Compolibat

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Compolibat
Image illustrative de l'article Compolibat
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Aveyron
Arrondissement Villefranche-de-Rouergue
Canton Montbazens
Intercommunalité Communauté de communes du Plateau de Montbazens
Maire
Mandat
Francis Deleris
2014-2020
Code postal 12350
Code commune 12071
Démographie
Gentilé Compolibatois
Population
municipale
397 hab. (2011)
Densité 23 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 22′ 43″ N 2° 11′ 45″ E / 44.3786111111, 2.1958333333344° 22′ 43″ Nord 2° 11′ 45″ Est / 44.3786111111, 2.19583333333  
Altitude Min. 350 m – Max. 664 m
Superficie 17,04 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Aveyron

Voir sur la carte administrative d'Aveyron
City locator 14.svg
Compolibat

Géolocalisation sur la carte : Aveyron

Voir sur la carte topographique d'Aveyron
City locator 14.svg
Compolibat

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Compolibat

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Compolibat

Compolibat (Complibat en occitan) est une commune française, située dans le département de l'Aveyron en région Midi-Pyrénées.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Maleville Lanuéjouls Privezac Rose des vents
Brandonnet N Prévinquières
O    Compolibat    E
S
La Bastide-l'Évêque Rieupeyroux

Site[modifier | modifier le code]

Compolibat, village situé au cœur d'une zone vallonnée et entourée de hautes collines boisées, fait partie du canton de Montbazens. Il se situe à mi-chemin entre Brandonnet et Prévinquières, environ à 15 km de Villefranche-de-Rouergue et 40 km de Rodez. L'Aveyron (grande rivière) passe à Compolibat et apporte une activité de loisirs, la pêche est très pratiquée dans la région.

Les collines boisées renferment aussi de bonnes surprises pour les fins gourmets : les champignons (cèpes, girolles, etc.).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Complibat[1] se lit en premier dans le testament du comte de Rouergue, Raymond II, en 961, où il est écrit Campolivado. Puis, on trouve la mention Campo Libato ou Campus Libatus[2]. En occitan on écrit « Complibat » prononcé Coumplibat.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • Au Xe siècle, la terre (alleu) et l'église de Campolivado appartenaient à Raymond II, comte de Rouergue. Il avait épousé une nièce du Roi d'Italie et était fort riche. Dans son testament, il légua à certains de ses enfants les châteaux et terres d'Aubin, Brandonnet, Compolibat (à la fille d'Odoin), Cransac, et d'autres fiefs. La famille de Najac est propriétaire du château de Privezac.
  • En 1170, c'est le gendre Fortunat de Valette qui en est propriétaire, il vend ses biens à Bertrand de Balaguier en 1262. Une des filles de Bertrand de Balaguier épouse Bertrand Huc de Cardaillac. Ensuite la seigneurie de Compolibat fut confiée à la famille de Cardaillac qui occupait un petit fort sur une motte, La Mota. À chaque invasion, le fort de Compolibat servait à se défendre, protéger la population et surtout conserver les provisions de grain. Le prieuré fut dédié à Sainte-Anne puis à Saint-Georges.
  • En 1316, le 31 octobre Guillaume et Bertrand Hugues de Cardaillac, frères et seigneurs de Privezac et de Maleville y fondèrent un monastère de filles de l'ordre de Saint-Benoît qu'ils confièrent à 12 bénédictines, dirigées par une Preceptrix ou Commanderesse élue (dans certains livres, on parle de l'ordre de Saint-Augustin car ces mêmes religieuses devaient s'occuper d'un hôpital qui existait à cette époque).
  • En 1318, le 25 mars l'acte fut passé par le notaire Fontalbat et le pape Jean XXII. Les fondateurs et leur famille nommaient 8 places, la commanderesse 3, et l'évêque de Rodez une place.
  • En 1432, le 18 septembre avec le consentement de Pons de Cardaillac, seigneur de Valady et de Compolibat, l'hôpital fut réuni au chapitre de Saint-Christophe, fondation de la même famille.
  • En 1475, Marguerite de Cardaillac épouse Guy de Levis, baron de Caylus.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

