Compteur d'eau

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Cadran d'un compteur Schlumberger.

Le compteur d'eau est un appareil de mesure permettant d'évaluer la consommation d'eau d'une installation.

Un compteur est basé sur le principe que l'on ne peut pas mesurer précisément la quantité d'eau passée dans une canalisation : il s'agit donc d'une estimation du débit réel. La seule méthode fiable serait de mesurer le volume rempli dans un récipient en un temps défini.

Le coût du traitement de l'eau est très important. La surveillance et le calcul exact des consommations deviennent une exigence des consommateurs (pollueur/payeur). L'installation de compteurs d'eau individuels (logements, industries et commerces, collectivités, etc.) est inéluctable malgré quelques voix discordantes sur la manière d'y parvenir[1].

Le législateur a ouvert la possibilité aux copropriétaires d'un immeuble de voter, à la majorité absolue des voix (article 25/1) puis à la majorité simple, l'installation de compteurs individuels.

Historique[modifier | modifier le code]

Caisse de mesure, système Michelot. XIXe siècle. Musée de l'eau de l'EPAL, Lisbonne

La mesure de la consommation est un problème ancien, que ce soit pour un usage agricole (irrigation), industriel ou domestique. L'exemple de la table de Frontin montre que le technicien a depuis longtemps cherché à évaluer de façon objective les volumes d'eau consommés car cette évaluation est utile à plusieurs titres : dimensionnement des équipements, contrôle des pertes d'eau, répartition des coûts de production, etc.

Les équipements du passé[modifier | modifier le code]

Pendant longtemps les compagnies distributrices on vendu l'eau à forfait, sur base du nombre de robinets installés, le nombre de ménages dans l'immeuble, etc. Afin de limiter le gaspillage que cette méthode induisait, des compteurs furent installés dans les appartements.

À Paris, les premiers compteurs domestiques sont installés en 1876[2]. Certains sont plus anciens, comme le compteur Bastos, qui était déjà utilisé à Lisbonne en 1856.

De nombreux modèles de compteurs ont été inventés et soumis aux collectivités. Par exemple :

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Les compteurs actuels[modifier | modifier le code]

Quelques fabricants[modifier | modifier le code]

  • Arad
  • DH Metering Europe
  • Elster (ex Kent, ex Magnol, ex Wateau/Wameter)
  • Farnier
  • Hydrometer
  • Itron (ex Actaris, ex Schlumberger, ex Compagnie des Compteurs ou CDC),
  • Maddalena
  • Smarteo Water (ex Polier Water)
  • Sappel et Hydrometer (groupe Diehl)
  • Sensus (ex Sensus Metering Systems, ex Invensys, ex Socam)
  • Tagus
  • Zenner

Les compteurs du futur[modifier | modifier le code]

En termes de prospective, une télé relève intelligente (Smart metering pour les anglophones) associée à une mise en « réseau intelligent » des compteurs d'eau, des compteurs de gaz et des compteurs électriques, dits intelligents, intégrés dans un smart grid via le Web 2.0 est envisagée. Les compteurs pourraient communiquer des données sur la qualité de l'eau, une dérive de consommation ou la suspicion en aval ou en amont du compteur.

En France, le campus et les bâtiments de l'USTL (Université de Lille/Villeneuve d'Ascq) servent de terrain d'expérimentation d'une cartographie, d'une modélisation et d'un projet de gestion mixte de ces trois réseaux (eau, gaz, électricité). Ce projet se déroule parallèlement à la mise en place en 2013, d'une Chaire industrielle "Réseaux Urbains Intelligent" [3], dans une perspective de préfiguration de la ville intelligente et de l'écodomotique urbaine de demain.

Article détaillé : Compteur intelligent.

