux surveillants généraux de se consacrer à des tâches plus éducatives.

Après la Seconde Guerre mondiale, le système éducatif français connaît de profonds bouleversements. Le développement rapide de l'industrie et la reconstruction exigent de former chaque année des dizaines de milliers de nouveaux spécialistes, techniciens et ingénieurs : l'enseignement secondaire qui traditionnellement accordait une très grande place à la culture classique doit davantage s'ouvrir aux sciences appliquées et à l'enseignement technique, qui n'en est alors qu'à ses balbutiements (loi Astier de 1919 instaurant l'apprentissage avec cours gratuits et obligatoires pour obtenir le CAP). De nouveaux types d’établissement sont créés (CET, CEP) et le public scolaire se massifie et se diversifie. C’est aussi l’essor des mouvements d’éducation populaire, des colonies de vacances, souvent initiées par des personnels de l’Education nationale. Cette profonde mutation du système éducatif amène vite une réflexion sur la place des adolescents dans la société et la prise en compte de leurs spécificités.

Les surveillants généraux commencent à vouloir rompre avec leur image répressive et se voient reconnaître des missions d’animation socio-éducative en 1965.

1968 : la mutation[modifier | modifier le code]

Les événements de mai 68 sont suivis d’une profonde remise en question de nos modèles sociaux et éducatifs. L’institution commence à prendre en compte les nouvelles spécificités de la jeunesse qui réclame une reconnaissance plus éducative et moins répressive de la part de l’État.

Le surveillant général laisse la place aux conseillers et conseillers principaux d'éducation, dont le métier sera davantage basé sur l’écoute, le suivi de l’élève et l’animation socio-éducative. En 1970 est créé le corps des conseillers d’éducation et celui des conseillers principaux d’éducation (CE et CPE)[2], les premiers de catégorie B exerçant en collège et les seconds de catégorie A exerçant en lycée.

Une nouvelle circulaire[3] datée de 1972 déterminera un peu plus précisément leurs missions autour de "tâches pédagogiques", "d’animation éducative" et de "sécurité physique et morale des élèves". Toutefois, la structure et la rédaction de cette circulaire pose comme socle préalable et de manière très précise le côté disciplinaire et la filiation aux surveillants généraux. Cette circulaire de 1972 et son architecture permet de saisir, avec un regard historique, les tensions de l’époque qui s’expriment pleinement. L’évolution des contours et contenus des missions des CPE est en marche.

L’alternance politique et un front syndical actif vont permettre d’aboutir à l’écriture d’une deuxième circulaire[4] de mission en 1982 pour les CE-CPE. Cette circulaire fixe leur service hebdomadaire à 39 heures et leur accorde davantage de responsabilités et d'autonomie en les détachant des équipes de directions auxquelles ils étaient toujours fortement soumis et en affirmant les spécificités de leur métier.

1989 : l'élève au centre du système éducatif[modifier | modifier le code]

Des mesures sont prises pour rapprocher le statut des CE-CPE de celui des enseignants, et leur rôle en matière d'élaboration du projet d'orientation et d'évaluation des élèves est affirmé en 1989 dans la réécriture de la circulaire de 1972. La Loi d’orientation pour l'Ecole de la même année abolit le statut de CE pour ne garder que celui de CPE, et organise un vrai concours externe pour leur recrutement. Par la suite les CPE ont bénéficié d’une formation initiale en IUFM à l’instar des professeurs des lycées et collèges et des professeurs des écoles.

Les CPE doivent faire face à de nouveaux enjeux tels que l’intégration d’élèves en rupture, l’individualisme et le consumérisme ou encore l'initiation à un modus vivendi citoyen et responsable. Faits de violence, décrochage scolaire et difficultés d'intégration font la une des journaux dans une société qui demande beaucoup à l'école, régulièrement interrogée et sollicitée pour répondre à des enjeux de société qui bien souvent la dépassent. Les années 1990 sont marquées par les polémiques sur le port du voile, la montée des tensions communautaires et du chômage : le diplôme n'est plus une garantie d'emploi, le sens et l'utilité de l'Ecole sont remis en question. Les CPE sont directement confrontés à toutes ces problématiques et investissent davantage encore la question du "vivre ensemble" : c'est l'époque où l'accent est mis sur l'éducation à la citoyenneté, où on crée les conseils de vie lycéenne et d'autres instances de dialogue dans les établissements. La politique du projet est déclinée à l'école : les CPE sont sollicités pour contribuer à élaborer le volet "Vie scolaire" des projets d'établissement. Désormais la classe n'est plus l'entité unique où tout se passe : l'école doit être capable de trouver une réponse pour chacun des élèves d'une classe d'âge, avec leurs spécificités, leurs difficultés et leurs potentialités, ce qui requiert la mise en place d'équipes pluri-disciplinaires, associant infirmière scolaire, assistante sociale, CPE et professeurs, ainsi que bien souvent plusieurs partenaires extérieurs.

2011 : la mastérisation[modifier | modifier le code]

Depuis 2011, les candidats au concours doivent posséder un master ou être inscrits en dernière année de master[5]. Leur formation initiale est désormais prise en charge par les Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE), récemment ouvertes au sein des Universités pour prendre le relais des IUFM.

Le métier de CPE n'existe que depuis une quarantaine d'année et reste une spécificité du système éducatif français[réf. nécessaire], souvent peu lisible de l'extérieur. Actuellement, ils sont environ 12.000 à exercer leurs fonctions au sein du Ministère de l'Éducation nationale.

