Compagnie des chemins de fer des Charentes

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Compagnie des chemins de fer des Charentes
Création 30 mai 1863
Disparition 12 janvier 1878
Fondateur(s) fils de Guilhou jeune
Forme juridique société anonyme
Siège social Drapeau de la France Paris (France)
Longueur 541 km en 1878

La Compagnie des chemins de fer des Charentes, dite aussi Compagnie des Charentes ou des deux Charentes, est une société anonyme française créée en 1863, suite à une concession de quatre lignes de chemin de fer attribuées en 1862, elle est rachetée par l'administration des chemins de fer de l'État en 1878.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1862 on assiste à une évolution de la politique d'adjudication des lignes de chemin de fer par l'État. Le rapport de M. Rouher, préambule au décret du 19 avril 1862, préconise de maintenir le principe des grands réseaux, tout en se réservant la possibilité de concéder des « lignes distinctes » à de nouvelles compagnies. La création de la compagnie des chemins de fer des Charentes va découler de cette préconisation. Le 6 juillet 1862 un décret impérial adjuge à MM. les fils de Guilhou jeune, banquiers à Paris, 296 kilomètres de voies ferrées en quatre lignes : Napoléon-Vendée - La Rochelle, Rochefort - Saintes, Saintes - Coutras, et Saintes - Angoulême. Le décret prévoit une subvention de 20 495 000 francs et la constitution d'une société anonyme qui doit se substituer aux adjudicataires[1].

Le 30 mai 1863 un décret autorise la création de la Compagnie des chemins de fer des Charentes, société anonyme au capital de 25 millions de francs réparti en 50 000 actions. Les membres statutaires du premier conseil d'administration sont messieurs : Numa Guilhou, Victor de Bertier, le général Bougenel, le comte de Bougy, Brian, Cavaré aîné, Émile Chevalier, le marquis Cusani, Guilhou père, Jenty, Lainel, Lauxerrois, et Tavernier. Le siège est fixé à Paris[2].

Son directeur était un vétéran du Strasbourg-Bâle d'origine anglaise, Georges Love, centralien qui dirigera la compagnie pendant 10 ans, et son ingénieur conseil Dominique Bazaine, ingénieur des Ponts et Chaussées. Un certain Bonnefond prend en charge le service du matériel et de la traction. Les problèmes administratifs et techniques firent que les travaux durèrent sept ans.

  • En 1867 était ouverte la ligne Rochefort - Angoulême via les villes de Saintes et de Cognac. Cette réalisation majeure pour la Compagnie des Charentes - car elle fut la seule ligne à être rentable depuis son inauguration - fut établie en trois étapes successives. La première section ferroviaire fut celle qui relia la gare P.O. de Rochefort à Saintes le 15 avril 1867, la seconde relia Saintes à Cognac le 31 mai 1867 et le dernier tronçon qui relia Cognac à la bifurcation des Alliers près d'Angoulême qui fut inauguré le 25 octobre 1867.
  • En 1869 fut réalisée la section Beillant-Pons (c'est à Beillant que se situe l'embranchement vers Pons sur la ligne Saintes-Cognac).
  • En 1870, la gare de Pons était reliée à celle de Jonzac.
  • En 1871, le tronçon Jonzac-Montendre fut mis en place ainsi que la ligne La Roche-sur-Yon-La Rochelle. Mais à La Rochelle, il y avait interruption entre les deux lignes, l'accord de transit sur les voies de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans pour rejoindre Rochefort n'étant intervenu que le 17 juin 1872. En effet, l'armée interdisant de longer la côte, la ligne passait alors par Aigrefeuille.
  • Le 29 décembre 1873, la ligne directe La Rochelle-Rochefort était ouverte. Durant cette même année, fut ouvert le tronçon Montendre-Saint-Mariens Saint-Yzan et Saint-Mariens - Saint-Yzan - Blaye (10 octobre 1873).
  • Le 19 octobre 1874, la ligne arrivait enfin à Coutras à l'est de Libourne.
  • Le 26 avril 1875, la Compagnie des Charentes inaugurait la ligne Angoulême-Limoges, qui avait été déclarée d'utilité publique le 26 juillet 1868.

La Compagnie fut en déficit dès 1870, et à partir de cette date, les recettes ne couvrirent au plus que 62 % des dépenses de fonctionnement. Elle ne put jamais, à cause de l'hostilité du Paris-Orléans, obtenir d'accès direct à Bordeaux. Elle finit par déposer son bilan et le rachat par l'État intervint le 12 janvier 1878 lors de la création de la Compagnie des chemins de fer de l'État. Elle possédait alors 541 km de lignes.

Son trafic, pour sa dernière année d'exploitation, s'établit comme suit :

  • 16 227 trains, dont 7036 P.V.,
  • 2 027 370 km parcourus,
  • 1 552 778 voyageurs (47 266 en 1°classe et 198 648 en 2°classe),
  • 504 239 tonnes de marchandises.
  • Parcours moyen voyageur : 38 km pour 2.19F.
  • Parcours moyen marchandises : 8,107 km pour 5,82F.

