Complexe fortifié d'Oussama ben Laden

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

34° 10′ 09″ N 73° 14′ 33″ E / 34.16917, 73.2425 ()

Photo aérienne du complexe

Le complexe fortifié d'Oussama ben Laden ou « repaire d'Oussama ben Laden[1] » est le complexe fortifié où Oussama ben Laden se cachait lorsqu'il a été tué en mai 2011. Le bâtiment est situé à 1,3 km au sud-ouest de l'école militaire à Bilal, à Abbottābad au nord du Pakistan, à 50 km au nord-est de la capitale du pays Islamabad. La périphérie de la ville de Bilal est connue pour être un lieu où de nombreux officiers de l'armée pakistanaise passent leur retraite.

Le complexe[modifier | modifier le code]

Le site en 2011.

Généralités[modifier | modifier le code]

Construite entre 2003 et 2005[2], la maison de trois étages est située sur une route à 4 km au nord-est du centre de la ville d'Abbottābad. Bien que la propriété ait été estimé par des agents américains à une valeur de 1 million de dollars, des agents immobiliers locaux ont évalué la propriété à 250 000 dollars.

La maison appartient à un transporteur du Waziristan, une région tribale pakistanaise, frontalière de l'Afghanistan et où l'on pensait que Ben Laden se cachait. La chaîne Gulf News a rapporté que cette maison avait auparavant servi de refuge aux services de renseignement pakistanais, l'ISI. L'ISI a reconnu qu'ils avaient lancé en 2003 une opération contre cette grande maison lorsqu'elle était en construction puisqu'on supposait qu'Abou Faraj al-Libbi, chef supposé d'Al Qaïda au Pakistan, y vivait. Le Globe and Mail a rapporté que la police locale avait déclaré que le complexe a appartenu à Hizbul Mujahideen, un groupe soutenu par l'ISI et qui combat les forces indiennes du Kashmir.

Conception du complexe[modifier | modifier le code]

Schéma du complexe

Sur une parcelle plus grande que les maisons voisines, le complexe est cerné de murs en béton de 3,70 m à 5,50 m surmontés de fils barbelés. À part sa hauteur, le bâtiment principal ne se distingue pas des autres maisons du quartier. Il ne possède ni téléphone ni connexion Internet. Des caméras sont installées, et des photos aériennes montrent la présence de plusieurs antennes paraboliques. Il y a deux portails de sécurité et le balcon du troisième étage possède un mur privatif de 2,10 m (permettant à Ben Laden de ne pas être vu de l'extérieur, malgré sa taille de 1,93 m), avec très peu de fenêtres.

Les fenêtres orientées vers le Nord (c'est-à-dire sur le grand côté du triangle formé par le complexe) sont pourvues d'ailleurs de vitres opaques.

Une particularité du complexe fortifié est d'être divisé en six ou sept zones murées, rendant difficile pour un attaquant tout déplacement à l'intérieur de l'enceinte principale. Ainsi, entre la zone occupée par le bâtiment principal et le quadrilatère muré à l'Ouest (là où étaient brûlées les ordures, dans l'angle situé au Nord-Est) se trouve un « piège à souris » (en anglais, kill zone, « zone pour tuer »), sur lequel donne la porte d'entrée principale située au Nord. Ce « piège à souris » est une impasse, qui mène à une autre grande porte, située au Sud et débouchant sur un triangle cerné de murs[3].

Interactions avec la population locale[modifier | modifier le code]

Ben Laden dans son complexe

Les habitants ont révélé des détails à propos de leurs interactions avec les résidents du complexe à un journaliste d'Associated Press au Pakistan. Une femme qui distribuait des vaccins contre la polio au complexe a déclaré qu'elle avait aperçu des véhicules utilitaires sport extravagants garés à l'intérieur. Les hommes reçurent le vaccin et lui demandèrent de partir. Une femme âgée d'environ 70 ans a déclaré que lors d'un jour de pluie un des hommes du repaire l'a emmenée en voiture jusqu'au marché.

Enfin, la maison serait entourée par des champs de cannabis.

La recherche par l'espionnage américain[modifier | modifier le code]

Le complexe après l'événement[modifier | modifier le code]

La démolition des bâtiments par l'armée pakistanaise commence le 25 février 2012[4].

Architecture[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Figaro 9/5/2011
  2. (en) « Architecture on the lam: The compound where Osama bin Laden was killed », Los Angeles Times,‎ 2 May 2011 (lire en ligne)
  3. Time Magazine du 20 mai 2011, p. 18-19
  4. Emmanuel Derville, « Pakistan : pourquoi l'armée rase la maison de Ben Laden », sur Le Point,‎ 26 février 2011 (consulté en 26 février)