Manhattan

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Manhattan
(New York County)
Situation de Manhattan dans la ville de New York (gris clair)
Situation de Manhattan dans la ville de New York (gris clair)
Administration
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
État Drapeau de l'État de New York New York
Chef-lieu Ville de New York
Fondation 1683
Démographie
Population 1 619 090 hab. (2012)
Densité 27 212 hab./km2
Géographie
Superficie 5 950 ha = 59,5 km2
Superficie eau 2 500 ha = 25 km2
Superficie totale 8 450 ha = 84,5 km2

Manhattan est l'un des cinq arrondissements (en anglais borough) de la ville de New York (les quatre autres étant le Bronx, Queens, Brooklyn et Staten Island), il correspond en grande partie à l'île de Manhattan, d'une superficie de 58,8 km2, entourée par l'Hudson River à l'ouest, l'East River à l'est, l'Upper New York Bay au sud, et l'Harlem River au nord. L'arrondissement de Manhattan coïncide avec le comté de New York (New York County), découpage administratif de l’État de New York[1], mais ce dernier ne fonctionne pas comme un comté à proprement parler, en effet il n'a aucun pouvoir et dépend entièrement de l'autorité municipale. En 2012, sa population était de 1 619 090 habitants[2], et sa densité est très supérieure à celle de tout autre comté des États-Unis.

Manhattan est la partie la plus riche de la ville de New York, ce qui en fait l'arrondissement le plus touristique de Big Apple, mondialement célèbre pour ses gratte-ciel et son activité trépidante. Manhattan est aussi le cœur économique et financier de la ville, bâti autour de Wall Street qui accueille le New York Stock Exchange, et Midtown qui compte plusieurs sièges sociaux d'entreprises comme la Time Warner, Bloomberg LP ou encore MetLife. C'est également le centre culturel de New York, avec ses musées comme le Metropolitan Museum of Art, le American Museum of Natural History, et le MoMa. La plupart des gratte-ciel les plus célèbres sont également situés dans ce quartier, avec par exemple l'Empire State Building, le Chrysler Building, le GE Building et le One World Trade Center, symbole de la puissance économique et du renouveau du World Trade Center qui fut détruit lors des attentats du 11 septembre 2001.

C'est également le quartier le mieux desservi par le métro de New York, puisque toutes les lignes y transitent, à l'exception de la ligne G.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de New York.

Manhattan dans l'histoire coloniale[modifier | modifier le code]

Le nom de « Manhattan » provient du Lenape, un langage de la famille de l'algonquin. Tout d'abord écrit Manna-hata, il a été traduit par « île aux nombreuses collines »[3]. Il apparaît pour la première fois en 1609 sur le journal de bord de Robert Juet, un membre de l'expédition néerlandaise d'Henry Hudson qui découvrit l'île le 11 septembre de cette même année[4]. En 1610, le nom Manahata apparaît à deux reprises, désignant les deux rives de la Mauritius River (le fleuve Hudson). Les Algonquins sont les plus anciens habitants connus de ce territoire. L'île fut colonisée sur l'ordre de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales en 1625[5].

La colonie de la Nouvelle-Amsterdam naquit officiellement avec l'achat par Pierre Minuit du territoire à ses occupants (les Manhattes) pour quelques articles de verroterie et autres colifichets[6], d'une valeur de 60 florins (24 dollars). Pierre Minuit était le fils de calvinistes de Tournai (actuelle Belgique), installés à Wesel (Rhénanie) où il naquit. Le 2 février 1653, la ville se constitua municipalité[7]. La Nouvelle Amsterdam se rendit aux Anglais en 1664[8]. L'île fut officiellement cédée par les Hollandais aux Anglais par le traité de Breda de 1667, qui mettait fin à la Deuxième Guerre anglo-néerlandaise. Elle fut aussitôt rebaptisée en l’honneur du duc d'York, le futur Jacques II d'Angleterre, ainsi que la ville de New York et l'État de New York.

Pendant la Troisième Guerre anglo-néerlandaise la ville se rendit aux Hollandais en 1673 et fut rebaptisée Nouvelle-Orange. En 1674 pendant les négociations de paix les Hollandais échangent la ville pour le Suriname. C’est l’un des douze comtés originaux de l'État – qui était à l'époque une Province –, en 1683. À cette époque, il coïncidait avec la ville de New York et occupait l’île de Manhattan, comme aujourd’hui.

La révolution américaine[modifier | modifier le code]

Manhattan fut au cœur de la campagne de New York, une série de batailles importantes livrées au début de la guerre d'indépendance américaine. L'Armée continentale, vaincue sur Long Island, dut abandonner la ville aux Anglais, débarqués à Kips Bay le 15 septembre 1776 ; les Américains parvinrent cependant à se replier hors de Manhattan après la bataille de Harlem Heights. Placé sous l'autorité britannique, Manhattan devint le centre des opérations du Royaume de Grande-Bretagne en Amérique du Nord jusqu'à la fin de la guerre. Cette période fut marquée par une catastrophe, le Grand Incendie de 1776, durant lequel un tiers de la ville fut détruit, soit cinq cent maisons[9]. Elle s'acheva avec le retour de George Washington dans la ville, et le départ des forces britanniques, le 25 novembre 1783 : c'est l'Evacuation Day[10].

