Comté de Hanau-Lichtenberg

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Comté de Hanau-Lichtenberg
Grafschaft Hanau-Lichtenberg (de)

14561736

Blason
Informations générales
Capitale Babenhausen, Bouxwiller
Histoire et événements
1456 Division du comté de Hanau
1480 Héritage du Lichtenberg
1570 Héritage du Deux-Ponts-Bitche

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le comté de Hanau-Lichtenberg fut un territoire du Saint-Empire romain germanique. Ses origines sont doubles. La seigneurie de Lichtenberg en Alsace d'une part, et un morceau du comté de Hanau situé en Hesse, d'autre part. Le comté était divisé en 15 bailliages, dont 10 étaient situés en l'actuel département du Bas-Rhin, avec la ville de Bouxwiller pour chef-lieu.

Histoire[modifier | modifier le code]

Déjà occupé à l'époque romaine, le site de Bouxwiller est donné en fief aux sires de Lichtenberg dès le début du Moyen Âge. De cette époque date l'expansion territoriale de leurs possessions et le fait que Bouxwiller obtienne le rang de ville. Les seigneurs de Lichtenberg font construire le château du Wasenbourg au milieu du XIIIe siècle. Les Lichtenberg ont racheté en 1332 au comte d'Alsace le château du Grand-Arnsberg et ses forêts qui jouxtent le Wasenbourg, devant protéger ces nouveaux biens. Par acte de vente du 3 septembre 1467, le comte Louis V de Lichtenberg devient propriétaire de la moitié sud du village de Baerenthal avec le château du Grand-Arnsberg et c'est en 1569 que les comtes de Hanau-Lichtenberg deviennent propriétaires de l'ensemble du village. Fief des Lichtenberg depuis le XIVe siècle, le village de Schweyen est l'objet de vives contestations entre les descendants de cette famille et le duc de Lorraine aux XVe siècle et XVIe siècle et il faut attendre le traité de 1606 pour qu'il fasse retour à la Lorraine.

En 1480, le comté passe dans la famille des Hanau-Lichtenberg qui en fait un véritable état. La famille de Hanau-Lichtenberg entre en possession du château de Lichtenberg et font transformer leur château en une puissante place-forte par des architectes renommés, dont Daniel Specklin, architecte de la ville de Strasbourg. Non contents des indispensables travaux de fortification, les Hanau-Lichtenberg s'attachent à faire entrer dans leur demeure les décors somptueux de l'Art Renaissant. Fenêtres en oculi à la manière italienne, pilastres cannelés, frontons, volutes et cariatides viennent orner les imposantes façades de grès rose.

Débute alors la période la plus prospère de la ville de Bouxwiller, durant laquelle un hôpital est construit en 1528, la Réforme est introduite en 1545 et l'école latine est transformée en collège en 1612. Le comte Philippe IV fait construire un château à Philippsbourg en 1566. Le territoire fait alors partie de la seigneurie de Falkenstein qui est vendue en 1564 aux Hanau-Lichtenberg. En 1606, le territoire est réuni à leur bailliage de Lemberg, dans lequel est situé le très petit village de Pirmasens. Ce bailliage passe en 1736, avec toute la seigneurie de Hanau-Lichtenberg, au landgrave de Hesse-Darmstadt.

En octobre 1678, après la guerre de Trente Ans, la forteresse capitule après un siège de huit jours. Désormais rattachée au royaume de France pour ses parties alsaciennes, le comté reste indépendant. Mais les comtes abandonnent progressivement ce domaine pour se consacrer à leurs terres germaniques. En 1606 sont implantées les bornes qui doivent délimiter la nouvelle frontière entre le duché de Lorraine et le comté de Hanau-Lichtenberg, à la suite d'un compromis signé en 1601 par le duc Charles III de Lorraine et le duc de Deux-Ponts pour le tracé des frontières du comté de Bitche.

Le dernier comte, Jean René III ou Johann Reinhard III de Hanau-Lichtenberg naquit le 31 juillet 1665 à Rheinbischofsheim, en terres du comté (dès 1801 en Pays de Bade). Il épousa le 20 août 1699 à Hanau, Hesse, Dorothée Frédérique de Brandebourg-Ansbach. Le 2 mai 1700 naquit à Bouxwiller leur fille unique, Charlotte Christine Madelaine Jeanne de Hanau-Lichtenberg (+ 1er juillet 1726 à Darmstadt). En 1717, le prince-héritier de Hesse-Darmstadt Louis VIII (1691-1768) devient le gendre du comte Jean René III. Manquant autres héritiers, ses domaines tombent, par contrât de mariage, à son petit-fils, prince-héritier à Darmstadt, le futur Louis IX (1719-1790).

Le nouveau comte fut élevé à Bouxwiller et fit ses études à Strasbourg. Grand amateur des affaires militaires, il souffre à Bouxwiller, sous souveraineté française, de son incapacité d'y gérer un contingent armé (seul carabines en bois étaient permis). Donc en 1763 il transférait sa résidence principale vers le petit village de Pirmasens (225 habitants en 1741), en bailliage de Lemberg, que plus tard il élevait en ville (9 000 habitants en 1790), et d'où il régnât son landgraviat dès son accession au trône en 1768 (son épouse entretemps tenait cour à Darmstadt, où aussi restait l'administration du landgraviat). Cette situation assez anormale était aboli par son successeur au moment de son décès en avril 1790.

