Compagnie nationale du Rhône

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Compagnie Nationale du Rhône

Création 1933
Forme juridique Société anonyme d'intérêt général, à directoire et à conseil de surveillance[1]
Slogan L'énergie à l'état pur
Siège social Drapeau de France Lyon (France)
Direction Elisabeth Ayrault (PDG - Président du Directoire)
Effectif 1 361 (2013)
Site web www.cnr.tm.fr
Chiffre d’affaires en diminution 1,3 milliards (2013)
Résultat net en augmentation 211 millions (2013)

La Compagnie Nationale du Rhône (CNR) est une société française productrice d'électricité renouvelable d'origine essentiellement hydraulique.

Missions et actionnariat[modifier | modifier le code]

Missions[modifier | modifier le code]

Créée en 1933, elle exploite 19 centrales hydro-électriques construites sur le cours du Rhône. Cette société est totalement indépendante d'EDF depuis 2002 et constitue son premier concurrent dans le marché de l'électricité en France. Sa production s'élève en moyenne à 14,9 milliards de kWh par an, un quart de l'hydroélectricité nationale, soit 3 % de la production française.

Depuis son origine, la société est chargée par l'État d'aménager et d'exploiter le Rhône, selon trois missions solidaires : production, navigation, irrigation et autres usages agricoles. Les barrages de Génissiat, Donzère-Mondragon, Beauchastel, Montélimar, Seyssel et Chautagne, exploités auparavant par EDF, en sont les principales installations.

Actionnariat[modifier | modifier le code]

Le capital de la Compagnie Nationale du Rhône est majoritairement public :

Cela dit, malgré son capital majoritairement public garanti par la loi, la commission européenne a reconnu que GDF SUEZ contrôlait concrètement la CNR depuis décembre 2003 (en raison de la trop forte dilution de l'actionnariat public entre plusieurs collectivités, et le taux de participation de celles-ci aux assemblées générales). À cette occasion, Electrabel (Groupe GDF SUEZ) s'est vu infliger une amende de 20 millions d'euros pour ne pas avoir prévenu la commission européenne de cette acquisition[2].

Une ouverture du capital très politique[modifier | modifier le code]

L'ouverture du capital de la CNR s'est traduite par la vente par EDF de sa participation à Electrabel-Suez (devenu GDF SUEZ). Elle s'est réalisée dans le début des années 2000 à une époque où la France applique les premières directives de libéralisation du marché électrique (EDF n'a plus le monopole de la production et de la vente d'énergie pour les industriels). Ainsi, afin de faire émerger une concurrence et stimuler le marché dominé par EDF, on permet à un géant européen de l'énergie (Suez), de rentrer dans le marché français, en bénéficiant des installations de la CNR.

Histoire[3][modifier | modifier le code]

En 1899, à l'initiative de la chambre de commerce de Lyon, 27 délégués des chambres de commerce de la région se prononcent en faveur d'un aménagement du Rhône au triple point de vue de la navigation, de l'irrigation et de l'utilisation de la force motrice afin d'en assurer le financement. Ils demandent à l'État d'intervenir.

Le 27 mai 1921, la loi organique de la CNR est publiée au Journal officiel. L'aménagement du Rhône doit se faire selon le triple point de vue, chacun étant indissociable.

Le 27 mai 1933, la CNR tient son assemblée générale constitutive. Le capital est divisé en quatre catégories égales. La première (A) est entièrement détenue par la Ville de Paris. La deuxième (B), par 251 actionnaires, collectivités locales de la région intéressées par l'aménagement. La troisième (C), par le PLM. Enfin, la quatrième (D), par les principaux industriels du secteur de l'énergie de l'époque (groupes Giros, Azaria, Empain, Mercier, Durand, etc.).

En 1934, la CNR reçoit de l'État la concession du Rhône (27 000 ha) pour une période de 99 ans. En 1935, la CNR met en chantier le futur port Édouard Herriot à Lyon. En 1937, la construction du premier barrage sur le Rhône, celui de Génissiat, débute.

En 1946, la CNR échappe de peu à la nationalisation du secteur électrique. À la suite de l'intervention de Léon Perrier et d'Édouard Herriot, l'article 41 de la loi de nationalisation est ainsi rédigé : "Une loi particulière à intervenir avant le 31 décembre 1946 déterminera les conditions de la liquidation de la CNR et celles dans lesquelles seront assurés les services autres que celui de l'électricité confiés à cette compagnie par la loi du 27 mai 1921"[4]. Cette loi n'a jamais été votée.

En 1948, la CNR et EDF passent une première convention financière à l'occasion de la mise en service de la centrale et du barrage de Génissiat.

En 1965, la mission de la CNR est redéfinie dans le cadre d'une politique d'aménagement du territoire.

En 1980, l'aménagement du Bas-Rhône (Vaugris) touche à sa fin et une loi sur la liaison Rhin-Rhône voit le jour. En 1986, l'aménagement du Haut-Rhône (barrage de Sault-Brénaz) prend également fin.

Le 19 juin 1997, le projet de liaison Rhin-Rhône est abandonné. La loi du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l'électricité est écrite.

Le 28 mars 2001, le rapport de Michel Gentot, président de section au Conseil d'État, permet à la CNR de retrouver la propriété de ses aménagements de production. Le 1er avril, la CNR peut commercialiser librement son électricité. Elle crée une plate-forme d'accès au marché. Le 11 décembre, la loi Murcef confirme le statut majoritairement public de la CNR.

En 2003, des décrets relatifs à la modernisation de la concession et à la mise en œuvre des statuts paraissent ; Electrabel entre dans le capital.

En 2006, la CNR exploite seule les aménagements du Rhône.

En 2014, la Compagnie s'ouvre à l'énergie photovoltaïque et lance sur d'anciennes friches industrielles du sillon rhodanien la construction de cinq centrales photovoltaïques en Ardèche (à Orgnac-l'Aven, Ozon (Arras-sur-Rhône), Saint-Georges-les-Bains et Largentière où 42 000 modules devraient être installés sur 24 ha. Au total, 22,8 MWc de puissance cumulée sont prévues. L'investissement est porté par une société par actions simplifiée ADB Solaire dans laquelle participe la CNR (pour 35 %) via sa filiale CN'Air, les autres financeurs sont la Caisse des dépôts (35 % de l'investissement) et Essprod (filiale de la SEM Énergie et Services de Seyssel, pour 15 %) la Régie d'électricité de Thônes (15 % via sa filiale Retprod)[5].

Profil du Rhône avec ses différents aménagements

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Au 24 juillet 2014 :

Production[modifier | modifier le code]

Puissance installée (1er mai 2014)

  • hydraulique  : 3 024,5 MW MW
  • éolien : 334 MW
  • photovoltaïque : 25,6 MWc

Production d'électricité en 2013 : 18 TWh.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La CNR est la seule société à détenir ce statut en France.
  2. Communiqué de presse de la représentation de la Commission Européenne au Luxembourg
  3. Alexandre Giandou, Histoire d'un partenaire régional de l'État, la Compagnie nationale du Rhône (1933-1998), PUG, Grenoble, 1999
  4. Loi no 46-628 du 8 avril 1946 sur la nationalisation de l'électricité et du gaz sur Légifrance
  5. Le Rhône creuse son sillon solaire, Energies renouvelables, 2014-01-15
  6. Marie-Annick Dépagneux, La Compagnie nationale du Rhône conserve une belle rentabilité, Les Échos, 01/04/2010, p. 20

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]