Entre le 11 janvier 1785 et l'automne 1788, New York devint la cinquième capitale des treize États confédérés depuis la signature des Articles de la Confédération, le 15 novembre 1777. Le Congrès continental était alors installé dans la Fraunces Tavern, située à Manhattan. Lors de l'entrée en vigueur de la constitution américaine le 4 mars 1789, New York devint la première capitale des États-Unis. L'administration du pays s'installa alors au Federal Hall situé à Wall Street. L'année suivante, le congrès déménagea à Philadelphie le 12 août[11].

Vue aérienne de Manhattan en 1931

La forte croissance du XIXe siècle puis du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Au cours du XIXe siècle, New York grandit et devint un centre économique, profitant, entre autres, de l'ouverture du canal Érié en 1825. En 1835, sa population dépassa celle de Philadelphie, devenant ainsi la plus grande ville du pays. Dans la seconde moitié du siècle, l'arrivée massive des immigrants, qui entraient par Ellis Island aux États-Unis, renforça la position de Manhattan. New York commença dès lors à s'étendre au-delà de l'île originelle. En effet, en 1874, une portion de ce qui est aujourd’hui le Bronx fut rattachée au comté de New York, puis la totalité en 1895[12].

En 1898, la ville de New York (Manhattan et le Bronx) annexe Brooklyn, Queens et Staten Island. Le Bronx fait toujours partie du comté de New York. C'est le 1er janvier 1914 que la Législature de l'État de New York créa le comté du Bronx, et le comté de New York fut réduit à ses limites actuelles[13]. Cependant l'apparition des autres arrondissements ne diminue pas le pouvoir grandissant de Manhattan, qui reste le véritable cœur de la ville. La construction de nombreux gratte-ciel dès le début du XXe siècle témoigne du dynamisme du l'arrondissement et accroît sa célébrité dans le monde entier. Il en va de même au niveau culturel. Dans les années 1920, la Renaissance de Harlem fait de ce quartier de l'arrondissement, la « capitale mondiale de la culture noire ». Malgré les effets de la Grande Dépression, les années 1930 virent l'édification de plusieurs des plus grands gratte-ciel du monde, dont certains, comme l'Empire State Building ou le Chrysler Building, par leur célébrité, suffisent à symboliser New York.

Le World Trade Center, symbole de la puissance de Manhattan et des États-Unis, de 1973 à 2001

Dans les années 1970, Manhattan connut une crise financière et démographique : les usines et les ateliers fermèrent, une partie de la population quitta le centre pour les banlieues ou pour la Sun Belt. Dans les années 1980, avec la renaissance de Wall Street, Manhattan effectua son retour en tant que centre mondial de l'économie et des finances. La forte baisse de la criminalité, entreprise durant les années 1990 et rendue possible par la politique de tolérance zéro du maire Rudolph Giuliani, a contribué à changer le visage de nombreux quartiers de l'arrondissement. Depuis quelques années, on assiste ainsi à une mutation de plusieurs quartiers de Manhattan. Les anciens ateliers de textile ou les installations portuaires sont transformés en loft ou en galeries d'art à SoHo, dans Midtown et autour du Lincoln Center. De nombreux blocs sont rénovés et réhabilités, y compris dans certains secteurs de Harlem ; cette reconquête du centre par les populations aisées entraîne un phénomène de gentrification[14], peu profitable aux plus défavorisés et qui peut menacer l'héritage culturel des quartiers, à l'instar du Lower East Side[15].

L'histoire récente de Manhattan est marquée par l'attaque terroriste du 11 septembre 2001 sur le World Trade Center, dont les conséquences ont été importantes pour l'arrondissement et ses habitants. En effet, avec la chute des tours jumelles, la skyline de Manhattan a été totalement modifiée. Ground zero, situé au cœur du centre financier historique de Wall Street, accueille depuis 2011 plusieurs mémorials commémorant l'événement ainsi qu'une nouvelle tour, le One World Trade Center (541 mètres) achevée le 10 mai 2013. Il s'agit du plus haut bâtiment des États-Unis devant la Willis Tower (442 mètres) à Chicago.

Vue panoramique de Manhattan prise depuis le GE Building.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de New York.

Données générales[modifier | modifier le code]

Image satellite du quartier de Manhattan

L'arrondissement de Manhattan a une superficie totale de 87,5 km2, dont 59,5 km2 de terres émergées et 28 km2 d’eau[2].

L'île de Manhattan est entourée par l'Hudson à l'ouest et l'East River à l'est. Elle couvre une superficie de 58,8 km2, mesure 21,6 km de long et atteint 3,7 km de largeur au niveau de la 14e Rue[16]. Au nord, la Harlem River la sépare du Bronx et du continent.

L'arrondissement comprend également d'autres îles, dont Randall's Island, Ward's Island et Roosevelt Island dans l'East River, ainsi que Governors Island et Liberty Island au sud dans la baie de New York. Il s'étend aussi sur une petite partie du continent, enclavée dans le Bronx : il s'agit du quartier de Marble Hill, qui faisait autrefois partie de l'île de Manhattan, mais qui fut séparé de celle-ci lors de la construction en 1895 du canal de Spuyten Duyvil Creek qui reliait l'Hudson à la Harlem River ; puis rejoignit le continent lorsque le canal fut rebouché avant la Première Guerre mondiale[17].

