Concha Buika

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Concha Buika ou Buika

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Informations générales
Nom de naissance María Concepción Balboa Buika
Naissance 11 mai 1972
Palma de Mallorca, Îles Baléares, Drapeau de l'Espagne Espagne
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Genre musical Flamenco, soul, jazz, funk, copla
Instruments Voix
Années actives 2000 - Présent
Labels Warner Music Group (label du type Major)
Site officiel www.conchabuikamusic.com

Concha Buika, de son nom María Concepción Balboa Buika, est une chanteuse espagnole d'origine équato-guinéenne, née le 11 mai 1972 à Palma de Majorque (Espagne). Elle grandit parmi des gitans et sa musique mêle le flamenco avec le soul, le jazz, le funk et la copla. La voix de Buika possède à la fois les inflexions rauques d'une diva du jazz, les mélismes d'une grande du flamenco et le tempo d'une reine africaine[1]. Selon la Warner music spain[2], son label, c'est l'une des chanteuses les plus singulières du panorama de la musique espagnole actuelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Les parents de Concha Buika ont fui leur pays, la Guinée équatoriale. Ancienne colonie espagnole d'Afrique, le pays était sous la férule du dictateur équato-guinéen Francisco Macías Nguema (1968-1979), reconnu coupable de génocide. Ils s'installent à Palma de Majorque aux Iles Baléares où Concha (diminutif de Maria Concepción) Balboa Buika naît le 11 mai 1972[3],[1]. En réponse à cette époque coloniale, un tatouage orne aujourd'hui sa peau : « Ce sont les noms tribaux de mes proches […] en Guinée équatoriale, les prêtres espagnols venus nous baptiser nous ont obligés à prendre des noms chrétiens, mais nous avons conservé les noms traditionnels. Le premier est celui de ma mère, puis le mien, Kitailo, hérité de ma grand-mère. Ensuite ceux de mes sœurs, puis de mes nièces, enfin celui de mon fils[3] ».

Au foyer, on parle et chante bubi, une langue menacée de disparition au profit du fang en Guinée équatoriale. Son père, mathématicien et poète, disparaît sans donner d'explication quand Concha a 9 ans. Elle le décrit ainsi : « Mon père, c'était un dissident, un socialiste. Il était écrivain, croyait à la force de la parole. Il combattait la dictature mais voulait imposer ses idées par la force. Il était, à sa manière, un dictateur[3] ». Sa mère élèvera la famille seule.

La nombreuse fratrie grandit dans le quartier le plus déshérité de Palma : le Barrio Chino, au milieu de prostituées et de toxicomanes. Buika fréquente volontiers la marge et le monde des gitans où elle s'imprègne de flamenco. « Quand j’avais 16 ans, je chantais et je clappais des mains dans les rues. En rentrant de l’école, on entendait de la musique qui s’échappait des fenêtres […][4] ». « Beaucoup de poètes qui fuyaient la répression Franquiste se sont cachés dans les quartiers gitans. C’est là qu’ils ont écrit de sublimes textes flamenco chantés par les Gitans. Le flamenco appartient à quiconque veut le ressentir et le vivre. […][4]. »

Comme elle le chante dans New Afro Spanish Generation sur son premier album, elle n’est ni gitane, ni gadji, ni espagnole. Sa voix porte autant les accents des chants africains entendus durant son enfance que des disques de Piaf de sa mère ou des lamentos vibrants, déchirant les rues pourries de son quartier[4].

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Concha Buika part à Londres « sans objectif, ni argent, sans même parler l’anglais », à un moment où elle ne savait pas « où poser ses fesses » et où elle a appris qu’il est possible de « survivre partout »[4]. « J'ai fait toutes sortes de métiers et [je n'ai] jamais pleuré sur mon sort. J'ai nettoyé des bureaux et des cafés, chanté dans des mariages. J'ai même été hôtesse dans un service de téléphone érotique. Ça n'avait rien de glamour : on était plusieurs filles dans une grande salle, en savates et en survêtement, on simulait l'orgasme au téléphone pendant qu'on gardait un œil sur une série à la télé. C'est ce qui a payé ma première guitare[3]. » C’est en découvrant Pat Metheny lors d'un concert qu’elle décide de devenir chanteuse[4].

De retour à Palma de Majorque, ville colonisée par les touristes allemands, elle commence à se produire avec des groupes locaux et adapte les chansons africaines de son enfance au flamenco. Elle se nourrit également de jazz et de soul[1],[3]. Elle se fera remarquer dans les lieux nocturnes de l'île aux touristes au point qu'elle obtient un engagement pour chanter en anglais à Las Vegas, grâce à sa ressemblance, physique et vocale, avec Tina Turner. « Je chantais ses chansons, dansais comme elle, ça a duré un an[3]. »

Dans les années 1990, elle participe à plusieurs productions comme Ombra de La Fura dels Baus ou la bande originale de Km.0. En même temps, elle compose des chansons assez populaires dans le monde européen de la musique House : Ritmo para voçé, Up to the sky ou Loving you[5].

En 2000, elle crée un album, Mestizüo, avec le pianiste Jacob Sureda. Son premier album personnel, Buika. sort en 2005 et attire l'attention sur sa voix exceptionnelle. Elle croise le musicien et producteur Javier Limón qui se charge du deuxième opus : Mi Niña Lola[3].

