Concile d'Elvire

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Le concile ou synode d’Elvire ou encore d’Illibéris (Elvira, aujourd'hui Alarife, un quartier de Grenade en Espagne) est un concile ouvert le 15 mai 305 ou 306. Il traite de la vie interne de l'Église (comportement des chrétiens,célibat des clercs, pénitence, attitude face au paganisme, etc.)[1].

Le concile réunit 19 évêques, 27 prêtres, des diacres et des laïcs venus de toute l'Espagne : Gallaecia (Dèce de Legio), Tarraconaise (Valère de Caesaraugusta, Janvier de Fibularia), Lusitanie (Libère de Emerita, Vincente de Ossobona Quintilien de Elbona), Carthaginoise (Melantius de Toletum, Secundinus de Castulo, Pardo de Mentesa, Felix de Acci, Eulicianus de Basti, Succesus de Eliocroca, Cantonius de Ursi) et Bétique (Ossius de Cordoba, Sabinus de Hispalis, Camerinus de Tucci, Sinagius de Ipagrum, Flavien de Iliberis, Patricius de Malaca)[1].

Le concile approuve 81 canons. Il décrète l’abstinence sexuelle des prêtres[2]. Il proscrit les mariages avec des non-chrétiens[1] et condamne l’étroite fréquentation des Israélites. Les femmes chrétiennes n’ont pas le droit d’épouser des Juifs, à moins qu’ils ne se soient convertis. Les Juifs n’ont pas le droit d’accueillir à leur table des chrétiens, qu’ils soient laïcs ou prêtres, ne peuvent pas avoir d’épouses chrétiennes, ni bénir les champs des chrétiens[3].

Par son canon 54, le concile décréta l'excommunication des femmes se faisant avorter.

Le concile aborde pour la première fois, en son canon 62, la question des « histrions, pantomimes et cochers du cirque ». Ceux qui désiraient embrasser la foi chrétienne devaient auparavant renoncer à leur profession, ce qui aboutit à l'affaire de l'excommunication des acteurs. Mais le concile d’Elvire est un concile provincial, dont les décisions n’avaient qu’une portée géographique limitée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Giovanni Domenico Mansi, Sacrorum Conciliorum nova et amplissima collectio (Florence and Venice, 1758-98) vol.II.ii.1-406; reprint (Paris) 1906 Reprints the account of Ferdinand de Mendoza, pp. 57-397.
  • Jean Hardouin, Conciliorum collectio regia maxima i. pp. 247-258.
  • Karl Joseph von Hefele, Conciliengeschichte I, pp. 148-192 (2nd ed. 1873) (English translation, i. pp. 131 sqq.)
  • Alfred W. Dale, The Synod of Elvira and Christian Life in the Fourth Century (London, 1882)
  • Edgar Hennecke, dans Schaff-Herzog Encyclopedia of Religious Knowledge (3rd ed), sv. "Elvira", en particulier la bibliographie.
  • Samuel Laeuchli, Power and Sexuality: The Emergence of Canon Law at the Synod of Elvira (Philadelphia: Temple University Press) 1972.
  • José F. Ubina. Le concile d'Elvire et l'esprit du paganisme // Dialogues d'histoire ancienne. V. 19. No. 19-1, 1993 pp. 309-318. Disponible sur Persée

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Philippe Beitia, Le Baptême et l'Initiation Chrétienne en Espagne du IIIe au VIIe, Éditions L'Harmattan,‎ 2010 (ISBN 9782296117839, présentation en ligne)
  2. Elizabeth Abbott, Histoire universelle de la chasteté et du célibat, Éditions Fides,‎ 2003 (ISBN 9782762125078, présentation en ligne)
  3. Moïse Schwab, Histoire des Israélites depuis d'édification du second temple jusqu'à nos jours, L. Blum,‎ 1866 (présentation en ligne)