En comparaison avec Paris intra-muros (sans les bois), l'île de Manhattan est plus petite en superficie (87 km2 contre 58,8 km2).

L'île de Manhattan comparée à Paris et sa proche banlieue (le boulevard périphérique en noir et l'A86 en rouge).

Une influence humaine marquée[modifier | modifier le code]

L'exemple du quartier de Marble Hill, séparé de Manhattan depuis 1895 illustre bien l'impact de l'homme sur la géographie de la baie de New York.
Depuis la colonisation hollandaise, Manhattan a connu de nombreuses revendications de terres, visant à gagner toujours plus de terrain par rapport aux limites imposées par les cours d'eau ou la mer.

Ainsi, au début du XIXe siècle, du remblai fut utilisé afin d'agrandir le quartier de Lower Manhattan au niveau de la pointe sud de l'île, entre les limites naturelles de l'Hudson River sur Greenwich Street jusqu'à West Street[18]. Plus récemment, lors de la construction du World Trade Center, quelque 917 000 m3 de terre[19] ont été excavés, puis réutilisés afin de construire Battery Park City[20]. L'extension de 210 mètres sur le fleuve couvre 37 hectares, fournit 1,9 km de côte et environ 12 hectares de parcs[21].

La Wildlife Conservation Society, qui gère notamment les zoos et aquariums de New York, a entrepris, à travers le « Mannahatta Project », une simulation sur ordinateur présentant au public, virtuellement, la biogéographie et l'écologie de Manhattan telle que l'île était lorsque Henry Hudson la découvrit en 1609, et de la comparer avec l'arrondissement actuel, fortement artificialisé[3]. Le National Geographic, l'université d'Oregon[22] accompagnent le portail internet « Welikia » (qui signifie « ma bonne maison » dans la langue Lenape des Amérindiens qui vivaient là il y a quatre cents ans). Ce projet d'écologie rétrospective questionne la gestion actuelle de l'environnement. Il vise notamment à sensibiliser les New-Yorkais à la possibilité et à la nécessité de reconnecter les milieux naturels urbains entre eux et avec ce qui reste du monde sauvage et à rappeler ou préciser l'écopotentialité de la région.

Il semble en effet, selon les données réunies pour cette étude qu'avec « plus de cinquante-cinq communautés écologiques différentes, la biodiversité mannahatta par acre rivalisait avec celle des parcs nationaux tels que Yellowstone, Yosemite et les Great Smoky Mountains ! »[23],[24]

Organisation cadastrale[modifier | modifier le code]

Manhattan est globalement organisé selon un plan en damier hérité du Commissioners' Plan de 1811[25], qui proposait la création de seize avenues dans la direction nord/sud, entrecoupées par cent cinquante-cinq rues dans la direction est/ouest. Ce plan formé de rues perpendiculaires ne concerne pas l'ensemble de Manhattan, mais seulement la partie de l'île située au nord d'Houston Street, rue à partir de laquelle part la 1re Rue. En outre, le plan n'est parfaitement respecté qu'à partir de la 14e rue étant donné que le Greenwich Village est situé dans un espace délimité par Houston Street et la 14e rue. Seule Broadway, qui traverse Manhattan du sud au nord s'intercale dans le plan hippodamien.

En ce qui concerne la numérotation des rues, elle est des plus simples dans ce système cadastral : les avenues sont numérotées de 1 à 12 et de A à D avec parfois des noms annexes (Lexington Avenue, Park Avenue) alors que les rues sont numérotées de 1 à 220. Globalement, les rues possèdent une largeur de 18 mètres, et 61 mètres séparent les différentes rues parallèles. Quinze rues possèdent le statut différent de Crosstown Streets (la 34e rue, 42e rue, 59e rue), en raison de leur fréquentation plus importante ; elles sont en conséquence plus larges (30 mètres)[25].

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat de New York.

Bien qu'étant située à la même latitude que les villes européennes les plus chaudes, comme Naples ou Madrid, New York, et en particulier Manhattan, possède un climat continental humide. Il résulte d'une combinaison de vents dominants qui amènent de l'air frais en provenance de l'intérieur du continent nord-américain[26]. La protections des Appalaches explique les températures hivernales plus douces que dans les régions situées sur le continent, ce qui limite la quantité annuelle de neige, généralement comprise entre 63,5 et 88,9 centimètres[26]. En outre, il s'écoule en moyenne 220 jours entre les gelées saisonnières[26]. En général, le printemps et l'automne sont doux, tandis que l'été est très chaud et humide, avec des températures de 32 °C ou plus enregistrées en moyenne entre 18 et 25 jours durant cette saison[26]. La météo et le climat de la ville sur le long terme sont influencés par l'oscillation atlantique multidécennale, cycle d'alternance entre chaleur et fraîcheur de l'océan Atlantique d'une durée de 70 ans, qui influence la fréquence et la violence des ouragans et autres tempêtes côtières de la région[27]. Il arrive parfois que New York connaisse de longues périodes pluvieuses, ou au contraire de longues sécheresses.

