Confédération française des travailleurs chrétiens

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Confédération française des travailleurs chrétiens

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Cadre
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation novembre 1919
Identité
Siège 128, avenue Jean Jaurès
93500 Pantin
Président Philippe Louis
Secrétaire général Pascale Coton
Affiliation européenne Confédération européenne des syndicats
Affiliation internationale Confédération syndicale internationale
Membres 142 000 adhérents revendiqués
Slogan La Vie à défendre
Site web www.cftc.fr/ / CFTC.tv

La Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) est un syndicat de salariés français se référant lors de sa fondation en 1919 à la doctrine sociale de l'Église. Depuis 1947, elle s'inspire de la Morale sociale chrétienne.

Elle a été reconnue « représentative » par un décret interministériel de 1966, au même titre que la CFDT, la CFE-CGC, la CGT et la CGT-FO (présomption irréfragable).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le syndicalisme chrétien naît sous la forme d'une « Association des jeunes ouvriers », fondée par Maurice Maignen en 1855, qui devient en 1865 le « Cercle des jeunes ouvriers », plus connu sous le nom de Cercle Montparnasse, sis au 126, boulevard du Montparnasse[1]. En 1871, après le drame de la Commune de Paris, le comte Albert de Mun s'appuie sur ce cercle pour créer une association nationale, l' Œuvre des cercles catholiques d’ouvriers, appelée aussi les « cercles ouvriers », qui comptait 375 cercles en France en 1878.

Le , l'abrogation de la Loi Le Chapelier par la loi Waldeck-Rousseau légalise les syndicats, ce qui permet la création dès 1886 du Syndicat des journalistes français, sous le nom de "Corporation des publicistes chrétiens". Son fondateur est Victor de Marolles, directeur du journal de l’Œuvre des cercles catholiques d’ouvriers. L'année suivante voit la naissance du Syndicat des employés du commerce et de l'industrie, uniquement masculin, regroupant 18 militants de l'Oeuvre, le . Présidé par Paul Baé, il s'installe rue des Petits Carreaux à Paris, où il ouvre un restaurant ouvrier[2]. Quatre plus tard, il lance son propre journal L'employé puis se structure en 1894 autour de 4 groupes : employés administratifs, tissus, employés aux écritures et bâtiment. Au même moment apparaissent, hors de la sphère chrétienne, la Fédération nationale des syndicats, ancêtre de la CGT, en 1886 et la Bourse du Travail de Paris en 1887.

Après l'intense effort industriel de la Première Guerre mondiale, les syndicats chrétiens nés en 1886-1887 sont à l'initiative de la fondation de la CFTC les 1er et [2]. Au début de l'année, il n'y a encore qu'un peu plus de 5000 adhérents et trois fédérations : l'enseignement libre, les cheminots et les employés, auxquelles s'ajoutent deux fédérations de syndicats exclusivement féminins[3], dont l'Union des Syndicats libres féminins[4]. Le mot d'ordre de la nouvelle CFTC est « la paix sociale ». Elle regroupe 321 syndicats et se réclamant de l’encyclique Rerum Novarum..

L'objectif est de contrer la toute-puissance de la CGT dans le milieu ouvrier. La Fédération des Syndicats indépendants d'Alsace et de Lorraine, menée par le Mulhousien Camille Bilger (1879-1947), Léon Adolf et Jean Keppi prend une part prépondérante dans la création du nouveau syndicat, en apportant ses 21 000 membres, essentiellement dans le textile et les mines. Constituée en 1920, la CFTC regroupe désormais 578 syndicats et 156 000 membres, dont 43 000 employés, 35 000 cheminots.[réf. nécessaire]

La CFTC est la première organisation nationale à proposer une autre voie syndicale que celle fondée sur les analyses marxistes ou anarcho-syndicalistes. Le fond idéologique du christianisme social lui procure une autonomie et une légitimité que d'autres organisations syndicales non socialistes, comme le syndicalisme jaune, ne peuvent acquérir. En 1938, la CFTC voit l'adhésion d'un premier syndicat laïque et corporatiste, le Syndicat général de l'éducation nationale.

Gaston Tessier est le premier secrétaire général de la CFTC, Jules Zirnheld en est le premier président, poste qu'il occupe jusqu'en 1940.

En 1940, la CFTC est dissoute par le régime de Vichy. En raison de l'action de certains de ses membres dans la Résistance (elle est un membre actif du Conseil national de la Résistance), elle est maintenue, à la Libération, comme organisation syndicale représentative malgré l'hostilité de la CGT, qui va jusqu'au Conseil d'État en vue de la faire interdire.

