Congrès d'Épinay

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Congrès d'Épinay
Image illustrative de l'article Congrès d'Épinay
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Date 11 au 13 juin 1971
Lieu Épinay-sur-Seine

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François Mitterrand
rejoint le PS et est élu premier secrétaire.

Premier secrétaire élu François Mitterrand
Vote sur les motions Motion Savary-Mollet : 34,00 %
Motion Mauroy-Defferre : 30,00 %
Motion Mitterrand : 15,00 %
Motion Poperen : 12,00 %
Motion Chevènement : 8,50 %
Motion Buron : 0,50 %

Le congrès d'Épinay est le nom courant donné, depuis 1971 au « congrès d'unification des socialistes », qui a eu lieu du 11 au au gymnase Léo-Lagrange de la ville d'Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Ce congrès voit François Mitterrand, nouvel adhérent du mouvement, en devenir habilement premier secrétaire sur ligne d'union de la gauche et candidat naturel à la prochaine élection présidentielle.

Bilan[modifier | modifier le code]

Ce congrès a permis un large regroupement de la famille socialiste (à l'exception du PSU), dans une optique de renouveau socialiste et d'union de la gauche. Déjà, en 1969, la « vieille maison » (expression de Léon Blum en 1920) SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière) avait laissé la place au « NPS » (Nouveau Parti socialiste) au congrès d'Alfortville, avec pour symbole le poing et la rose.

Le congrès d'Épinay a vu arriver la Convention des institutions républicaines (CIR), regroupement de clubs (Club des Jacobins, Démocratie et Université, etc.) présidé par François Mitterrand et une fraction non négligeable de militants issus du « courant chrétien » (notamment de la CFDT). Les délégués étaient au nombre de 957 dont 800 socialistes et 97 conventionnels.

François Mitterrand est élu à cette occasion Premier secrétaire du nouveau parti, avec comme mandat pour l'ensemble de la direction (collégiale) de devoir préparer les bases d'un accord de gouvernement avec le Parti communiste français (PCF), ce qui sera fait l'année suivante avec le Programme commun de gouvernement d'union de la gauche, qui sera signé entre le PS (représenté par son premier secrétaire, François Mitterrand), le PCF (représenté par son secrétaire général, Georges Marchais) et le Mouvement des radicaux de gauche (MRG, représenté par son président, Robert Fabre).

Pierre Mauroy devient secrétaire à la coordination, officieux numéro 2 du parti. « Seul le Ceres votera contre moi, signifiant déjà son ambition.»[1]

Chronologie du Congrès[modifier | modifier le code]

Vendredi 11 juin[modifier | modifier le code]

Après les mots de bienvenue des hôtes du maire Gilbert Bonnemaison, et du secrétaire de la fédération départementale de Seine-Saint-Denis Marcel Debarge, Nicole Questiaux, présente le rapport de la délégation nationale chargée de l'organisation du congrès. Le projet de règlement intérieur du congrès est ensuite adopté à l'unanimité moins deux voix et une abstention.

Après-midi, la séance est placée sous la présidence de Jean Baboulène. Le premier secrétaire Alain Savary ouvre le débat d’orientation jusqu'à 20h05, puis se poursuit en nocturne jusqu'à 23h30.

Samedi 12 juin[modifier | modifier le code]

Pierre Joxe présente le rapport de la commission des structures, chargée de rédiger les statuts du parti, qui a choisi le nom « Parti Socialiste » (22 voix sur 34, 11 voix pour « nouveau parti socialiste »). L’article 2 entérine l'adhésion à l'Internationale socialiste comme proposé par Robert Verdier. Les débats sont vifs quant au mode de désignation des membres du comité directeur, décisif pour le contrôle du nouveau parti.

  • La commission dirigée par Pierre Joxe propose de conserver le « statu quo majoritaire » (élection à la majorité et garantie de représentation des minorités), système adopté par la SFIO depuis 1963 et conservé par le nouveau PS en 1969.
  • la majorité sortante (Savary-Mollet) propose d’appliquer la proportionnelle intégrale dès lors qu’une des motions en présence obtient la majorité (ce n’est pas le cas à Épinay) et, dans le cas contraire, une proportionnelle aménagée : la motion arrivée en tête obtient dans un premier temps ce que lui donnerait la proportionnelle intégrale, les autres motions dépassant le seuil de 10 ou 15 % (seuil laissé en suspens) se voyant attribuer les 3/4 des places que leur auraient données la proportionnelle, le reste allant à la motion arrivée en tête.
  • Le CERES défend la proportionnelle au vote indicatif avec barre à 5 %.

Le vote a lieu après débat entre scrutin majoritaire et la proposition du CERES, cette dernière l'emportant (et étant toujours en vigueur). Ce premier vote est aussi un premier revers pour la direction Savary. L'adoption des statuts se poursuit après le déjeuner. Puis reprise du débat d'orientation avec notamment les interventions de Jean Poperen et Jean-Pierre Chevènement.

Dimanche 13 juin[modifier | modifier le code]

Sous la présidence de Georges Fillioud, les ténors font leur intervention pour clore le débat d'orientation : Pierre Mauroy, François Mitterrand, Guy Mollet[2], Georges Sarre, Robert Buron. Les votes interviennent ensuite. Selon les statuts juste adoptés, l'élection des membres du comité directeur à la proportionnelle donne la victoire à l'alliance entre les motions R, L et P (Mauroy, Mitterrand et CERES) par 51,26 % des mandats contre 48,73 % et fait de facto de Mitterrand le premier secrétaire du PS[3]. Le débat s'est focalisé sur la question de l'alliance éventuelle avec le Parti communiste français. La première coalition prônait un accord avec le PCF reposant sur l'élaboration d'un programme de gouvernement, alors que la seconde posait en préalable l'instauration d'un dialogue idéologique avec lui. Le congrès mandate sa nouvelle direction pour préparer un accord de gouvernement avec le PCF.

Jean-Pierre Chevènement dit[4]:

« Le coup passa très près : le texte Mitterrand obtenait 43 926 voix et celui d’Alain Savary 41 757. Il y avait 3 925 abstentions et 1 028 absents. Il est clair que la fraction la plus anticommuniste du parti s’était finalement dérobée, refusant de voter un texte si manifestement contraire à sa pensée. Il eût suffi de peu de choses, au total, pour inverser le résultat ! »

Résultats des motions[5][modifier | modifier le code]

Les motions de Mauroy, Defferre, Mitterrand et Chevènement (49,10 %) ont formé une majorité face à celles de Savary, Poperen et Mollet (46,60 %).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]