Les records de température ont été enregistrés à Central Park au Belvedere Castle le 9 juillet 1936 pour la température la plus haute (41 °C), et le 9 février 1934 pour la température la plus basse (−26 °C). Malgré tout, en août juin 2006, une température de 39 °C a été enregistrée, et en juillet 2011 le thermomètre a affiché jusqu'à 41 °C. Et ce n'est pas les températures atteintes à l’intérieur de la ville où probablement 44 °C a déjà était atteint à cause de l’îlot de chaleur urbain. Le plus bas atteint récemment remonte à janvier 2004, avec une température de −18 °C.

Du fait de l'orientation de 28 9 degrés du plan en damier se produit deux fois par an un phénomène surnommé Manhattanhenge (par analogie avec Stonehenge)[28]. Le 28 mai et le 12 juillet (dates de 2006), le lever et le coucher du soleil sont dans l’axe des rues, et l’on peut toujours observer le soleil dans la rue, malgré la présence des gratte-ciel[29],[30].

Relevé météorologique de Manhattan Belvedere castle
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −4 −3 1 6 12 17 20 19 15 10 5 −1 8
Température maximale moyenne (°C) 3 4 10 15 21 26 29 28 24 18 12 6 17
Précipitations (mm) 86 84 99 102 112 95 112 104 99 91 127 99 1 124
Source : Weatherbase


Comtés adjacents[modifier | modifier le code]

Quartiers[modifier | modifier le code]

Un café à Morningside Heights, sur Broadway, entre la 112e et la 113e rue

On distingue souvent trois zones principales à Manhattan (du sud vers le nord) :

La Cinquième avenue, axe majeur de la ville, délimite les côtés est et ouest de l'arrondissement.

Les nombreux quartiers de Manhattan ne répondent à aucune convention particulière. Certains sont géographiques, comme l'Upper East Side, d'autres décrivent une réalité ethnique, comme Chinatown ; certains sont des acronymes, comme TriBeCa (« TRIangle BElow CAnal Street ») ou SoHo (« SOuth of HOuston »), ou NoLIta (« NOrth of Little ITaly »). Harlem doit son nom à la ville d'Haarlem aux Pays-Bas. Ils dévoilent toute la diversité de Manhattan : le Lower East Side et East Village ont été longtemps associés à une « subculture bohème »[31]. Chelsea est le quartier de la vie artistique et nocturne du borough. Washington Heights est habité par des immigrants de République dominicaine. Chinatown est, avec plus de 150 000 habitants[32], la plus grande concentration de Chinois du monde occidental[33]. L'Upper West Side est souvent défini comme un quartier intellectuel et créatif[34] tandis que l'Upper East Side, l'un des quartiers les plus riches des États-Unis, est caractérisé comme conservateur[35],[36].

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population[37]
Année Nombre
d'habitants
1790 33 111
1800 60 489
1810 96 373
1820 123 706
1830 202 589
1840 312 710
1850 515 547
1860 813 669
1870 942 292
1880 1 206 299
1890 1 515 301
1900 2 050 600
Année Nombre
d'habitants
1910 2 762 522
1920 2 284 103
1930 1 867 312
1940 1 889 924
1950 1 960 101
1960 1 698 281
1970 1 539 233
1980 1 428 285
1990 1 487 536
2000 1 537 195
2010 1 619 090[38]

L'arrondissement de Manhattan constitue le secteur le plus densément peuplé des États-Unis, avec 25 849,8 habitants au kilomètre carré[39]. Il compte 1 611 581 habitants, 738 644 ménages et 302 105 familles selon le recensement de 2000. C'est en 1910 que le record historique de densité a été atteint, avec 46 428,9 habitants par kilomètre carré.

Selon le bureau du recensement des États-Unis, la population est composée de 54,36 % de Blancs, de 17,39 % d'Afro-Américains, de 0,50 % d'Amérindiens, 9,40 % d'Asiatiques, de 14,4 % de personnes se revendiquant d'autres origines et de 4,14 % de métis. Indépendamment de cela, 27,18 % de la population est hispanique, et 45,8 % blanche non hispanique.

Au niveau des origines nationales, 7,48 % des habitants sont des descendants d'Irlandais, 7,10 % d'Italiens, 6,63 % d'Allemands et 5,43 % d'Anglais. Les Juifs représentent 20,5 % de la population totale et plus de 35 % de la population blanche[réf. nécessaire], soit 314 500 personnes.

49,4 % de la population possède un niveau d'éducation supérieur ou égal au baccalauréat anglo-saxon ou plus. Le revenu par tête est de 42 922 $. Le revenu moyen par ménage est de 47 030 $. On assiste à des disparités fortes au sein du borough entre les habitants de l'Upper East Side dont le revenu par tête s'élève à plus de 90 000 $[40], et 20 % de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté, dont 31,8 % des moins de 18 ans, et 18,9 % des personnages âgées[41].

On assiste actuellement à un baby boom à Manhattan : depuis 2000, le nombre d'enfants de moins de 5 ans y vivant a augmenté de plus de 32 %[42]. Autre évolution, celle du Financial District : la population, qui baissait depuis 1950, est passé de 15 000 habitants à 30 000 habitants en 2005. Cette augmentation est due aux attaques terroristes du 11 septembre 2001, le départ de nombreuses entreprises ayant entraîné la reconversion des bureaux en appartements[43].