Types de compteur d'eau et mode de fonctionnement[modifier | modifier le code]

En France, cet instrument de mesure est soumis au contrôle de l'État par le décret n° 2001-387 du 3 mai 2001. Tout compteur comporte un numéro de série, numérique ou alpha-numérique, gravé dans le matériau de la carcasse, sur le cadran ou sur le volet mobile protecteur de la fenêtre de l'index. Il est souvent muni d'un scellé, placé sur le raccordement amont, pour prévenir toute tentative d'utilisation frauduleuse.

Caractéristiques techniques générales[modifier | modifier le code]

Un compteur est posé au début du réseau dont on veut surveiller la consommation. Un robinet de fermeture (vanne d'arrêt) permet de couper son alimentation afin de faciliter son démontage. Il est recommandé de placer ce robinet à proximité du compteur.

Arrivée principale → vannescellé → compteur → réseau secondaire → robinets

Les installations sont parfois équipées d’un réducteur de pression placé après le compteur d’eau car une pression élevée peut endommager le réseau. Un compteur d'eau ne fonctionne que dans la plage de pressions pour laquelle il a été conçu. Il est équipé d'un cadran sec ou noyé.

Le passage de l'eau fait tourner un rotor à ailettes ou un piston excentrique. Un système d'engrenages à échappement entraîne le déplacement par cliquets successifs d'une flèche ou une roue dentée. En système décimal, chaque fois qu'une roue dentée a effectué dix pas, elle fait avancer la roue suivante d'un pas.

Un compteur standard offre un index permettant de suivre la consommation jusqu'au décilitre de résolution (4 rouleaux rouges) mais l'usage retient uniquement une facturation au m3 (chiffres noirs).

Compteur de vitesse ou à turbine[modifier | modifier le code]

Fonctionne comme les moulins à eau. Une turbine tourne dans le liquide et transmet sa rotation à un système de comptage. Ce dernier totalise le nombre de rotations ce qui permet de déterminer la quantité d'eau passé dans les canalisations en connaissant le rapport 1 tour de turbine / quantité d'eau passée dans le compteur. Il est peu sensible aux impuretés contenues dans l'eau. Susceptible de ne pas détecter les fuites légères. Pose horizontale.

Compteur volumétrique[modifier | modifier le code]

Il contient un cylindre creux, qui bascule pour alimenter le circuit. Sensible aux impuretés contenues dans l'eau. Enregistre les faibles débits.

Compteur de calories[modifier | modifier le code]

Ce compteur est disposé sur une conduite destinée à véhiculer un fluide caloriporteur. Il est placé à l'entrée d'une boucle de chauffage où des calories pourraient être consommées. Il intègre une sonde de température destinée à la mesure de la température d'entrée dans la boucle. Il est raccordé à une sonde de température externe destinée à la mesure de la température de sortie de la boucle. Il possède, comme pour un compteur d'eau, un mécanisme de mesure des volumes consommés. Il est coiffé d'un intégrateur (calculateur) doté d'une horloge qui lui permet par pas de temps de déterminer le différentiel de température entre l'entrée et la sortie et le débit d'écoulement du fluide. Il en déduit les calories consommées au fil du temps qu'il cumule et mémorise dans un registre.

Il permet notamment de calculer les frais de chauffage d'un immeuble doté d'un chauffage centralisé.

Autres formes de comptage de l'eau nécessitant des instruments de mesure[modifier | modifier le code]

  • Courantomètre : une hélice plongée dans l'eau (rivière, canalisation, canal) est mue par le déplacement de l'eau. Le nombre de rotations détermine la vitesse du courant. Le volume d'écoulement peut donc être estimé en intégrant la section du conduit dans la formule de calcul.
  • Loch : outil destiné à calculer la vitesse de déplacement d'un bateau.
  • Pluviomètre : récipient destiné à mesurer les quantités d'eau de pluie.

Genres de compteurs d'eau[modifier | modifier le code]

Compteur provisoire raccordé à une borne d'incendie pour alimenter un chantier de construction.

