Complexe d'espèces cryptiques

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En biologie, un complexe d'espèces cryptiques est un groupe d'espèces qui satisfait certaines définitions de l'espèce telles que la définition biologique (elles sont isolées reproductivement l'une de l'autre) ou la définition phylogénétique de l'espèce (leurs lignées génétiques ont une importante différenciation génétique), indiquant une divergence ancienne, mais qui ne sont pas distinguables d'un point de vue morphologique.

Les espèces au sein d'un complexe d'espèces cryptiques divergent souvent dans leur habitat, dans leurs histoires de vie ou dans les systèmes de reconnaissance chimique.

Au sein d'un complexe, il est fréquent que les espèces individuelles ne puissent être séparées qu'en utilisant des données non morphologiques, telles les séquences génétiques, la bioacoustique ou par l'étude des traits d'histoire de vie. Elles peuvent — mais ce n'est pas une obligation — être parapatriques, mais elles sont souvent sympatriques et parfois allopatriques.

Toutefois, un certain nombre d'espèces pourraient être considérées comme cryptiques du fait de méthodes d'étude inadaptées des critères morphologiques, notamment dans le cas de certaines espèces dites « simples », c'est-à-dire avec peu de critères morphologiques apparents, telles les anémones de mer, ou certains annélides.

« Super-espèce »[modifier | modifier le code]

Un concept relié est la super-espèce. C'est un groupe d'au moins deux espèces plus ou moins distinctes avec des distributions approximativement parapatriques. Tous les complexes d'espèces cryptiques ne sont pas des super-espèces, et vice-versa, mais de nombreux complexes le sont. Une super-espèce constituée de deux espèces sœurs est appelé paire d'espèces.

Vers une réévaluation du nombre d'espèces ?[modifier | modifier le code]

L'évidence de l'identification des espèces cryptiques a conduit certains à conclure que les estimations actuelles de la richesse spécifique globale est trop faible. Par exemple, les études publiées en janvier 2008 basées sur les séquences mitochondriales des girafes suggèrent qu'il y a au moins 11 populations distinctes génétiquement en Afrique[1]. Des méthodes similaires ont aussi trouvé que la grenouille amazonienne Pristimantis ockendeni est actuellement constituée d'au moins 3 espèces différentes qui ont divergé il y a plus de 5 millions d'années. Les auteurs concluent :

« Notre recherche couplée aux autres études suggère que la richesse en espèce dans l'Amazone supérieur est drastiquement sous-estimée par les inventaires actuels fondés sur les morpho-espèces[1] »

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]