En 1964, une majorité de la CFTC menée par le groupe Reconstruction décide la « déconfessionnalisation » tout en restant en retrait du choix de la lutte des classes[5] pour donner naissance à la CFDT. Rapidement, la CFDT déclare placer son action dans le cadre de la lutte des classes. Elle se rapproche du socialisme et notamment du Parti socialiste unifié (PSU) mené par Michel Rocard, de 1966 à 1970, tandis qu'une minorité réformiste décide de maintenir une centrale chrétienne via une scission minoritaire (environ 10 %) avec, en particulier, la fédération des métaux.

En 1975, la CFTC est favorable au Rapport Sudreau sur la réforme de l'entreprise.

En 1988, elle soutient la création du RMI et se montre neutre lors de la création de la CSG, en 1990. Le syndicat est favorable aux 35 heures, aux emplois-jeunes, à l'élaboration de la loi de 1998 contre les exclusions et à la loi créant la CMU. En 2006, il présente son projet du statut du travailleur, lancé par un « rapport-programme » dès 1999 et concrétisé par un groupe de travail depuis 2003.

Entre 2001 et 2006, aux élections des comités d'entreprise, la CFTC est la seule confédération syndicale à progresser, avec 6,8 % en 2006, 6,7 % en 2003, 6 % en 2001, contre moins de 5 % quelques années plus tôt. Toutefois, avec la loi du 20 août 2008 « portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail », la CFTC n'est pas à l'abri de perdre, dans plusieurs entreprises et branches professionnelles, sa représentativité.

Le , la CFTC rassemble près de 6 000 personnes lors de son défilé unitaire à Paris autour du thème du pouvoir d'achat.

En 2010, la CFTC formule des propositions pour réformer le système des retraites et participe aux cinq grandes journées de manifestations. Elle dénonce la plupart des mesures prises par le ministre du travail Éric Woerth dans sa réforme. Le syndicat réclame une hausse des cotisations vieillesse et une taxation des nouveaux revenus du capital ; il propose, notamment, une taxe de 3 % sur les bénéfices non réinvestis et demande un élargissement de l’assiette des cotisations à certains revenus : stock-options, retraite-chapeau, participation, intéressement[6]. Il propose aussi une augmentation d’un point de la CSG, ce qui permettrait de générer onze milliards d’euros de ressources, et qu’une partie de la CSG soit « fléchée », avec un contrôle effectif de l’affectation des sommes versées à la branche vieillesse. La CFTC demande en plus que l’ensemble des allègements de cotisations sociales soit compensé au centime près par des impôts[7].

La CFTC édite un magazine, La Vie à défendre. Elle a lancé, le 20 janvier 2011, la première web-télévision[8] syndicale.

Valeurs et identité[modifier | modifier le code]

La CFTC favorise la négociation, la discussion, jusqu'à la médiation avant toute action plus revendicative. Pour cette organisation, la grève n'est que l'ultime solution lorsque tous les autres moyens n'ont pas donné satisfaction. Elle se déclare « syndicat de construction sociale ».

Parmi ses chevaux de bataille, la CFTC insiste sur le fait que la vie ne se limite pas au travail. Cette valeur est et a été à la base de nombreux combats, de la mise en place des allocations familiales par exemple jusqu'à la défense du repos dominical en tant que journée commune à la plupart des citoyens pour la vie de famille, les loisirs, le sport, l'engagement bénévole, etc. Pour la CFTC, la société ne doit pas se limiter à la consommation.

La CFTC veut mettre le travailleur au centre de sa vie, le rendant acteur au maximum de ses choix et de son avenir lorsque cela est possible. Pour ce faire, elle préconise que les parcours soient sécurisés pour que chacun puisse vraiment faire des choix, sans subir une situation ou un système. Dans le même ordre d'idée, l'organisation syndicale laisse une grande liberté aux syndicats qui la composent, conscients qu'ils sont plus au fait de la réalité pour défendre sur le terrain les travailleurs. C'est ce qu'elle appelle le principe de « subsidiarité ». Cela ne l'empêche pas de rappeler à l'ordre, voire de mettre sous tutelle certaines organisations.

La CFTC s'affirme indépendante de tout parti et de toute organisation. Pour elle, la référence au christianisme s'entend comme attachement à la doctrine sociale chrétienne (solidarité, fraternité, justice sociale…), pas comme une identité confessionnelle. Les adhérents ne sont pas forcément chrétiens mais se retrouvent dans les valeurs prônées par la CFTC.

Organisation[modifier | modifier le code]

La CFTC est divisée en 27 unions régionales et 106 unions départementales.
Elle compte 857 syndicats regroupés en 14 fédérations professionnelles (commerce-services-forces de vente, enseignement privé, métallurgie, collectivités territoriales, transports, télécoms, banques…).
Elle revendique 135 000 adhérents[9].

