Guerre civile sud-soudanaise

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Guerre civile sud-soudanaise
Carte du Soudan du Sud
Carte du Soudan du Sud
Informations générales
Date 14 décembre 2013
Lieu Drapeau du Soudan du Sud Soudan du Sud
Issue
Belligérants
Drapeau du Soudan du Sud Soudan du Sud
Drapeau des Nations unies MINUSS
Drapeau de l'Ouganda Ouganda
Soutenus par :
Drapeau du Soudan Soudan[1]
Flag of the SPLA (2011 to present).svg Mutins de l'Armée populaire de libération du Soudan
Flag of the South Sudan Liberation Movement.svg Mouvement de libération du Soudan du Sud
Armée blanche
Commandants
Drapeau du Soudan du Sud Président Salva Kiir
Drapeau des Nations unies Hilde Frafjord Johnson
Drapeau du Soudan du Sud Vice-président James Wani Igga
Drapeau du Soudan du Sud Ministre de la Défense Kuol Manyang Juuk
Drapeau de l'Ouganda Yoweri Museveni
Drapeau du Soudan du Sud Riek Machar
Drapeau du Soudan du Sud Pagan Amum
Drapeau du Soudan du Sud Peter Adwok
Drapeau du Soudan du Sud Rebecca Garang
Flag of South Sudan Liberation Movement.gif Peter Gadet
Forces en présence
Rebelles : entre 4 000 et 7 000[2] à Bor (selon le gouvernement sud-soudanais)
Armée blanche : 25 000[3]
Au moins 10 000 déserteurs de l'APLS[4]
Pertes
Presque 10 000 tués[5]
800 blessés
500 000 déplacés[6]

La guerre civile sud-soudanaise est un conflit armé opposant depuis le 15 décembre 2013, au Soudan du sud, les partisans du président Salva Kiir et ceux du vice-président Riek Machar. Cette rivalité fait resurgir d'anciennes dissensions entre les différents clans du Mouvement populaire de libération du Soudan, l'ancienne rébellion qui mena le pays à l'indépendance en 2011, sur fond de rivalité ethnique : d'un côté les Dinkas (ethnie majoritaire de Salva Kiir) et de l'autre les Nuers (ethnie de Riek Machar)[7].

Contexte et causes[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Le 15 décembre 2013, des combats éclatent dans la capitale Djouba, entre les partisans de Salva Kiir et ceux de Riek Machar.

Le 16 décembre, le président Kiir annonce qu'un coup d'État a été déjoué. Au soir du 17 décembre, les affrontements ont déjà fait 73 victimes. Dix personnes sont arrêtées, parmi lesquelles huit anciens ministres du gouvernement limogé en juillet. Cependant Riek Machar, « en fuite », est recherché, tout comme quatre autres importantes figures politiques sud-soudanaises[8],[9]. Les Occidentaux décident d'évacuer leurs ressortissants. Plusieurs rotations d'avions américains puis britanniques, allemands et italiens sont mobilisées à partir du 20 décembre 2013[10]. L'ONU déclare avoir découvert au moins un charnier et annonce que 200 000 Sud-Soudanais ont déjà été déplacés par le conflit[11],[2]. De leur côté, des groupes du MPLS ont appelé, dans une déclaration, les forces de sécurité à « agir avec retenue » afin que le conflit ne prenne pas une dimension ethnique[12].

Le 19 décembre, les soldats de Riek Machar capturent la ville stratégique de Bor, contraignant les compagnies pétrolières China National Petroleum Corporation, Oil and natural gas corporation et Petronas à cesser leur activité au Soudan du Sud et leurs 200 employés à trouver refuge dans un complexe de l'ONU à Bentiu pour être évacués[13]. Le 24 décembre, le gouvernement sud-soudanais affirme avoir repris Bor[14], mais le 2 janvier les rebelles reprennent à nouveau la ville, l'armée ayant effectué une « retraite tactique » selon les autorités du pays[15]. Le 5 janvier, un général de l'armée sud-soudanaise est tué dans une embuscade[16].

