Congrès mondial amazigh

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Le Congrès mondial amazigh (CMA) est une organisation internationale non gouvernementale (ONG) regroupant des associations socioculturelles et de développement amazighes (berbères), aussi bien de Tamazgha (Afrique du Nord) que de la diaspora.

Son objectif principal est la défense et la promotion des droits et des intérêts politiques, économiques, sociaux, culturels et linguistiques de la nation amazighe.

Le CMA a pour mission de porter la revendication amazighe au niveau international en informant et en sensibilisant l’opinion publique internationale, les peuples, les États démocratiques et les ONG œuvrant dans le domaine des droits de l’homme, et en interpelant les organisations internationales officielles telles que l’ONU, l’Union européenne, le Conseil de l’Europe et l’Union africaine.

Le CMA s’est également donné pour mission de coordonner et soutenir les actions et projets des organisations de la société civile et des militants œuvrant sur le terrain, dans le domaine de la défense et la promotion des droits des citoyens amazighs.

Le Congrès mondial amazigh est né de la volonté des Imazighen (les Berbères) de se doter d’une structure de coordination et de représentation à l’échelle internationale, indépendante des États et des partis politiques.

Cette idée, vieille de plusieurs années, s'est concrétisée les 1er, 2 et 3 septembre 1995 à Saint-Rome-de-Dolan (France) lors d’un pré-congrès qui a réuni une centaine de délégués d’associations amazighes, venus des pays de Tamazgha (Afrique du Nord), d’Europe et d’Amérique. Cette rencontre historique a donné naissance à une organisation internationale appelée Congrès mondial amazigh (CMA) dont le siège se trouve à Paris (France).

À la mi-novembre 2009, le CMA a remis au Parlement européen un manifeste dénonçant la « politique d’apartheid » » que subiraient les Berbères du Maroc [1].

Congrès[modifier | modifier le code]

À la suite de divergences internes, notamment à propos de l'alternance nationale des présidents et de la limitation à deux mandats pour le titulaire de ce poste, il y a depuis 2008 deux Congrès mondiaux amazigh.

L'un, issu d'un cinquième congrès qui s'est déroulé à Meknès (Maroc) du 31 octobre au 1er novembre 2008, est dirigé par Belkacem Lounes, binational algéro-français.

L'autre, "dissident" et issu d'un autre cinquième congrès à Tizi Ouzou (Algérie), est dirigé par Rachid Raha, binational maroco-espagnol, déjà président du CMA en 1999-2002 et vice-président en 2002-2008[2].

Lors d'un sixième congrès les 9-11 décembre 2011 à Bruxelles (Belgique) le Congrès Mondial Amazigh (CMA "Raha") lors de sa VIe assemblée générale, a décidé du changement de dénomination, de la refonte de ses statuts ainsi que de la création d’une nouvelle institution avec de nouvelles structures. Le Congrès mondial amazigh (CMA) devient l’Assemblée mondiale amazighe (AMA).

7e congrès Assemblée Générale de l’AMA


Réunie à Tiznit, dans le Grand Souss, du 13 au 15 décembre 2013/2961, sur décision du Conseil confédéral, l’Assemblée Mondiale Amazighe (Agraw Amadlan Amazigh) a tenu la VIIe Assemblée Générale des imazighen du monde, conformément à ses statuts. Cette rencontre, qui s’est tenue sous le thème « La démocratie et le printemps des peuples amazighs entre contraintes et perspectives », a connu un franc succès avec la participation de plus de 150 congressistes représentant les amazighs de Tamazgha: Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Touareg, ainsi que ceux de la diaspora de l’Union européenne, outre plusieurs invités et personnalités de marque.