Les compteurs d'eau se rangent en deux catégories : compteurs principaux et compteurs divisionnaires. Pour des besoins ponctuels, la construction d'un immeuble, un chantier de ravalement de façade, il est fait usage de compteurs temporaires appelés compteurs de chantier, posés par le Service des eaux concerné.

Compteur principal[modifier | modifier le code]

Le compteur principal d'une installation est généralement celui auquel est raccordée l'arrivée d'eau destinée à desservir le site (un immeuble, une propriété, un bâtiment industriel, un terrain agricole).

Ce compteur, qui appartient habituellement à la Société distributrice de l'eau, est placé sous la surveillance de l'abonné. Son installation est subordonnée à la conclusion d'un contrat de fourniture entre la Société concessionnaire et le client (l'abonné). Selon la nature des activités desservies par ce compteur, la règlementation exige la pose d'un dispositif de sécurité interdisant tout risque de refoulement : disconnecteur, clapet anti-retour (décret 89-3).

Compteur divisionnaire[modifier | modifier le code]

On appelle compteur divisionnaire ou sous-compteur ou compteur de répartition, un compteur situé en aval d'un autre compteur, généralement dénommé compteur principal ou compteur de première prise. Cette installation est destinée à calculer la consommation d'une installation particulière :

  • les différents logements d'un immeuble (cas le plus fréquent) ;
  • les activités d'un site, par nature (production, arrosage, nettoyage, etc.).

Entretien[modifier | modifier le code]

La précision d'un compteur d'eau peut s'émousser avec l'âge. Les motifs de cette dégradation sont multiples : usure, résidus de calcaire, acidité du liquide. Ce dérèglement se fait généralement au bénéfice du client par sous-évaluation du volume.

Cependant, en cas de facture d'eau trop élevée, il peut être utile de demander la vérification de l'état du totalisateur au distributeur concerné ou a un expert. Il s'assurera qu'il n'y a pas de sautes de tambours (ou rouleaux), éléments qui constituent l'index du compteur.

En cas de sous estimation de la consommation, le gestionnaire du service des eaux peut vérifier par échantillonnage la validité des mesures. En pratique, le compteur est changé.

D'une manière générale, le compteur doit être protégé des effets du gel. La CCA - Commission des clauses abusives - a recensé un certain nombre de clauses dans les contrats de distribution d'eau potable susceptibles de présenter un caractère abusif (recommandations n°85-01 et 01-01) et notamment celle de prétendre que le compteur est à la charge de l'abonné. Cela reviendrait à transférer à l'abonné la totale responsabilité des dommages causés par le gel au compteur, propriété du distributeur.

L'emplacement du compteur est généralement sous la responsabilité de l'abonné. Il doit l'entretenir et laisser le compteur accessible pour le relevé des index et toute autre intervention jugée nécessaire par le distributeur, y compris son remplacement.

Relevé de la consommation d'eau[modifier | modifier le code]

L'index du compteur principal est relevé par les agents de la société distributrice. Le consommateur peut être mis à contribution pour certains relevés. Ce qui permet aux agents de la société distributrice de réduire leurs déplacements annuels.

La gestion des compteurs divisionnaires peut faire l'objet d'un contrat de sous-traitance qui peut inclure jusqu'au transfert de propriété des compteurs. Cela peut donner lieu à une facturation de location de compteur.

À noter que dire que l'on relève l'index de son compteur est un abus de langage : on effectue le relevé de l'index, pas la relève. Dans le métier, il est de coutume de dire « on relève la garde et on effectue le relevé de l'index de son compteur ».

Relevé manuel[modifier | modifier le code]

Lecture visuelle de l'index du compteur et saisie manuelle de ce dernier.

Radio-relève ou radiorelevé[modifier | modifier le code]

Le relevé déporté consiste en un compteur équipé d'un système de contact dont l'extrémité est déportée par fil vers un endroit aisément accessible pour un agent releveur (il s'agit là d'un télérépétiteur ou d'un plot inductif).

