Concile d'Épaone

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Le concile d'Épaone s'est tenu en 517 sur proposition de l'archevêque Avit de Vienne.

Contexte[modifier | modifier le code]

C'est en 517 qu'Avit, archevêque de Vienne, propose à tous les évêques du royaume burgonde un concile pour réfléchir à la situation religieuse nouvelle créée par l'accession au trône en 516 de Sigismond, converti au catholicisme. Il convoque en 517 un concile à Épaone. Le lieu n'est pas identifié. Certains supposent qu'il s'agit de la ville de Saint-Romain-d’Albon), d'autres qu'il s'agissait d'Evian-les-bains[1]. On devait y discuter d'un certain nombre de règles morales et de l'attitude à adopter à l'égard des ariens. Avit comprit qu’il ne fallait pas bousculer une population qui restait importante dans le royaume. Les évêques refusèrent ainsi, au motif de la souillure des lieux, de pratiquer le culte catholique dans les églises ariennes. Avit craignait de provoquer la colère des ariens, encore puissants en Italie et en Provence sous domination ostrogothe ainsi qu'en Espagne. Il redoutait aussi qu’un arien ne succédât à Sigismond. Mais il pensait cela avant la conversion de Sigéric.

Une décision et un premier désaccord[modifier | modifier le code]

Au concile d’Épaone, les évêques avaient aussi établi certaines règles disciplinaires. Par exemple : en interdisant à un veuf ou une veuve d’épouser un beau parent, sous peine d’excommunication. Ils condamnaient comme incestueuse de telles unions. Ce fut le ministre des finances de Sigismond, un certain Stéphane, qui dérogea à la règle. Il épousa la sœur de sa défunte épouse. Il se croyait à l’abri des sanctions puisqu’il était le ministre des finances de Sigismond. Mais il se trompait, et fut excommunié avec sa nouvelle épouse. Sigismond n’était pas d’accord avec ses évêques et il se brouilla avec eux. Il ne put compter sur l’aide d’Avit qui mourut, en mai 518, quelque temps après l’excommunication. Sigismond menaça les évêques et leur ordonna de réintégrer Stéphane dans l’Église. Mais après un concile tenu à Lyon, les évêques choisirent de maintenir l’excommunication et de ressortir Sigismond de la communion des évêques. Bref, Sigismond était excommunié pour son attitude envers l’épiscopat. Furieux, le roi rencontra individuellement les évêques et exigea son retour. Il voulait les intimider. Mais les évêques ne se soumirent pas. Selon l’auteur anonyme de La vie de Saint-Apollinaire, Sigismond aurait ordonné aux évêques de quitter leur diocèse respectif. La réalité semble un peu différente. Selon les actes du concile de Lyon en 518, qui traitait de l’affaire de Stéphane, les évêques auraient pris cette décision seuls, presque comme une sorte de grève. Mais certains votèrent avant de quitter leur diocèse, pour adoucir le sort du ministre[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]