Conformément à ses statuts, en l’absence du président de l’AMA, l’Assemblée Générale a été présidée par le membre présent le plus âgé du bureau confédéral. Les travaux ont donné lieu à la présentation du rapport moral et du rapport financier, ainsi que des contraintes rencontrées. Après discussion et validation des rapports précités, par l’Assemblée Générale, le Bureau Confédéral sortant s’est retiré, après élection d’un bureau provisoire qui s’est chargé de la gestion des travaux de la 7e Assemblée Générale. Cette dernière a examiné et adopté les documents à l’ordre du jour et conduit à l’élection du nouveau Bureau Confédéral avant établissement de la déclaration finale de la 7e Assemblée Générale de l’AMA.

I. Documents adoptés Les travaux en commission se sont penchés sur l’examen de deux projets importants : - Le premier qui a trait à l’officialisation de la langue amazighe, sur l’exemple du cas marocain, a été approuvé après débats comme base de référence pour l’ensemble de Tamazgha ; - Le second projet, à savoir le Manifeste de Tamazgha pour une Confédération démocratique, sociale et transfrontalière, basée sur le droit à l’autonomie des régions, a également fait l’objet de discussions et amendements, avant adoption.

Les deux textes précités ont été validés et adoptés par la 7e Assemblée Générale.

Par ailleurs, il a été rappelé que conformément à ses statuts, l’Assemblée Mondiale Amazighe (AMA) reste ouverte à l’ensemble des associations et personnalités amazighes qui s’engagent à œuvrer dans le cadre du respect de ses statuts, à savoir notamment : - la défense, la promotion et le développement des valeurs de liberté, d’égalité, de tolérance, de démocratie et de droits de l’homme ainsi que la lutte contre toutes formes de discrimination, d’exclusion et de marginalisation ; - la défense, la promotion et le développement des droits des peuples autochtones, en particulier amazighs ; - la défense, du principe et du droit à l’autonomie des régions, en particulier amazighes, et la mise en place d’institutions démocratiques, sur l’ensemble de l’espace Tamazgha ; - La défense, le développement et la promotion de l’identité culturelle des peuples, populations et individus amazighs à l’échelle mondiale et dans leurs régions ou pays d’origine ou d’accueil ; - L’action pour la reconnaissance officielle (constitutionnalisation et institutionnalisation) de l'identité, de la culture et de la langue amazighes, dans les différents pays de Tamazgha ; - La sauvegarde, la promotion, le développement, et la modernisation de la langue et de la culture amazighes ; - le regroupement, l’encadrement et la formation des associations et cadres associatifs amazighs ; - la coordination et le regroupement entre les associations amazighes aux échelles locales, régionales, nationales et internationale ; - la défense des droits de la femme et des enfants amazighs ; - la préservation des amazighs des phénomènes de l’acculturation ; - la réhabilitation, la réécriture et la diffusion de l'histoire et de la civilisation amazighes au niveau de l'enseignement, de la recherche scientifique et du patrimoine (musées, monuments historiques, sites archéologiques, etc.) ; - l’action auprès des organisations internationales compétentes au sujet de la protection et de la valorisation du patrimoine civilisationnel amazigh ; - le développement des échanges entre les peuples amazighs et les autres peuples sur la base des valeurs universelles de reconnaissance de la diversité, de la tolérance, de la modernité, de la solidarité, de la coopération, du respect mutuel, de la reconnaissance réciproque, de la lutte contre la haine et le racisme, de la lutte contre la xénophobie, selon les standards universels reconnus des droits de l’homme; - la défense et la promotion des valeurs de paix et de droit ainsi que la résolution des conflits par le dialogue et les moyens pacifiques ; - la défense et la promotion des droits civils et politiques, économiques, sociaux, culturels et linguistiques des personnes, des communautés et des peuples Amazighs ; - la défense des militants de la cause amazighe ; - la défense des principes et valeurs de tolérance, de paix, de respect des différences et de l’autre; - la promotion de la renaissance de la civilisation amazighe et la libération des amazighs des contraintes, de l’immobilisme, de l’obscurantisme et de l’emprise des régimes répressifs et totalitaires.