Organisation administrative du comté[modifier | modifier le code]

La communauté villageoise[modifier | modifier le code]

Le village est la cellule de base de la seigneurie de Lichtenberg. La population villageoise est divisée en deux catégories; les Bürger ou bourgeois et les Schirmer ou manants. Les bourgeois disposent des droits et des devoirs liés au statut de bourgeoisie. Une des conditions pour obtenir ce statut est d'être établi depuis plusieurs années dans le village. Ce groupe, propriétaire de biens (terres et trains de culture) est de fait relativement stable. Les bourgeois en assemblée désignent annuellement le Heimbürger qui devient leur représentant. Sa fonction majeure est d'être chargée des finances de la communauté. Les manants sont, soit des individus nouvellement installés, soit des fils de bourgeois qui n'ont pas encore été cooptés par l'assemblée des bourgeois et qui n'ont pas encore prêté serment d'allégence au seigneur. Le groupe des manants est moins stable et plus sûjet à la migration car en quête d'un moyen de subsistance, tel un emploi de journalier agricole. Cependant, en 1542, les habitants de Bouxwiller sont encore des serfs de corps, car s'ils veulent s'établir ailleurs ils doivent payer un droit de départ[1].

Le Tribunal villageois[modifier | modifier le code]

Le seigneur est représenté au niveau du village par le Schultheiss ou écoutète, il était le garde du sceau villageois et officialisait tous les actes (achats, ventes, emprunts) en y apposant le sceau. Chaque village est censé avoir son écoutète, mais pour les hameaux on a procédé à des regroupements appelés Schultheisserei ou Büttelei (écoutèterie). En 1335, lorsque Imbsheim revient au seigneur Louis II de Lichtenberg, nous apprenons que les hameaux de Riedheim, Zoebersdorf, Griesbach-le-Bastberg et Wickersheim lui sont ainsi rattachés. Le Schultheiss préside le Dorfgericht ou tribunal villageois, organisme judiciaire de première instance, composé d'une poignée d'échevins issu de la communauté des bourgeois. Ce tribunal siégeait à la Laube. À partir de 1551, à Bouxwiller, il ne siège plus le dimanche mais les lundi. Les jurés et les échevins formulaient le jugement en fonction du droit coutumier. Mais l'écoutète, s'il n'intervenait pas au cours des débats, se levait en fin de procès et prononçait la sentence[1].

Les bailliages[modifier | modifier le code]

Plusieurs écoutèteries sont regroupées en un Amt (office ou bailliage) dirigé par un Amtmann (bailli). Ses fonctions sont plus étendues que celle du Schultheiss, et peut servir de recourt contre une décision de ce dernier. Homme de confiance du seigneur, souvent noble, il surveille la perception des impôts, contrôle les écoutètes, ses subordonnés, et dirige la justice criminelle. Il est secondé par l' Amtschaffner (receveur) et par l' Amtschreiber (greffier). Selon les époques les contours des bailliages ont changé et parfois un bailli prenait en charge plusieurs offices. Le bailliage de Bouxwiller est l'un des plus ancien. Trop vaste, il fut scindé en deux. Pfaffenhoffen devint ainsi le chef-lieu d'un nouveau bailliage regroupant une dizaine de localités. Juste avant la Révolution, un seul bailli s'occupait des bailliages de Pfaffenhoffen et d'Ingwiller[2] alors que ce dernier bailliage avait déjà absorbé celui de Neuwiller.

Liste des comtes de Hanau-Lichtenberg[modifier | modifier le code]

Comte de Hanau, sire Lichtenberg[modifier | modifier le code]

Comte de Hanau, comte de Deux-Ponts-Bitche, sire de Lichtenberg[modifier | modifier le code]

En 1736 le comté passe aux landgraves de Hesse-Darmstadt, d'abord Louis IX, petit-fils de Jean René III de Hanau-Lichtenberg, et en 1790 son successeur Louis X, jusqu'à la Paix de Lunéville en 1801, quand ces terres étaient distribués entre la France, la Bavière et la Bade (avec attribution deux ans plus tard à Hesse-Darmstadt, en compensation pour ses pertes, du Duché de Westphalie).

Les bailliages du comté en 1789[modifier | modifier le code]

En 1789, le comté de Hanau-Lichtenberg appartenait au landgraviat de Hesse-Darmstadt. La partie alsacienne était composé de 10 bailliages :

Cinq autres bailliages du comté (Baerenthal (cense), Lemberg, Lichtenau, Schafheim et Willstett) dépendaient du Reich (Reichsämter)[3], dont seul Schafheim était situé à l'intérieur du landgraviat près Hanau. Lichtenau et Willstett avaient territoires côté droite du Rhin devant les portes de Strasbourg.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pour les sources de ce passage, nous renvoyons le lecteur à la bibliographie en fin d'article (à établir).
  2. Landgräflich hessischer Staats- und Adresskalender, Darmstadt,‎ 1795, 320 p., p. 276
  3. Landgräflich hessischer Staats- und Adresskalender, Darmstadt,‎ 1785, 276 p., p. 195

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]