Concerto pour piano nº 1 de Mendelssohn

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Le Concerto pour piano et orchestre n° 1 en Sol mineur op. 25 a été composé par Felix Mendelssohn durant un voyage en Italie, et créé à Munich le 17 septembre 1831 par l'auteur. Il précède de peu l'ouverture Les Hébrides.

Genèse[modifier | modifier le code]

Mendelssohn a 21 ans et sa maturité artistique se fait alors sentir. Dès ses 18 ans, il nourrissait l'idée de composer pour être reconnu comme compositeur, mais aussi comme interprète. Ce concerto est sa première œuvre du genre et environ un an après le début de sa composition, celle-ci était terminée. Cette pièce a été, du vivant de Mendelssohn, la plus jouée en Europe. Elle aurait été l'œuvre la plus appréciée de la Reine Victoria.

De nombreuses esquisses ont été élaborées par Mendelssohn durant sa jeunesse. Entre 12 et 14 ans, il s'était déjà essayé au genre du concerto pour piano et même pour deux pianos, mais dans un but pédagogique. Il voulait travailler avant tout sa technique de jeu (entre piano et orchestre) tout en voulant maîtriser la forme.

L'œuvre est dédiée à Delphine von Schauroth, pianiste que Mendelssohn rencontra en 1830 à Munich peu avant son départ en Italie. Certains voient d'ailleurs dans l'impatience fiévreuse de l'œuvre, et notamment de ses premières mesures, une véritable déclaration d'amour[1].
La dédicataire a joué ce concerto durant 40 ans.

Structure[modifier | modifier le code]

L'œuvre est divisée en trois mouvements. Les deux premiers s'enchaînent sans interruption (cas assez fréquent chez Mendelssohn, comme dans son Concerto pour violon n° 2 en mi mineur).

Orchestration[modifier | modifier le code]

Le concerto est écrit pour piano et orchestre symphonique classique.

Instrumentation du Concerto pour piano n° 1
Cordes
premiers violons, seconds violons, altos,

violoncelles, contrebasses

Bois
2 flûtes, 2 hautbois,

2 clarinettes en si♭, 2 bassons

Cuivres
2 cors en ré et en mi,

2 trompettes en ré et en mi

Percussions
2 timbales (sol et ré)


Analyse[modifier | modifier le code]

Beaucoup de préjugés se portent sur Mendelssohn qui est l'homme des paradoxes. Mendelssohn a su, tout au long de sa vie, mêler fièvre et tendresse pour faire naître une tristesse et, à l'opposé, une violence (caractères principaux de la musique romantique), mais aussi une élégance et une délicatesse (propre au style galant).

Ce concerto naît dans une période où Mendelssohn est particulièrement tourmenté par ses désirs envers le classicisme, mais avec une conviction et une force très romantique. L'alliance de douceur et de violence font de ce concerto une sorte de synthèse.

  1. Dans le premier mouvement, le début de l'orchestre est tonitruant. Il monte en puissance avec un crescendo et une tension palpables pour finalement atteindre la note concordante. Dès lors, le piano arrive, aussi impétueux que l'orchestre pour faire ressortir une rage et une fougue sans précédent (con fuoco). Ce caractère restera présent durant quasiment la durée du mouvement avec un conflit agrémenté de réconciliations provisoires que l'orchestre et le piano, chacun leur tour, tentent de dissoudre. Cette querelle va cesser pour finalement laisser place à une euphonie où tour à tour l'orchestre et le piano vont flirter ensemble.
  2. Le deuxième mouvement arrive paisiblement pour nous faire écouter des mélodies très souples (typiques chez Mendelssohn dans ses mouvements lents) suscitant l'apaisement, la confiance et l'enchantement, aucun danger ne semblant se présenter à l'horizon.
  3. Pourtant le troisième et dernier mouvement, reprend avec un feu d'artifice de notes très violentes et très virulentes. La structure du premier et du troisième mouvement est assez comparable dans la force et la forme. Le morceau s'achève après avoir atteint une tension inégalée dans tout le concerto.

Commentaire[modifier | modifier le code]

Le concerto n° 1 requiert une technique pianistique particulièrement développée et une approche du piano digne d'un Beethoven.

Cependant, ce concerto n'est pas souvent joué, tout comme l'ensemble de la musique de Mendelssohn (excepté pour le Concerto pour violon en mi mineur et le Songe d'une nuit d'été), malgré la qualité de cette œuvre écrite à l'âge de seulement vingt-et-un ans.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Felix Mendelssohn, de Jérôme Bastianelli, Actes Sud, p. 55

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]