II. Election du bureau confédéral Conformément à ses statuts, l’Assemblée Général a élu les membres du Conseil Confédéral qui a élu en son sein les membres du Bureau Confédéral. S’agissant de la délégation libyenne, et à leur demande, l’Assemblée Générale lui a accordé un délai pour la confirmation des responsables libyens au sein de l’AMA, par les instances libyennes en libye. Le Bureau Confédéral, hors responsables libyens est ainsi composé : - M. Rachid Raha, Président de l’AMA et chargé des relations internationales; - M. Dr. Mimoun Charqi, Président d’honneur et chargé des affaires juridiques; - M. Hamma Ag Mahmoud, Président délégué pour les Touaregs de l’Azawad; - M. Thomas Fortune, Président délégué pour les Touaregs du Niger ; - M. Skouti Khoudir, Président délégué pour l’Algérie ; - Mme. Amina Ibnou-cheikh, Présidente déléguée pour le Maroc ; - M. Bensaleh Ben Mimoun, Président délégué pour la Tunisie ; - M. Nouredin Hathout, Président délégué pour l’Espagne, Melilla, Ceuta et les Iles Canaries ; - M. Aazaoui Benaceur, Président délégué pour la France; - M. Samir Boudouassel, Président délégué pour les Pays Bas et trésorier général adjoint; - M. Jamal Alatiaoui, Secrétaire général; - Mme. Naima Delloul, Secrétaire générale adjointe ; - M. Moussa Backa, Trésorier général ; - M. Dr. Kamaleddine Fekhar, Président délégué pour le Mzab (Algérie) ; - M. Kamal Assassi, Président délégué pour la Chaouia (Algérie) ; - M. Ahmed Hattab, Président délégué pour le Grand Rif (Maroc); - M. Rachid Ghandi, Président délégué pour le Grand Atlas (Maroc) ; - M. Rachid Amzil, Président délégué pour le Grand Souss (Maroc). III. Déclaration finale de la 7e Assemblée générale de l’AMA Trois années sont passées après le printemps des peuples de Tamazgha, accompagné d’espoirs et d’attentes de millions d’Amazighs pour vivre dans des Etats démocratiques, qui reconnaissent tous les droits des amazighes, en particulier les droits culturels et linguistiques, économiques, sociaux, civils et politiques. Mais, l’espoir du changement a déçu ; bien plus, plusieurs Etats d’Afrique du nord œuvrent pour l’instauration de nouvelles dictatures qui imposent la marginalisation, le racisme et la ségrégation contre les Amazighs. L’examen de l’évolution des droits des imazighen sur le pays Tamazgha est fort décevant, en ce qui concerne les différents états constitutifs de Tamazgha.

Aussi, nous relevons et déclarons aux opinions publiques amazighe et internationale ce qui suit :

1. Au niveau du Maroc Nous exprimons notre déception quant au recul de l’Etat et du gouvernement en ce qui concerne leurs engagements à la suite des revendications du Mouvement de la jeunesse du vingt février 2011, notamment la reconnaissance, dans la constitution marocaine, de l’Amazighe en tant que langue officielle pour tous les marocains. En dépit du temps passé, les principes constitutionnels qui devaient être traduits sous forme de lois organiques, de décrets, arrêtés et circulaires d’applications n’ont pas encore vu le jour ; ce qui reporte aux calendes grecques les principes, règles et valeurs reconnues et consacrées par la constitution. A titre d’exemple, la loi organique devant consacrer le caractère officiel de la langue amazighe, ainsi que la loi organique devant préciser le droit à l’autonomie des régions dans le cadre de la « régionalisation avancée », ne sont même pas au stade de projets.