  • En 1568, les Huguenots pillent le château de Privezac, le comte Antoine de Levis le fit rebâtir, il fut un des plus beaux de la région avec autant de fenêtres que de jours dans l'année. Le comte était très apprécié, à sa mort son cousin Robert de Lignérac en hérita.
  • En 1605, premier recteur connu, Guillaume Mazars, curé de Compolibat, administra la paroisse jusqu'en 1614 avec Michel Mazars (vicaire de Compolibat) qui devint administrateur de la paroisse jusqu'en 1634.
  • En 1622, la comtesse de Caylus, seigneuresse de Compolibat, ordonnait des réparations aux fortifications de l'église de Compolibat, et à nouveau en 1651.
  • En 1649, l'église possédait 4 cloches.
  • En 1760, construction du pont de l'Alzou (petite rivière entre Bournazel et Goutrens).
  • En 1771, Robert de Lignerac vendit le château de Privezac à la famille de Brunet, de Conques.
  • En 1774, Jacques de Brunet vint habiter le château de Privezac, il était autoritaire, brutal. À la suite de procès entre lui et la population, il fut obligé de quitter Privezac en 1789. Il fut remplacé par la famille de Moly de Maleville.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

  • En 1789, pendant la Révolution, à Compolibat, 3 cloches furent enlevées dans l'église par les émissaires du Gouvernement et transportées à Villefranche-de-Rouergue par quelques habitants de la paroisse. La dernière cloche resta en place jusqu'en 1845, elle se fêla et fut ensuite refondue et replacée avec 2 autres cloches.
  • En 1792, le château de Privezac fut pillé et brûlé par les paysans de la région.
  • En 1829, Jean-Pierre Blanc (curé de la paroisse de Compolibat 1826-1844) dessina les plans et le fit construire le pont du Cambon ainsi que la grange du Presbytère.
  • En 1842, l'église commençait à prendre de l'humidité autant à l'extérieur qu'à l'intérieur et à la construction de la route de Carmaux à Decazeville on déblaya la partie extérieure de l'église et son pourtour ce qui donna en même temps la place publique actuelle (cimetière autrefois) qui jouxtait l'église ce qui donna plus de grâce à l'édifice.
  • En 1844, Monsieur François Gabriac, curé de Compolibat en 1844 et 1854, fit faire la chaire romane, remplaça les confessionnaux et la construction du clocher.
  • En 1862, Monsieur Michel Mazières (curé de 1854 à 1870, crée le couvent des Religieuses.
  • En 1862, construction du pont de Compolibat sur la rivière Aveyron.
  • En 1870, Monsieur Régis Raynal, curé de Compolibat de 1870 à 1906, fait agrandir de l'église en l'espace de trois ans, et refait la décoration : les autels renouvelés, des vitraux placés "Deux Cœurs Saints", des ornements achetés, le presbytère restauré.
  • En 1876, en août, fondation communale de l'École Libre de Jeunes Filles à Compolibat dirigée par les sœurs.
  • En 1885, construction de la sacristie avec les pierres de la vieille tour qui servait d'escalier pour aller au clocher ; c'est ainsi que disparaissaient les derniers vestiges du château (aujourd'hui, le fort et la chapelle ont disparu et à cet emplacement figure un jardin surélevé, attenant à la futur église, et à l'usage du curé de la paroisse).
  • En 1906, Monsieur Joseph Serin, curé de 1906-1928, avait une haute culture intellectuelle, musicale et artistique. Horloger de métier, il fut nommé Archiprêtre de Vabres et dut quitter Compolibat à son grand regret.
  • En 1928, Monsieur Alfred Domergue, curé de 1928 à 1960, fait restaurer à nouveau l'église en 1930 ; il fait édifier le Chemin de Croix du Calvaire en 1945. Il a reçu la croix de La Légion d'Honneur
  • En 1960, Monsieur Louis Jammes, curé de 1960 à 1973, fonde le bulletin paroissial Notre Clocher qui paraît tous les mois.
  • En 1973, Monsieur Jean Mercier est nommé curé de Compolibat.

