Condensation de Claisen

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La condensation de Claisen (à ne pas confondre avec le réarrangement de Claisen) est une réaction omniprésente en milieu biologique. C'est une réaction formant une liaison carbone-carbone à partir de deux esters (ou deux thioesters par exemple) ou encore entre un ester et un composé carbonylé en présence d'une base forte, formant un β-cétoester ou une β-dicétone[1] :

Équation-bilan générale d'une condensation de Claisen « classique ».

Elle est nommée d'après Ludwig Claisen qui a publié une étude sur cette réaction en 1881[2],[3],[4].

Pré-requis[modifier | modifier le code]

Au moins l'un des réactifs doit être énolisable (c'est-à-dire disposer d'un atome d'hydrogène sur le carbone en alpha). En fonction de la nature énolisable ou non des réactifs, il existe différents types de condensation de Claisen.

La base ne doit pas non plus interférer par une réaction de substitution nucléophile ou d'addition nucléophile sur le carbone du groupe carbonyle. Pour cette raison, on utilise en général l'alcoolate conjuguée de l'alcool formé par la réaction (par exemple l'éthanolate de sodium si on forme de l'éthanol), ce qui permet en plus de régénérer l'alcoolate. Dans les condensations de Claisen « croisées », une base non-nucléophile telle que le diisopropylamidure de lithium (LDA) peut être utilisée, puisqu'un seul composé est énolisable. Le LDA ne peut par contre pas être utilisé pour les condensations « classiques » ou les condensations de Dieckmann, car tous les esters peuvent être convertis en énolate d'ester et la condensation ne peut alors avoir lieu.

La partie alcoolate de l'ester doit aussi être un bon groupe partant. On utilise pour ça des esters de méthyle ou d'éthyle, ce qui forme des groupes méthonalate ou éthonalate.

Types[modifier | modifier le code]

En fonction de la nature énolisable ou non des réactifs, il existe différents types de condensation de Claisen. Dans la condensation de Claisen « classique », seul un ester énolisable est utilisé:

Claisen ethyl acetate.png

Dans la condensation de Claisen « croisée », on utilise un ester énolisable et une cétone ou un ester non énolisable :

Mixed claisen example.png

Dans la condensation de Dieckmann, on utilise une molécule portant deux groupes esters qui réagissent intramoléculairement en formant un β-céto ester cyclique. dans ce cas, le cycle formé doit contenir au moins 5 ou 6 atomes afin de respecter la tension de cycle :

Dieckmann example.png

Biologie[modifier | modifier le code]

On retrouve notamment la condensation de Claisen lors de la première étape de la cétogenèse lors de la condensation de deux acétyl-CoA en acétoacétyl-CoA.

On la retrouve également lors de la synthèse des acides gras à partir de malonyl-CoA qui va alors être redistribué par l'acide gras synthase pour mener à l'élongation des acides gras en cours de formation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) F. A. Carey, Organic chemistry, New York, NY, McGraw-Hill,‎ 2011, 8e éd., 1333 p. (ISBN 9780073402611, présentation en ligne), chap. 20 (« Enols and Enolates »), p. 882-884.
  2. (de) L. Claisen et A. Claparède, « Condensationen von Ketonen mit Aldehyden », Ber. Dtsch. Chem. Ges., vol. 14, no 2,‎ 1881, p. 2460-2468 (ISSN 0365-9496, DOI 10.1002/cber.188101402192).
  3. (de) L. Claisen, « Ueber die Einführung von Säureradicalen in Ketone », Ber. Dtsch. Chem. Ges., vol. 20, no 1,‎ 1887, p. 655-657 (ISSN 0365-9496, DOI 10.1002/cber.188702001150).
  4. (en) C. R. Hauser et B. E. Hudson, Jr., Organic Reactions, vol. 1, John Wiley & Sons,‎ 1942, 402 p. (ISBN 9780471004622, DOI 10.1002/0471264180.or001.09, présentation en ligne), chap. 9 (« The Acetoacetic Ester Condensation and Certain Related Reactions »).