Mi Niña Lola[modifier | modifier le code]

Concha Buika lors du Rhino Jazz festival, au sein de l'Église de Villars (Loire)

En 2006, Javier Limón, auréolé des succès de ses premiers travaux, Lagrimas Negras, et le dernier Paco de Lucía, Cositas Buenas, lance son label Casa Limon et propose à Buika une esthétique flamenco et une brochette de musiciens d'exception : la guitare de Niño Josele, la percussion de Ramòn Porrina y Piraña, le bassiste cubain Alain Perez, la trompette de Jerry Gonzalez[1]. Cette production hisse la voix de Buika et sa poésie. Buika est également capable de composer des choses aussi radicales que Jodida pero contenta (« Niquée mais contente »), la dernière chanson du CD, où elle philosophe sur les bénéfices qu'on peut retirer des expériences douloureuses. Reflet d'une personnalité véhémente qui n'hésite pas, au fil des interviews, à mettre en avant sa bisexualité, et à revendiquer la consommation de cannabis et le téléchargement non payant[3].

Pour Buika, Mi Niña Lola est « un hommage à [sa] grand-mère qui, comme beaucoup de femmes africaines vivant dans un pays africain appartenant aux Européens, a eu une vie si difficile qu’elle n’imaginait pas qu’on puisse lui dédier une chanson[4]. »

C'est avec cet album que Buika se révèle au public français. « Que le public parle espagnol ou pas ne fait aucune différence pour moi, confie la chanteuse. J'aime qu'il m'entoure, je me confie à lui comme quand, gamine, je rentrais à la maison avec quelque chose à raconter à maman. Le public, les musiciens et moi ne faisons qu'un, c'est ça un concert »[3].

En 2006, cet album fut deux fois récompensé aux Latin Grammy Awards et disque d'or en Espagne. Néanmoins, pour Buika ce disque paraît moins important que ses concerts : « Un disque, c'est une chose morte, la photographie d'un instant qui a existé mais qui ne m'intéresse plus. Un merveilleux mensonge. Je n'écoute jamais les miens, je n'ai jamais regardé des images de moi sur scène. Je ne me retourne jamais en arrière, c'est un pacte que j'ai passé avec moi-même[3]. »

Niña de Fuego[modifier | modifier le code]

Concha Buika lors du Rhino Jazz festival, au sein de l'Église de Villars (Loire)

Pour ce troisième album, sortit en 2008, Buika chante ses expériences intimes avec des textes personnels ou composés par Javier Limón[6]. Tout en jouant de la guitare flamenco, Javier Limòn a fait appel à Ivàn « Melon » Lewis au piano, Dany Noël à la basse et contrebasse, Ramòn Porrina y Piraña à la batterie, Carlitos Sarduy aux percussions, Mandela à la trompette et enfin Paquète au trombone.

L'album Niña de Fuego fait la part belle à la copla, la chanson populaire des années 1930 à 60, telle que l'interprétait Concha Piquer (1906-1990). En effet, Concha Buika interprète Falsa Moneda, un classique de la copla et la ranchera mexicaine avec Volver, Volver, du répertoire de Chavela Vargas. Elle y interprète également La Bohème d'Aznavour, en espagnol[3].

Suite de ses différentes collaborations[modifier | modifier le code]

Sa tournée mondiale terminée, elle travailla avec Mariza pour créer un duo, duo inclus sur son album Terra (Pequeñas Verdades). De même, elle collabora avec Eleftheria Arvanitaki sur une chanson nommée Mírame. En Septembre 2009, sort une autre collaboration avec Nelly Furtado sur le titre Fuerte, un hymne à la force des femmes[7].

Le 20 Octobre de la même année, sort à travers le monde entier, son nouvel album El Ultimo Trago, un hommage à Chavela Vargas et Bebo Valdes, enregistré en live à Cuba Abdala Studios avec Chucho Valdes et son quartet.

En 2011, elle apparaît dans La piel que habito, film de Pedro Almodóvar où elle interprète deux chansons, Por el Amor de Amar et Se me Hizo Fácil, tandis que sort son album rétrospectif intitulé En mi piel.

Le 3 juin 2013 parait en France le septième album de Buika intitulé Noche más larga. Cet opus permet à Buika d'obtenir une nomination lors de la 56e cérémonie des Grammy Awards dans la catégorie Meilleur album de jazz latin.

Regards personnels[modifier | modifier le code]

  • « Un artiste n'est pas celui qui chante ou peint, mais celui qui fait de sa vie un art[6]. »
  • « Pour moi, la qualité de la musique ne dépend pas de la voix, mais de l’histoire qu’elle véhicule, car la voix fluctue avec les circonstances. Ma voix n’est pas spéciale, je ne l’ai pas travaillée car personne ne peut m’apprendre comment chanter. Toutes les voix sont belles si elles disent des sentiments[4]. »
  • « Je ne sais pas ce qu’est l’âme ou la soul. Pour moi, le cœur est un muscle, un point c’est tout, et pour tout vous dire au plus profond de mon cœur, il n’y a que du sang[4]! »

Discographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (fr) Buika, gitane d'Afrique, GOMEZ François-Xavier, Libération du 2 octobre 2007
  2. (es) «Concha Buika.», Dro Atlantic (Warner music spain), 2 de septiembre de 2006.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (fr) La soul flamboyante de Buika, GOMEZ François-Xavier, Libération du 4 juin 2006
  4. a, b, c, d, e, f, g et h Buika sur Mondomix
  5. es:Concha Buika dans la wikipédia hispanophone
  6. a et b (es) fiche artiste du label Warner music spain
  7. (es) Biographie officielle de Concha Buika sur CasaLimon