Selon le New York City Department of City Planning, 298 000 habitants supplémentaires devraient rejoindre l'arrondissement entre 2000 et 2030, ce qui représenterait une augmentation de 18,8 %, tandis que le reste de New York connaîtrait une augmentation de 12,7 % sur cette même période[44]. Cette étude place Manhattan à la seconde place après Staten Island en ce qui concerne leur attractivité en tant que lieu de vie.

Caractéristiques démographiques et sociales en 2000[45]
Indicateur : Manhattan New York Drapeau des États-Unis États-Unis
Hommes (%) 47,5 47,4 49,1
Femmes (%) 52,5 52,6 50,9
Âge médian 35,7 34,2 35,3
Moins de 18 ans (%) 16,8 24,2 25,7
18-64 ans (%) 71 64,1 61,9
65 ans et + (%) 12,2 11,7 12,4
Revenu/hab. ($) 42 922 22 402 21 587
Taux de pauvreté[46] (%) 20 21,2 12,4

Économie[modifier | modifier le code]

Un marché du travail unique[modifier | modifier le code]

Manhattan est le centre économique de l'agglomération new-yorkaise : l'arrondissement regroupe 2,4 millions d'emplois, soit les deux tiers des emplois de la ville de New York[39]. La population diurne de Manhattan s'élève à 2 874 000 personnes du fait de l'ajout de 1 337 000 banlieusards à la population résidentielle. Il s'agit du plus important afflux de population du pays ; il représente plus du triple de celui de Washington (district de Columbia) qui s'élève à 481 000 personnes[47],[48].

Des statistiques de 2006 montrent que le salaire hebdomadaire moyen des personnes travaillant à Manhattan s'élève à 1 453 $ ; c'est le plus élevé des 325 principaux comtés des États-Unis[49]. La croissance de 7,8 % du salaire est la plus haute parmi les dix comtés principaux[50]. Le secteur des services est le principal pilier de l'économie de l'arrondissement, qui compte néanmoins 39 800 actifs dans la fabrication et 39 800 dans la construction. Le secteur de la santé représente 11,3 % des emplois[N 1].

Manhattan, centre décisionnel de premier plan[modifier | modifier le code]

Historiquement, la présence des grandes entreprises n'a pas empêché le développement des détaillants indépendants, néanmoins l'installation récente de magasins des grandes chaînes nationales est considéré par certains comme l'indice d'une homogénéisation de l'arrondissement en cours[51]. Cependant, malgré cette tendance, certains quartiers de Manhattan sont toujours caractérisés par un nombre très importants de détaillants, par exemple Little Italy ou Chinatown.

Le secteur économique le plus important est celui des finances, que l'on désigne fréquemment par le terme Wall Street, du nom de la rue qui abrite les locaux du New York Stock Exchange (NYSE), la plus grande des bourses mondiales en termes de capitalisation. En outre, Manhattan accueille également le NASDAQ, Bourse où la plupart des entreprises technologiques et des start-up américaines sont cotées. Ainsi, en 2005, vingt-huit mille entreprises y étaient cotées pour une capitalisation de l'ordre de vingt milliards de dollars[52]. Mais le sud de Manhattan n'abrite pas que le NYSE : plusieurs très grandes entreprises du monde de la finance y possèdent leur siège comme American Express, Merrill Lynch ou Dow Jones. En outre, Lower Manhattan abrite également le complexe du World Financial Center, et de nombreux gratte-ciel abritent des sièges d'entreprises ou des bureaux comme le 40 Wall Street ou l'American International qui renferme les bureaux de la compagnie d'assurances American International Group (AIG).

Le quartier de Midtown regroupe des sièges de banques, des centres commerciaux et culturels et reste un pôle de communication (éditeurs, chaînes de télévision, presse) majeur. Parmi les principaux sièges sociaux de ces secteurs, on peut citer les chaînes de télévision CBS, NBC et MTV, ou l'éditeur The New York Times Company. En matière de nouvelles technologies, Manhattan accueille les sièges de Verizon et de Time Warner. New York abrite au total le siège de 22 des cinq-cent plus grosses entreprises mondiales, c'est moins que Tokyo et que Paris, mais trois fois plus que Houston, deuxième ville des États-Unis dans ce domaine[53]. Sept des huit agences de communication les plus importantes du monde ont Manhattan pour siège[54].

Madison Avenue est souvent employé métonymiquement pour désigner le secteur de la publicité dans le borough. La « Silicon Alley » est le technopôle de Manhattan et de New York au niveau du multimédia. Le quartier de Times Square, qui tire son nom du New York Times, est l'un des centres névralgiques du tourisme dans la ville, et accueille également des bureaux de nombreuses entreprises d'envergure internationale: le Condé Nast Building accueille le MarketSite du NASDAQ qui permet de consulter le cours des valeurs en temps réel sur des écrans, et l'agence de presse Reuters possède son propre immeuble, le Reuters Building.

Manhattan est une cible de fonds de pension pratiquant des ventes à la découpe, qui font monter les prix de l'immobilier. Ainsi, le fonds de pension Westbrook, a investi dans le quartier (en particulier à Lower East Side et East Village), suscitant une opposition de certains habitants et faisant monter les prix de l'immobilier [55],[56],[57].

