Confédération des syndicats chrétiens

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Confédération des syndicats chrétiens

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Cadre
Forme juridique Syndicat
Zone d’influence Drapeau de la Belgique Belgique
Fondation
Fondation 1912
Identité
Siège Bruxelles
Président Marc Leemans
Affiliation européenne Confédération européenne des syndicats
Affiliation internationale Confédération syndicale internationale
Membres 1 700 000 revendiqués
(en 2010)
Site web www.csc-en-ligne.be

La Confédération des syndicats chrétiens, ou CSC (nl: Algemeen Christelijk Vakverbond, ou ACV), est le syndicat majoritaire en Belgique, position encore confirmée par les résultats des élections sociales 2008. Le syndicat est national.

Sa présidence est occupée par Marc Leemans depuis 2012. Son secrétaire général nommé en février 2014 est Marie-Hélène Ska.

La CSC est membre de la Confédération européenne des syndicats (CES) et de la Confédération syndicale internationale (CSI)[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Son origine remonte au XIXe siècle, dans la foulée de la révolution industrielle. À cette époque, les conditions de travail sont épouvantables. C'est dans ce contexte que naîtra le syndicalisme chrétien.

Le 4 mars 1857 est créée à Gand la Broederlijke Maatschappij der Wevers (Association fraternelle des tisserands) et un mois plus tard la Maatschappij der Noodlijdende Broeders (Association des frères dans le besoin). Ces premiers syndicats adoptent une attitude modérée et se concentrent sur la défense d'intérêts purement professionnels. Ils sont ouverts à tous les ouvriers, quelles que soient leurs convictions politiques ou philosophiques.

Très rapidement, une minorité radicale se rallie aux idées socialistes montantes, qui prônent la lutte des classes pour atteindre l'égalité et la justice. Ceux qui ne se rallient pas à leurs conceptions vont fonder en décembre 1886, l'Antisocialistische Katoenbewerkersbond (ligue anti-socialiste des ouvriers du coton). Leur stratégie est la collaboration entre les classes plutôt que la lutte des classes.

Dans d'autres professions aussi, les ouvriers commencent à s'organiser. La bourgeoisie catholique et la hiérarchie de l'Église voulaient rassembler patrons et travailleurs en une seule association. Naissent ainsi de nombreuses sections professionnelles mixtes au sein de guildes et de cercles ouvriers patronnés par la bourgeoisie. Mais, progressivement, les associations professionnelles mixtes cèdent la place à de véritables syndicats indépendants, regroupant uniquement des ouvriers. Ce processus atteint vers 1900 un point de non-retour. Le mouvement syndical chrétien peut alors véritablement démarrer.

En 1904, sous l'impulsion d'un jeune dominicain, le père Rutten, le Secrétariat général des unions professionnelles chrétiennes est mis en place. De nombreux syndicats voient le jour. Alors qu'en 1904, on compte cent quinze syndicats chrétiens groupant au total quinze mille membres. En 1914, ils sont au nombre de mille cent groupant cent vingt mille membres.

En décembre 1908 naît le (Vlaams) Verbond der Christene Beroepsverenigingen (Ligue flamande des unions professionnelles). En juin 1909, la Confédération des syndicats chrétiens et libres des provinces wallonnes voit le jour. En juin 1912, on décide de fusionner les deux fédérations régionales en une seule confédération nationale, la Confédération générale des syndicats chrétiens et libres de Belgique (en néerlandais Algemeen Christelijk Vakverbond). Gustaaf Eylenbosch devient le premier président de la CSC[2].

Valeurs[modifier | modifier le code]

Depuis sa création, la CSC a toujours fondé son action sur des valeurs essentielles: la solidarité et la défense des intérêts individuels et collectifs de la personne. Ces valeurs ne changent pas, mais la manière dont elles sont mises en œuvre dans le mouvement syndical doit se renouveler et s’adapter aux évolutions de la société et du monde du travail.

En 1994, la CSC a consacré un congrès au thème "Un syndicat de valeur(s)". Elle y a défini la manière syndicale de répondre aux mutations de l’économie et de la société. Le Congrès s’est appuyé sur un large débat préalable avec les militants et a dégagé un ensemble de valeurs fondamentales. La CSC veut les traduire chaque jour dans l’action syndicale en entreprise et au niveau interprofessionnel:

  • Le syndicat a pour objectif de défendre chaque personne. Chacun doit être respecté. La CSC mène un combat permanent pour plus d’égalité entre tous et toutes, sans distinction d’origine, ni de nationalité. Ces idées sont en totale opposition avec les théories de l’extrême droite qui n’ont pas de place dans le mouvement syndical.
  • Le travail est une nécessité pour la survie de l’être humain et la pérennité de la société. Il doit s’inscrire dans une démocratie sociale et économique.
  • Mais il n’y a pas que le travail qui compte. Les travailleurs doivent être défendus dans bien d’autres domaines importants pour une société équitable: l’environnement, la mobilité, la garde des enfants, l’enseignement et la formation, la fiscalité équitable... La CSC y est active et prend part aux grands débats sur ces thèmes.
  • La justice doit offrir à chacun et à chacune des chances égales.
  • La solidarité entre tous les groupes de travailleurs est indispensable pour constituer un contre-pouvoir syndical. Un élément-clé de cette solidarité est la coopération entre toutes les centrales, avec d’autres syndicats en Belgique et à l’étranger. La CSC œuvre donc au sein d’organisations internationales comme la Confédération européenne des syndicats et la Confédération syndicale internationale[1].

