Congo Square

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"The Dance in Place Congo" par E.W. Kemble.
Vue de Congo Square à La Nouvelle-Orléans.

Congo Square (en français : Place Congo), est un jardin public attenant au vaste parc Louis Armstrong situé sur la rue du Rempart qui délimite l'ancien quartier français du Vieux carré de celui de Tremé à La Nouvelle-Orléans en Louisiane.

Congo Square est un site historique qui a marqué l'histoire de l'esclavage à l'époque de la Louisiane française, puis de l'État de Louisiane après la vente de la Louisiane par Napoléon 1er aux États-Unis.

Au XVIIIe siècle ce lieu se dénommait "Place publique" ou "Place des Nègres", puis "Place Congo", car c'était le lieu où se tenait le marché aux esclaves, juste à la limite de la ville portuaire de La Nouvelle-Orléans. Les esclaves africains y chantaient des chants de souffrances et d'espoir. Ce quartier, qui prit le nom de Tremé, fut un des berceaux de la musique afro-américaine. La révolution haïtienne renforça cette évolution, avec l'immigration des réfugiés français de l'île de Saint-Domingue (certains apportant leurs propres esclaves). La Nouvelle-Orléans reçut des milliers d'Africains supplémentaires et créoles dans les premières années du XIXe siècle. Ils ont renforcé les traditions africaines dans la ville, tant sur le plan musical comme dans d'autres domaines. De nombreux visiteurs ont été surpris par les danses de style africain et la musique, telles que les bamboulas et les lamentations des banjos. Parmi ces visiteurs témoins de cette atmosphère musicale, l'architecte Benjamin Henry Latrobe qui relata dans son journal sa fascination de voir danser sur cette Place Congo, plus d'un demi-milliers d'esclaves en toute liberté et sans débordement, ni encadrements de gens d'armes ou de milices armées. Le dessinateur américain E.W. Kemble immortalisa les danses endiablées des esclaves noirs. Le compositeur français Louis Moreau Gottschalk, lors de sa tournée américaine, s'inspira des rythmes musicaux entendus Place Congo pour certaines de ses futures compositions.

La période de la Guerre de Sécession mit un terme provisoire à ce défoulement musical populaire.

Avec l'abolition de l'esclavage, vers la fin du XIXe siècle, les Afro-Américains revinrent chanter et danser sur la Place Congo devenue la Place Beauregard en l'honneur de Pierre Gustave Toutant de Beauregard. Néanmoins les Afro-Américains continuèrent à désigner leur lieu de retrouvailles musicales "Place Congo". Les danses et musiques improvisées laissaient la place à des petits groupes musicaux mieux organisés avec une palette d'instruments de musique appropriés. Les premiers concerts de jazz furent donnés dans ce lieu public. Les rassemblements hebdomadaires musicaux à Congo Square sont devenus célèbre pour les visiteurs venus d'ailleurs aux États-Unis.

En 1920, la municipalité de La nouvelle-Orléans fit édifier un auditorium donnant sur Congo Square.

À partir de 1970, la Ville a organisé, chaque année, le New Orleans Jazz & Heritage Festival sur Congo Square.

Les musiques de jazz et de R'n'B résonnent régulièrement à cet endroit. Des musiciens ou chanteurs rendent hommages à ce lieu chargé d'histoire, comme la chanteuse Amel Larrieux qui chanta une chanson intitulée "Congo".

Anecdote[modifier | modifier le code]

Depuis 2011, l'association bordelaise JINPROD rend hommage à ce lieu et à la musique de La Nouvelle-Orléans en organisant, dans le cadre des journées européennes du patrimoine, le Festival Bordeaux Congo Square. http://www.jinprod.com/bordeauxcongosquare/

Bibliographie : Congo Square, Racines africaines de La Nouvelle-Orléans, Freddi Williams Evans, éditions La Tour verte, 2012.