Concerto pour piano nº 21 de Mozart

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Troisième mouvement du concerto pour piano n° 21 en ut majeur, K. 467 (info)
Au piano, Giorgi Latso

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Le Concerto pour piano n° 21 en ut majeur (K. 467) est un concerto pour piano du compositeur classique Wolfgang Amadeus Mozart. Il fut composé en 1785, peu de temps après le Concerto pour piano en ré mineur (K. 466).

Histoire[modifier | modifier le code]

Alors que le précédent concerto pour piano de Mozart était plus vif et passionné, celui en ut majeur est empreint de calme et de majesté. Ce ne fut pas la seule fois que Mozart écrivit d'affilée deux œuvres au caractère très différent l'une de l'autre. Il y eut également les Quintettes à cordes K. 515 et 516 ainsi que les symphonies n° 40 (K. 550) et n° 41 (K. 551).

Création[modifier | modifier le code]

La création eut lieu le 10 mars 1785. L'annonce suivante parut lors de l'événement :

« M. le Kapellmeister Mozart aura l'honneur de présenter un Grand Concert au Burgtheater, au cours duquel il interprétera un nouveau concerto pour piano et exécutera diverses improvisations sur un piano à pédales extrêmement grand. »

Analyse[modifier | modifier le code]

Comme les concertos de forme classique, le Concerto pour piano n° 21 en ut majeur est de forme sonate. Il comporte trois mouvements : deux mouvements rapides entourant un mouvement lent.

1. Allegro[modifier | modifier le code]

Concerto K. 467 : les cinq premières mesures du premier mouvement, confiées aux cordes

Le premier mouvement s'ouvre de manière tranquille par une marche joyeuse jouée par les cordes graves à laquelle répondent ensuite les cordes aiguës et les bois. Cette entrée est suivie d'un éclat joyeux qui précède l'apparition d'un thème secondaire venant s'entrelacer avec le thème principal. Le piano fait une entrée tranquille avec une partie en arpèges aboutissant à un mini-cadence qui se termine par un trille introduisant la reprise du thème principal par tout l'orchestre. Le piano développe alors le thème de manière plus élaborée, puis passe à un autre thème en sol majeur, ce dernier étant précédé d'un passage qui rappelle le thème principal de la Symphonie n° 40 en sol mineur[1]. Le thème principal réapparait joué en sol majeur, et se poursuit sur une suite d'arpèges jouées par le soliste en même temps que les bois exécutent un thème plus mélancolique. Cette partie ramène à l'ouverture tranquille et à la rééexposition du thème en sol dans la tonalité principale. Un tutti conduit enfin à une cadence avant que l'orchestre achève le mouvement avec la section finale de l'ouverture, légèrement modifiée pour se terminer sur une note calme et détachée.

2. Andante[modifier | modifier le code]

Non seulement cet Andante est le mouvement le plus connu de ce Concerto, mais il est également l'une des mélodies les plus connues de toute la production de Mozart. Ce mouvement aux ondoiements angéliques recèle une angoisse perceptible à même les quelque vingt modulations qui apparaissent à tour de rôle en quelque cent mesures. Cet Andante fait partie de la trame sonore du film Elvira Madigan du réalisateur Bo Widerberg. Olivier Messiaen avait dit de cet Andante qu'il était « l'une des plus belles mélodies de Mozart et peut-être aussi l'une des plus belles de toute la musique ».

3. Allegro vivace assai[modifier | modifier le code]

Selon certains auteurs[2], ce finale n'aurait pas le niveau artistique des deux mouvements précédents. Il s'agit d'un rondo sonate, structure fréquente dans les œuvres de « maturité » de Mozart, adoptée par Beethoven puis Brahms[3]. Le thème du refrain est exposé par les violons et scandé par un motif des bois et des cuivres. Dans le premier couplet figurent deux thèmes nouveaux, dont le second possède un grand charme mélodique. Le second couplet consiste en un très beau développement construit essentiellement sur le thème du refrain. Le troisième couplet est semblable au premier et s'enchaîne à une coda pleine de feu basée sur le thème initial. Une puissante gamme d'ut majeur parcourt trois octaves au piano et met un point final au concerto. Ce mouvement est remarquable par son énergie et par son orchestration dans laquelle les vents (bois et cuivres) sont indépendants et dialoguent constamment avec le piano ou l'orchestre.

Références[modifier | modifier le code]

  • Au cœur du classique, Vol. 26 p. 628-630
  1. C.M Girdlestone. Mozart's piano concertos, p. 332-347. Cassell, Londres, 1997. ISBN 0-304-30043-8
  2. C.M. Gilderstone, Mozart et ses concertos pour piano, Desclée de Brouwer, 1953, pp. 343-60.
  3. C. Rostand, Notice de la partition du concerto pour piano K1 467, Heugel 257, 1965.

Liens externes[modifier | modifier le code]