Exception faite de quelques déclarations politiques de forme, nous continuons à constater la perpétuation de la discrimination et de la ségrégation contre l’amazighité et les Amazighs au Maroc. De nombreux atermoiements sont rencontrés dans la mise en œuvre de l’officialisation de la langue amazighe, et ce durant plus de deux ans, ainsi que la permanence de l’interdiction des prénoms amazighes et l’interdiction de l’utilisation de l’amazighe, à l’écrit et à l’oral, au sein des différentes institutions de l’État marocain, dont le parlement. Ce dernier a publié, depuis plus d’une année, une décision interdisant de s’exprimer en amazighe. Nous constatons également l’absence d’évolution dans le dossier de l’apprentissage de l’amazighe, de son intégration dans les médias et la formation. Diverses promotions de diplômés en amazighe sont confinées au chômage. La ségrégation persiste en ce qui concerne le soutien de l’État au cinéma, à l’art, aux associations, aux journaux, à la culture et aux auteurs amazighs.

Les prisonniers politiques amazighs, dont Mustapha Oussaya et Hamid Aadouch continuent à être incarcérés à la prison de Meknès, sans que le Conseil Consultatif des Droits Humains ni le ministère de la Justice s’en préoccupent pour rouvrir leur dossier juridique caractérisé par beaucoup d’anomalies.

Nous dénonçons les groupes politiques qui continuent à mener des attaques médiatiques racistes contre les Amazighs, au lieu de contribuer à tourner des pages des décennies de répression et de ségrégation contre tout ce qui est amazigh au Maroc. Aussi, demandons nous l’adoption d’une discrimination positive au profit de la langue et de la culture amazighes comme compensation à plus d’un demi siècle de d’exclusion et de marginalisation.

A ce jour, le bilan du gouvernement en cours est négatif en ce qui concerne la question amazighe. En outre, durant le mandat de ce gouvernement, on a pu relever des décisions racistes, des pratiques ségrégationnistes et des répressions inédites contre les Amazighs. En particulier dernièrement à (Ayt Bu Ayache/Imzuren, Tinghir, Imider, Ayt Sgugu à Mrirt, Ait Baha au sud, Targuist, Amskrud,...).

Nous appelons tous les Amazighs du Maroc à prendre conscience de la dangerosité des changements qui surviennent au Maroc, en donnant la priorité à la reconnaissance effective de l’ensemble des droits reconnus par les pactes internationaux des droits de l’homme dont ceux culturels et linguistiques, en adhérant à l’initiative d’un million de signatures pour la mise en œuvre de l’officialisation de l’amazighe au Maroc. Nous en appelons aussi à la création d’une coalition amazighe forte avec les parties idoines pour affronter tous ceux qui s’érigent à l’encontre de l’équité vis-à-vis des Amazighs et de la légitimité de l’amazighité.

L’AMA saisit cette occasion pour féliciter la militante Khadija Ryadi pour son prix de l'ONU des droits humains.

L’AMA en appelle à la reconnaissance effective du droit à la manifestation pacifique ainsi que le droit à la grève sans violences ni répressions.

Nous faisons incomber toute la responsabilité de la continuation de la spoliation des terres collectives des tribus amazighes, au Maroc, au gouvernement et au parlement marocains qui sont habilités à modifier les lois, qui remontent à la période coloniale, et qui permettent la spoliation et l’expropriation dans les différentes régions.


2. Au niveau de la Libye L’Assemblée Mondiale Amazighe dénonce l’option de ceux qui, au sein du Congrès National Libyen, œuvrent pour l’élaboration d’une constitution non démocratique qui exclut les Amazighs et qui institue le racisme et la ségrégation à l’encontre la langue, de la culture et des populations amazighes en consacrant les lois foncièrement discriminatoires promulguées par le régime déchu et qui considèrent la Libye comme étant un État « arabe » avec pour seule et unique langue « l’arabe », et ce en opposition avec la réalité libyenne caractérisée par la pluralité au même titre que tous les États de Tamazgha.

Nous réaffirmons notre soutien au Conseil Supérieur des Amazighs de Libye et à toutes les organisations amazighes de Libye qui œuvrent pour l’instauration des droits linguistiques et culturels amazighs en général et ce sans amputation. Nous appelons également les Amazighs de Libye, avec leurs différentes organisations et conseils locaux à l’union, en ce moment décisif de leur histoire, dans l’intérêt de tous les Amazighs de Libye et de tous les Libyens, en œuvrant pour l’adoption d’une constitution démocratique élaborée avec le consentement de toutes les parties, en s’appuyant sur les principes démocratiques et les pactes internationaux des droits de l’homme et des peuples.

