Conceptions religieuses d'Isaac Newton

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Les conceptions religieuses d'Isaac Newton ont influencé son œuvre. Sir Isaac Newton (1643-1727) était un physicien, mathématicien, astronome, philosophe de la nature, alchimiste et théologien anglais. Il a par ailleurs beaucoup travaillé dans des domaines qui s'apparenteraient aujourd'hui aux sciences occultes.

Newton a écrit de nombreux textes religieux qui traitent de l'interprétation littérale de la Bible, se considérant lui-même comme l'un des individus spécialement choisis par Dieu pour comprendre le message biblique[1].

La loi de la gravité est aujourd’hui la découverte la plus connue de Newton, mais il a bien prévenu qu’il ne fallait pas regarder l'univers comme une simple machine mais comme une grande horloge. Il a dit :

« La gravité explique les mouvements des planètes, mais elle ne peut pas expliquer qui a mis les planètes en mouvement. C’est Dieu qui régit toutes les choses et qui sait tout ce qui existe ou peut exister. »

Il a également écrit :

« Ce magnifique système du soleil, des planètes et des comètes n’a pu procéder que de la volonté et de la puissance d’un Être intelligent… Cet être régit toutes choses, et non comme une sorte d’âme du monde, mais comme un maître au-dessus de tout ; et c’est à cause de son pouvoir qu’il veut qu’on l’appelle « Seigneur Dieu », παντοκρατωρ [pantokratòr], ou « Celui qui règle tout »... Le Dieu suprême est un Être éternel, infini, parfait en tout point. »

« L'opposition à la religion s’appelle athéisme quand on la professe et idolâtrie quand on la pratique. L'athéisme est tellement insensé et tellement odieux à l'humanité qu'il n'y a jamais eu beaucoup de gens pour l’enseigner. »

Bien qu'il soit mieux connu pour son amour de la science, c’est la Bible qui était la plus grande passion de Newton. Il a consacré plus de temps à l'étude des Écritures qu'à celle de la science, et dit, « j'ai une croyance totale dans la Bible comme Parole de Dieu, écrite par ceux qu’il a inspirés. Je l’étudie tous les jours. » Il a consacré beaucoup de temps à essayer de découvrir les messages cachés dans la Bible.

On considère généralement que Newton était unitarien et arien, ne s’attachant pas au dogme trinitaire. Il a rangé « l’adoration de Christ comme Dieu » dans une liste d’« Idolatria » de ses notes théologiques. T.C. Pfizenmaier, dont les conceptions restent minoritaires, a soutenu que plus probablement il était plus près de la pensée orientale orthodoxe sur la Trinité que de la pensée occidentale partagée par les catholiques romains, les anglicans et la plupart des protestants.

Mais plus certainement, c'est l'avis de J.M. Keynes qu'il faut retenir. Puisque celui-ci a acheté et analysé les manuscrits de Newton, longtemps tenus confidentiels par la famille de Newton. Il en a dressé une synthèse dans une lettre "Newton, the man" [2] qui a été lue en juillet 46 par son frère Georges, lors des célébrations du bicentenaire de la mort de Newton.

Il conclut que Newton :

« ... était plutôt monothéïste judaïsant de l'école de Maimonide. Il arriva à cette conclusion, non pas sur des bases pour ainsi dire rationnelles ou de doutes, mais entièrement en interprétant les anciennes autorités. Il était persuadé que les documents révélés ne donnaient aucun support aux doctrines de la Trinité qui étaient dues à des falsifications tardives. Le Dieu révélé était un seul Dieu. »

La philosophie mécaniste de Newton et de Boyle a eu la faveur de propagandistes du rationalisme qui y voyaient une alternative acceptable aux panthéistes et aux exaltés ; elle a été acceptée avec hésitation par les prédicateurs orthodoxes du clergé tant dissidents que latitudinaristes. Dans la clarté et la simplicité de la science ils voyaient une alliée pour combattre l’enthousiasme superstitieux, né des outrances de l’émotion et de la métaphysique, aussi bien que l'athéisme menaçant.

Les attaques menées contre la pensée magique qui a précédé les Lumières, et contre les éléments mystiques du christianisme, tirent leur origine de la conception mécanique que Boyle avait de l'univers. Aux idées de Boyle Newton a donné leur plein épanouissement en les prouvant par les mathématiques et, plus important encore, il a réussi à les vulgariser. Il a transformé un monde régi par un Dieu d'interventionniste à un monde créé par un Dieu qui conçoit selon des principes raisonnables et universels. Ces principes étant accessibles à chacun, il est permis à l'homme de poursuivre et d’atteindre ses propres buts dans cette vie, et non seulement dans l’autre, et de se perfectionner lui-même par les pouvoirs que lui donne sa propre raison.

Newton voyait en Dieu un créateur tout-puissant dont il était impossible de nier l'existence face à la splendeur de la création tout entière. Mais la conséquence théologique imprévue de cette conception de Dieu, comme Leibniz l’a remarqué, c’est qu’on retirait complètement à Dieu la direction du monde puisque, s’il avait eu besoin d’intervenir, cela n’aurait fait que montrer que sa création était imparfaite, chose impossible dans le cas d’un créateur parfait et omnipotent. En dépit de la logomachie qu’on pouvait opposer, dans cette philosophie Dieu ne participait plus à sa création, et la compréhension du monde est maintenant à la portée de la seule raison humaine.

Mais d’autre part, les idées latitudinaristes et newtoniennes poussées à bout aboutirent au millénarisme, faction religieuse qui cherchait à concevoir la mécanique de l’Univers, mais en y apportant le même enthousiasme et le même mysticisme que l’esprit des Lumières cherchait de toutes ses forces à faire disparaître. Newton lui-même a pu porter un certain intérêt au millénarisme puisqu’il a étudié le livre de Daniel et l’Apocalypse dans ses Observations sur les Prophéties.

Dans la conception qu’avait Newton du monde physique on doit mettre en avant cette stabilité sur laquelle peuvent reposer la stabilité et l'harmonie du monde des hommes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Newton's Views on Prophecy », The Newton Project,‎ 2007 (consulté le 15 août 2007)
  2. (en) « John Maynard Keynes: Newton, the Man », The MacTutor History of Mathematics archive,‎ 1946 (consulté le 4 mars 2013)