Missions[modifier | modifier le code]

En 2003, le conseil général de la CSC, s’appuyant sur le travail du congrès de 1994, a redéfini les missions que la CSC s’assigne pour défendre et promouvoir ses valeurs.

1. La CSC défend les intérêts de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses, quel que soit leur statut, qu’ils soient actifs ou non-actifs, dans les entreprises, les services, les institutions ainsi que dans l’ensemble de la société.

2. La CSC unit en un seul mouvement syndical les travailleurs sur leur lieu de travail et là où ils habitent. Les travailleurs y adhèrent librement et paient une cotisation.

3. La CSC œuvre dans un esprit de solidarité pour:

  • l’émancipation et l’épanouissement de tous les travailleurs;
  • une société meilleure et plus juste;
  • un développement durable (économique, social, environnemental).

4. La CSC défend les intérêts individuels et collectifs de ses membres dans les domaines du travail, du revenu, de la protection sociale et de la qualité de vie.

5. La CSC est un syndicat libre et indépendant vis-à-vis des organisations patronales, des institutions économiques et financières et du monde politique. Elle est un contre-pouvoir constructif qui a pour objectif une société solidaire et démocratique, non seulement sur le plan politique mais aussi et tout autant sur les plans social, économique et culturel.

6. La CSC est un syndicat de valeurs axé d’abord sur l’humain et la dignité de la personne et non sur les structures. La CSC est centrée sur les valeurs que sont le travail, le partage, le bien public, la participation, la tolérance, l’égalité, la solidarité internationale. La CSC adopte des positions faisant référence aux conceptions chrétiennes tout en s’ouvrant aux personnes ayant d’autres conceptions de la vie ou convictions religieuses.

7. La CSC est un syndicat d’action et de combat s’appuyant sur:

  • l’information et la sensibilisation;
  • la concertation autant que possible;
  • l’action autant que nécessaire.

8. La CSC est un syndicat représentatif de ses membres, un syndicat pour et à travers ses membres, développant son action sur les lieux de travail et dans les sections locales. La CSC est une organisation de masse grâce à son service de qualité et à son action en tant que mouvement.

9. La CSC est une organisation démocratique mettant l’accent sur:

  • la consultation et la participation à la formulation de positions, aux actions et aux processus décisionnel;
  • la communication interne et externe.

10. La CSC est un syndicat fort, doté d'un corps de militants et militantes et d’un personnel compétents.

La CSC se distingue par:

  • sa vision du travail, de la personne et de la société;
  • ses conceptions d’inspiration chrétienne;
  • son unité d’action professionnelle et interprofessionnelle;
  • sa solidarité interne;
  • l’existence d’une caisse de résistance centrale;
  • la qualité de la formation de ses militants et militantes;
  • son engagement en faveur des personnes défavorisées et de l’égalité des chances;
  • sa coopération avec les syndicats libres dans le tiers-monde[3].

Structure[modifier | modifier le code]

Yves Leterme en 2006

L'organisation la CSC s'appuie sur deux piliers: le pilier professionnel (centrales) et le pilier interprofessionnel (fédérations). L'affiliation de chaque membre est fondée sur deux critères: son lieu de travail et son domicile. L'action syndicale dans l'entreprise relève du pilier professionnel et l'action syndicale sur le plan local relève du pilier interprofessionnel. On peut être militant dans l'entreprise et sur le plan local. De ce fait, la CSC possède une structure fédérale interprofessionnelle plus forte que les autres organisations syndicales[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b www.csc-en-ligne.be
  2. "Connaître la CSC", "Syndicaliste" n°677 du 10 mars 2008, CSC, Bruxelles, p. 6.
  3. "Connaître la CSC", "Syndicaliste" n°677 du 10 mars 2008, CSC, Bruxelles, p. 12.
  4. "Connaître la CSC", "Syndicaliste" n°677 du 10 mars 2008, CSC, Bruxelles, p. 20.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • "Connaître la CSC", "Syndicaliste" n°677 du 10 mars 2008, CSC, Bruxelles.
  • Étienne Arcq & Pierre Blaise, « Les organisations syndicales et patronales » dans Dossier du CRISP, n° 68, CRISP, Bruxelles, 2007 (ISBN 978-2-87075099-5)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]