Concerto pour piano nº 5 de Saint-Saëns

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Le Concerto pour piano et orchestre n° 5 en fa majeur, opus 103, de Camille Saint-Saëns, fut composé en 1896 et créé le 6 mai 1896 par le compositeur lui-même au piano. Composé plus de vingt ans après le Concerto pour piano n° 4, il est le dernier des concertos de Saint-Saëns. Le compositeur passait un séjour à Louxor lorsqu'il l'écrivit, ce qui lui a valu le surnom traditionnel L'Égyptien. En raison de son caractère fortement narratif, de son inventivité et de ses tonalités et modes sonores inhabituels, le concerto bénéficie d'une popularité remarquable.

Il comporte trois mouvements :

  1. Allegro animato
  2. Andante
  3. Molto allegro

Structure[modifier | modifier le code]

  1. Allegro animato
    Le concerto débute "sagement", exposant un monde sonore très classique et européen. L'Allegro animato fait alterner de nombreuses fois deux thèmes contrastés. S'il commence calmement, par un simple thème au piano, il se teinte, de variation en variation, de virtuosité pianistique et de dynamisme. Le pianiste effectue d'impressionnantes montées et descentes le long du clavier, mais rapidement le tempo se pose, et la virtuosité se dissout en un thème plus lent et profondément mélancolique, rappelant le thème de l'andante sostenuto du Deuxième concerto pour piano. Un passage de cadence virtuose ouvre le développement ; les deux thèmes s'entrelacent par vagues successives, apportant une vitesse, un volume et une énergie croissantes, jusqu'à ce que le thème mélancolique nous mène a une douce coda, qui se fane insensiblement dans le piano.
  2. Andante
    L'Andante, traditionnellement le mouvement lent et expressive de la forme concerto, débute littéralement sur une explosion : les timbales ponctuent un accord orchestral, suivi par une solide base rythmique des cordes, et par d'exotiques échelles ascendantes et descendantes du piano. Cette introduction débouche sur l'exposition d'un thème basé sur une chanson d'amour nubienne que Saint-Saëns aurait entendu dans la bouche du batelier qui le faisait naviguer sur le Nil dans son traditionnel dahabieh. Ce thème frais et exotique est la première manifestation des sonorités plus orientales et égyptiennes qui ont valu son surnom à ce concerto. Le mouvement, très rhapsodique, fait fusionner dans le même cadre des pensées d'amour, s'exprimant dans quelque phrase orientale, certain thème pentatonique et autres danses arabes. Le piano est d'abord un Nubien chantant son amour, puis nous conduit en Extrême-Orient, puis change de caractère, nous fait voir une image de l'Asie. Encore une fois, la pensée du piano se revire, et nous offre un double thème rebond très virtuose dans le caractéristique style oriental. Le mouvement s'estompe sur des touches impressionnistes de l'orchestre et du piano, évoquant le murmure des grenouilles et des grillons des rives du Nil.
  3. Molto allegro
    Le soliste entame ce troisième mouvement Molto allegro par des grondements sourds évoquant le bruit des hélices des navires avant d'exposer un énergique et vigoureux premier thème que se précipite tout le long du clavier. Le piano continue son vertigineux mouvement alors que cordes et vents amènent un rapide nouveau thème. Aussi ce second thème facétieux conduit à une explosion du tutti dans une tonalité mineure. Le battement de piano et des cordes résonnent entre les interjections concises des bois. Les deux thèmes se joignent et se chevauchent, créant une tension intense que Saint-Saëns affectionne pour construire des effets dramatiques saisissants, concluant le mouvement par une fanfare triomphante.