Culture et société[modifier | modifier le code]

Manhattan dans New York[modifier | modifier le code]

Manhattan, cœur économique et financier de la ville

Manhattan est l'arrondissement le plus célèbre de la ville de New York : les personnes qui n'habitent pas dans la cité vont jusqu'à considérer que la ville est essentiellement composée de Manhattan. Cette tendance existe aussi chez les New Yorkais, puisque les résidents des autres arrondissements disent qu'ils « vont en ville »[N 2] lorsqu'ils se dirigent vers Manhattan. Ceci montre toute l'importance culturelle du quartier : les autres arrondissements ne symbolisent pas autant New York car leur identité n'est pas aussi forte que celle de Manhattan[58]. D'où parfois un certain sentiment d'infériorité de la part ce que l'on appelle parfois « les arrondissements extérieurs »[N 3], mêlé de convoitise et de critique envers la prédominance de Manhattan[59]. En contrepartie les habitants de Manhattan ont souvent fait preuve de désintérêt envers le reste de la ville depuis la consolidation, par exemple envers Brooklyn. Les relations sont parfois tendues entre les anciennes villes rivales : selon certains, la consolidation, en renforçant Manhattan dans son rôle central, a fait de Brooklyn un « désert culturel »[60]. Avec l'essor de Brooklyn et des autres arrondissements depuis plusieurs décennies, ces distinctions ont tendance à s'amoindrir[59] ; Manhattan reste cependant le cœur incontesté de New York.

Monuments et lieux célèbres[modifier | modifier le code]

Vue sur Manhattan

Le gratte-ciel est indissociable de l'identité de Manhattan depuis la fin du XIXe siècle. Les principaux gratte-ciel de New York se trouvent tous à Manhattan. De 1890 à 1973 les neuf plus hauts bâtiments du monde se trouvaient consécutivement à Manhattan[61]. Durant les Années folles, la même année voit trois gratte-ciel concourir au titre de plus haut building. Actuellement, l'Empire State Building est le plus haut immeuble de la ville, et a été le plus haut du monde entre 1931 et 1972. La Freedom Tower le dépassera en 2013, mais, malgré ses 541 mètres de haut, elle ne pourra prétendre au titre de plus haut gratte-ciel mondial. La ville possède plusieurs gratte-ciel de bureaux conçus dans le but de respecter l'environnement, comme la Hearst Tower ou le nouveau 7 World Trade Center : ce sont des green buildings[62].

Outre les monuments nationaux dont la Statue de la Liberté et les National Historic Landmark comme l'Empire State Building, Manhattan compte une centaine de lieux protégés[63], répartis entre différentes catégories (Manhattan Historic Districts, Manhattan Interior Landmarks et Manhattan Individual Landmarks) par la New York City Landmarks Preservation Commission. Ils composent la majorité des édifices protégés de la ville. Manhattan comprend de nombreux hôtels, dont les célèbres Plaza Hotel et Waldorf-Astoria.

Arts[modifier | modifier le code]

Le musée Guggenheim

Le Metropolitan Museum of Art, le Museum of Modern Art (MoMA), le Whitney Museum of American Art et le Musée Solomon R. Guggenheim abritent des collections artistiques qui comptent parmi les plus vastes et riches au monde. Le borough compte la plupart des musées principaux de New York. Le quartier de Chelsea est connu pour ses galeries d'art (on en recense plus de deux cents[64]) consacrées à l'art moderne, qui font connaître les nouveaux artistes ; ainsi que pour les évènements culturels qui s'y déroulent.

La section de Broadway située près de Times Square accueille de nombreux théâtres réputés où sont jouées comédies musicales et pièces de théâtre célèbres. Le Lincoln Center accueille le Metropolitan Opera, une des plus importantes salle d'opéra du monde.

Religion[modifier | modifier le code]

L'Église catholique romaine compte 564 505 fidèles à Manhattan, soit plus de 36 % de la population, et y possède 110 paroisses. Les juifs forment le second groupe religieux de l'arrondissement avec 314 500 personnes (20,5 %) et 102 congrégations. Les protestants sont 139 732 (9,1 %) et les musulmans 37 078 (2,4 %)[65].

La Cathédrale Saint-Patrick de New York, située à Midtown, est la plus grande cathédrale néogothique d'Amérique du Nord[66], et la plus ancienne église catholique de New York. C'est le siège de l'archidiocèse de New York depuis 1879 ; elle a remplacé à cette date la St. Patrick's Old Cathedral. La cathédrale Saint John the Divine, plus grande cathédrale du monde, est le siège du diocèse de New York de l'Église épiscopale des États-Unis. L'Abyssinian Baptist Church est une célèbre église d'Harlem. La Riverside Church, église baptiste, est connue pour son architecture néogothique et pour les discours qui y ont été prononcés par des personnalités telles que Martin Luther King.

La synagogue d'Eldridge Street est l'une des plus anciennes des États-Unis. La New York Mosque est le plus grand lieu de culte musulman de New York. Caractérisée par son style architectural moderne et son orientation en diagonale vers La Mecque, elle se trouve sur la Troisième Avenue à l'intersection de la 96e Rue et de la 97e Rue.