3. Au niveau de la Tunisie

Nous saluons le respect du gouvernement tunisien quant au droit des Amazighs à donner des prénoms amazighs à leurs enfants. Mais, en revanche, nous dénonçons l’omission totale de la pluralité culturelle en Tunisie, dans le dialogue relatif à la constitution du pays, ainsi que le refus de la constitutionnalisation des instances amazighes.

Nous demandons au gouvernement et à l’État tunisien ainsi qu’aux différentes composantes politiques du pays de veiller au respect obligatoire des droits culturels, linguistiques, économiques, sociaux et politiques des Amazighs dans la future constitution du pays en évitant la reproduction d’un État arabiste raciste, à un moment où les mirages du nationalisme « arabe » agonisent.

Nous insistons sur notre soutien aux Amazighs de Tunisie, selon nos moyens, et nous appelons tous les Amazighs de Tamazgha à les soutenir et à œuvrer de façon à attirer l’attention des organisations régionales et internationales quant à leurs souffrances. Par ailleurs, nous nous réjouissons du travail militant des associations et des militants amazighs en Tunisie.

4. Au niveau de l’Azawad et du reste du pays des Touaregs En ce qui concerne la garantie des droits des Amazighs touaregs, nous insistons sur la nécessité de création d’États démocratiques au Mali, au Niger et en Algérie qui assurent et garantissent le droit à l’autonomie du peuple touareg, dans son ensemble, auprès des autres ethnies, dans ces États.

Nous demandons une enquête en ce qui concerne les crimes commis par les armées malienne et française contre les citoyens touaregs et en appelons au soutien humanitaire nécessaire aux millions de réfugiés touaregs et autres dans les pays voisins, particulièrement la Mauritanie, le Burkina-Faso et le Niger.

Nous appelons le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) à rester attentif et vigilant dans ses relations avec la France ainsi que certains régimes en Afrique du nord et dans le Sahel. De même que nous réaffirmons la nécessité de la prise en considération de l’intérêt supérieur de tous les touaregs et des autres ethnies de l’Azawad ainsi que la mise en œuvre du droit à l’autonomie des peuples touaregs, dans le respect de la déclaration universelle des droits des peuples autochtones et des autres instruments internationaux pertinents. Nous saluons le refus du MNLA de participer aux élections commandées par la France, alors même que les réfugiés en Mauritanie, au Burkina Faso et au Niger vivent un véritable désastre humanitaire et que le problème de l’autonomie de l’Azawad n’est pas réglé.

Un appel est lancé à l’intention des Nations Unies, de l’Union Européenne et des Etats démocratiques en attirant leur attention sur la situation critique des réfugiés de l’Azawad, qui exige une attention et une prise en charge humanitaire urgente.

5. Au niveau de l’Algérie

Nous relevons avec force regret que le régime algérien poursuit sa politique raciste envers les Amazighs dans toutes les régions du pays en dépit des changements qu’ont connu les pays de Tamazgha et nous dénonçons l’enseignement de forme de l’amazighe dans quelques régions uniquement d’Algérie. Nous dénonçons la non intégration effective de l’amazighe dans les médias et dans le reste des institutions de l’État algérien. En outre, nous condamnons l’interdiction des prénoms amazighs ainsi que le discours officiel visant une réglementation raciste de ces prénoms.

La langue amazighe doit être inscrite dans la constitution en tant que langue officielle et recevoir une mise en œuvre effective dans la vie et la politique du pays. L’État algérien est appelé à œuvrer sans tarder pour l’officialisation, l’unification et la mise en œuvre de la langue amazighe, sans concession. L’enseignement effectif de la langue amazighe doit se faire sur l’ensemble du territoire et en particulier dans les régions amazighophones, et son insertion dans les programmes scolaires en tant que langue obligatoire et non facultative.