Dans ce contexte, le métier de CPE est souvent réinterrogé voire remis en cause par l’institution soucieuse d'économie budgétaire[6] :

  • L’annonce de la création effective à la rentrée scolaire 2009/2010 des médiateurs de la réussite scolaire en France a offert matière à réflexion concernant les propositions expérimentales des ministères successifs pour pallier la quasi inexistence du recrutement de CPE (seulement 300 postes ouverts au concours externe et 60 au concours interne au titre de la session 2014). Aujourd'hui, les contrats des médiateurs de réussite scolaire, qui ne pouvaient être prolongés au delà de deux années, sont tous arrivés à leur terme et n'ont pas été renouvelés.
  • À suivre : expérimentation du poste de "Préfet des études" au sein des établissements participant au programme ÉCLAIR (Écoles, Collèges et Lycée pour l'Ambition Innovation et la Réussite), assimilant différentes missions assumées actuellement par les CPE, les COP, les professeurs principaux et les adjoints aux chefs d'établissements.
  • Depuis longtemps déjà, certains syndicats revendiquent la création d'une agrégation d'éducation ou la création d'une classe exceptionnelle après la hors classe, les CPE n'ayant souvent comme seule perspective de carrière que de passer le concours de Personnel de Direction ou d'Inspecteur de l'Éducation Nationale (IEN).
  • Le référentiel interministériel des métiers prévoyant la diminution du nombre de corps de fonctionnaires[7],[8],[9].
  • L'intégration des CPE dans des équipes de direction élargies : dans le cadre de l'élaboration de la loi dite de "Refondation de l'École de la République" initiée par le ministre Vincent Peillon, le vieux débat sur l'intégration des CPE dans les équipes de direction est ravivé, notamment eu égard aux responsabilités croissantes qu'ils doivent assumer en tant que seconds de fait des chefs d'établissement dans la gestion de la Vie scolaire ; un consensus semble se dégager de plus en plus nettement pour aller dans cette direction, les autres solutions longtemps envisagées comme perspective d'évolution de carrière (création d'une agrégation d'éducation ou d'une nouvelle grille de rémunération distincte de celle des professeurs certifiés) semblant désormais écartées.

Les CPE dans les systèmes éducatifs étrangers[modifier | modifier le code]

En Afrique[modifier | modifier le code]

Burkina Faso[modifier | modifier le code]

Au Burkina Faso, les conseillers d'éducation (CE) sont des agents publics de l'État. Recrutés par concours interne (voie professionnelle) et externe (voie directe), les conseillers d'éducation (CE) ont un statut de contractuel et sont classés en catégorie 1.A. Les attachés d'éducation (ATE), également contractuels sont classés en catégorie 1.B et les assistants d'éducation (ASE) en catégorie 1.C de la fonction publique.

En Afrique et bien précisément au Burkina Faso, les conseillers d'éducation qui sont employés dans les collèges et lycées sont chargés entre autres de coordonner les activités de surveillance exécutées par les attachés et les assistants.

Au Burkina Faso, le ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche scientifique (MESSRS) a procédé à la création de trois emplois spécifiques dont la formation est dure de deux à trois ans[10]:

  • Les assistants d'éducation(ASE) de niveau BEPC + 2 ans de formation.
  • Les attachés d'éducation (ATE) de niveau BAC + 2 ans de formation.
  • Les conseillers d'éducation (CE) de niveau licence (pour les directs, c'est-à-dire ceux arrivant directement de l'université) + 3 ans de formation + soutenance de mémoire de fin de formation.

Les premières promotions de ces trois filières ont été recrutées au cours de l'année académique 2008-2009 et les stagiaires sont en formation dans l' École normale supérieure (E.N.S) de l'Université de Koudougou. A la rentrée scolaire 2010-2011, les lycées et collèges voient arriver sur le terrain les premières promotions d'Assistants et d'Attachés d'Éducation[11].

La première promotion de Conseillers d'Éducation est sur le terrain au début de l'année scolaire 2011-2012. Au regard de la qualité de la formation dispensée à l'École Normale Supérieure, ces nouveaux acteurs du système éducatif burkinabé sont des pluri-spécialistes de l'éducation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arrêté du 4 septembre 2002 portant application du décret 2000-815 du 25 août 2000 et relatif aux cycles de travail des personnels d'éducation des EPLE du second degré relevant du MEN. NOR : MENF0201706A
  2. a et b Décret n°70-738 du 12 août 1970 relatif au statut particulier des conseillers principaux d’éducation
  3. Circulaire n°72-222 du 31 mai 1972 Mission des conseillers principaux et conseillers d’éducation, (lire sur le site de l’IUFM de Paris)
  4. Circulaire n°82-402 du 28 octobre 1982 Rôle et conditions d’exercice de la fonction des conseillers d’éducation et des conseillers principaux d’éducation (lire sur le site de l’IUFM de Paris)
  5. Décret n°2009-913 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 70-738 du 12 août 1970 relatif au statut particulier des conseillers principaux d'éducation (lire sur Légifrance)
  6. http://www.liberation.fr/societe/0101618385-le-nombre-de-cpe-baisse-chatel-biaise.
  7. rime.fonction-publique.gouv.fr
  8. Révision générale des politiques publiques#France
  9. education.gouv.fr
  10. décret no 2006-423/PRES/PM/MFPRE/MFB du 11 septembre 2006 portant organisation des emplois spécififiques du ministère de l'Enseignement secondaire, supérieure et de la recherche scientifique du BURKINA FASO.
  11. décret no 2008-373/PRES/PM/MESSRS du 2 juillet 2008 portant organisation de l'enseignement secondaire au BURKINA FASO.