Le 7 janvier, le Soudan et le gouvernement sud-soudanais se sont mis d'accord sur la nécessité de sécuriser les champs de pétrole[1].

Le 10 janvier, le gouvernement sud-soudanais annonce que l'armée régulière a repris la ville clé de Bentiu, dans la région pétrolifère du nord du pays, à la suite de combats acharnés qui ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir la région. Un porte-parole du président Salva Kiir déclare que la ville est « désormais sous notre contrôle »[17].

Le 18 janvier, l'armée gouvernementale affirme avoir repris le contrôle de Bor et deux jours plus tard, le 20 janvier, le village stratégique de Malakal après une semaine de combats urbains[18].

Le 23 janvier, gouvernement et rebelles se mettent d'accord sur les termes d'un cessez-le-feu signé à Addis-Abeba, capitale de l'Éthiopie, effectif le 24 janvier et qui prévoit entre autres la libération de onze proches de Riek Machar[19],[20]. Malgré sa signature, un porte-parole des rebelles affirme le 26 janvier que les forces gouvernementales ont attaqué des positions rebelles dans l'Unité et le Jonglei, de son côté le gouvernement accuse les rebelles d'avoir attaqué l'armée[21].

Le 2 février, un porte-parole des rebelles affirme que l'armée a repris le contrôle de Leer dans l'État de l'Unité, ville natale du dirigeant rebelle Riek Machar[22].

En date du 10 février, les négociations pour un accord de paix en Éthiopie sont toujours infructueuses[23], alors que quelques jours plus tôt 700 soldats de l'armée gouvernementale ont déserté et rejoint les rangs rebelles avec leur équipement et véhicules[24].

Le 18 février, un porte-parole de l'armée sud-soudanaise, le colonel Philip Aguer, déclare que les combats ont repris après que les forces rebelles aient attaqué la ville de Malakal (ville pétrolière et capitale de l'État du Nil Supérieur[25]).

Article détaillé : Bataille de Bentiu.

Le 15 avril, les rebelles s'emparent de Bentiu et massacrent plusieurs centaines de civils[26].

Dans un rapport publié début mai 2014, la Mission de l'ONU dans le pays (Minuss) affirme que des crimes contre l'humanité ont vraisemblablement été commis au Soudan du Sud[27]

Le 9 mai a lieu en Éthiopie une rencontre entre Salva Kiir et Riek Machar pour y signer la fin des combats dans les 24 heures ; ce cessez-le-feu se conclue après des pressions américaines et des menaces de sanctions de l'ONU. Il est pourtant violé dès le début de la semaine suivante. La guerre a à ce moment fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacés 1,2 millions de Soudanais, lesquels sont par ailleurs menacés de famine[28].

Le 11 juin, Kiir et Machar se mettre d'accord sur le fait d'entamer des discussions sur la formation d'un gouvernement de transition. Les pourparlers doivent durer 60 jours et les parties sont tenues de s'abstenir de combat au cours de cette période[29]. Cependant, les deux parties ont boycotté les pourparlers[30], et le 16 juin, des violations du cessez-le-feu sont signalées[31].

En août 2014, une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU rencontre Salva Kiir à Juba, puis s'entretient avec Riek Machar en visio-conférence. Mais la délégation se montre pessimiste quant à un accord de paix rapide[32].