La confédération est dirigée par un congrès et un conseil confédéral qui se réunit trois fois par an et qui est chargé de contrôler l'exécutif. L'exécutif est bicéphale, il est composé d'une commission exécutive et du bureau national. Son président actuel est Philippe Louis, élu au 51e congrès de Poitiers en novembre 2011. Pascale Coton est secrétaire générale depuis ce même congrès confédéral.

La CFTC est membre de la Confédération syndicale internationale (CSI). Auparavant elle appartenait à la Confédération mondiale du travail (CMT).

Congrès confédéraux[modifier | modifier le code]

  • 1887 : Création du Syndicat des employés du commerce et de l'industrie
  • 1912 : Congrès de la Pentecôte, création de la Fédération des employés
  • 1919 : Fondation de la CFTC
  • 1920 : Premier congrès de la CFTC
  • 1921 : 2e Congrès
  • 1922 : 3e Congrès
  • 1923 : 4e Congrès
  • 1924 : 5e Congrès
  • 1925 : 6e Congrès
  • 1926 : 7e Congrès
  • 1927 : 8e Congrès
  • 1928 : 9e Congrès
  • 1929 : 10e Congrès
  • 1930 : 11e Congrès
  • 1931 : 12e Congrès
  • 1932 : 13e Congrès
  • 1933 : 14e Congrès
  • 1934 : 15e Congrès
  • 1935 : 16e Congrès
  • 1936 : Congrès de Mai 1936 (17e)
  • 1936 : 17e Congrès
  • 1937 : 18e Congrès
  • 1938 : 19e Congrès
  • 1939 : 20e Congrès
  • Entre 1940 et 1945 : la Confédération entre dans la clandestinité.
  • 1945 : 21e Congrès
  • 1946 : 22e Congrès
  • 1947 : 23e Congrès
  • 1948 : 24e Congrès
  • 1949 : 25e Congrès
  • 1951 : 26e Congrès
  • 1953 : Congrès d'Asnières (27e)
  • 1955 : 28e Congrès
  • 1957 : Congrès d'Asnières (29e)
  • 1959 : Congrès d'Issy-Les-Moulineaux (30e)
  • 1961 : Congrès d'Issy-Les-Moulineaux (31e)
  • 1963 : Congrès d'Issy-Les-Moulineaux (32e)
  • 1964 : Congrès extraordinaire de Paris, scission entre la CFDT et la « CFTC maintenue »
  • 1965 : Congrès de Vincennes (33e)
  • 1967 : Congrès d'Issy-Les-Moulineaux (34e)
  • 1969 : Congrès d'Issy-Les-Moulineaux (35e)
  • 1970 : 36e Congrès
  • 1973 : Congrès de Strasbourg (37e)
  • 1975 : 38e Congrès
  • 1977 : Congrès de Versailles (39e)
  • 1979 : Congrès de Strasbourg (40e)
  • 1981 : Congrès de Lyon (41e)
  • 1984 : Congrès de Marseille (42e)
  • 1987 : Congrès de Versailles (43e)
  • 1991 : Congrès de Lille (44e)
  • 1993 : Congrès de Versailles (45e)
  • 1996 : Congrès de Nantes (46e)
  • 1999 : Congrès de Dijon (47e)
  • 2002 : Congrès de Toulouse (48e)
  • 2005 : Congrès de Bordeaux (49e)
  • 2008 : Congrès de Strasbourg (50e)
  • 2011 : Congrès de Poitiers (51e)

Présidents[modifier | modifier le code]

Secrétaires généraux[modifier | modifier le code]

  • Gaston Tessier : 1919-1940 puis 1944-1948
  • Maurice Bouladoux : 1948-1953
  • Georges Levard : 1953-1961
  • Eugène Descamps : 1961-1964
  • Jacques Tessier : 1964-1970
  • Jean Bornard : 1970-1981
  • Guy Drilleaud : 1981-1990
  • Alain Deleu : 1990-1993
  • Jacques Voisin : 1993-2002
  • Jacky Dintinger : 2002-2008
  • Philippe Louis : 2008-2011
  • Pascale Coton : depuis novembre 2011

Fédérations professionnelles[modifier | modifier le code]

