Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne
| Compagnie du Midi | |
| Création | 6 novembre 1852 |
|---|---|
| Disparition | ? |
| Dates-clés | 1934 exploitation confiée à la structure PO-Midi 1938 nationalisation du réseau |
| Successeur | SNCF |
| Forme juridique | société anonyme |
| Siège social | |
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La Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne (dite aussi Compagnie des Chemins de fer du Midi ou Midi) est l'une des anciennes grandes compagnies privées de chemin de fer française. Son réseau desservait la partie du sud-ouest de la France comprise entre la Garonne et les Pyrénées. À l'époque, le territoire Français était partagé entre six grandes compagnies ferroviaires, la Compagnie du Midi étant la seule n'ayant pas d'accès direct à la capitale.
En 1934, la compagnie du Midi qui dispose d'un réseau de 4 300 km, fusionne son exploitation avec celle de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO). Les deux sociétés conservent leur structure juridique et leurs concessions. En 1938, l'organisme commun appelé PO-Midi, est intégrée dans la SNCF et l'ensemble des actifs ferroviaires de la compagnie du Midi sont nationalisés.
Sommaire |
Histoire [modifier]
La Compagnie des Chemins de Fer du Midi a été créée en 1852 par les frères Pereire. C'est cette même année que la compagnie a reçu la concession de la ligne de Bordeaux à Sète, à laquelle on ajoutera rapidement les lignes Bordeaux-Bayonne et Narbonne-Perpignan.
Le tourisme thermal et balnéaire a joué un rôle important dans le développement de la Compagnie du Midi. La ligne de Tarbes est entrée en fonction pour le séjour de l’Empereur Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie de Montijo aux Thermes de Saint-Sauveur (Luz-Saint-Sauveur) en 1859.
Elle rachète en 1884 les actifs de la Compagnie du chemin de Fer de Perpignan à Prades et notamment sa ligne de Perpignan à Prades qu'elle va prolonger pour en faire la ligne de Perpignan à Villefranche - Vernet-les-Bains.
Électrification du réseau ferroviaire [modifier]
Dès 1909 la Compagnie du Midi lance un vaste programme d'électrification de ses voies sous l'impulsion de l'ingénieur Jean-Raoul Paul (1869-1960). C'est un défi immense pour l'époque, car il dépasse largement le cadre ferroviaire. Il faut construire toutes les infrastructures de production telles que : barrages, centrales de production, et tout le système de distribution du courant, mais aussi inventer les locomotives, tâche tout aussi difficile quand on part de rien ou de pas grand-chose. Rappelons qu'en 1900 la traction vapeur règne en maître sur tout le territoire.
Mais pourquoi ce choix ? Comme dit précédemment la compagnie ne possède pas d'accès à la capitale et se trouve donc très éloignée des centres de production du charbon, combustible nécessaire à la traction vapeur (elle doit même en importer d'Angleterre), alors que la proximité des Pyrénées permet d'envisager la production d'hydroélectricité, énergie renouvelable éternellement. La pénurie de charbon pendant la guerre de 1914-1918 et surtout son coût prohibitif après la guerre va conforter la compagnie dans son choix.
Après enquête en Suisse et en Allemagne c'est la tension 12kV 16 ⅔ Hz qui est choisie pour des raisons économiques (comme beaucoup d'autres choix de la Compagnie du Midi). Pourquoi le choix de cette « drôle » de tension ? En raison des contraintes techniques de l'époque, on s'aperçoit vite que le triphasé est inadapté car trop complexe et peu souple, mais le monophasé présente le problème du démarrage. On constata alors que vers 15 Hz tout se passe relativement bien, on choisit donc 16 ⅔ Hz parce que c'est le tiers de 50 Hz.
C'est la ligne Perpignan-Villefranche-de-Conflent (Pyrénées-Orientales) qui fut choisie comme site des futurs essais car elle permettait de tester les installations et matériels dans des conditions de plaine et de montagne. Nota : c'est la seule ligne qui ne sera pas reconvertie en 1500 volts. Elle fonctionnera ainsi jusqu'en 1971, date de la radiation des locomotives livrées de 1912 à 1915 !
À partir de 1911, la compagnie essaie 6 caténaires et c'est le système Westinghouse (américain) qui est choisi, toujours par souci d'économie, la caténaire étant très simple et les mâts réalisables en rails double champignon de récupération. C'est une caténaire autocompensée (capable d'absorber les variations de températures), souple et inclinée.