Réactions internationales[modifier | modifier le code]

  • Drapeau des États-Unis États-Unis : le président américain Barack Obama a averti que son gouvernement « n'excluait pas de prendre des mesures et d'intervenir au Sud-Soudan, un pays au bord de la guerre civile », une annonce qui vient après que quatre soldats américains ont été blessés après que leur avion a été touché alors qu'il évacuait des ressortissants américains des zones de combat le 21 décembre[33].
  • Drapeau du Soudan Soudan : le président soudanais Omar el-Béchir a déclaré qu'il « devrait y avoir la paix et la sécurité au Soudan du Sud[1] ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Sudan and S Sudan agree to protect oilfields, Al Jazeera, 4 janvier 2014
  2. a et b (en) UPDATE 1-South Sudan army advances on rebel towns before peace talks, Reuters, 2 janvier 2014
  3. (en) South Sudan forces battle "White Army", The Daily Star, 29 décembre 2013
  4. (en) South Sudan's army advances on rebels in Bentiu and Bor, BBC News, 10 janvier 2014
  5. (en) New Estimate Sharply Raises Death Toll in South Sudan, The New York Times, 9 janvier 2014
  6. (en) South Sudan President Salva Kiir hits out at UN, BBC News, 21 janvier 2014
  7. Gérard Prunier, « Au Soudan du Sud, l’écroulement des espoirs démocratiques : Luttes de pouvoir dans le plus jeune État du continent africain », Le Monde diplomatique,‎ février 2014 (lire en ligne)
  8. Soudan du Sud : les vieux démons resurgissent - article du Point du 17 décembre 2013
  9. Soudan du Sud: 73 morts dans les affrontements à Juba - Article Libération du 17 décembre 2013
  10. Transall allemand et C130 italien mobilisés au Sud Soudan. Last call de Londres. Nicolas Gros-Verheyde, Bruxelles2, 22 décembre 2013
  11. Soudan du Sud: en plein effort de médiation, Juba accuse Machar de mobiliser, Libération, 28 décembre 2013
  12. (en) Sudan: Pro-SPLM Youth Group Condemns 'Coup Attempt', allAfrica, 17 décembre 2013
  13. (en) Oil workers at South Sudan U.N. base expected to be evacuated: U.N., Reuters, 19 décembre 2013
  14. (en) S. Sudan president says government troops retake key town, The Daily Star, 24 décembre 2013
  15. (en) South Sudan rebels seize key town of Bor, Word Bulletin, 1er janvier 2014
  16. (en) South Sudan general killed in ambush, BBC News, 5 janvier 2014
  17. S. Sudan army says wins back oil-producing state's capital S. Sudan army says wins back oil-producing state's capital, The Daily Star, 10 janvier 2014
  18. (en) South Sudan army wrests back last key town, TheDailyStar, 20 janvier 2014
  19. (en) South Sudan government, rebels sign ceasefire, TheDailyStar, 23 janvier 2014
  20. (en) South Sudan, rebels reach cease-fire after weeks of fighting, CNN, 24 janvier 2014
  21. (en) South Sudan fighting despite cease-fire, TheDailyStar, 26 janvier 2014
  22. (en) S. Sudan rebels report attacks by government forces, The Daily Star, 2 février 2014
  23. (en) S.Sudan rebels say they will boycott latest peace talks, The Daily Star, 10 février 2014
  24. (en) South Sudan rebels claim 700 government troops defect, The Daily Star, 6 février 2014
  25. (en) Fresh fighting breaks out in South Sudan, TheDailyStar, 18 février 2014
  26. RFI : Soudan du Sud: des « centaines » de civils massacrés par les rebelles
  27. « Soudan du Sud : des crimes contre l'humanité commis », Le Figaro, vendredi 9 mai 2014, page 5.
  28. « Soudan du Sud : l'accord de cessez-le-feu déjà violé », Le Figaro, lundi 12 mai 2014, page 8.
  29. South Sudan Peace Talks Reach Apparent Breakthrough Wall Street Journal, 11 juin 2014
  30. S Sudan's warring sides boycott peace talks Al Jazeera, 17 juin 2014
  31. South Sudan: AUPSC Condemns Violation of South Sudan's Ceasefire Deal Sudan Tribune, 16 juin 2014
  32. « Soudan du sud : le Conseil de sécurité pessimiste quant à un accord de paix », sur France 24,‎ 12 août 2014
  33. (es) Obama estudia intervenir en África, El Pais, 24 décembre 2013