Concerto d'Aranjuez

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Concerto d'Aranjuez
Concierto de Aranjuez
Image décrite ci-après
Le palais d'Aranjuez

Genre Concerto
Nb. de mouvements 3
Musique Joaquín Rodrigo
Effectif Guitare et orchestre
Dates de composition 1939
Création
Palais de la musique catalane, Barcelone, Drapeau de l'Espagne Espagne
Interprètes César Mendoza Lasalle (dir.) ; Regino Sainz de la Maza (guitare)

Orchestre symphonique de Barcelone

Le Concerto d'Aranjuez (Concierto de Aranjuez en espagnol) pour guitare et orchestre est une œuvre célèbre du compositeur espagnol Joaquín Rodrigo composée en 1939, lors de la dernière année du séjour à Paris du compositeur.

Concerto[modifier | modifier le code]

Inspiration[modifier | modifier le code]

Joaquín Rodrigo a écrit 5 concertos pour guitare, celui-ci étant le premier et le plus célèbre. Comme beaucoup de partitions du musicien, il s'inspire de musique plus ancienne, ici de Domenico Scarlatti et du Padre Antonio Soler. Il s'agit d'une commande du marquis de Bolarque datant de 1938.

Le Concierto de Aranjuez tire son nom des jardins du palais royal d'Aranjuez, initialement construit pour Philippe II d'Espagne, et notablement remanié au milieu du XVIIIe siècle pour Ferdinand VI d'Espagne.

Joaquín Rodrigo a souhaité que son concerto transporte l'auditeur dans un autre espace et un autre temps. Il dit que son œuvre capture « les fragrances des magnolias, le chant des oiseaux, et les ruissellements des fontaines » du jardin d'Aranjuez.

Joaquín Rodrigo et sa femme Victoria sont restés silencieux pendant de nombreuses années sur la création du second mouvement, ce qui permit la naissance d'une rumeur selon laquelle il serait inspiré du bombardement de Guernica en 1937. Mais finalement, dans son autobiographie, Victoria révéla qu'il s'agissait d'une évocation des jours heureux de leur lune de miel, ainsi que d'une réaction de Joaquín à la déception de sa première grossesse infructueuse. Il fut composé en 1939 à Paris[1].

Mouvements[modifier | modifier le code]

Il se compose de trois mouvements et son exécution demande à peu près 20 minutes :

  1. Allegro con spirito, qui est animé par un rythme vigoureux, qu'aucun des deux thèmes qu'il contient ne vient interrompre.
  2. Adagio, qui est le mouvement le plus connu, et qui est un dialogue entre la guitare et des instruments solo (cor anglais, basson, hautbois, cor d'harmonie etc.)
  3. Allegro gentile, qui rappelle une danse de cour, avec une combinaison de rythmes binaires et ternaires qui soutiennent un tempo vif jusqu'à la fin.

Première[modifier | modifier le code]

La première à Barcelone en est donnée, le , par Regino Sàinz de la Maza à la guitare, et par l'Orchestre philharmonique de Barcelone dirigé par Cesar Mendoza Lasalle[2].

La première à Madrid en est donnée, le 11 décembre 1940 au Teatro Español, avec le même soliste, de la Maza, et un orchestre dirigé par Jesús Arámbarri.

Interprétations[modifier | modifier le code]

De nombreuses adaptations de ce morceau, surtout de son deuxième mouvement, ont été réalisées. La plus célèbre étant peut-être celle du jazzman de légende, Miles Davis, avec un arrangement de Gil Evans. Sur l'album Sketches of Spain (1960), Davis raconte que « That melody is so strong that the softer you play it, the stronger it gets, and the stronger you play it, the weaker it gets » (« Cette mélodie est si forte que plus elle est jouée douce, plus elle est forte, et plus elle est jouée forte, plus elle devient faible »)[3]. La version du violoniste Ikuko Kawai, Aranjuez, est une adaptation plus rapide que l'originale. La transcription par le clarinettiste Jean-Christian Michel s'est vendue à 1 500 000 exemplaires[citation nécessaire]. Le guitariste Buckethead évoque Sketches of Spain dans son album Electric Tears qui est un hommage à Miles Davis. Le bassiste Buster Williams a fait une transcription pour basse du second mouvement dans son album Griot Liberté (2006).

En 1991, le guitariste espagnol de flamenco, Paco de Lucía, a donné sa propre interprétation en privilégiant le rythme plutôt que le ton de la guitare classique[4]. Joaquín Rodrigo en fut ravi, déclarant que personne n'avait joué sa composition d'une manière si brillante[réf. nécessaire].

Le pianiste de jazz Chick Corea a repris le début du second mouvement en introduction de son hit, Spain. Al Jarreau se servit du même début pour son arrangement chanté de Spain.

Une version de Miles Davis, Sketches, a été donnée par Jim Hall sur son album de 1975, Concierto (où figurent aussi Chet Baker, Paul Desmond, Ron Carter, Steve Gadd, et Roland Hanna). Le concerto est la pièce maîtresse de cet album, et est considéré comme le sommet de la carrière de Jim Hall.

Le concerto a été joué par le Grimethorpe Colliery Band dans le film Brassed Off, avec Ewan McGregor[5]. Il est parfois renommé en « Concierto d'Orangejuice », dont un arrangement célèbre a été créé par Kevin Bolton.

Le Modern Jazz Quartet a fait plusieurs enregistrements du concerto, dont un avec Laurindo Almeida. Jim Roberts d'Orlando FL l'a enregistré deux fois, une première fois avec son trio, et une seconde fois avec son Saxtet.

Une version intitulée Rodrigo's Guitar Concerto de Aranjuez (Theme from 2nd movement) a été donnée par The Shadows en 1979.

L'adagio se trouve aussi sur le single, Rodrigo's Guitar Concerto par Geoff Love (sous le nom de Manuel & the Music of the Mountains) en 1976. Il a atteint la troisième place au British singles chart.

La grande chanteuse libanaise Fairuz a repris le deuxième mouvement dans sa célèbre chanson sur la capitale libanaise, « Le Beyrut ». Le chanteur grec, né en Égypte, Demis Roussos, a utilisé le deuxième mouvement pour sa chanson « Follow Me ». En 1967, le chanteur français Richard Anthony a sorti sa version nommée « Aranjuez Mon Amour », avec des paroles de Guy Bontempelli.

Le joueur de claviers et de basse John Paul Jones du groupe Led Zeppelin a inclus quelques extraits du concerto dans une improvisation de la chanson « No Quarter » lors de la tournée de 1977.

André Rieu a interprété le concerto accompagné des cloches de Maastricht. Cette version se trouve sur le DVD Songs From My Heart.

L'adagio a été la base de la musique du titre de la chanson de Michel Sardou «Je vais t'aimer», on notera la performance de Slim Pezin lors du concert de Bercy 93.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. BBC Radio 4, 20 oct. 2009, The Sound of Magnolias. Irma Kurtz enquête sur le Concerto de Aranjuez.
  2. P. Doridot, Le Concerto d'Aranjuez, Classica-répertoire, septembre 2008, p. 76-79.
  3. (en) Robert Shaw, Hand Made, Hand Played: The Art & Craft of Contemporary Guitar, New York, Sterling Publishing Company, Inc.,‎ 2008, 1e éd., relié (ISBN 978-1-57990-787-7), p. 30
  4. Paco de Lucía-Light and Shade: A Portrait
  5. (en) Geoff Mayer, Guide to British Cinema, Westport, Greenwodd Publishing Group,‎ 2003, 1e éd. (ISBN 978-0-313-30307-4), p. 40

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]