Date d'ouverture des lignes[modifier | modifier le code]

  • Rochefort - Saintes  : 15/04/1867
  • Saintes - Cognac  : 31/05/1867
  • Cognac - Angoulême  : 22/10/1867
  • Beillant - Pons  : 25/03/1869
  • Pons - Jonzac  : 26/01/1870
  • La Roche-sur-Yon - La Rochelle : 14/03/1871
  • Jonzac - Montendre  : 06/11/1871
  • Barbezieux - Chateauneuf  : 20/11/1872
  • Bordeaux - La Sauve  : 15/05/1873
  • Montendre - Saint-Mariens  : 16/10/1873
  • Saint-Mariens - Blaye  : 10/10/1873
  • La Rochelle - Rochefort  : 29/12/1873
  • Saint-Mariens - Coutras  : 19/10/1874
  • Angoulême - Limoges  : 26/04/1875
  • Taillebourg - Saint-Jean-d'Angély  : 25/01/1878

Matériel de traction[modifier | modifier le code]

Locomotive L. Corpet n° 501, devenue 0208 État.
  • 16 locomotives 030 numérotées 1 à 16, type Bourbonnais, pour service mixte, mises en service en 1867 et 1868. Dépôts d'attache : Saintes et Angoulême. Constructeur : Grafenstaden
  • 13 locomotives 120 numérotées 101 à 113, type Forquenot 401 du PO, pour service mixte, mises en service en 1870 et 1871. Constructeur: Grafenstaden
  • 31 locomotives 120 numérotées 151 à 181, type Forquenot 171 du PO, pour rapides, mises en service de 1873 à 1876. Constructeur : 12 aux Chantiers de l'Océan, le Havre, 19 chez Koechlin à Mulhouse.
  • 18 locomotives 030 numérotées 51 à 68, type 812 du PO, service marchandises, mises en service en 1875 et 1876. Dépôts d'attache : Saintes et Angoulême. Constructeur : 12 à Grafenstaden et 6 chez Fives-Lille.
  • 1 locomotive articulée 020+020 tender, système Meyer, baptisée "l'Avenir", construite par Cail en 1869, et achetée par les Charentes en 1872. Dépôt d'attache : Saintes
  • 4 locomotives 020 tender, numérotées 501 à 504, construites par L.Corpet en 1870. Dépôt d'attache: Saintes.

Matériel voyageurs[modifier | modifier le code]

  • 1 voiture-salon
  • 30 voitures de 1° classe à 3 compartiments - 24 places
  • 18 voitures mixte à 2 compartiments de 1° classe et 2 de 2° classe( 16 et 20 places)
  • 1 voiture à étage des 3 classes
  • 46 voitures de 2° classe à 4 compartiments (40 places), dont 4 avec frein à vis
  • 196 voitures de 3° classe à 5 compartiments(50 places), dont 51 avec frein
  • 40 fourgons à bagages

Voitures et fourgon avaient été construits par Maze et Voisine, Chevalier Cheylus et Cie, David Desouches et Cie, Deletrez père, Gargan, Cie Française de Matériel de Chemin de Fer

Matériel marchandise[modifier | modifier le code]

  • 14 wagons-écuries
  • 12 wagons à marée
  • 778 wagons couverts dont 192 avec frein à vis
  • 362 wagons à charbon dont 81 avec frein à vis
  • 2 plateformes pour canons
  • 145 wagons plats à pierre
  • 20 wagons plats à traverse mobile
  • 288 wagons plateformes
  • 230 wagons à ballast dont 8 avec frein à vis
  • 8 wagons de secours
  • 4 grues roulantes

Personnel[modifier | modifier le code]

Au 31 décembre 1877, la compagnie employait 2382 personnes, dont 429 femmes. Le personnel se répartissait ainsi :

  • 84 à l'administration centrale
  • 705 à l'exploitation dont 89 agents des trains
  • 524 au matériel et traction dont 104 mécaniciens et chauffeurs
  • 969 au service de la voie

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Revue contemporaine, Volume 106, 1869, p. 502 lire en ligne (consulté le 21 mars 2010).
  2. Collection complète des lois, décrets, ordonnances, règlemens avis du Conseil d'état, publiée sur les éditions officielles du Louvre:..., A. Guyot et Scribe, 1863, pp. 592-597 lire en ligne (consulté le 21 mars 2010).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A.Jacquot Connaissance du rail n° 22 avril 1982
  • B.Moret Le Train Sup-Archives les Archives de l'Ouest-État tome 2
  • F.Caron Histoire des chemins de fer en France 1740-1883 édition Fayard
  • M.Angelier Voyage en train au temps des grandes compagnies 1832-1937 édition La Vie du Rail
  • Y.Le Dret "Le chemin de fer en Poitou-Charentes" tome 1 et 2 édition "les chemins de mémoire"
  • Henry Le Diraison et Yvette Renaud, Voyages en Charente au temps de la vapeur, Centre départemental de la documentation pédagogique de la Charente, coll. « Cultures et traditions charentaises »,‎ 2006, 304 p. (ISBN 2-903770-48-4, résumé)
  • [PDF] Henry Le Diraison, « Les Chemins de Fer en Charente », Bulletins et Mémoires, Société Archélogique et Historique de la Charente, no 3,‎ 1984, p. 236-261 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]