Media[modifier | modifier le code]

The New York Times, le New York Daily News et le New York Post ont leur sièges sociaux dans l'arrondissement, de même que le plus grand journal financier, le Wall Street Journal. AM New York, The Greenwich Village Gazette et The Villager sont les autres quotidiens principaux. The Village Voice est le principal journal hebdomadaire de Manhattan.

Le secteur de la télévision est un employeur important dans le district, qui accueille les sièges sociaux des cinq groupes majeurs, ABC, CBS, FOX, NBC, The CW. De nombreuses chaînes y sont également basées, comme MTV, Fox News, HBO et Comedy Central.

Éducation et bibliothèques[modifier | modifier le code]

Bâtiment principal de la New York Public Library

Le Département de l'Éducation de la Ville de New York (New York City Department of Education), le plus grand système d'écoles publiques des États-Unis, dirige les établissements publics dans l'arrondissement. Manhattan compte de nombreux établissements secondaires célèbres, comme la Stuyvesant High School, la Fiorello H. LaGuardia High School of Music & Art and Performing Arts, la High School of Fashion Industries, la Murry Bergtraum High School, le Manhattan Center for Science and Mathematics, la Hunter College High School et la Bard High School Early College. Certains de ces établissements prestigieux sont spécialisés dans différents domaines ou proposent des cursus spéciaux.

Manhattan accueille plusieurs universités réputées, comme l'université Columbia qui fait partie de la célèbre Ivy League, l'université de New York (NYU), l'université Rockefeller, un campus de la Fordham University, le City College of New York ainsi que la City University of New York (CUNY). L'arrondissement est l'un des centres mondiaux de la recherche en médecine et dans les sciences de la vie[67].

En 2003, 52,3 % des habitants de plus de vingt-cinq ans avaient un bachelor. C'est le cinquième plus haut taux de tous les comtés du pays. L'arrondissement est l'une des concentrations de personnes hautement éduquées la plus dense du pays, avec environ 60 % de personnes diplômées, dont 25 % avec des diplômes avancés[68].

Manhattan est servie par la New York Public Library, le plus important système de bibliothèques du pays, qui y possède 35 bibliothèques[69]. Les cinq branches de la Central Library, à savoir la Mid-Manhattan Library, la Donnell Library Center, la New York Public Library for the Performing Arts, la Andrew Heiskell Braille and Talking Book Library et la Science, Industry and Business Library, sont toutes situées à Manhattan[70].

Parcs et équipement sportif[modifier | modifier le code]

Madison Square Garden

Les espaces verts représentent 17,8 % du territoire de l'arrondissement, soit 10,9 km2. Le plus célèbre parc de New York, Central Park, est situé à Manhattan. Il représente 30 % de la superficie de ces espaces verts, qui comprennent 204 aires de jeu, 251 « rues vertes », 371 terrains de basket-ball et de nombreux autres équipements[71]. La place de Bowling Green constitue le plus ancien parc de Manhattan. Les autres parcs célèbres de l'arrondissement sont Washington Square Park, Union Square, le Tompkins Square Park, Battery Park.

Les franchises Knicks de New York (NBA) et Rangers de New York (Ligue nationale de hockey) sont basées à Manhattan. Madison Square Garden est la seule salle polyvalente professionnelle de Manhattan.

Administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gouvernement de New York.
Résultats des élections présidentielles[72]
Années Républicains Démocrates
1960 34,2 % - 217 271 65,3 % - 414 902
1964 19,2 % - 120 125 80,5 % - 503 848
1968 25,6 % - 135 458 70,0 % - 370 806
1972 33,4 % - 178 515 66,2 % - 354 326
1976 25,5 % - 117 702 73,2 % - 337 438
1980 26,2 % - 115 911 62,4 % - 275 742
1984 27,4 % - 144 281 72,1 % - 379 521
1988 22,9 % - 115 927 76,1 % - 385 675
1992 15,9 % - 84 501 78,2 % - 416 142
1996 13,8 % - 67 839 80,0 % - 394 131
2000 14,2 % - 79 921 79,8 % - 449 300
2004 16,7 % - 107 405 82,1 % - 526 765
2008 14,0 % - 79 448 85,0 % - 490 634

Manhattan est l'un des cinq arrondissements (Borough) de la ville de New York. L'administration municipale de New York est divisée en branches exécutive et législative. Le maire (Mayor of New York) est le chef du pouvoir exécutif tandis que le conseil municipal (New York City Council) représente le pouvoir législatif.

Chacun des cinq arrondissements qui compose la ville est représenté par un Borough President. Il s'agit d'un poste représentatif aux pouvoirs très limités, qui consiste essentiellement à conseiller le maire à propos du budget et des problèmes relatifs à un arrondissement en particulier.

Le Borough President actuel de Manhattan est Scott Stringer, un démocrate élu en 2005[73]. Depuis 2007, Cyrus Vance Jr., un démocrate, est le district attorney (procureur) du comté de New York.

Manhattan est représenté par dix conseillers municipaux. Il est divisé en douze secteurs communautaires (Community districts) représentés chacun par un Community Board composé de cinquante membres bénévoles. Ces derniers représentent les habitants et peuvent présenter des requêtes à l'administration, mais disposent uniquement d'un pouvoir consultatif.

