Compagnie des îles d'Amérique

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La Compagnie des îles d'Amérique était une compagnie à charte française créée en 1635 pour prendre en charge, à la suite de la Compagnie de Saint-Christophe, l'administration de la partie française de l'île de Saint-Christophe, qui était alors le seul établissement français dans les Caraïbes, et a été chargée de coloniser activement d'autres îles des petites Antilles qui sont ensuite administrées pour la France sous la direction de la Compagnie avant sa dissolution en 1651.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au cours de l’année 1626, le cardinal de Richelieu soutient le projet de deux marins, de Roissy (ou Roissey) et Pierre Belain d'Esnambuc : la création de la « Compagnie des seigneurs de Saint Christophe ». Jugée peu dynamique par Richelieu qui en est un des actionnaires, ce dernier demande à François IV Fouquet de revitaliser la compagnie qui devient en 1635, la Compagnie des Îles d’Amérique. Elle est chargée de développer la colonisation des îles des Antilles, et de convertir leurs habitants au catholicisme. Le cardinal est l’un des souscripteurs avec d’autres proches, Razilly, Effiat, Lauzon, et Fouquet, qui en est le directeur, et qui deviendra l’un de ses proches collaborateurs.

Pierre Belain d'Esnambuc, qui avait fondé la Compagnie de Saint-Christophe, débarque en Martinique le 15 septembre 1635, débutant la colonisation de cette île par la France. D'Esnambuc meurt prématurément en 1636 sur l'île de Saint-Christophe, en laissant l'entreprise de colonisation de la Martinique dans les mains de son neveu, Jacques Dyel du Parquet. Du Parquet colonise la Martinique, créé le premier établissement à Sainte-Lucie en 1643 et dirige une expédition qui établit une colonie française à la Grenade en 1649.

En 1642, la société reçoit une extension de vingt ans de sa charte. Le roi nomme le gouverneur général de la Compagnie, et la Compagnie nomme les gouverneurs des différentes îles. L'action de la Compagnie s’étend à la Guadeloupe, la Martinique, La Tortue et d’autres îles et est un succès.

Cependant, à la fin des années 1640, en France, Mazarin montre peu d'intérêt pour les affaires coloniales et la Compagnie périclite.

Le 4 septembre 1649, Charles Houël achète à la Compagnie en faillite la Guadeloupe, Marie-Galante, La Désirade et Les Saintes. Les nombreuses Compagnies européennes fondées au XVIIe siècle ont ainsi parfois eu affaires à des entrepreneurs privés.

En 1650, la Compagnie des îles d’Amérique est ruinée. Jacques Dyel du Parquet lui rachète le 22 septembre 1650 les îles de la Martinique, de Sainte-Lucie, de Grenade et des Grenadines pour 41 500 livres. En 1651, la Compagnie des îles d’Amérique est dissoute et il est procédé à la vente de ses droits d'exploitation à divers partis. L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem achète Saint-Christophe, Sainte-Croix, Saint-Barthélemy et Saint-Martin.

En 1652, conduits par Hazier du Buisson, les Français reviennent aux Saintes et entreprennent les premières mises en culture de Terre-de-Haut et surtout de Terre-de-Bas, bien plus propice à l'agriculture par son climat plus humide. L'année suivante, en 1653, les indiens Caraïbes massacrent les colons français de Marie-Galante. Le capitaine du Mé accomplit alors une expédition punitive à la Dominique, le fief des Caraïbes qui, par représailles, prennent ensuite d'assaut les Saintes. Ce raid vengeur est repoussé par les hommes du Comte de l'Étoile. En 1658, les Caraïbes sont définitivement dépossédés de leurs terres pour faciliter l'installation de colons français. Le développement agricole est facilité par la mise en place du commerce triangulaire, qui permettait l'importation d'esclaves destinés aux plantations de banane et de canne à sucre.

En 1664, Colbert dissout la Compagnie des Îles d'Amérique et rachète la Guadeloupe et ses dépendances pour le Roi.

Territoires administrés par la Compagnie des Îles d'Amérique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]