La radio relève ou le radiorelevé s'effectue grâce à une tête émettrice, fixée (voire clipsée) sur le compteur, qui envoie, par ondes radio, les données de consommation à un appareil récepteur radio que le releveur déplace durant sa tournée de relevés.

Les systèmes les plus complexes prévoient une consultation à distance par liaison téléphonique (filaire ou radio) : il s'agit là de télé relève ou télérelevé. Ces systèmes permettent un plus grande réactivité pour signaler des anomalies de comptage (ex. : sur-consommation, fuite).

Facturation (en France)[modifier | modifier le code]

Le concessionnaire adapte la périodicité de la facturation selon le volume consommé. Une facture est émise consécutivement à la visite de l’agent releveur. En cas d’impossibilité d’accès au compteur, elle sera établie sur une estimation de la consommation. Les vérifications des compteurs d'eau en service doivent être réalisées suivant l'arrêté du 6 mars 2007 relatif au contrôle des compteurs d'eau froide en service.

Composants d'une facture d'eau[modifier | modifier le code]

Les éléments constitutifs d’une facture sont très nombreux et variables selon les collectivités locales. Ils sont collectés par le concessionnaire. On trouve principalement l’accès au service (abonnement destiné au concessionnaire), la location du compteur [4] , et ceux, dont le coût est proportionnel au volume consommé :

  • la distribution (pompage, utilisation des réseaux et des ouvrages) ;
  • l’épuration et le traitement des eaux usées ;
  • les taxes collectées pour le compte des organismes publics et syndicats :
    • lutte contre la pollution ;
    • voies navigables de France ;
    • agence de l’eau et préservation des ressources ;
    • financement des équipements collectifs.

La totalité est assujettie à la TVA.

Modalités de la répartition du coût de la consommation d'eau en immeuble collectif[modifier | modifier le code]

À l'issue de la période des charges à répartir, il est fait un relevé des index des compteurs divisionnaires. La comparaison avec le relevé de la période n-1 permet d'établir les m³ décomptés par chaque compteur. Parallèlement, les factures reçues du concessionnaire procurent, pour la période considérée, à la fois, le total de la fourniture (nombre de m³ relevés au compteur principal) et le montant de la dépense, On en déduit le prix moyen du m³ d'eau.

Selon les dates auxquelles sont effectués les divers relevés, une discordance peut apparaître entre le volume livré et celui consommé.

Pour que le décompte soit parfait, il convient, pour chaque période, de noter dans le même temps, les index de tous les compteurs (principal et divisionnaires).

Il faut, également, que la consommation destinée aux équipements communs (ménage, arrosage, chaufferie, etc.) soit aussi desservie par compteur. S'il y a persistance d'un écart significatif et répété, il convient de faire expertiser l'installation pour déceler des fuites dans le réseau ou des compteurs défaillants.

Méthode 1 - Le prix du m³ est affecté au volume calculé par chaque compteur et imputé à son usager. Celui-ci paye ainsi le prix réel facturé à la collectivité. Les écarts, en plus ou en moins, sont considérés comme étant utilisés par le service des communs. Cet écart, de toute façon, se corrige de fait au cours de l'exercice suivant.

Méthode 2 - Les volumes individuels sont transformés en volumes relatifs (en pourcentage) et les factures sont réparties selon ce pourcentage. Il n'y a pas d'écart mais le prix moyen du m³ ne reflète pas la réalité.

Méthode 3 - Abonnement direct. Chaque lot est desservi directement par la Société concessionnaire qui, dans ce cas, adresse une facture à son client abonné. Les communs disposent d'un compteur individuel dont les frais sont répartis aux tantièmes de copropriété.

Le règlement de copropriété peut prévoir d'autres formes de répartition.

La part du coût de l'abonnement du compteur principal, peut être répartie selon le nombre de compteurs. Cela a pour effet d'alléger la note des gros consommateurs. Mais on peut aussi admettre que ceux-ci, consommant davantage, concourent à l'accélération du vieillissement de l'équipement.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]