Les 12 Community Boards de Manhattan (en rose)

C'est à Manhattan que se localise le New York City Hall, le siège du gouvernement de New York qui comprend les bureaux du Maire de la ville (Mayor) et du Conseil municipal (New York City Council). Le Manhattan Municipal Building, achevé en 1916, constitue l'un des plus grands bâtiments administratifs du monde[74]. De nombreux services municipaux y ont leurs bureaux. Manhattan accueille un grand nombre de délégations étrangères, avec 105 consulats, consulats généraux et honoraires[75], du fait de la présence du Siège des Nations unies dans la ville.

Le Parti démocrate détient la totalité des postes de l'arrondissement. 85 % des votants enregistrés dans un parti sont démocrates, les républicains représentent donc une minorité : ils ne sont plus de 20 % que dans l'Upper East Side et le Financial District. Aucun républicain n'a été choisi par les habitants de l'arrondissement dans le cadre d'une élection présidentielle depuis 1924. Lors de l'élection de 2004, le démocrate John Kerry a reçu 82,1 % des voix et son adversaire George W. Bush en a obtenu 16,7 %[76]. L'arrondissement est la plus importante source de fonds pour les campagnes présidentielles américaines. Il comptait en 2004 six des sept codes ZIP contribuant le plus au financement politique[77].

Criminalité[modifier | modifier le code]

Voir la section sur la sécurité de l'article sur New York
Une Ford Crown Victoria Police Interceptor du NYPD.

Au XIXe siècle, la plupart des immigrants finissaient par connaître la misère des quartiers mal famés de l'arrondissement, dont celui de Five Points, situé entre Broadway et Bowery, au nord-est du New York City Hall. En 1842, Charles Dickens visita cette partie de Manhattan et fut consterné par les effroyables conditions de vie de ses habitants[78], marquées par l'insalubrité, les maladies, les établissements douteux et le crime. Des organisations criminelles comme Five Points Gang y virent le jour à la fin du siècle. La Cosa nostra (Mafia) s'y installa avec l'apparition des Cinq familles de New York. Parmi les gangsters du début du XXe siècle qui agirent à Manhattan, on peut citer Lucky Luciano[79], Al Capone - qui y commença son activité criminelle[80] et Meyer Lansky.

Après une importante hausse dans les années 1960 et 1970, la criminalité baissa dans l'arrondissement et dans la ville de New York tout entière à partir des années 1990, grâce à la politique du maire Rudolph Giuliani, mise en œuvre par William Bratton. De cinq cent trois meurtres à Manhattan en 1990, on en comptait cent onze en 2006, ce qui représente une baisse d'environ 78 %. Le vol a également baissé de plus de 80 %, et le vol de voiture de plus de 90 %. En général les statistiques du CompStat montrent une diminution dépassant 75 % dans les sept catégories de crimes principales, et les statistiques annuelles jusqu'en mai 2007 montrent que la tendance est toujours à la baisse[81],[82].

Transport[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport à New York.

Les transports en commun prédominent dans l'arrondissement : selon le recensement de 2000, plus de 75 % des habitants de l'île ne possèdent pas de voitures[83]. Seuls 18 % des habitants conduisent pour se rendre au travail[84]. Le métro de New York est le moyen de transport le plus utilisé.

En 2007, le Maire, Michael Bloomberg, a proposé la création d'un système de péage urbain visant à améliorer la qualité de l'air et le trafic, sur le modèle de celui de Londres. Les fonds récoltés seraient utilisés pour l'amélioration des infrastructures de transport en commun. New York serait alors la première grande ville du pays à imposer un tel système de tarification[85]. Le plan a cependant été refusé par la législature de l'État. Toutefois, la montée du prix du carburant a contribué à faire diminuer le trafic à Manhattan, que ce soit dans les rues ou dans les ponts et les tunnels conduisant aux autres arrondissements ; en contrepartie, comme le train et les transports en commun sont de plus en plus utilisés pour rejoindre le centre-ville, ils sont sensiblement plus bondés qu'auparavant[86].

Manhattan est reliée par des ponts et des tunnels à l'État du New Jersey à l’ouest, au Bronx au nord-est, au Queens et à Brooklyn à l’est et au sud. Les principaux ouvrages sont le pont de Manhattan, le pont de Brooklyn, le pont de Queensboro, le Holland Tunnel et le Lincoln Tunnel. Le Roosevelt Island Tramway, l'unique téléphérique urbain d'Amérique du Nord, relie Manhattan à Roosevelt Island depuis 1978[87]. Le trajet dure moins de cinq minutes.

Grand Central Terminal et Pennsylvania Station sont les principales gares de Manhattan, mais aussi les plus fréquentées du pays. L'île est également servie par plusieurs autoroutes. Manhattan ne possède pas d'aéroport, néanmoins le Downtown Manhattan Heliport, un héliport public, offre des liaisons avec l'aéroport international John-F.-Kennedy, situé dans le Queens, et l'aéroport international Newark Liberty du New Jersey[88].

Manhattan dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon des données de 2006
  2. « going to the city »
  3. « the city's outer boroughs »

Références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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