Les autorités algériennes sont appelé fermement à mettre un terme à leurs pratiques discriminatoires, aux tortures, aux harcèlements sexuels et aux viols des détenus, en particulier mozabites, dans les geôles algériennes par la police. Il est exigé l’ouverture d’une enquête sérieuse pour les crimes contre l’humanité commis lors des évènements de Guerara – Ghardaïa, à l’encontre des mozabites par les forces de police et la traduction des responsables devant les tribunaux, ainsi que leurs sanctions.

Par ailleurs, il est réclamé la libération du jeune amazigh Mohamed Baba Nejar, prisonnier d’opinion et militant pour la préservation de l’identité amazighe mozabite. De même qu’il est exigé de mettre fin aux poursuites des affaires et dossiers préfabriquées à l’encontre des activistes et militants des droits de l’homme mozabites et autres. La vérité doit être faite sur les nombreux assassinats politiques des militants amazighs, dont Lounes Matoub, les 126 victimes du printemps noir et bien d’autres, avec traduction des coupables devant les tribunaux. L’AMA condamne le récent et odieux assassinat du jeune mozabite Mohamed Abderhamane, dans la ville de Guerara, dans la région de Ghardaïa. L’effusion de sang, ainsi que la politique de discrimination de l’État algérien à l’encontre des amazighs et plus particulièrement les Kabyles, les mozabites, les chaouis, les Touaregs et autres sont fermement dénoncés et condamnés. L’AMA appelle les Amazighs d’Algérie en Kabylie, au Mzab, et dans la Chaouia ainsi que les amazighes touaregs à coordonner leurs actions pour l’obtention de leurs droits légitimes et à œuvrer au renforcement de l’action militante amazighe tout en participant à toute initiative nationale pour la démocratisation du pays.

6. Au niveau des Iles Canaries Nous nous réjouissons de l’action militante des Amazighs canariens dans le domaine de la revalorisation de la langue et de la culture amazighes ainsi que la campagne d’écriture en alphabet Tifinagh des enseignes.

Nous demandons au gouvernement espagnol de répondre aux revendications des Amazighs des Iles Canaries, de reconnaître l’amazighe comme langue officielle des Iles Canaries et d’œuvrer pour enseigner l’amazighe en caractère Tifinagh.

7. Au niveau de la diaspora amazighe La diaspora amazighe hors Tamazgha, tout particulièrement celle résidant dans les pays démocratiques, est appelée à renforcer son adhésion à la cause amazighe, et se souder et à s’unir de façon à défendre ses droits légitimes ainsi que ceux des peuples de Tamazgha.

Les militants amazighs sont appelés à agir pour exiger que la langue amazighe soit incluse dans les programmes scolaires pour les résidents amazighs hors Tamazgha.

In fine, à l’approche du nouvel an amazigh, 2963, il est réclamé l’officialisation du nouvel an amazigh et sa déclaration comme jour férié dans toute Tamazgha. A l’issue de ses travaux, l’Assemblée Mondiale Amazighe a salué et apporté son soutien aux mouvements de libertés et marches pacifiques pour la dignité, l’égalité, la démocratie et les droits de l’homme, dans le monde d’une façon générale et dans Tamazgha en particulier.


Élections régionales françaises de mars 2010[modifier | modifier le code]

Pour la première fois, en tant qu'observateur, depuis août 2009, de la fédération Régions et peuples solidaires[3], partenaire de Europe Écologie, le Congrès mondial amazigh a obtenu un élu aux élections régionales françaises de 2010 en la personne de son président, Belkacem Lounes, élu au Conseil régional de Rhône-Alpes. Il figurait au premier tour en sixième position dans l'Isère, en tant qu'« animateur de Régions et peuples solidaires »" et au second tour en quinzième position sur la liste d'union de la gauche[4],[5],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]