  • Agents de l'État (fonctionnaires de l'État).
  • Agriculture : mutualité, crédit, coopération, salariés agricoles, SICA, maisons familiales rurales, organismes divers.
  • Banques : établissements financiers, Crédit populaire, Crédit mutuel, bourse, Caisses d'épargne, banques AFB, CFF, Banque de France.
  • Bâti-Mat TP : bâtiment, travaux publics.
  • CMTE (chimie, mines, textile, énergie) : industries chimiques et connexes, mines, carrières, régime minier de protection sociale, textile, cuirs, habillement et connexes, industries électriques et gazières, énergie.
  • FNACT (Fédération nationale des agents des collectivités territoriales - CFTC) : communaux, départementaux, HLM, sapeurs-pompiers.
  • CSFV (commerce, services et force de vente) : hôtellerie, cafés, restaurants, bars, restauration collective, commerce non alimentaire, commerce alimentaire, services, services tertiaires, agro-alimentaire, force de vente.
  • Communication graphique, écrite et audiovisuelle - spectacle : livre, édition, papier, carton, presse, publicité, parcs d'attraction.
  • Éducation :
    • FESEP (Fédération des syndicats de l'enseignement privé) regroupant le Syndicat national de l'enseignement chrétien (SNEC) et le Syndicat national de l'enseignement privé laïc (SNEPL).
    • SCENRAC-CFTC pour l'Éducation nationale.
  • Fédération CFTC métallurgie[10]
  • Postes et télécommunications.
  • Fédération PSE (Protection Sociale et Emploi)[11] : Sécurité Sociale, travail emploi (Pôle Emploi), formation.
  • Fédération CFTC Santé-Sociaux [12].
  • Transports (Fédération générale des transports CFTC) : ferroviaire, aérien, maritime et fluvial, urbains, route, services aux transports.

Représentativité[modifier | modifier le code]

La représentativité de la CFTC lui permet de participer aux négociations nationales interprofessionnelles et d'être représentée dans les organismes paritaires. Mais, depuis la loi « portant rénovation de la démocratie sociale » publiée au Journal officiel du , les règles de représentativité syndicale ont changé. Désormais, ce sont les élections en entreprise qui la conditionne, au niveau des entreprises de plus de 10 salariés dès l'entrée en vigueur de la loi de 2008, ainsi que dans les branches professionnelles et au niveau interprofessionnel.

Il faudra toutefois attendre le 1er janvier 2014, avec les conclusions de la direction générale du travail, qui effectue l'agrégation des résultats des élections professionnelles en entreprise, ainsi que le scrutin organisé dans les entreprises de moins de 10 salariés (TPE) fin 2012 et les élections du secteur agricole début 2013, pour déterminer la représentativité syndicale par branches professionnelles ainsi qu'au niveau national.

Élections prud'homales[modifier | modifier le code]

La CFTC réalise un score de 8,94 % aux élections prud'homales de décembre 2008, en diminution de 0,71 points par rapport à 2002 (9,65 %), mais au-dessus des 7,53 % de celles de 1997.

Lors de la campagne pour ces élections, elle innove avec le lancement d'une mini-série web, Dark Elevator, qui met en scène plusieurs personnages coincés dans l'ascenseur social. Le slogan choisi pour la campagne prud'homale se veut une synthèse de la démarche de CFTC : « Pouvoir s'opposer, toujours proposer. »

Organisation syndicale 1987 1992 1997 2002 2008
CFTC 8,30 8,58 7,53 9,65 8,94 %

Résultats 2008/2002 par collège[13] :

  • Industrie: 7,8 / 8,3 %
  • Commerce: 9,1 / 10,0 %
  • Agriculture: 6,9 / 7,6 %
  • Activités diverses: 8,8 / 10,3 %
  • Encadrement: 10,6 / 11,4 %
  • Global: 8,9 / 9,6 %

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Maignen et la contre-révolution, pensée et action d'un catholique social 1871-1890, Mémoire présenté sous la direction de Michèle Cointet, UFR Arts et sciences humaines Département d’Histoire Université de Tours 2004 [1]
  2. a et b Fort comme le collectif, libres comme l'individu, histoire de la Fédération des Services CFDT 1887-1990, Marguerite Bertrand, Rémy Jehan, tiré à part supplément au magazine Inform'Action n°213.
  3. « Les communistes et la Cgt » dans la Revue communisme, p. 242.
  4. "Métiers, corporations, syndicalismes", p. 137, n° 3 par Michelle Zancarini-Fournel.
  5. Article 1 des statuts de la CFDT de 1964 : « Sans poursuivre par principe un développement systématique des antagonismes existant dans la société, elle entend dans son action susciter chez les travailleurs une prise de conscience des conditions de leur émancipation. »
  6. Article sur le site Webmanager Center.
  7. Sur le site de la CFTC.
  8. Site de CFTC.tv
  9. http://www.cftc.fr/ewb_pages/c/cftc.php
  10. Site de la fédération CFTC métallurgie.
  11. Site de la fédération CFTC PSE.
  12. Site de la fédération santé-services sociaux.
  13. UNSA Magazine, n° 113, janvier 2009.

Liens[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]