Le 29 août 1920 le gouvernement impose le 1 500 V continu, surtout parce que l'armée ne voulait pas que l'on utilise la même tension que l'Allemagne.
La réaction du Midi est immédiate et la compagnie lance dès le mois décembre de la même année de nouveaux programmes d'électrification en 1 500 V. Dès 1923, toutes les installations fonctionnent sous 1500 V (hormis la ligne Perpignan - Villefranche-de-Conflent). En moins de deux ans, le réseau du Midi a réussi sa conversion…
Le programme d'électrification du Midi est impressionnant car en une douzaine d'années seulement le réseau électrifié du Midi forme un ensemble cohérent. Il s'achève en 1932, à l'exception de la liaison Montauban - Sète qui ne sera mis sous tension qu'en 1935 après signature d'un accord avec le PO. Les lignes Bordeaux - Montauban et Narbonne - Port-Bou, électrifiées dans les années 1980, en 1 500 V continu, figuraient déjà dans les projets d'électrification de la compagnie du Midi.
Sections de chemins de fer de campagne [modifier]
Pour organiser ses transports et les constructions et exploitations de lignes militaires, le ministère de la Guerre avait une direction dénommée : Direction des Chemins de fer de Campagne (D.C.F.C.). Le personnel des sections technique d'ouvriers de Chemins de fer de Campagne était recruté dans le personnel des réseaux, parmi les ingénieurs, employés et ouvriers au service des grandes compagnies et du réseau de l'État, soit volontaires, soit assujettis au service militaire par la loi de recrutement était réparti en dix sections
- 7e section : Midi.
Matériel roulant du Midi [modifier]
- Locomotives à vapeur
-
Locomotive 120 113 transformée en locomotive-tender (1895).
- Locomotives électriques
- Voir aussi : Catégorie:Matériel roulant du Midi
Le réseau ferroviaire [modifier]
1) Concessions de 1852
- Ligne de Bordeaux à Sète. Déclaration d'utilité publique : 21 juin 1846
| Date | Section | Longueur |
| 31/05/1855 | Bordeaux-Langon | 42 km |
| 4/12/1855 | Langon-Tonneins | 54 km |
| 29/05/1856 | Tonneins-Valence d'Agen | 65 km |
| 30/08/1856 | Valence d'Agen-Montauban | 45 km |
| 30/08/1856 | Montauban-Toulouse | 46 km |
| 2/04/1857[1] | Toulouse-Sète | 219 km |
| 1/07/1858 | Raccordements de Sète | 4 km |
| Date | Section | Longueur |
| 12/11/1854 | Lamothe-Dax | 105 km |
| 26/03/1855 | Dax-Bayonne | 50 km |
| 27/05/1855 | Pessac (Bordeaux-Segur)-Bordeaux | 6 km |
| Date | Section | Longueur |
| 20/02/1858 | Narbonne-Le Vernet | 59 km |
| 12/07/1858 | Le Vernet-Perpignan | 4 km |
Notes et références [modifier]
- Fulgence Girard, « Fêtes de l’industrie. Inauguration du chemin de fer du Midi. Inauguration du chemin de fer de l’Ouest » dans Le Monde Illustré, n°4 (09/5/1857)
Bibliographie [modifier]
- Ministère des travaux publics, Recueil des lois et conventions relatives aux chemins de fer du Nord, de l'Est, d'Orléans, de Paris-Lyon-Méditerranée et du Midi : 1883 à 1910, Paris, Imprimerie Nationale, 1911, 821 p. [lire en ligne (page consultée le 17 juin 2012)]
- Pierre Rivals, La fusion des exploitations des Compagnies des chemins de fer de l'Orléans et du Midi, Librairie du Recueil Sirey, Paris, 1936, 151 pages
- Didier Janssoone, Biarritz : La Gare du Midi, Cheminements, 2008 - (ISBN 978-2-84478-642-5)
- Christophe Bouneau, « Chemins de fer et développement régional en France de 1852 à 1937 : la contribution de la compagnie du Midi », dans la revue Histoire, économie et société, 1990, 9e année, no 1, Les transports, pp. 95-112 (lire)
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Catégorie:Matériel roulant du Midi
- Alexandre Charles Surell, directeur de la Compagnie en 1859.
- Jean-Raoul Paul (1869-1960), directeur de la Compagnie de 1913 à 1932
- Radiotélégraphiste de chemin de fer