Elle est la patrie de Enric Mouly, fondateur de lo Grelh roergàs[3], la vallée de l'Aveyron est le décor de ses nombreux romans.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995   Jean Moly    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 397 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861
478 500 740 740 806 813 955 900 847
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
942 1 027 892 1 021 1 014 1 017 881 778 779
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
712 636 655 660 637 605 566 568 556
1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009 2011 -
508 472 469 405 414 417 395 397 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le plus ancien moulin de l'Aveyron est le Moulin de Capelle, du nom de la famille Capelle ; ils possédaient ce moulin avant 1454 et jusqu'en 1758. En 1616 Pierre Capelle tient toujours ce moulin à 3 meules : 1 pour le froment et 2 pour le seigle, et ajoute une scierie. Ensuite est arrivée la famille Andrieu et ils ont modernisé le moulin en remplaçant les meules par des cylindres, le camion a succédé au mulet aux grelots qui allait dans les villages prendre le blé et rapporter la farine qui cuisaient eux-mêmes le pain.
  • Le moulin de Roquenoubal[6] fut construit vers 1600 par le seigneur de Privezac dont dépendait Compolibat, attenant au moulin : une scierie, un pressoir pour le cidre et pour l'huile de noix. Le tout était mu par 6 rouleaux, grâce à une chute d'eau de 2,20 m. La famille Marre l'a acheté en 1850 à Monsieur Tournier. Le moulin est devenu une minoterie à cylindres, commandés par une turbine de 30 cv, pendant 40 ans. Actuellement la scierie existe toujours ainsi qu'une fabrique de cageots.
  • Les Igues[7] de Rouffiès[8] et du Py[9], presque uniques, non seulement en France, mais même en Europe. Elles ont été produites par le ruissellement des eaux dans ces pentes. Elles ont d'abord creusé un fossé qui s'est agrandi peu à peu jusqu'à une vingtaine de mètres de profondeur et une cinquantaine de large. Leur curiosité se trouve dans la décoration des parois qui semblent être sculptées de main d'homme. Suivant la dureté de l'argile, l'eau a plus ou moins rogné et a produit des colonnes, des piliers, tous de dimensions variables, surmontés de rebords, d'encorbellements, dont l'ensemble fait penser à des ruines.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Enric Mouly (1896-1981), écrivain, a écrit une monographie à cette commune sous le titre Complibat en 1977
  • Charles Mouly (1919-2009) : fils d'Enric Mouly, journaliste et écrivain

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Alibert et Institut d'estudis occitans (Toulouse) (Éditeur scientifique), Dictionnaire occitan-français : d'après les parlers languedociens, Toulouse, Institut d'études occitanes,‎ 1993, 21 cm, 699 p. (ISBN 2-85910-069-5, notice BnF no FRBNF35573481)
  • (oc+fr) Christian-Pierre Bedel (préf. Aimé Roux), Mont Basens : Brandonet, Complibat, Drulha, Galganh, Lanuèjols, Luganh, Mala Vila, Peirussa, Privasac, Rossennac, Valzèrgas, Vaurelhas / Christian-Pierre Bedel e los estatjants del canton de Mont Basens, Rodez, Mission départementale de la culture, coll. « Al canton »,‎ 1997, ill., couv. ill. ; 28 cm, 247 p. (ISBN 2-907279-33-5, ISSN 1151-8375, notice BnF no FRBNF36695401)
  • Enric Mouly, Complibat, Millau, lo Grelh Roergas,‎ 1977, couv. ill. ; 22 cm, 369 p. (notice BnF no FRBNF34619689)
  • Les bulletins Notre Clocher édités par la paroisse de Compolibat
  • Lecture des actes en mairie de Compolibat, à la suite de recherches pour la généalogie.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cambon = courbe, terre alluviale. Cambo = courbe. Racine d'origine celtique
  2. Campus Libatus = champ arrosé (d'après le livre de la paroisse, Compolibat était réputé pour la qualité de ses terres, prairies, bonnes pour l'élevage)
  3. (notice BnF no FRBNF12127601q) et (notice BnF no FRBNF342363276)
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  6. Roquenoubal : rocher, fortification, racine d'origine préceltique
  7. Igue (iga) : ravin, racine d'origine celtique
  8. Rouffiès : vient du mot latin rufus qui veut dire rouge (sa terre est très rouge d'ailleurs)
  9. Py : désigne une crête qui domine les alentours